dans Reflexions

Se changer pour changer le monde

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La conduite du changement m’intéresse. Parce que j’aime l’action, et que l’action c’est le changement. Comment agir sans rien changer ?

Pour agir, il faut accepter le monde comme il est. Pas comme on le voudrait, mais simplement comme il est. Seth Godin revient là-dessus avec talent dans son dernier bouquin.

J’ai toujours aimé cette citation de Marc-Aurèle :

Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.

Marc-Aurèle

Œuvrer efficacement, cela implique d’avoir un but. Cela peut-être inconscient, ou simplement faire changer les choses, se faire sa place, évoluer vers ce qui nous plait, peu importe. Chacun ses motivations. Mais chacun est bien obligé, dans la poursuite de ses buts, de se fixer certaines limites. Les règles morales, éthiques, servent à cela, à mon sens. Cela permet de chercher l’efficacité, mais pas de manière brutale : de manière humaine. C’est-à-dire en prenant en compte les autres, leurs propres intérêts, en prenant en compte notre volonté de continuer à se regarder dans une glace sans rougir : la fin ne justifie pas tous les moyens, c’est une question de fidélité à ce que nous sommes. Pas d’accomplissement dans l’action, si cela devait se faire au détriment de l’estime que l’on a de soi.

Il faut arriver à lutter contre l’attachement qui nous lie à des choses irréelles (un passé fantasmé, un présent illusoire, un avenir utopique), pour œuvrer sur les choses telles qu’elles sont, tout en restant fidèle à ce que nous sommes.

C’est cela, l’action, non ? Se défaire d’une partie de soi, en conservant une autre partie de soi. Accepter le changement en nous, tout en le conduisant à l’extérieur.

On ne peut rien changer sans se changer soi-même.

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  1. Je partage ton point de vue sur cette extraordinaire citation de Marc Aurèle. Et je salue ton commentaire personnel qui me touche car il recoupe des questions qui m’accompagnent depuis des dizaines d’années et pour lesquelles je ne suis pas toujours fier de mes réponses.

  2. Salut Pap,merci d’être venu lire mes modestes réflexions personnelles. Pourquoi dis-tu que tu n’est pas toujours fier des réponses ? Nous faisons tous des erreurs, et il me semble que tu sais corriger et ne pas refaire les tiennes. Il n’y a pas, de toute façon, à avoir honte de ses erreurs, il me semble…non ?

  3. Si trop souvent on retombe dans les mêmes erreurs. C’est difficile de voir l’erreur arriver. Elle est là; c’est trop tard et on voit qu’on avait recréé les conditions de son apparition. Il faut un effort permanent de conscience pour lire la vie qui se déroule, et une force extraordinaire pour refuser la pente naturelle des choses. En temps réel.

  4. Oui je vois mieux ce que tu voulais dire : c’est vrai qu’il faut un effort permanent de conscience pour « lire la vie », et que la pente naturelle est ravageuse. C’est pour ça que Spinoza (je crois) a écrit que « Tout ce qui est beau est difficile », j’imagine.Mais on est humain, et accepter de refaire parfois les mêmes erreurs est peut-être un effort de sagesse à faire…

  5. […] La deuxième leçon, c’est qu’à ce stade il faut commencer par accepter de se changer soi-même, avant de vouloir changer l’environnement. Si l’on veut changer une situation, c’est que l’on veut changer un rapport entre […]

  6. Ce qu’il faut faire n’est pas toujours raisonnable : Vagabondages Internes

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