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Pourquoi j’arrête d’être community manager

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Pourquoi utiliser cette expression de « community manager » ? Je trouve que c’est une erreur, car « manager », en anglais, c’est le gestionnaire, le leader, ou encore celui qui a un pouvoir hiérarchique.

Or, la fonction dont nous parlons est éminemment transversale, et non hiérarchique. Si management il y a, c’est de management transverse dont il s’agit. La traduction française la plus appropriée est donc « animateur de communauté ».

Animateur : celui qui met en mouvement, qui anime.

Soyons francs : le community manager dont le travail consiste uniquement à « gérer » une communauté (faire des statistiques et du reporting ? envoyer des mails de relance automatiques ? Tenir des listes de personnes à jour ?) n’est pas vraiment un « animateur de communauté ».

Le vrai animateur, en accord avec l’étymologie du mot qui lui donne sa noblesse, est celui qui met en mouvement, donc, et qui matérialise l’âme de la communauté. C’est plus ambitieux, et plus excitant, que d’être un gestionnaire, non ? De la même manière qu’une partie du management dans les entreprises s’est enlisé dans la gestion et le reporting (là où ils devraient animer leurs équipes, les écouter, les stimuler, les challenger, les aider, les nourrir, leur montrer l’exemple, les faire grandir, faciliter leur travail, créer des ponts et des connections), il ne faudrait pas – au moment où le community management explose – qu’on le cantonne dans la partie la plus basique de la fonction. L’animation de communauté, c’est mettre en mouvement, c’est mettre les personnes à l’honneur, c’est encourager les échanges sincères et spontanés, c’est faire le lien, c’est chercher le contenu qui intéresse les membres, qui est au coeur de leurs préoccupations, jouer le rôle du poil-à-gratter pour réveiller, parfois. Tout cela n’a rien à voir avec de la gestion.

Parlons donc d’animation de communauté, plutôt que de community management. Le mot est plus juste, et montre la route. Oh, je sais : c’est presque déjà trop tard, car les journalistes se sont saisis du « buzz », de la mode, et les anglicismes ne les dérangent pas.

Mais chacun peut œuvrer dans le bon sens. Je ne suis donc plus community manager. Je suis animateur de communauté.

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24 Commentaires

  1. Intéressant ! La fonction de community manager est selon moi protéiforme. Sa dénomination doit nécessairement évoluer. Chez Modedemploi nous avons rapprocher les fonctions éditoriales des fonctions de CM, et nous parlons de content & community management. La comité départemental de Toscane parle de « Social media evangelists ».

  2. Merci pour ce poste. J’ai RSSé :)Je préfère ce mot « animateur » aussi. Même pour mon public j’utilise le terme, encore moins commercial, « Pedagogical Soul », mais c’est parce que je suis sur le marché de l’enseignement et les profs sont plus pour un échange libre que pour le commerce.cheers,Brad

  3. Subtil ! Plus précis. Mais attention à ne pas tomber dans l’anti-anglicisme primaire, une langue s’empare d’un mot étranger parce que les utilisateurs en ont besoin ou qu’il n’y a pas d’équivalent. N’oubliez pas « computer » et ordinateur mot inventé en France par Bull si ma mémoire est bonne (à vérifier). « Computer » ne disait rien à personne sous nos tropiques, de plus prononcez cela à la française ça ferait un malheur. Ordinateur c’est imposé dans les pays francophone, mon expérience africaine me l’a prouvé.Précision ce ne sont pas les journalistes qui se sont emparés du « buzz ». Le « buzz » n’a pas besoin d’eux pour cela. Les Internautes sont assez grands, les journalistes ont repris l’expression comme tout à chacun.

  4. J’avoue que le terme d’animation correspond bien plus aux réelles tâches qui devraient incomber à une personne devant animer, faire vivre et agrandir une communauté, quelle qu’elle soit.Mais bon, le buzzword est déjà sorti donc impossible de faire machine arrière : le seul moyen est de mieux définir ce qu’est un community manager, car tout le monde (ou presque) se revendique comme tel sur Internet…

  5. pourquoi ne pas parler de facilitateur. L’animateur implique d’avoir un rôle central quand pour moi l’objectif est de faciliter la discussion entre clients et y ajouter de la valeur, plutôt que de voir une communauté comme un canal permettant de parler avec l’entreprise à plusieures en simultané…

  6. Bonjour Daniel, quelque part je suis d’accord, mais j’ai envie de dire le contraire. C’est pour ça que j’ai dit en bas que j’ai changé le terme que j’emploie vis à vis mon public. La machine de langues est justement pas une machine, mais quelque chose de vivant. Un exemple que j’adore en français c’est le mot pour exprimer la négation: PASIl y qq siècles « pas » s’utilisait même pas dans cette façon. Il n’y avait que « ne », mais un beau jour quelqu’un a dit, je ne marche pas (un peu comme je ne mange miette ou je ne bois goutte). Puis avec le temps et le « buzz » ça a transformé et s’utilisait pour tout ce qui était locomotion, et aujourd’hui on n’utilisé guère « ne » quand on parle en français.Tout change, et surtout le buzz. :) Cheers, Brad

  7. Bonjour Sébastien-Je ne sais pas si vous avez déjà eu l’expérience d’être un « community manager » donc je me demande si vous pourriez comprendre ce que ça donne, et de plus comment ça doit changer de boîte à boîte.Quant à moi, je participe d’une façon collaborative aux activités de mon public et de plus, je crée mon propre blog. Franchement, je m’éclate à écrire sur la philosophie et de l’étymologie qui n’a pas presque rien à voir avec notre entreprise d’e-learning/applis d’apprentisage d’anglais. J’ai entendu dire que être community manager c’est un peu comme être patron du bar. Tous les bars vendent de l’alcool, donc pourquoi venir chez moi… ben, c’est parce que c’est sympa de passer du temps chez nous. Et pareil, pour moi, c’est sympa d’être barman-community manager et de partager avec mon public.Et mon patron c’est quelqu’un de bien qui nous récompense tous bien, et qui partage plein de bonnes idées. Maintenant, je me demande plutôt qu’est-ce qui fait que vous avez une vue aussi pessimiste là-dessus?

  8. Intéressant ! je pense que c’est le plus sage : chaque boite, chaque métier définira bien cette fonction. Dont je pense qu’elle est très variable selon les communautés…

  9. Salut Brad,dans mon cas je suis communtiy manager…euh ! …animateur de communauté en interne dans ma boite, et donc c’est assez éloigné aussi de la présence d’une marque sur les médias sociaux…

  10. salut Jean-Louis Couturier,oui d’accord avec toi. Et ce n’était vraiment pas de l’anti-anglicisme primaire. J’utilise le mot mail sans aucun problème et je me bat même contre ceux qui veulent imposer courriel. Mon propos est plus sur la définition , effectivement de ce qu’est ce métier. Et j’ai le sentiment qu’il recouvre beauoucpu de réalités très différentes.

  11. Je suis en parfait accord avec ta définition / vision : mon rôle est de favoriser les échanges, et pas de me placer au centre. Donc facilitateur est peut-être plus approprié. Passeur ? Connecteur ? Et mon rôle, puisque j’anime une communauté interne à une entreprise est de faciliter la discussion / connection entre collaborateur…

  12. Salut Sébastien. Manipulateur : pourquoi cette connotation négative ? Toute interaction suppose une action mutuelle et réciproque possible. Vouloir rejeter toute forme de « manipulation » est une manière, au fond de rejeter les échanges. Oui : en interagissant, on prend le risque de changer les autres, et soi. C’est tout l’enjeu ; échanger des infos, s’en enrichir. rencontrer des ppersonnes intéressantes.

  13. @ lomig @brad mais arrêtez donc avec votre soupe, plus personne n’y croit. vous êtes dans l’auto-persuasion, c’est ridicule. vous êtes des employés, des salariés, de bons petits soldats dont le seul objectif est de vendre, vendre plus, vendre mieux. votre métier, c’est d’arrondir les angles, c’est d’enduire les prospects de vaseline pour que leurs dépenses leur fasse moins mal, point. community manager = collabo de la world company, personne n’est dupe, hein. vous n’êtes pas le web, vous ne faites que l’instrumentaliser. vous êtes tout ce dont le web a horreur, en fait.

  14. On mange tous de la soupe, et franchement la mienne me plaît.Auto-persuasion c’est une bonne idée!you are getting very very sleepy, Sébastien… very very relaxed… now I am slowly counting backwards, down to zero…When i finish, you will wake up a happier person, and will seek out what you enjoy in life, and let go of your pessimism…10, 9 , 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1…

  15. @ Sébastien : Oui je suis salarié : cela fait-il de moi un « bon petit soldat » ? La question est intéressante. A vrai dire, non, car ma boite ne vend pas des armes, ni ne fait la promotion de la violence. De plus, j »ai ma liberté. Je ne sais pas ce que tu as contre les patrons, et le commerce. Vendre n’est pas enc… comme tu sembles le suggérer très finement. Le commerce est un échange libre. Je n’enduis personne de vaseline, ni les prospects, ni mes collègues. Et je n’ai jamais prétendu « être » le web (qui pourrait avoir une telle prétention ?)Tu ferais mieux de nous dire ce que tu fais, toi, comme métier, et nous pourrions voir les points communs et les divergences entre ce métier et le community management, par exemple. Qu’en penses-tu ?

  16. @Brad @Lomigje cite: « la question est intéressante » | « points communs » | « qu’en penses-tu » | etc.oh, les gars, on avait dit STOP avec la soupe, non?vous faites les fonds de tiroir du discours « je-suis-à-l’écoute », c’est naze de chez naze !vous êtes des caricatures.où trouvez-vous donc le temps de « nourrir le troll » alors que vous avez des hectolitres de Pepsi à vendre?est-ce que vous ne prenez pas le présent échange trop à coeur, en essayant d’y démontrer votre « savoir-faire » à la « communauté » (à savoir deux ou trois beaufs sur Mac), sans prendre garde au ridicule qui vous pend au nez?est-ce que le Community Manager n’est pas, finalement, un nourrisseur de troll professionnel? voire un éleveur de troll (sous-payé), carrément?d’où sortez-vous cette notion de « pessimisme »? est-ce que la critique est forcément « pessimiste »? ou encore: est-ce que le « pessimisme » est une tare?je cite: « Tu ferais mieux de nous dire ce que tu fais, toi, comme métier » -> mon brave, ce n’est pas moi qui étale ma petite vie professionnelle en public, c’est toi. je n’ai donc aucun compte à te rendre concernant mon métier: quand on étale sa propre médiocrité, il faut savoir l’assumer sans y impliquer autrui.je cite: « Oui je suis salarié : cela fait-il de moi un « bon petit soldat » ? La question est intéressante. A vrai dire, non, car ma boite ne vend pas des armes, ni ne fait la promotion de la violence » -> je pense que tu maîtrises si peu la langue française que tu n’as pas bien saisi le sens de l’expression « bon petit soldat ». d’ailleurs la structure et la syntaxe des phrases de notre ami Brad laisse également penser que le français n’est pas sa langue natale. comment osez-vous vous permettre de faire ce « métier » alors que d’importantes nuances de notre langue vous échappent complètement?est-ce que la mission première du Community Manager n’est pas d’être en mesure de COMPRENDRE ses interlocuteurs?est-ce que le Community Manager ne doit pas, en premier lieu, maîtriser la langue des prospects de son patron?ne perdez pas votre temps avec moi les gars, vous avez du Pepsi à (me) vendre.

  17. Avec un ami spécialiste de la Social Media Strategy, récemment, nous nous sommes posé la question : faut-il virer cette mention de « community manager »…? Vu la posture résolument niaise de la tendance franco-française actuelle, objectivement, c’était OUI.Et à mon sns, ça ne tien pas qu’à la foncion que vous vous attachez à repositionner. Ca tient, avant tout, de l’éditorial, de l’appellation, que peu d’animateur parmi nous ont eu le courage ou la force de remettre perpétuellement en question. StoryTelling quand tu nous tiens…

  18. Salut Séb-je t’ai filé un « j’aime » tellement j’ai apprécié ton comedy.wep, effectivement la plupart de ce que t’as écrit m’a échappé… comme j’ai du mal en français… D’ailleurs, je me demande c’est quoi ton intérêt à nous faire te nourrir comme troll, d’ailleurs? C’est pour se marrer? En tout cas je trouve tout ça assez rigolo, et comme j’ai pas de pepsi à vendre le dimanche, je continue à me marrer. LOL (et si tu ne connaissais pas les nuances de la langue ricaine ça veut dire Laugh out loud…)BTW, as you seem so open to connecting with people, if you ever wanted a few private lessons in english to better grasp all of ITS nuances, i’d be pleased to give you a hand. Or in spanish, italian and 中文 as well.bon dimanche, dude

  19. putain on capte rien dans tes commentaires, « dude ».quelques notions de CSS/HTML devraient être vérifiées par les RH qui vous embauchent. la honte pour un CM.ceci dit je comprends bien que tu n’auras compris que la moitié de mes propos: tu parles à peine français.