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Citation du jour

paul_valeryAvec mon collègue et ami de bureau @jmarco75, nous avons commencé il y a quelques semaines un « mur de citations ». Nous collons, et nous invitons nos autres collègues à le faire, des citations sur le mur. Le résultat est très joyeux et dépaysant : plein de belles pensées, accolées les unes aux autres, c’est très stimulant ! En voici une, découverte via un autre collègue, mais qui nous a séduits :

Le simple est toujours faux. Ce qui ne l’est pas est inutilisable.
{Paul Valéry – 1871-1945}

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  1. J’aime beaucoup cette citation, elle aide à penser et à agir. Je pense qu’il faut comprendre « faux » dans le sens « approximatif » « imprécis » et non pas faux dans le sens « de ce qui n’est pas juste ». Le degré de précision du « modèle » ou de « l’énoncé » est directement lié au degré de prise en compte de l’environnement dans lequel le modèle s’inscrit (cf la loi fondamentale de la dynamique qui est suffisante dans un référenciel galiléen mais qui est trop approximative dans un référenciel quantique). En science, quand on utilise un modèle, on néglige forcément des paramètres que l’on considère comme négligeables. De même en philosophie : lorsqu’on élabore un concept, le travail de mise à l’épreuve de sa véracité nécessite nécessairement de négliger les exceptions. Un concept est opérant (utilisable) s’il est passé par le travail de simplification. Je me demande si ce n’est pas la même chose dans le domaine de l’art ? Pour qu’une oeuvre soit opérante : qu’elle ait un impact émotionnel, doit – elle être simple ? Le sublime est-il toujours simple ?

    • hello
      merci pour ton commentaire ; je partage ton apport sur les modèles, c’est très bien expliqué et je crois que la citation effectivement parle de cela. Je ne suis pas sûr que ce soit exactement la même chose dans le domaine artistique ; d’ailleurs, il me semble qu’il faut distinguer entre « science » et « science appliquée ». Le modèle simplifié (volontairement) dont tu parles est celui de la science appliquée : parce que son critère de performance est justement sa capacité à permettre l’action et la prise sur la réalité. Le modèle de la science fondamentale ne se soucie, quant à lui, que de l’adéquation la plus complète au réel, et en ce sens les approximations n’y sont pas bienvenues…

      Pour ce qui est de l’art, je crois que c’est vraiment autre chose. Ta question est bonne : l’art est-il toujours simple ? pas sûr : le baroque par exemple utilise la complexité, le foisonnement, le multiple, pour créer l’émotion. Le sublime n’est pas forcément simple, je dirais même jamais. D’après ce que j’en ai retenu, le sublime c’est le beau quand il surprend, quand il saisit d’une émotion qui ne sait pas encore ce qu’elle est, qui frôle la peur, ou le non-gracieux, mais qui finit dans le « beau ». Il est complexe par définition, par le chemin émotionnel qu’il nous fait emprunter. ce n’est que mon humble avis, que je ne demande qu’à questionner…

    • hello pap !
      merci pour ton commentaire qui semble trancher la question… :)
      e=mc2, c’est simple dans la forme, c’est relativement puissant et complexe dans le fond. c’est nécessairement faux, puisque c’est une formule scientifique. Elle sera peut-être remise en question ou complétée lorsque des avancées théoriques auront lieu. Les équations de Newton étaient simples, belles, et n’avaient pas l’air fausse (de fait, elles ne le sont pas, elles simplement une approximation du réel).
      pour ce qui est de vérifier et d’expérimenter pour laisser le mot de la fin à la réalité, oui les scientifiques sont plutôt bons… ! :)