dans Reflexions

L’Homme de sens

Ceux qui lisent ce blog savent que la question du sens est une question qui m’intéresse (, ou encore ).

Je reprends mes réflexions ( où j’en étais). C’est-à-dire au point où il faut considérer le sens comme une fonction de l’humain. Le monde est absurde, certes, mais nous continuons à chercher et à produire du sens. Il faut bien, si le sens comme fonction comporte une part de vérité, prolonger la réflexion. Quelle est cette fonction ? Il me semble que c’est une fonction de « comparaison » entre nos actes et nos croyances. Cette fonction permet de « sentir », d’évaluer, l’alignement entre ce que nous croyons être juste, bon, vrai, et notre manière de vivre (nos actes, nos pensées, nos choix). Evaluation de l’alignement. Ou de la cohérence, ou de l’accord, les mots sont peut-être plus justes.

Le bonheur c’est lorsque vos actes sont en accord avec vos paroles. [Gandhi]

Je vois donc cette « fonction de sens » comme une sorte d’intégration complexe permettant de juger ce qui est la voie à suivre. Cela implique donc de manière directe, pour s’en servir au mieux, d’être lucide sur nos croyances. Qu’est-ce qui est le Bien ? Le Juste ? Le Vrai ? (On retrouve les universaux). Il me semble que cette manière de penser le sens est intéressante, et utile, car elle ne présuppose pas ces notions. Celui à qui il a été inculqué que le Bien c’est de tuer les autres, pourra peut-être vivre une vie pleine de sens en tuant. Le point suivant est donc d’expliciter ce que nous pensons comme le Bien. L’accord ou la cohérence cherchés sont à ce prix : il n’est pas question uniquement d’une mise en tension de nos actes (jamais assez bons pour notre idéal), mais aussi une interrogation sur ce qu’est le Bien.

D’où nous vient notre compréhension du Bien ? Quelle part à l’éducation ? Quelle part à l’inné ? Pouvons-nous modifier notre conception du Bien ? Existe-t-il un Bien universel ? Il me semble en tout cas, qu’une vie pleine de sens sera une vie où nos actes résonneront avec le Bien. Il n’est probablement pas possible d’être convaincu que nous prenons les bonnes décisions, à chaque instant. Mais il est de notre devoir d’humain, d’Homme de sens, d’essayer, sans certitudes, d’accorder nos croyances avec nos représentations du monde. Ce n’est pas une mince affaire. Qu’en pensez-vous ?

nota: je viens de retomber en cherchant par mot clef sur cet article qui disait la même chose, il y a 8 ans. je radote ? > Questions spirituelles ?

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  1. Encore merci pour ce billet qui porte sur un sujet passionnant. J’aime bien l’idée de considérer la quête de sens comme une fonction de l’homme. Le couple (quête-fonction) semble correspondre à (pulsion-survie). Nous avons des couples (pulsion-survie) correspondants à notre condition de mammifère, des (quête-fonction) biologiques comme (pulsion de faim- survivre en s’alimentant) et bien d’autres. La quête de sens est relié à une fonction plus évoluée et qui répond à la conscience que l’homme a de sa condition dramatique. Il n’a pas demandé à être au monde, il n’a pas choisi son corps-milieu, il sait qu’il est de passage, qu’il n’échappera pas à la mort comme aboutissement. La quête de sens correspond donc aussi à une fonction de survie. Les utopies, qu’elles soient religieuses ou hâtées sont des nutriments parmi d’autres.

    • merci pour ton commentaire (ton correcteur auto a changé athée en hâtée ;) )
      Je ne pense pas que la quête de sens corresponde à une notion de survie. C’est justement, à mes yeux, un partie pas très bénéfique d’une partie du message religieux : le salut. Il n’y a pas de salut, c’est bien ça notre condition. La quête de sens rejoint la philosophie (comment vivre une vie bonne ?). Et elle force à scruter nos valeurs, et l’adéquation entre notre vie (nos actes, nos pensées, nos choix), et nos croyances éthiques. Le sens amène sur l’éthique, directement. Et je veux me nourrir de ce que les religions ont amenés à l’éthique, sans tomber dans l’erreur consistant à se faire croire à un salut. On ne sera pas sauvé, en tout cas pas de la mort…