Chroniques


J’ai terminé ce livre il y a déjà quelques temps, mais je prends seulement maintenant le temps d’en faire la recension. C’est une petite autobiographie de Bob Dylan, « Chroniques« . Il y raconte ses débuts, sa passion/vocation pour le folk, son arrivée à Greenwich village. On y découvre aussi les affres de l’enregistrement de l’album « Oh Mercy« , avec Daniel Lanois à la Nouvelle-Orléans. Enorme travailleur, intuitif et visionnaire.
C’est une super autobiographie : le style sec, tranché, et en même temps romantique nous permet de « ressentir » la personnalité de Dylan un peu mieux. J’en retiens trois éléments très intéressants :

  • son imaginaire nostalgique, amoureux d’un monde qui avait déjà disparu quand il est né. Un monde à moitié réel, à moitié fanstamé, faits de noblesse, de justice, d’identité assumée et claire. Bob Dylan assume de chercher un monde passé, et les restes de ce monde dans ce qui bouge. Une intéressante manière de penser le monde, originale, conservatrice non de ce qui existe, mais de l’esprit de ce qui a été.
  • son refus d’être récupéré par les mouvements de contestation des années 69-70. Dylan n’ira pas à Woodstock, et vivra sa vie de père de famille loin de la célébrité. Il a au sens propre fuit ce monde de « professionnels de la prostestation ». Il ne s’y reconnait pas. J’aime cette facette très simple de Dylan, loin du mythe ou de l’icône : méfiant de la notoriété, amoureux de sa liberté, protecteur de sa vie intime.
  • sa fidélité aux personnes : on sent dans son propos que ses rencontres, ses amitiés, comptent plus pour lui que les grandes idées (qui à mon avis ont pour Dylan déjà été écrites il y a longtemps).

A lire ! Pour les fans de Dylan, c’est vraiment un régal, car on y croise par-ci par-là des morceaux connus, des chansons aimées qui prennent une autre dimension. Mais ça devrait plaire aussi aux autres, il me semble.

Deep River Blues

C’est Max qui m’avait fait découvrir ce guitariste et chanteur, spécialiste du picking. Je suis retombé sur lui au hasard de mes pérégrinations, et je ne résiste pas au plaisir de partager cette vidéo. Il y en a beaucoup d’autres sur Youtube, faites-vous plaisir. C’est doux, et pétillant à la fois, joyeux et nostalgique comme du blues, et le gars est un vrai tueur à la guitare. Son nom ? Tommy Emmanuel.

Ravel – Concerto en Sol Majeur

Maurice_Ravel_au_piano_1912
J’ai eu la chance hier soir d’assister à une Master Classe publique dispensée par François-René Duchâble à la Salle Cortot (grâce à @jmarco75). Nous avons pu y découvrir trois jeunes pianistes (Maroussia Gentet, He Shi et Audrey Lonca-Alberto) et trois œuvres de Maurice Ravel. Autant vous dire que c’était un vrai bonheur, et je vous recommande d’aller demander le programme !
J’ai adoré pouvoir assister à ce cours d’interprétation ; car c’est bien de cela qu’il s’agit. Les élèves pianistes, tour à tour sont venus jouer leur morceau, et François-René Duchâble est ensuite revenu avec eux sur tel ou tel passage, tel ou tel choix d’interprétation. Il insiste beaucoup sur la rigueur, et sur le suivi de la partition. Il dispense sa master classe avec beaucoup de joie, de plaisir, d’exubérance même, et surtout avec une complicité presqu’instantanée entre le maitre et les élèves. Les conseils sont tout de suite compris, et on peut presque voir le jeu des élèves évoluer pendant la séance. Quel niveau ! Quelle classe ! La puissance du jeu de François-René Duchâble est franchement impressionnante. Le son des élèves, malgré leur excellence, parait presque fragile en comparaison.
C’est très réconfortant de voir ces humains qui bossent dur pour aller toujours plus haut, et nous apporter des émotions pareilles. A propos d’émotions : parmi les œuvres de Ravel découvertes hier soir, il y avait le Concerto en Sol majeur pour piano et orchestre. Le deuxième mouvement est vraiment sublime et je ne résiste pas au plaisir de le partager ici (version de Samson François) : bonne écoute !

Opus 111

C’est sous ce nom qu’est connue la sonate n°32 de Beethoven. C’est la dernière qu’il ait composé, et elle ne comporte que deux mouvements (au lieu de trois habituellement pour les sonates). Et pour cause : le deuxième mouvement emporte tout, est plus long que d’habitude, et il n’y a pas grand chose à ajouter après.
Ce mouvement est incroyable. Il commence très lentement, s’accélère peu à peu pour aboutir sur une sorte de ragtime avant l’heure (si si, écoutez vous verrez, autour de 6’30 »), et il se termine dans une sublime nappe de son rythmique comme sait les composer Beethoven. De la pure beauté.
J’avais découvert ce morceau suite à la lecture de Docteur Faustus, de Thomas Mann. Il y a en effet un passage magnifique (visiblement inspiré des échanges de Thomas Mann avec Adorno) où il décrit ce morceau, et on est obligé ensuite d’aller le découvrir.
Bonne écoute, avec Alfred Brendel, grand pianiste et interprète (désolé pour la vidéo en deux morceaux, mais cette interprétation est vraiment super).


Letter to Evan – Bill Evans

En voyant la vidéo que le frangin Max a bien fait de partager sur son blog, je me suis dit que j’allais partager aussi un morceau de musique que j’aime, que j’adore même. Il s’agit d’un morceau joué à Paris en live (1979) par Bill Evans, pianiste de jazz américain. Je le trouve magnifique. Bonne écoute !

Funeral blues

Voici une superbe chanson, « Funeral Blues », que mon frangin Max vient de mettre en ligne. Le texte est le poème lu lors de la cérémonie d’enterrement dans le film « 4 mariages et un enterrement ». La musique est de Max, et je trouve qu’il a fait très fort. Le clip est pas mal non plus, adapté à cette chanson de deuil, mais qui parle finalement de la vie et de la mort, de ce qu’on perd. A vous d’écouter et voir !