Leçon 3 : refaire son CV

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La leçon précédente portait sur le fait qu’il faut commencer par se changer soi-même pour faire évoluer les choses. Je crois que l’étape d’après a été de refaire mon cv, et c’était une étape importante pour deux raisons. La première, c’est que refaire son cv force à se poser les vraies questions (qu’est-ce que je veux faire ? en quoi suis-je bon ? qu’est-ce que j’apporte), et à nommer les choses. La deuxième, c’est que cette réflexion donne l’opportunité de regarder un peu ailleurs, puisque l’interface est neuve.

Nommer les choses

Refaire un CV, cela veut dire passer en revue ses compétences pour identifier celles qu’il faut mettre en avant, et quel nom mettre en haut. J’ai passé du temps à repenser mon cv (complètement) pour y inclure les compétences d’un blogueur, et pour comprendre que finalement, c’était le terme « community manager » qui résumait a bien ces compétences. J’ai fait un CV de community manager qui déchirait pas mal, avec trois grosses images, et un parti pris graphique qui rendait le CV unique, à défaut d’être beau.

Regarder dehors

Une fois le cv refait, bien sur, le regard peut se tourner dehors, ailleurs. Cela a été l’étape suivante : j’ai passé un entretien dans une autre boite en tant community manager, en demandant un salaire plus élevé. J’ai raté de peu ce poste à l’extérieur, mais les entretiens m’ont donné l’occasion de comprendre que oui, j’avais bien les compétences pour faire ça, et l’envie, et la pertinence qui permet en entretien d’être actif et de poser les bonnes questions aux interlocuteurs. Je suis très heureux de n’avoir pas été pris, car la simple démarche m’a permis de me lancer en interne avec une vraie confiance, avec une vraie force. Ce que je referais pareil : Mener la réflexion sur les vraies compétences que je souhaite mettre en avant, c’est-a-dire sur ce que je veux vraiment faire. Ce que je ferais différemment : intégrer vraiment la démarche consistant a toujours garder un œil sur l’extérieur : maintenant que j’ai réussi à évoluer en interne, et à faire un boulot qui me passionne, je n’ai plus envie de regarder ailleurs. Et pourtant, il me semble qu’il ne faut pas le faire uniquement quand on veut changer, mais en permanence pour avoir une vision complète. Je crois simplement que mon boulot m’intéresse infiniment plus que ma carrière, et que cette leçon aura bien du mal à rentrer. Et vous ? Savez-vous, tout en vous consacrant à votre job, réfléchir a l’évolution de vos compétences, et a garder les idées claires sur les opportunités a l’extérieur ?

Quel est votre super pouvoir ?

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C’est une questions que l’on peut se poser toute sa vie. Mon père, un jour, me l’avait posé : en quoi est-tu bon ? Dans quel domaine ? Je ne savais pas du tout, à l’époque, répondre.

Seth Godin, dans Linchpin, la repose en plus tranchée : quel est ton super pouvoir ? Si vous deviez aller à l’essentiel, en vous présentant, que diriez-vous ? C’est d’ailleurs devenu un fil de discussion sur sa communauté fermée, Triiibes.

La question est ardue, d’autant plus que Seth parle bien d’un super-pouvoir. Pas d’un simple pouvoir. Non pas : bonjour, je m’appelle John, et je joue super bien de la guitare. Mais plutôt : bonjour, je m’appelle John, et je peux émouvoir n’importe qui avec mon instrument. Quelque chose d’un peu absolu. Et d’un peu unique.

Posez-vous la question, sincèrement : quel est votre super pouvoir ? Je me la pose, et ne sais toujours pas y répondre de manière correcte, ni satisfaisante.

Ma réponse, à ce jour : je peux dire la vérité à n’importe qui. Je sais utiliser les mots pour échanger avec n’importe qui. Mais ce n’est pas vraiment un super pouvoir. Et ce n’est vrai que dans le cadre de relations où la violence physique est proscrite.

Et vous ? Avez-vous identifié votre super pouvoir ?

Il était une fois …

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Je vais bientôt changer de fonction au sein de mon entreprise : d’ingénieur de recherche, je vais devenir community manager. Cette mutation aura pris du temps, de l’énergie, et c’est une véritable joie : j’ai réussi à marier ma passion pour les blogs et le web, les réseaux sociaux et les rapports humains avec mon travail et ma formation initiale de physicien.

Comme j’en parle souvent, je me rends compte à quel point le fait de raconter l’histoire de ce changement, me fait la déformer, ou en tout cas la « former ». Je lui donne forme en le racontant. Toute histoire est faite de choix : le point de départ, l’ordre du récit, l’importance donnée à tel ou tel détail, à tel ou tel personnage, l’angle choisi pour la raconter. Il n’existe pas de mémoire exacte des évènements vécus : il n’existe que des récits, des reconstructions.

J’ai décidé de ne pas subir ce processus, mais de m’en servir. Au lieu de laisser cette histoire se raconter toute seule au fur et à mesure de mes échanges, je vais profiter de ce blog pour la raconter, et pour la construire. Le but est double :

  • profiter de cette expérience d’auto-narration pour capitaliser l’année qui vient de se passer, et en tirer toute les leçons. M’essayer à la description juste des sentiments. Les émotions étant à la base de la mémoire, comment une histoire vécue pourrait-elle s’en passer ?
  • partager cette expérience vécue sous un angle qui nécessite de tenir l’ego à distance : le but est de se focaliser sur les erreurs, et donc sur ce que j’ai appris, en espérant que ça puisse être utile à d’autres. Le but n’est pas de se glorifier, mais de partager l’expérience.

A bientôt, donc, pour l’épisode 1.