On se montre nos bureaux ?

Pour continuer à découvrir Posterous, j’ai choisi de vous montrer mon bureau. Quelques photos permettent de partager rapidement l’ambiance. Vous y verrez un tableau de Norman Rockwell, un de Kandinski, des pièces métalliques (soupapes, boulon, et une magnifique lampe faite par mes anciens collègues a partir des pièces d’un vieux prototype), et quelques vues que j’ai sous les yeux quand je bosse. Et vous ? A quoi ressemble votre bureau ?

Leçon n°4 : parler à la bonne personne

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Et voilà, j’étais prêt : j’avais décidé de changer de métier. J’avais les arguments, je savais ce que je voulais, j’avais refait mon CV, j’avais même testé cela avec un entretien dans une autre boite. J’étais prêt à passer le cap, à me mettre debout et à dire : « je veux changer de métier ». Prêt à prendre la parole.

Prendre la parole c’est bien…

J’avais donc préparé une présentation (en gros, « Usage & outils pour améliorer la circulation de l’information »). Et je me suis lancé : un matin, je suis allé présenter cela à mon chef d’équipe. Le net, Google, les flux RSS, la communication décentralisée, etc. L’entreprise 2.0, en bref. Le pauvre ! Il ne savait pas vraiment quoi en faire : il s’occupait d’une équipe d’ingénieur de recherche et de techniciens dans le domaine des essais et des moteurs, et un de ses collaborateurs vient le voir pour lui dire 1) je m’emmerde dans mon boulot actuel et 2) je suis motivé pour changer de boulot, j’y travaille et tu peux donc considérer que tu viens de perdre une ressource. Il m’a donc proposé de présenter la même chose à mon N+2 et N+3. Rebelote : « c’est le boulot de la communication interne, ou de l’informatique. Toi, tu es ingénieur de recherche. Chacun son boulot ». Comment ne pas les comprendre ?

…avec les bonnes personnes, c’est mieux !

La communication, c’est échanger « la bonne info, avec la bonne personne, au bon moment. » Clairement, j’avais réussi à trouver le courage de m’exposer, et d’exposer mon envie de changer de job, mais j’avais adressé ce message aux mauvaises personnes. Non pas que ces personnes n’étaient pas aptes à comprendre l’intérêt de ce que je disais, ou à me supporter dans cette démarche, simplement par rapport à leurs fonctions dans l’entreprise, je ne parlais pas aux bonnes personnes. Que pouvaient-ils faire, si ce n’est me rediriger vers les RH ?

 

La communication, c’est échanger la bonne info, avec la bonne personne, au bon moment.

 

Je n’ai pas lâché l’affaire, et j’ai profité d’une entrevue avec mon directeur (N+3) sur un tout autre sujet, pour lui glisser les idées clefs de ma présentation, et lui dire avec conviction mon envie de faire bouger les choses. En apparence, cela n’a rien donné non plus (nous verrons par la suite que si). Et j’ai donc profité d’un déjeuner organisé par mon N+4 (le patron de la Recherche) avec des « jeunes » de sa direction pour retenter ma chance : à la fin du repas, il nous a dit « vous connaissez mon mail, si vous avez des propositions ou des suggestions… ». Il ne m’en fallait pas plus : le lendemain, je lui ai envoyé un long mail pour redire à peu près les mêmes choses. Et ça a marché : il m’a redirigé vers les responsables de la communication interne, à qui j’ai fait une présentation qui déchirait pas mal (j’avais entre temps visionné une super vidéo de Garr Reynolds chez Google, qui explique comment bien présenter avec un fil conducteur et beaucoup d’images). Quelques temps après, je me suis donc retrouvé (avec l’appui du N+3, vous suivez ?) dans un groupe de travail transverse, dont l’objectif était de proposer des solutions pour « optimiser les flux d’infos ». Et je vous raconterai cela prochainement.

Leçon n°4

Ce que je referais pareil : oser prendre la parole a certainement été ce que j’ai fait de mieux dans cette histoire. Peu importe que je ne l’ai pas fait directement aux bonnes personnes : j’ai mis ma peur de côté, et pour la première depuis plusieurs années, j’étais enfin en phase avec ce que j’étais, en train de parler de ce qui me motivait vraiment. C’est le seul moyen d’être bon, non : travailler sur des choses qui nous passionnent. Ce que je ferais différemment : il faut prendre la parole, c’est une chose, mais il faut le faire en s’adressant aux bonnes personnes. Si c’était à refaire, je me poserais quelques minutes pour réfléchir à la teneur de mon message, et pour savoir à qui ce message (et ses promesses) est le plus susceptible d’apporter quelque chose. A mon chef d’équipe, il ne faisait que retirer des forces. A mes directeurs, par contre, il donnait une opportunité de rapidement mettre en place des choses plus modernes (et ils en avaient besoin, ça je ne le savais pas à l’époque), et de mettre en avant leur direction. C’était eux les bonnes personnes. Et j’étais, du coup, la bonne personne pour eux.

Pensez deux fois avant de parler, et vous parlerez deux fois mieux. [Plutarque]

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Ce qu’il faut faire n’est pas toujours raisonnable

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J’ai compris il y a peu la signification d’une pensée que je connaissais depuis longtemps, que je comprenais, mais que je n’avais jamais expérimenté. Cette phrase dit finalement ceci : « ce qu’il faut faire n’est pas toujours raisonnable ».

Avoir de l’ambition

Dans nos projets, pour construire des choses intéressantes, il est souvent nécessaire de penser les choses loin, en grand. Avoir de l’ambition. Laisser une petite place au rêve. C’est le seul moyen de faire ce qu’il faut. On peut toujours diminuer l’ambition, et c’est un moyen de rester dans la zone de confort. Mais ce n’est pas faire ce qu’il faut faire.

Penser en grand, donc. Même si l’on doit mettre en œuvre ces projets en commençant à une échelle moindre. C’est le « Think big, start small, scale fast » de McDonald’s.

Pour cela, il faut bien sûr laisser la peur de côté (pour oser viser haut), et être prêt à garder le cap de cette ambition même en travaillant à une échelle plus réduite. Penser grand, c’est aussi ce qui permet de garder la visée initiale, le cœur du projet.

S’adapter au monde pour le changer ?

J’ai toujours pensé que le meilleur moyen de changer les choses, de les faire progresser, était de s’adapter au monde. C’est vrai, bien sûr. Mais jusqu’à un certain degré. L’homme raisonnable s’adapte au monde ; l’homme déraisonnable s’obstine à essayer d’adapter le monde à lui-même. Tout progrès dépend donc de l’homme déraisonnable. [Georges Bernard Shaw]Il y a aussi dans l’action une part de « folie » qui fait aller de l’avant ; une forme de « vision » de ce qui « doit être » qui nous donne des ailes et nous fait passer les obstacles. On ne convainc pas les gens uniquement avec des choses raisonnables.

C’est ce que j’ai réalisé l’autre jour quand mon projet d’incubateur a été validé en interne : j’ai compris le soir dans mon lit (mauvais nuit) que cette excellente nouvelle était aussi synonyme de pas mal de stress, d’inconnu à venir, de boulot supplémentaire, et je me suis dit que j’étais un peu fou. Non, pas fou : déraisonnable.

L’homme raisonnable s’adapte au monde ; l’homme déraisonnable s’obstine à essayer d’adapter le monde à lui-même. Tout progrès dépend donc de l’homme déraisonnable.

Georges Bernard Shaw

Gérer sa boite mail

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Vous avez des problèmes pour gérer votre boite mail ? Voici une solution simple et efficace pour vous remettre durablement en selle. Le schéma dans l’article décrit la procédure pour gérer ses mails : les mettre dans la bonne boite. 3 boites sont nécessaires : une poubelle, des dossiers, et une liste de tâches. Prêt ? Allons-y !

Flux d’infos

Les mails ne sont qu’une suite d’informations qu’il faut traiter. Comme toujours avec un flux, il faut le traiter à la bonne vitesse, sous peine de se retrouver rapidement complètement coulé ! Au passage, une remarque : personne n’a trop de mails (éventuellement, vous pouvez vous désabonner de deux newsletter ou alertes automatiques qui vous polluent).
Donc, vous avez coulé. Ce n’est pas grave. Si vous prenez chaque jour un peu de temps pour trier vos mails, et pour remonter la pente quelques créneaux de deux ou trois heures, vous devriez rapidement refaire surface.

Une histoire de boites

Le préalable pour appliquer la méthode de tri : disposer d’une poubelle, d’un système plus ou moins élaboré d’archives, et d’une liste de tâches.
La figure ci-dessous résume la procédure systématique pour refaire surface.

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Jetez !
La première chose à faire, quand on range, c’est de savoir jeter. Ne gardez pas dans votre boite mail des choses inutiles ! Pas de sentiments, pas de chichi : le vieux mail qui traine depuis 6 mois au fond de la pile de courrier n’a probablement rien à faire là ! Jetez-le, ou …

Rangez !
Il faut avoir un moyen de ranger ses mails. Vous faites comme vous voulez, selon votre caractère : personnellement, j’aime bien l’archivage à la Gmail, mais on peut fort bien préférer un système de dossier / sous-dossiers très complet. Peu importe, le but est de sortir les mails de la boite, et d’être capable de les retrouver. Archivez donc tous ces mails que nous ne gardez que parce qu’ils contiennent des infos intéressantes, ou bien…

Ajoutez une action

Les mails qui resteront dans votre boite après avoir jeté et archivé, pour la plupart, impliqueront une action de votre part. Soit elle est immédiate, et alors faites la, soit elle est plus complexe, et il convient de l’ajouter à votre todo-list !

Pour résumer : jetez, archivez, traitez. Etre à flot dans sa boite mail implique de supprimer des mails, de savoir archiver (c’est-à-dire retrouver) et d’utiliser une liste de tâche. Le tout étant, une fois à flot, de traiter à la volée la plupart des petites actions qui tombent pour ne jamais laisser sa boite se remplir. Boite mail très remplie = procrastination. Ne repoussez- pas le boulot, faites-le !

Leçon 3 : refaire son CV

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La leçon précédente portait sur le fait qu’il faut commencer par se changer soi-même pour faire évoluer les choses. Je crois que l’étape d’après a été de refaire mon cv, et c’était une étape importante pour deux raisons. La première, c’est que refaire son cv force à se poser les vraies questions (qu’est-ce que je veux faire ? en quoi suis-je bon ? qu’est-ce que j’apporte), et à nommer les choses. La deuxième, c’est que cette réflexion donne l’opportunité de regarder un peu ailleurs, puisque l’interface est neuve.

Nommer les choses

Refaire un CV, cela veut dire passer en revue ses compétences pour identifier celles qu’il faut mettre en avant, et quel nom mettre en haut. J’ai passé du temps à repenser mon cv (complètement) pour y inclure les compétences d’un blogueur, et pour comprendre que finalement, c’était le terme « community manager » qui résumait a bien ces compétences. J’ai fait un CV de community manager qui déchirait pas mal, avec trois grosses images, et un parti pris graphique qui rendait le CV unique, à défaut d’être beau.

Regarder dehors

Une fois le cv refait, bien sur, le regard peut se tourner dehors, ailleurs. Cela a été l’étape suivante : j’ai passé un entretien dans une autre boite en tant community manager, en demandant un salaire plus élevé. J’ai raté de peu ce poste à l’extérieur, mais les entretiens m’ont donné l’occasion de comprendre que oui, j’avais bien les compétences pour faire ça, et l’envie, et la pertinence qui permet en entretien d’être actif et de poser les bonnes questions aux interlocuteurs. Je suis très heureux de n’avoir pas été pris, car la simple démarche m’a permis de me lancer en interne avec une vraie confiance, avec une vraie force. Ce que je referais pareil : Mener la réflexion sur les vraies compétences que je souhaite mettre en avant, c’est-a-dire sur ce que je veux vraiment faire. Ce que je ferais différemment : intégrer vraiment la démarche consistant a toujours garder un œil sur l’extérieur : maintenant que j’ai réussi à évoluer en interne, et à faire un boulot qui me passionne, je n’ai plus envie de regarder ailleurs. Et pourtant, il me semble qu’il ne faut pas le faire uniquement quand on veut changer, mais en permanence pour avoir une vision complète. Je crois simplement que mon boulot m’intéresse infiniment plus que ma carrière, et que cette leçon aura bien du mal à rentrer. Et vous ? Savez-vous, tout en vous consacrant à votre job, réfléchir a l’évolution de vos compétences, et a garder les idées claires sur les opportunités a l’extérieur ?

2 conseils pour travailler mieux

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Vous voulez améliorer votre efficacité au travail ? Rapidement ? Alors, lisez bien ces quelques menus conseils. Ce sont des recettes connues, mais il y a un monde entre les comprendre et les appliquer. Toute la différence entre la théorie et la pratique, en fait.

Premier conseil : Sortir du flux

On prend rapidement l’habitude, dans beaucoup de boulots, de bosser en « mode » flux : je traite mes flux de mails, je traite mes flux de tâches (souvent les mails – ceux qu’une réponse immédiate ne suffit pas à traiter – se transforment en tâches). Tous ces flux sont importants, mais il ne faut jamais oublier d’en sortir, au moins deux heure par jour, pour ne pas faire QUE du traitement de flux. Comment être productif, si l’on ne fait que du flux ? Il faut donc se discipliner, et se bloquer chaque jour des créneaux (au pire, calez-vous un créneau dans votre agenda pour être sûr de ne pas repousser éternellement le travail). Chacun évaluera le temps nécessaire : j’essaye depuis 2 mois de passer au moins 2 heures par jour avec la boite mail fermée. C’est extraordinaire, vraiment comme effet : ça ne change rien sur le fait d’être à jour dans ses mails, et ça redonne du temps pour travailler en vrai. Essayez, vous verrez !

Deuxième conseil : réfléchir au lieu d’agir

A force de travailler sur ordinateur, on finit par associer « travail » et « je suis à l’ordinateur ». Le travail de beaucoup se décompose en « réunions » (physiques ou téléphone) et « ordinateur »‘. Or, une partie – importante, cruciale – de la plupart des jobs consiste tout de même à réfléchir, à penser à ce qu’on fait pour l’optimiser, le concevoir proprement. Ce temps de réflexion, à mon sens, nécessite de savoir fermer son ordinateur, et prendre une heure par-ci par-là avec simplement un papier et un crayon. Lister des choses, dessiner des structures, des liens logiques, synthétiser. A nouveau, je vous conseille d’essayer : c’est extraordinairement efficace et facile à faire. A nouveau, si votre job ne facilite pas cela, bloquez-vous un créneau, dans un endroit tranquille où vous ne serez pas dérangé. Le mois dernier, les deux seules choses intéressantes que j’ai pondues sont venues de mes lectures, et de ces moments de réflexion.

Et vous ? Avez-vous des conseils pratiques pour bosser plus efficacement ?
Image prise sur Vantes.ca

Leçon 1 : Ecouter ses sentiments

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J’ai donc décidé de raconter comment – d’ingénieur de recherche en physique – j’étais devenu animateur de communauté (community manager, si vous préférez). J’ai choisi de le faire par le biais de « Leçons » : pas de leçon que je veux donner, mais de leçons que la vie m’a donné, et que je souhaite partager avec vous. J’ai choisi de faire court, et de toujours souligner ce que je referais pareil, et ce que je ferais différemment. La première leçon, donc, c’est d’écouter ses sentiments. Passer des émotions aux sentiments, et puis comprendre ses sentiments, les analyser et s’en servir. Les sentiments sont ce qui nous relie au monde, à la situation. Ce sont des marqueurs de l’interaction que nous avons avec notre environnement. C’est un puissant signal, riche d’informations. Le coeur intelligent : voilà une expression qui me parle. Celui qui n’écoute pas ses sentiments se coupe du monde, paradoxalement. J’ai donc pris conscience de deux sentiments : une frustration dans mon travail d’ingénieur, et une passion forte éprouver à tenir mes blogs à côté. Cette prise de conscience, au sens propre, conduit directement à une action : Comment arrêter le métier d’ingénieur de recherche, pour devenir autre chose ? Quoi ? Comment mettre cette passion dans mon métier ? Ces questions mettent en mouvement, très fort, très vite. Je vous raconterai la suite à la prochaine leçon (j’avais prévenu : faire court). Ce que je referais pareil : écouter mes sentiments, les prendre en compte au lieu de vouloir les laisser de côté. Prendre du temps pour réfléchir, consciemment, à la situation et à ces sentiments. A ce qu’ils veulent dire. Ce que je ferais différemment : je pense que je n’attendrais pas aussi longtemps pour écouter mes sentiments. J’étais pourtant censé avoir déjà appris cela d’une histoire sentimentale, mais il faut croire qu’on ne se change pas si facilement. J’essayerai de faire mieux la prochaine fois. Avez-vous déjà expérimenté la même chose ? Comment l’avez-vous vécu ? avez-vous été capable de ne plus refaire, comme moi, les mêmes erreurs ?

Pourquoi j’arrête d’être community manager

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Pourquoi utiliser cette expression de « community manager » ? Je trouve que c’est une erreur, car « manager », en anglais, c’est le gestionnaire, le leader, ou encore celui qui a un pouvoir hiérarchique.

Or, la fonction dont nous parlons est éminemment transversale, et non hiérarchique. Si management il y a, c’est de management transverse dont il s’agit. La traduction française la plus appropriée est donc « animateur de communauté ».

Animateur : celui qui met en mouvement, qui anime.

Soyons francs : le community manager dont le travail consiste uniquement à « gérer » une communauté (faire des statistiques et du reporting ? envoyer des mails de relance automatiques ? Tenir des listes de personnes à jour ?) n’est pas vraiment un « animateur de communauté ».

Le vrai animateur, en accord avec l’étymologie du mot qui lui donne sa noblesse, est celui qui met en mouvement, donc, et qui matérialise l’âme de la communauté. C’est plus ambitieux, et plus excitant, que d’être un gestionnaire, non ? De la même manière qu’une partie du management dans les entreprises s’est enlisé dans la gestion et le reporting (là où ils devraient animer leurs équipes, les écouter, les stimuler, les challenger, les aider, les nourrir, leur montrer l’exemple, les faire grandir, faciliter leur travail, créer des ponts et des connections), il ne faudrait pas – au moment où le community management explose – qu’on le cantonne dans la partie la plus basique de la fonction. L’animation de communauté, c’est mettre en mouvement, c’est mettre les personnes à l’honneur, c’est encourager les échanges sincères et spontanés, c’est faire le lien, c’est chercher le contenu qui intéresse les membres, qui est au coeur de leurs préoccupations, jouer le rôle du poil-à-gratter pour réveiller, parfois. Tout cela n’a rien à voir avec de la gestion.

Parlons donc d’animation de communauté, plutôt que de community management. Le mot est plus juste, et montre la route. Oh, je sais : c’est presque déjà trop tard, car les journalistes se sont saisis du « buzz », de la mode, et les anglicismes ne les dérangent pas.

Mais chacun peut œuvrer dans le bon sens. Je ne suis donc plus community manager. Je suis animateur de communauté.

Community manager : un métier par communauté ?

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J’ai le plaisir d’assister au Café des Community Manager ce soir. C’est un évènement organisé par Dominique Dufour, et qui permet à tous ceux que ça chante de se retrouver dans des locaux à chaque fois différents. Aujourd’hui, c’est JMS L’inconscient collectif qui accueille. Je me rappelle très bien que c’est grâce au café des community manager que j’ai pu mettre un mot sur le type de métier qui pourrait me permettre de marier ma passion (les blogs, les réseaux sociaux, le web) à mon travail. Un vrai changement de métier, réussi, et qui me comble depuis lors. Ce qui m’avait marqué lors de la première rencontre avec cette communauté, c’était sa diversité, sa disparité même. Bien sûr, tous les community manager sont animés par un goût sincère des échanges humains, de la mise en relation, de la médiation. Et ils travaillent tous à partir de deux choses : une communauté, avec ses centres d’intérêts, des passions communes, et une plateforme, un site, un outil collaboratif qui permet de structurer et d’animer. Mais le terme est tout de même extrêmement flou, et recouvre des réalités très diverses : entre les CM qui oeuvrent sur les réseaux sociaux pour représenter une marque, ceux qui animent des petites communautés de passionnés, ceux qui gèrent des communautés énormes de joueurs en ligne, ceux qui animent des communautés sur l’intranet de leur société, que de problématiques différentes ! Que de compétences différentes aussi. Un tel devra savoir naviguer entre les personnes avec aisance, tel autre devra surtout être capable de faire une veille intensive et poster des articles tous les jours. Et c’est pour cela, aussi, que je vais au Café des CM avec plaisir : je vais y retrouver une population mélangée, ubuesque, passionnée, amoureuse des relations humaines sincères. Et qui constitue à elle seule un véritable petit inventaire à la Prévert. Un petit poème éphémère, changeant, vibrant. Vivement l’ouverture !

Réseaux sociaux d’entreprise et évolution de la structure de l’entreprise

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Dans une grosse entreprise, il est nécessaire d’avoir une structure : un découpage en directions, métiers, secteurs. Cela permet de travailler de manière efficace et rationnelle, et d’optimiser l’utilisation des ressources.

Le défaut de ces grosses structures, c’est le manque de souplesse, de réactivité, d’évolutivité. De plus, les processus qui permettent de définir les fonctions et le rôle de chacun finissent, lorsqu’ils sont mal utilisés, par empêcher la communication là où justement elle était nécessaire. Le processus définit qui doit travailler avec qui, et donc qui doit parler avec qui. Un des apports importants des réseaux sociaux d’entreprises, en introduisant de la conversation dans les processus, est donc d’assouplir le fonctionnement des grandes entreprises, efficaces dans l’action, mais peu réactives.

En introduisant cette souplesse, cette conversation, ce mode de fonctionnement transverse, les réseaux sociaux d’entreprise impactent nécessairement la manière de travailler. Ils apportent plus de transversalité, plus de communication spontanée. Cela implique l’émergence de projets transverses qui n’étaient pas prévus dans les plans. Comment permettre aux salariés de travailler sur des sujets non prévus ? Le plus simple est de mettre en place un slack organisationnel, à la mode Google, Pixar ou 3M.

Faut-il installer d’abord les réseaux sociaux ? Faut-il installer d’abord la souplesse organisationnelle ? A mon sens, la réponse est la même que pour la célèbre problématique de l’œuf et de la poule : un cercle n’a pas de commencement. Il faut mettre en place en même temps les RSE et le slack, car ce ne sont que des moyens, l’un comme l’autre, de faire bien son travail, de manière ouverte et réactive. Donc de faire changer la culture de l’entreprise, et donner une vraie place aux individus, comme au travail collectif.