Citations

J’utilise souvent des citations, dans mes articles, ou au boulot. Je vais les partager ici au fur et à mesure.

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Un grand pas serait fait dans le sens de la rigueur scientifique si les auteurs définissaient avec précision les notions qu’ils emploient et s’ils y restaient fidèles tout au long de leurs exposés, sans introduire subrepticement d’autres significations.

— Julien Freund

La signification minimale de la politique est de transformer la lutte indistincte en combat réglementé. A l’inverse on comprend ce que signifie une politique abusive qui dénature l’institution civile : il s’agit de celle qui, au lieu de protéger les citoyens conformément à la finalité du politique, les livre à la discrétion des hommes au pouvoir, par conséquent celle qui renie son rôle tutélaire et qui pour des raisons idéologiques ou autres, par corruption par exemple, jette en prison ou dans les camps ceux qui sont soupçonnés, le plus souvent à tort, de n’être pas fidèles aux choix subjectifs des détenteurs du pouvoir. (…) Un des moyens de remplir ce rôle de protection consiste précisément dans la transformation au sein de la société de la lutte indistincte et confuse en un combat grâce à la réglementation des conflits par des conventions et des
lois.

— Julien Freund

A vouloir dissimuler coûte que coûte les conflits, on finit très souvent par bloquer toute issue, y compris celle de la négociation, et souvent on exaspère l’opposition des parties. Le conflit introduit une rupture et du même coup il débloque la situation parce qu’en général il met subitement les parties en présence de l’enjeu réel, des
conséquences et des risques.

— Julien Freund

D’une façon générale, dans la société de compétition, qui accepte le conflit, est permis tout ce qui n’est pas interdit, dans une société socialiste n’est permis que ce que la règle permet et tout le reste est interdit.

— Julien Freund

Tout d’abord il importe de ne pas confondre règle et norme. La règle est un produit de conventions, et de ce fait elle est codifiable, donc repérable, ce qui veut dire que ses dispositions sont énumérables. Elle porte sur un permis et un interdit, étant donné que là où tout est permis il n’est pas besoin de règles. En raison de l’interdit
qu’elle comporte elle implique une contrainte. La norme au contraire est de l’ordre de la valorisation, soit qu’elle idéalise une aspiration ou une intention, soit qu’elle donne valeur de modèle à une forme, soit qu’elle évalue la conformité d’un phénomène à ce qui se passe dans la majorité des cas (moyenne statistique). Elle n’impose donc
pas nécessairement contrainte.

— Julien Freund

Si nous avons insisté dans la définition du conflit sur l’importance du droit, nous pouvons préciser maintenant qu’en général le conflit éclate parce qu’on oppose une norme à une règle, une illustration typique de ce fait étant la révolution. Celle-ci se fait en général au nom de normes de justice qu’on oppose aux règles positives et établies.

— Julien Freund

Il est vrai, notre monde contemporain, dans lequel prédomine l’idéologie égalitariste, charge la notion d’exception d’une connotation éthique défavorable. (…) Faire exception passe pour un acte coupable.

— Julien Freund

Pour éviter que le gouvernement n’emploie des moyens illicites, il importe que la constitution politique se donne à titre préventif des armes exceptionnelles pour pouvoir faire face aux situations exceptionnelles. Il est vrai, cette remarque nous introduit à un débat qui divise les esprits sur la signification du politique. Les partisans du légalisme récusent en général la mise en place d’institutions et de juridiction exceptionnelles, estimant que l’exception devrait être assujettie aux procédures ordinaires. D’autres au contraire pensent que l’on ne peut maîtriser une situation exceptionnelle qu’en se donnant des moyens de même nature et par conséquent adaptés au combat contre l’exceptionnel. Ils considèrent que, puisqu’une constitution est en premier lieu un instrument politique, il importe qu’elle soit politiquement efficace avant d’être juridiquement exemplaire. Cette rivalité entre la politique et le droit est permanente.

— Julien Freund

Si l’on se fait une idée imprécise et nébuleuse de la violence on s’interdit d’appréhender avec discernement la notion de conflit. En effet, si le conflit engendre une situation exceptionnelle, c’est parce qu’il fait appel au moyen exceptionnel qu’est la violence ou menace d’y avoir éventuellement recours. Si tout est violence on banalise la notion, elle perd son caractère exceptionnel et on en fait une méthode ordinaire de gouvernement, à l’image des pays despotiques et totalitaires ou encore, avec le terrorisme, un moyen courant dans les relations entre les hommes et les groupes. Sa signification spécifique consiste en ce qu’elle est un instrument exceptionnel qu’il faut manier avec prudence à cause des effets effrayants qu’elle peut entraîner. C’est pour cette raison que de tous temps les sociétés stables ont essayé de la domestiquer, par exemple en la ritualisant, en tout cas de la contraindre dans certaines limites. Plus exactement, une société ne se stabilise qu’à cette condition.

— Julien Freund

C’est en ce sens que la violence est fondatrice, à la fois de la société et de la politique, de sorte que la suppression de toute violence équivaudrait à la disparition des sociétés. En effet, si les hommes vivent en société, l’organisent grâce à la politique, c’est pour comprimer la violence et limiter ses effets. Il en résulte que la violence n’est pas extérieure à la société, elle n’en est pas un aspect fortuit, accidentel ou contingent, dont on pourrait la débarrasser. Au contraire elle est inhérente à toute société, elle demeure aux aguets dans toute politique, de sorte qu’elle peut éclater à tout instant si l’occasion est propice. On comprend mieux dans ces conditions pourquoi toute méconnaissance de la nature de la violence a pour conséquence une méprise sur la nature du conflit, de la politique et plus généralement de la société. Comme il y a une anti-matière, la violence est l’anti-social qui donne sa consistance au social et, comme telle, elle fait partie intégrante de toute société. Ce qui fausse la discussion, c’est la croyance qu’on pourrait proscrire définitivement toute violence, en vertu de l’illusion qu’elle ne serait que le produit d’une mauvaise organisation sociale, donc des circonstances extérieures.

— Julien Freund

L’erreur est de croire que je n’ai pas d’ennemi si je refuse d’en avoir. A la vérité, c’est l’ennemi qui me désigne et s’il veut que je sois son ennemi, je le suis, en dépit de mes propositions de conciliation et de mes démonstrations de bienveillance. Dans ce cas il ne me reste qu’à accepter de me battre ou de me soumettre à la discrétion de l’ennemi. Précisément la notion de situation exceptionnelle nous fait comprendre qu’il arrive un moment où il n’y a plus que la violence qui puisse arrêter la violence. On peut le déplorer, mais sur ce point l’histoire reste intraitable. Même le système juridique le mieux élaboré demeure impuissant devant une volonté qui recherche délibérément la violence et le conflit. Non point que le droit serait inefficace, mais il ne parvient à contrôler la violence que dans le cas des situations ordinaires.

— Julien Freund

l ne faut pas confondre ces arrangements majoritaires avec les processus spontanés que les communautés libres ont appris à considérer comme apportant bien plus que ne saurait le faire n’importe quelle sagesse individuelle. Si par « processus social » nous entendons l’évolution graduelle vers des solutions meilleures que celles que peut apporter un projet volontariste, la loi de la majorité n’en est pas un. Cette loi diffère radicalement de la croissance libre d’où émergent la coutume et les institutions, car son caractère coercitif, monopolistique et exclusif détruit les forces d’auto-correction qui font que, dans une société libre, les efforts maladroits sont abandonnés et ne subsiste que ce qui marche. Elle diffère aussi fondamentalement du processus cumulatif par lequel le droit se forme à partir de précédents, ou encore (comme c’est le cas pour certaines décisions du juge) se fond dans un tout cohérent, parce qu’on respecte des principes reconnus lors de jugements antérieurs.

— Friedrich Hayek

Le libéralisme est une doctrine concernant ce que la loi devrait être, la démocratie une doctrine concernant la façon de déterminer ce que sera la loi. Le libéralisme estime qu’il est bon que soit traduit en loi seulement ce qu’accepte la majorité, mais il ne croit pas que le résultat soit forcément une bonne loi. Son objectif, à vrai dire, est de persuader la majorité d’observer certains principes. Il accepte la règle majoritaire en tant que méthode de décision, mais non comme ayant autorité pour dire ce que devrait être la décision. Pour le démocrate doctrinaire, le fait que la majorité veuille quelque chose est une raison suffisante pour considérer cette chose comme bonne ; pour lui, la volonté de la majorité fait non seulement la loi, mais ce qui est la bonne loi.

— Friedrich Hayek

La crise de notre monde a en partie pour cause la soumission du plus grand nombre à une vision des choses déterminée par les médias de masse. Les images sont relayées dans l’ensemble du monde, et la voix des hommes humains ne peut se faire entendre. (…) Si le monde s’enfonce ainsi dans un chaos d’images sans autre élément d’explication, alors la crise ne peut que s’approfondir. Nous nous abîmerons alors dans un temps de troubles où des princes isolés prendront les décisions, ils nous montreront des spectacles que nous applaudirons, dont nous nous étonnerons, ou nous indignerons, sans en comprendre le sens. Le monde ne peut échapper à cet abîme que si chacun de nous réussit à comprendre et réagir. Pour cela, il faut d’abord être libre de sa pensée.

— Martin Gray

Le problème de notre temps, c’est que les gens ne veulent pas être utiles, mais importants.

— Winston Churchill

Se disputer avec une personne qui a renoncé à utiliser sa raison, c’est comme d’administrer un médicament à un mort.

— Thomas Paine

Se disputer avec une personne qui a renoncé à utiliser sa raison, c’est comme administrer un médicament à un mort.

— Thomas Paine

Dire de ce qui est qu’il n’est pas, et de ce qui n’est pas dire qu’il est, voilà le faux ; dire de ce qui est qu’il est, et de ce qui n’est pas dire qu’il n’est pas, voilà le vrai. (…)
Celui-là par conséquent est dans le vrai, qui pense que ce qui réellement est séparé, est séparé, que ce qui réellement est réuni, est réuni. Mais celui-là est dans le faux, qui pense le contraire de ce que dans telle circonstance sont ou ne sont pas les choses. Par conséquent tout ce qu’on dit est ou vrai, ou faux, car il faut qu’on réfléchisse à ce qu’on dit. Ce n’est pas parce que nous pensons que tu es blanc, que tu es blanc en effet ; c’est parce que en effet tu es blanc, qu’en disant que tu l’es nous disons la vérité.

— Aristote

Il faut noter que la vérité ou la fausseté d’une croyance dépend toujours de quelque chose d’extérieur à la croyance même. Si ma croyance est vraie quand je crois que Charles Ier est mort sur l’échafaud, ce n’est pas en vertu d’une qualité propre à ma croyance, qualité que je pourrais découvrir par simple examen de la croyance ; c’est à cause d’un événement historique d’il y a deux siècles et demi. Si je crois que Charles Ier est mort dans son lit, c’est là une croyance fausse : je peux bien y croire avec force, avoir pris des précautions avant de m’y tenir, tout cela ne l’empêche pas d’être fausse toujours pour la même raison, nullement en vertu d’une propriété qui lui soit propre. Bien que la vérité et la fausseté soient des propriétés des croyances, ce sont donc des propriétés qui dépendent de la relation entre la croyance et autre chose qu’elle, non pas d’une qualité interne à la croyance.

Ce dernier point nous conduit à adopter la conception – somme toute la plus courante dans l’histoire de la philosophie – selon laquelle la vérité consiste dans une certaine forme de correspondance entre la croyance et le fait.

— Bertrand Russell

J’affirme qu’un pays qui essaye trouver le chemin de la prospérité en augmentant les impôts est comme un homme debout dans un seau qui essaierait de se soulever en l’air en tirant sur les poignées.

— Winston Churchill

Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice.

— Montesquieu
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