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  • Identité française

    Identité française

    Tournant ?

    Le discours d’Emmanuel Macron sur le séparatisme a marqué un tournant pour notre pays. Un tournant pourquoi ? Parce qu’enfin, le constat est à  peu près posé, du problème posé par l’islam dans notre pays. Je n’y reviens pas : progression de l’islam radical, infiltration des islamistes dans les services de l’Etat, communauté musulmane pressurisée par les plus radicaux. J’en ai parlé là , avec plein de liens vers les sources, rapports, etc… : Etat de guerre.

    Paroles, paroles

    Le problème, c’est que ce constat a déjà  été fait il y a longtemps. Il est vrai pas aussi clairement de manière officielle par un Président de la République. Mais si le problème était, aux yeux du gouvernement, aussi crucial que le disent les mots de ce discours, il aurait du être la priorité dès l’élection. Pourquoi pas plus tôt ? J’ai la faiblesse de penser que les politiciens sont avant tout des machines à  gagner des élections, et je vois dans ce discours, juste après celui sur la France, comme une entrée en campagne de Macron. J’en ai déjà  entendu des beaux discours (sincèrement). Je n’ai pas souvent vu les actes suivre.

    Le problème identitaire de la gauche

    Dans le discours, et c’est la cause de ma déception, on retrouve tous les points aveugles de la pensée de la gauche depuis longtemps. Le premier, très bien décrit dans l’article de H16, est de ne pas voir qu’un Etat dilué sur tous les sujets, faibles, est une cause de grand désordre par non application des Lois. Le blogueur libéral, comme souvent les libéraux, sous-estime totalement le problème intrinsèque du multiculturalisme, de l’immigration, et de l’absence de politique d’assimilation.
    Les mots d’intégration et d’assimilation sont absents du discours, ce qui montre que Macron, dans sa manière d’aborder le sujet, ne fait aucun lien entre séparatisme islamique, islam et immigration. Avant de vouloir réformer l’islam il faut commencer par fermer nos frontières à  l’immigration extra-occidentale.
    Comme le dit dans son excellente analyse Gilles-William Goldnadel :
    Symboliquement au moins, il a le mérite d’exister et de poser enfin un diagnostic juste sur une maladie jusqu’à  présent dissimulée. C’est déjà  cela, même si ce n’est que cela.(…) La principale, l’impardonnable [lacune], celle qui fait que ce plan est géométriquement biaisé, est de n’avoir pas dit un mot sur la nécessité existentielle de freiner l’immigration massive et illégale en train de détruire l’équilibre français. C’est cette invasion sans fin par une population, principalement islamique, qui empêche une bonne intégration et renforce ce séparatisme enfin reconnu comme maladie mortelle.

    Pour comprendre cela, il faut parler d’identité culturelle et civilisationnelle. Pour parler d’identité, il faut avoir en tête des modèles mentaux que l’on appelle Civilisations et Cultures. Notre pensée s’est tellement appauvrie, sous la pression du politiquement correct et de la non-discrimination, que ne nous sommes plus capables, collectivement, de comprendre que la civilisation islamique n’est pas une civilisation occidentale avec une religion différente. L’islam n’est pas qu’une religion. Il faut lire Levi-Strauss, Huntington, Heinich et Nemo. Sur un certain nombre de points majeurs, la civilisation islamique est incompatible avec la civilisation occidentale (liberté de conscience, droits humains universels, statut des femmes, pluralisme critique, etc…).
    Je m’insurge contre l’abus de langage par lequel, de plus en plus, on en vient à  confondre le racisme et des attitudes normales, légitimes même, en tout cas inévitables. Le racisme est une doctrine qui prétend voir dans les caractères intellectuels et moraux attribués à  un ensemble d’individus l’effet nécessaire d’un commun patrimoine génétique. On ne saurait ranger sous la même rubrique, ou imputer automatiquement au même préjugé l’attitude d’individus ou de groupes que leur fidélité à  certaines valeurs rend partiellement ou totalement insensibles à  d’autres valeurs. Il n’est nullement coupable de placer une manière de vivre et de la penser au-dessus de toutes les autres et d’éprouver peu d’attirance envers tels ou tels dont le genre de vie, respectable en lui-même, s’éloigne par trop de celui auquel on est traditionnellement attaché. Cette incommunicabilité relative peut même représenter le prix à  payer pour que les systèmes de valeurs de chaque famille spirituelle ou de chaque communauté se conservent, et trouvent dans leur propre fonds les ressources nécessaires à  leur renouvellement. Si comme je l’ai écrit ailleurs, il existe entre les sociétés humaines un certain optimum de diversité au-delà  duquel elles ne sauraient aller, mais en dessous duquel elles ne peuvent non plus descendre sans danger, on doit reconnaître que cette diversité résulte pour une grande part du désir de chaque culture de s’opposer à  celles qui l’environnent, de se distinguer d’elles, en un mot d’être soi : elles ne s’ignorent pas, s’empruntent à  l’occasion, mais pour ne pas périr, il faut que, sous d’autres rapports persiste entre elles une certaine imperméabilité.
    Claude Levi-strauss

    En France, on parle français

    Un point qui symbolise, en mal, tout cela, c’est l’apprentissage de l’arabe à  l’école. François-Xavier Bellamy en a dit ce qu’il fallait. Renvoyer des enfants à  l’apprentissage c’est les désigner comme non-français. Les assigner à  résidence civilisationnelle islamique. Quel terrible aveu, dans un discours qui se veut lutter contre le séparatisme. L’assimilation doit être obligatoire. L’apprentissage (et la maîtrise) du français en fait partie. Assimiler les nouveaux arrivants, leur transmettre notre culture, notre langue, notre histoire afin qu’ils puissent se les approprier. Nous leur donnons en partage, et c’est le seul et le meilleur accueil que l’on puisse faire. Le reste, c’est du discours multiculturaliste et politiquement correct. Ce qu’au final, je crois, est le discours de Macron. Un habile positionnement sur un thème crucial, en disant des choses justes, mais en même temps en caressant la gauche dans le sens de ses vieux poils faussement universalistes (relativiste en fait). Un discours de campagne. Laissons le bénéfice du doute sur les actions qui suivront : pour les raisons expliquées ci-dessus, j’ai peu d’espoir.
    L’image qui illustre cet article, montrant Napoléon, a été choisi pour l’action de celui-ci sur le judaïsme à  l’époque (1806) en provoquant une sorte de grand Sanhédrin. C’est le niveau d’action nécessaire pour mettre sous pression les responsables religieux de l’islam.

  • Le maître du Haut-Chateau

    Le maître du Haut-Chateau

    Le Maître du Haut-Chateau est le premier roman à  succès de Philip K. Dick. Dick est un sacré romancier et deux choses sont certaines : il possèdait une imagination incroyable, et un sens de la narration très efficace, toujours près des personnages et de leur réalité, sans discours ou descriptions superflues.

    Uchronie

    Le maître du Haut-Chateau est une uchronie : un récit d’une histoire alternative imaginée à  partir de la modification d’un évènement historique. Dans le roman de Dick, le point modifié est l’issue de la Seconde Guerre mondiale : les Allemands et les Japonais ont gagné la guerre. Nous découvrons donc des personnages évoluant dans des Etats-unis partagés en deux : sur la côté pacifique, les japonais dirigent, et sur la côte Est, ce sont les nazis. La bande des montagnes Rocheuses est une sorte de zone libre entre les deux.

    Style impressionniste

    Dick aborde cet univers étrange avec des personnages originaux : un antiquaire spécialisé dans les anciens objets manufacturés américains (Childan), un ouvrier (Frank) qui veut se lancer à  son compte, un haut-responsable japonais (Tagomi) et un autre du côté Allemand. Une jeune femme, professeur de judo, qui par des chemins de traverse se retrouve à  aller à  la rencontre du fameux maître du haut-chateau, auteur d’un livre uchronique (« Le poids de la sauterelle ») racontant l’histoire comme si les Etats-Unis et leurs alliés avaient gagné la guerre. Ironie du scénario, mise en abime. Au-delà  du thème du réel, et de sa distorsion, j’ai trouvé l’histoire splendide. On est pris par les personnages, dès le début. La manière de raconter de Dick, par touches impressionnistes, est originale et adaptée à  nous faire sentir cet univers différent, où les relations habituelles ont été subtilement modifiées. Loin de décrire de manière exhaustive ce monde, ses institutions, et la société, l’auteur a choisi de faire des focus psychologiques, sur des moments particuliers des personnages. Avec, en italique, leurs pensées. Magistral.

    Je confesse avoir découvert ce roman non par mes lectures, mais par la série Amazon qui en a été tirée. C’est une très bonne série, une belle interprétation, avec des apports intelligents et cohérents. Les seuls petites critiques que l’on pourrait après coup lui adresser :

    • transformer Frank en faussaire alors qu’il est dans le roman en train de recréer lui-même des bijoux est débile (je ne peux réveler ici pourquoi c’est important, mais cela a une portée symbolique importante sur la lecture du scénario)
    • placer une histoire avec des homosexuels juste pour les quotas et l’allégeance au politiquement correct est très typé US, et assez inutile, voire ridicule

    C’était par contre une bonne idée de remplacer le roman « Le poids de la sauterelle » par des bouts de films, puisque l’histoire de la série est racontée en images.

    Quoi qu’il en soit, je recommande à  la fois la série et le roman. Philip K. Dick est décidemment un grand romancier.

  • Immigration

    Immigration

    Immigration, sujet tabou ?

    Au moment où le politiquement correct tente de museler l’Incorrect, à  l’heure où, pourtant, les violences ethniques font ressurgir la réalité des problèmes liés à  l’immigration, il est légitime d’aborder ce thème si « sulfureux ». Même, et surtout, si les gouvernants pratiquent l’a-plat-ventrisme pour tenter de calmer les racailles, en oubliant complètement leur rôle, et toute dignité.

    Pas pour tout le monde, heureusement

    Fort heureusement, le sujet n’est pas tabou pour tout le monde. Je vous invite, sur ce sujet, à  bien sûr acheter le dernier numéro de l’Incorrect, et à  aller lire la remarquable conférence donnée par Pierre Brochand (haut fonctionnaire, ancien patron de la DGSE), à  l’invitation de la Fondation Res Publica de J.P. Chevènement : « Pour une véritable politique de l’immigration« .

    Pour Pierre Brochand, l’immigration est LE sujet politique (je suis tout à  fait d’accord avec lui) :

    Tout simplement — autant mettre d’emblée les points sur les i — parce que je considère, en mon âme et conscience (et en espérant me tromper), que, de tous les énormes défis que doit affronter notre pays, l’immigration, telle qu’on l’a laissée se développer depuis près de 50 ans, est le plus redoutable. Pourquoi le plus redoutable ? Parce qu’il est le seul, à  mes yeux, susceptible de mettre directement en cause la paix civile, dans une société non seulement fragile mais volontairement aveugle à  ce danger. De sorte que, pour moi, une véritable politique de l’immigration est, d’une certaine manière, un préalable à  toutes les autres et que, faute d’en vouloir une, nous allons au-devant de grandes infortunes et de terribles déconvenues. (…) Je ne suis pas davantage un sociologue, un anthropologue, un démographe, un historien, un philosophe ou un économiste de métier. Seulement un citoyen inquiet, qui tire cette inquiétude de l’expérience d’une vie. J’ai servi l’État, dans sa dimension extérieure, pendant 45 ans. Durant ce demi-siècle, je me suis mis, avec dévouement et De tous les énormes défis que doit affronter notre pays, l’immigration, telle qu’on l’a laissée se développer depuis près de 50 ans, est le plus redoutable. Pourquoi le plus redoutable ? Parce qu’il est le seul, à  mes yeux, susceptible de mettre directement en cause la paix civile, dans une société non seulement fragile mais volontairement aveugle à  ce danger.conviction, au service de l’intérêt national, à  une époque où il était difficile de le distinguer de ce qu’il est désormais inconvenant de nommer, la préférence nationale. À cette école, j’ai vite compris que, par-delà  les discours, personne en ce monde ne faisait de cadeaux à  personne et que, si nous ne prenions pas en charge nos intérêts vitaux, nul ne le ferait à  notre place. Tout au long de ce parcours — coopérant en Afrique, boursier aux États-Unis, diplomate sur trois continents, responsable d’un Service de renseignement et même comme époux —, j’ai fréquenté infiniment plus d’étrangers que de Français. À l’occasion de ces milliers de relations de toutes natures, je n’ai eu d’autre objectif que d’entrer en empathie avec l’Autre, cet être énigmatique, qui n’est notre semblable que jusqu’au moment où il ne l’est plus. À son contact j’ai pu vérifier la pertinence de lieux autrefois communs : à  savoir que, si le biologique nous rassemble, le culturel interpose entre nous une distance variable, et parfois insurmontable. Il m’a aussi permis des observations que je ne saurais rapporter sans frissons, par exemple que rien n’est plus universel que la xénophobie et que les configurations « multi » (culturelles, nationales, ethniques) sont le plus souvent vouées au déchirement. Et j’ai même constaté, « horresco referens », que les « minorités » pouvaient être violentes et les « victimes » avoir tort. Par ailleurs, il m’est arrivé de pratiquer un métier — le renseignement —, qui est l’un des derniers où l’on est obligé d’appeler un chat un chat, où il est interdit — littéralement sous peine de mort — de prendre ses désirs pour des réalités, et où la compassion reste une vertu mais certainement pas une priorité.

    Il n’est pas possible de résumer une conférence aussi dense en quelques lignes, mais sachez que vous y trouverez à  la fois une vision ample de la problématique, des constats très clairs sur la réalité des problèmes posés par le phénomène de l’immigration, et des mesures concrètes pour agir. Pour vous en donner un aperçu quand même, je partage deux thèses qui sous-tendent son propos (de manière très explicite). Les cultures différentes, ça existe – première thèse -, et – deuxième thèse – conséquence de la première, abandonner l’échelon de l’Etat Nation au profit d’une civilisation mondiale prétendument unie ou même possible, c’est une folie. Ces deux thèses me semblent difficilement contestables.

    La distance culturelle ça existe

    A la suite de Braudel, Huntington, ou encore Levi-Strauss, Pierre Brochand rappelle cette évidence : les cultures différentes, ça existe, et la distance culturelle aussi. Les civilisations, par ailleurs, regroupent des cultures qui sont, entre elles, moins éloignées que des autres appartenant à  un autre groupe civilisationnel. La coexistence entre cultures différentes, a fortiori provenant de civilisation différente est complexe, comme le rappelait Levi-Strauss (dans sa conférence Race & Culture, donné à  l’Unesco en 1971):

    Je m’insurge contre l’abus de langage par lequel, de plus en plus, on en vient à  confondre le racisme et des attitudes normales, légitimes même, en tout cas inévitables. Le racisme est une doctrine qui prétend voir dans les caractères intellectuels et moraux attribués à  un ensemble d’individus l’effet nécessaire d’un commun patrimoine génétique. On ne saurait ranger sous la même rubrique, ou imputer automatiquement au même préjugé l’attitude d’individus ou de groupes que leur fidélité à  certaines valeurs rend partiellement ou totalement insensibles à  d’autres valeurs. Il n’est nullement coupable de placer une manière de vivre et de la penser au-dessus de toutes les autres et d’éprouver peu d’attirance envers tels ou tels dont le genre de vie, respectable en lui-même, s’éloigne par trop de celui auquel on est traditionnellement attaché. Cette incommunicabilité relative peut même représenter le prix à  payer pour que les systèmes de valeurs de chaque famille spirituelle ou de chaque communauté se conservent, et trouvent dans leur propre fonds les ressources nécessaires à  leur renouvellement. Si comme je l’ai écrit ailleurs, il existe entre les sociétés humaines un certain optimum de diversité au-delà  duquel elles ne sauraient aller, mais en dessous duquel elles ne peuvent non plus descendre sans danger, on doit reconnaître que cette diversité résulte pour une grande part du désir de chaque culture de s’opposer à  celles qui l’environnent, de se distinguer d’elles, en un mot d’être soi : elles ne s’ignorent pas, s’empruntent à  l’occasion, mais pour ne pas périr, il faut que, sous d’autres rapports persiste entre elles une certaine imperméabilité.

    Accepter une immigration extra-européenne, extra-occidentale, de masse, en pensant que cela ne posera aucun problème, c’est simplement idiot.

    La société mondiale ne peut se passer des Etats Nations

    Pierre Brochand livre ensuite un cadre intéressant d’analyse : la confrontation d’une Histoire Evolution et d’une histoire Evènement.

    Le tissu de l’Histoire est fait d’une double trame : « l’histoire de l’espèce », que j’appellerai Histoire Évolution, et « les histoires dans l’espèce », que je dénommerai Histoire Événement. L’histoire Evolution : l’auto-détermination linéaire et les trois strates. L’Histoire de l’espèce est linéaire et irréversible, car son moteur est la connaissance cumulative qui, en tant que régime de vérité validé par l’efficacité de la technique, se diffuse tôt ou tard à  l’ensemble de la planète. (…) L’Histoire Événement : le bruit et la fureur de la lutte cyclique pour le pouvoir. (…) En d’autres termes, donc, avec l’Histoire Événement, c’est le Réel sous ces deux aspects — « formes » archaïques et « contenus » séculaires — qui se rebelle contre l’Histoire Évolution, la machine qui travaille sans relâche à  sa disparition.

    Il distingue 3 strates dans l’Histoire Evolution, qui co-existent toujours :

    • S1 : les communautés naturelles, prémodernes, pré-politiques, hétérodéterminées,
    • S2 : l’État national moderne, berceau du politique, fruit de l’auto-détermination collective,
    • S3 : la Société des individus, hypermoderne, post-politique, issue de l’auto-détermination individuelle.

    L’histoire Evènement ramène toujours les strates S1, et S2, dans les pattes de S3. Et le Réel :

    En simplifiant, ces rétroactions de base — la revanche du Réel, les « éléphants dans le magasin de porcelaine » — sont au nombre de quatre. On peut les appeler les « quatre R » : le Rebond R 1, la Rente R 2, le Refus R 3, le Rejet R 4. Les deux premières — le Rebond économique sino-asiatique et la Rente, légale (notamment pétrolière et gazière) ou illégale, prélevée sur les flux — ne remettent pas en cause les principaux paramètres de la Globalisation, telle qu’imposée par l’Occident : elles contestent son unilatéralisme et visent à  une redistribution des revenus, et donc des pouvoirs, à  l’intérieur du processus. Les deux autres — le Refus (dont le porte-drapeau est l’Islam) et le Rejet (qu’exhalent les trous noirs creusés par les États les plus faillis) — remettent en question non seulement l’unilatéralisme occidental, mais aussi les fondements mêmes de la Globalisation, en raison d’écarts culturels insurmontables. Il va de soi que ces rétroactions se combinent pour former des variantes composites, l’une des plus congruentes avec notre sujet étant celle qui associe la Rente pétrolière au Refus musulman, pour favoriser l’expansion mondiale de l’islamisme, à  travers, notamment, les diasporas, dont je parlerai plus tard. En outre, ces quatre rétroactions, si différentes, se nourrissent d’un sentiment commun, le Ressentiment, qu’on pourrait dénommer R 5, né de cinq siècles de Colonisation directe ou indirecte. C’est pourquoi la Globalisation, en créant les conditions de sa propre contestation, marque, à  la fois, l’apogée et le commencement du déclin relatif de l’Occident, qui, l’ayant suscitée, va perdre, de son fait, sa suprématie absolue. C’est ainsi que notre planète change de visage. L’ordre occidental, après avoir bataillé pour imposer à  tous la même logique « progressiste » et « fonctionnelle » de l’Histoire Évolution, cède la place à  un multidésordre, « régressiste » et « dysfonctionnel », où l’Histoire Événement reprend la main, sans autre programme que la lutte pour un pouvoir remis en jeu.

    Le cadre d’analyse est puissant, et utile pour penser le réel. Brochand détaille également les différentes vagues d’immigration, et les impacts qu’elles sont eues sur la société française. Pour la plupart négatifs, et souvent occultés par le politiquement correct et l’idéologie : manipulation, brouillage des faits, non-évaluation, voire mensonges. La population le sait bien, et il y a probablement là  une des puissantes raisons de la perte de confiance populaire dans les Elites.

    3 stratégies et des mesures concrètes

    En fin de conférence, on découvre les trois stratégies posées par l’auteur, qu’il pose pour détailler ensuite des mesures très concrètes et précises. Je lui laisse le mot de la fin : ceux que ces mesures intéressent iront lire cette admirable et indispensable conférence.
    Face à  ce bilan, à  mon avis peu glorieux, trois options restent ouvertes : 1) Poursuivre dans la voie du « panglossisme » : soit le choix de la théorisation de l’impuissance, dissimulée par un voile d’optimisme, choix le plus facile dans la mesure où il vaut à  ses tenants applaudissements et reconnaissance sociale, dusse la société en payer un jour le prix (stratégie du « wishful thinking »). 2) Estimer que la Globalisation est un bloc, une force irrésistible, dont l’immigration par le droit est une dimension, certes problématique, mais incontournable, dont il faut s’accommoder au mieux, en bricolant au jour le jour pour en limiter les dégâts et notamment en jetant de l’argent pas les fenêtres (stratégie du « damage control »). 3) Juger que le processus d’immigration incontrôlée peut très mal finir et que cette perspective exige impérativement de changer de cap. Ce qui suppose de tenir la Globalisation pour un ensemble sécable, au sein duquel les flux humains peuvent et doivent faire l’objet d’un traitement à  part des autres facteurs de production, en raison de leur impact direct sur la coopération sociale et, in fine, la paix civile (stratégie du « contre-courant »). On aura sans doute deviné que cette dernière option est la mienne, même si je n’exclus pas la deuxième comme une position de repli résigné, en cas d’impossibilité avérée de l’appliquer. À mes yeux, on PEUT et on DOIT FAIRE, comme nous le montrent certains pays qui ne sont pas tous des parias, à  commencer par le Danemark ou les pays d’Europe centrale et orientale, que je connais bien pour y avoir été en poste et qu’il serait aussi présomptueux qu’insultant de tenir pour moins « européens » que nous. Mais pour sortir des faux-semblants qui nous paralysent, et notamment le parallélisme mensonger qui voudrait que toute politique migratoire restrictive et sélective soit le signe d’un nazisme renaissant, il faudrait que les « dirigeants » (avec guillemets) que nous avons sous la main redeviennent, au moins sur ce plan, des dirigeants (sans guillemets), c.-à -d. n’hésitant pas à  rembobiner le film jusqu’aux années 70 et 80, quand leurs prédécesseurs ont jeté l’éponge du politique avec l’eau du bain de l’État national. Autrement dit aient le courage surhumain de prendre le contre-pied, au moins sur ce terrain de l’immigration, du credo autour duquel est structurée la Société des individus, pour renouer avec ces privilèges spécifiques du politique que sont la capacité de « dire non » et de prendre des décisions osant contrarier la norme, tout en cessant de raisonner comme si les marges étaient centrales. Je ne crois guère à  cette rédemption, dans la mesure où même des catastrophes, comme les émeutes de 2005, ou des cataclysmes, comme les attentats de masse, ne sont pas parvenus à  la susciter. Mais rien ne m’interdit de rêver à  tout ce qui pourrait et devrait être fait pour corriger une trajectoire, que je considère — personne ne peut m’en empêcher — comme périlleuse pour l’avenir de mon pays.

  • Rhétorique du conflit

    Rhétorique du conflit

    Faut-il toujours choisir son camp ?

    Les discussions sont âpres sur les réseaux sociaux. Et heureusement ! Ce n’est pas près de s’arrêter, d’ailleurs, puisque la ridicule loi Avia vient de se faire sévèrement désosser par le Conseil Constitutionnel. Pas de pensée libre, sans liberté d’expression, et sans confrontation des idées.
    Récemment, Philippe Silberzahn, Professeur à  l’EMLyon, spécialiste des organisations et de l’innovation, a réagi dans un excellent billet à  ceux qui le sommaient « de choisir son camp ». A juste titre : si sur chaque sujet, on n’a le choix qu’entre deux camps, la réflexion est morte et il ne reste que le conflit. Se forcer à  intégrer a minima 3 points de vue permet de sortir de cette logique binaire d’affrontement. Tout en étant d’accord avec tout ce qu’il écrivait, je faisais la remarque qu’il existe des situations où cette logique de « camps », guerrière, était adaptée : notamment les situations où nous nous retrouvons désignés comme ennemis à  abattre. De toutes façons, la réflexion sur les « camps » est rapidement stérile. On est forcément dans un camp, même si c’est celui de ceux qui n’en choisissent pas. Les camps, comme le statut d’ennemi, nous sont en général assignés par d’autres.

    Ennemis et adversaires

    Il ne s’agit pas pour autant de nier l’existence des conflits : le conflit, qui prend des formes multiples, fait partie des phénomènes naturels, dans le règne animal. De tous temps, le conflit a fait partie de l’humanité, de ses mythes, de ce qui structure son histoire, de ce qui alimente la réflexion. Cela m’a rappelé une distinction importante apporté par Mathieu Bock-Côté, dans son ouvrage « L’empire du politiquement correct » : celle entre adversaire et ennemi.

    Les significations et les imaginaires associés ne sont pas les mêmes : l’ennemi envoie dans le champ de la guerre, de la haine, de la violence, tandis que l’adversaire renvoie dans le champ du combat politique, de la controverse. On cherche à  éliminer un ennemi, on cherche à  avoir raison contre ses adversaires. Tous les coups sont permis avec un ennemi, on suit des règles avec un adversaire. Dans son essai, Bock-Côté fait l’éloge du « conflit civilisé » : le vrai conflit d’idées, qui frotte, qui fâche, et qui permet aux idées de se structurer, de se bousculer, d’être en concurrence. C’est un des outils indispensables pour rechercher la vérité. Celui qui n’est pas d’accord avec vous n’est pas nécessairement un ennemi, mais simplement un adversaire. Et celui qui est votre ennemi, à  l’inverse, n’a pas être traité comme un simple adversaire. Ceux qui ne veulent pas discuter, cherchent à  toujours faire voir leurs adversaires comme des ennemis. Comme ça, tous les coups (dégueulasses, sournois, injustes) sont permis. Et on peut sortir de l’échange d’idées rationnel, puisque l’interlocuteur n’en est plus un : c’est un ennemi. Attaque ad hominem.

    Ce que m’ont apporté les échanges libres sur Twitter

    Grâce à  ces échanges instructifs, sur Twitter, j’ai pu lire, et je vous le recommande, l’article de Philippe Silberzahn, me remettre en tête cette distinction essentielle apportée par Bock-Côté. J’ai pu également me demander ce que l’on pourrait creuser à  propos de rhétorique du conflit. Logos, Pathos et Ethos du conflit, ça doit permettre d’aller chercher des choses intéressantes. Le temps de me demander cela, je suis tombé sur l’ouvrage de Julien Freund, « Sociologie du conflit« , qui est, du coup, déjà  installé sur mon Kindle. Miam. Miam.

  • Hygiène des rues

    Hygiène des rues

    Nettoyer les rues

    Je suis souvent choqué, presque quotidiennement, par l’état dans lequel nous acceptons, collectivement, de laisser les rues. Les rues à  certains endroits sont sales, à  d’autres remplies de mendiants, ou de familles de migrants illégaux. Les rues sont par ailleurs, dans certains quartiers, laissés aux mains des racailles islamisées. Et parfois, temporairement, aux mains des gauchistes violents. Toutes ces situations sont inacceptables, moralement et juridiquement. Et pourtant nous nous y sommes presque habitués. Il faut nettoyer les rues. Je ne comprends pas pourquoi cette mesure populiste, ou de bon sens, consistant à  « nettoyer les rues » n’est pas mise en avant par les différents candidats et partis politiques. Nettoyons les rues de la misère qui s’y amoncelle. Rendons l’espace publique à  son usage habituel : un lieu collectif, impliquant respect des autres, politesse, propreté, application stricte des règles communes. Désolé de faire mon Suisse.

    Il ne s’agit pas de kà¤rcher, les humains n’étant pas des moisissures, ni des scories que l’on peut balayer avec un jet d’eau. Non : il s’agit de dignité, et de solidarité. Les propos de Sarkozy, à  l’époque, n’étaient pas choquants : c’est de ne pas les avoir mis en oeuvre qui a choqué les français.

    La rue, l’espace public, sont par définition du domaine collectif. Il est donc de notre responsabilité collective de changer les choses, c’est-à -dire que cela est dans le champ du politique (sauf à  revenir à  des « milices » de quartier qui seraient en charge de gérer une rue, ou un bloc de maisons). Il est anormal de ”laisser » des gens ”vivre » dans la rue. Au-delà  des émotions, et de la compassion, que chacun peut ressentir devant un tel spectacle, il y a là  un phénomène que nous devons rejeter, de toutes nos forces, à  titre individuel comme de manière collective.

    Miroir d’une société malade

    Cet espace public est aussi un miroir de ce qu’est notre société. Ce miroir qui est nous est tendu renvoie une image terrible. Il nous renvoie à  notre propre incapacité à  traiter le problème, il nous donne une image particulièrement sordide (qu’est ce qu’une société où des enfants trainent dans la rue à  mendier au lieu d’être à  l’école ?). Et il nous montre l’impéritie crasse de nos dirigeants à  simplement faire appliquer la Loi (allons-nous nous faire croire que nous ne savons pas loger, et forcer l’intégration de ce mélange de SDF et de migrants plus ou moins légaux ?). Il faut refuser l’image de ce miroir, et la réalité qu’il montre. Les français sont solidaires, le niveau de prélèvement obligatoire consenti suffit presque à  le montrer. Personne ne se satisfait par ailleurs de cette situation : ni les mendiants, ni les citoyens, ni les bénévoles, ni les responsables d’associations, ni les responsables politiques.

    Pas de traitement de faveur pour les fragiles ?

    Mais le politiquement correct est ainsi fait : on ne doit forcer personne, surtout pas des catégories fragiles. Ce serait discriminant ? Soutenons l’inverse : il faut aider les plus démunis, même malgré eux. Il faut réintégrer de force ces enfants des rues dans des écoles, apprendre à  parler à  leur parents (ou les foutre en taule), forcer les sans-emplois et les laissés-pour-compte à  être pris en charge pour se re-socialiser. Coûte que coûte. Ce n’est pas une question de moyens, ni de capacité, c’est une question de dignité et de volonté politique. Je suis convaincu qu’un homme politique qui proposerait de nettoyer les rues marquerait des points auprès de nombreux citoyens. Parce que les français sont solidaires, amoureux de la dignité des personnes, et fier de leur pays, qu’ils ne supportent plus de le voir peu à  peu se transformer en pays du tiers monde.

    Vivons heureux, vivons confinés ?

    J’ai une petite théorie sur le confinement, qui permet d’expliquer pourquoi un peuple aussi rebelle que les français se sont si facilement laissé enfermer chez eux. Je crois que cela a permis a beaucoup de monde de ne plus « voir » cette affreux chemin que nous avons pris, en n’allant plus dans la rue. Les médias tournant en boucle sur le COVID, ça a permis de ne pas trop voir les assauts de « migrants » contre la Grèce, la situation pré-insurrectionnelle dans les « banlieues ». Il est temps de retourner dans la rue, et d’accepter cette réalité que l’on ne veut plus nommer, ou voir. Cela nous empêche de nous attaquer aux problèmes.

    Il faut toujours dire ce que l’on voit ; surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit.Charles Péguy

  • Les traîtres

    Les traîtres

    Quand je suis arrivé à  Paris, pour faire mes études, je ne m’informais pas beaucoup. J’avais 20 ans, et le monde politique était loin de mes préoccupations. Mais j’achetais tous les vendredis, sans faute, Le Figaro pour lire le petit texte d’Ivan Rioufol.

    Depuis toujours, dans le réel

    Il me parlait, et analysait, contrairement à  beaucoup d’autres journalistes, du réel. Son petit bloc-notes hebdomadaire était ma gazette pour savoir ce qui se passait. J’ai par la suite, avec l’arrivée d’internet et des blogs, mis les mains dans le cambouis en écrivant sur un blog politique et en animant un réseau de blogueurs politiques (LHC, pour Liberté d’expression, Humanisme, et esprit Critique). Nous avions eu le grand plaisir de l’accueillir, un soir, lors de notre réunion mensuelle de blogueurs. Il était venu nous présenter, dans les locaux que Contribuables Associés mettaient gentiment à  notre disposition, son dernier ouvrage.
    Depuis cette époque je continue de suivre ce que fait et écrit Rioufol. « Aujourd’hui, l’urgence est de sortir du mensonge, de la désinformation, de la haine autodestructrice, qui sont devenus les trous noirs de la civilisation occidentale »C’est un intellectuel courageux, et qui a été très souvent en première ligne, malgré les vents contraires. Très tôt lucide sur la menace que faisait peser l’immigration massive et le multiculturalisme érigé en modèle de société, sans jamais se départir de sa tolérance, il est également proche dans sa ligne libérale-conservatrice de ce que je peux penser du monde : Ivan Rioufol fait partie des quelques intellectuels qui savent, quand ils parlent de libéralisme, de quoi ils parlent. Son amitié avec Alain Laurent n’y est peut être pas pour rien. Ivan Rioufol, sur les sujets de société, me semble très proche dans son analyse, des réflexions proposées par Bock-Côté sur le « régime diversitaire » qui est devenu notre politiquement correct.

    Retour sur la colère des Gilets jaunes

    Dans son dernier ouvrage, Les traîtres (aux éditions Pierre Guillaume De Roux), Rioufol nous parle du mouvement des Gilets jaunes, qu’il a vu naître d’un bon oeil, et qu’il a suivi, soutenu, et dont il continue à  se faire volontiers le porte-parole. Le titre, qui désigne les responsables politiques français, ou les élites (prises dans le même sens que dans l’ouvrage remarquable de Pierre Mari, En pays défait) est très dur. Mais il faut bien reconnaitre qu’il est juste. Ce n’est pas le titre qui est dur, de fait, c’est la réalité dans laquelle des années de laxisme politique nous ont plongé. La crise du CoVid19 ne fait, malheureusement, que confirmer ce terrible constat : la France est un pays abimé, et dont la culture, le style de vie, les traditions sont volontairement défaits par les dirigeants. Je ne dirais pas tout avec les mêmes mots que Rioufol, mais je suis d’accord avec ses analyses. J’y retrouve la colère que peut susciter le suivi de l’actualité française (ce que je fais quotidiennement grâce à  Twitter et à  de nombreux sites d’infos). Rioufol ne m’a pas appris tant que cela dans ce livre, parce qu’il fait partie de ceux dont je m’alimente régulièrement : si ce n’est pas votre cas, je vous recommande chaudement la lecture de ce livre qui va droit au but, sans rhétorique, et avec humilité. Je termine ce modeste billet en laissant le mot de la fin à  Ivan Rioufol :
    Les Gilets jaunes l’ont démontré : seule la société civile est encore capable de se rebeller contre les clercs qui, droite et gauche confondues, persistent à  faire de la France un pays amnésique et déculturé, ouvert aux manipulations génétiques et idéologiques. Les âmes fortes sont les bienvenues. La place prise par l’insignifiance et l’émotion dans les grands débats publics laisse voir la paresse qui a envahi les comportements médiatiques, adeptes de la copie conforme et de l’infantilisation des débats. Le monde intellectuel s’est lui-même laissé endormir par le conformisme et le manichéisme de l’utopie mondialiste. Il doit se réveiller. Aujourd’hui, l’urgence est de sortir du mensonge, de la désinformation, de la haine autodestructrice, qui sont devenus les trous noirs de la civilisation occidentale, et de la France tout particulièrement. (…) Le combat à  mener est splendide : il a pour objectif de soutenir l’esprit pionnier des Gilets jaunes et de prendre la relève. Elle passe par le rétablissement de la démocratie confisquée, la redécouverte du patriotisme, le retour à  la liberté de penser, la prise de distance avec l’individualisme. Il s’agit de venir au secours d’une nation maltraitée par une caste corrompue par l’obsession diversitaire et l’argent des puissants. Parce que ces derniers ont trahi la confiance des plus fragiles, ils sont impardonnables.

  • Etat de guerre ?

    Etat de guerre ?

    Un meurtre au sein des renseignements, c’est grave. Il est temps de prendre la mesure du problème auquel la France est confrontée (l’islamisation), et de sortir de l’inhibition de l’action. Nous sommes – devrions – être en état de guerre, et utiliser les outils adéquats pour lutter idéologiquement et sur le terrain.

    La réalité de l’islamisation

    La vie médiatique et politique est ainsi faite qu’elle se concentre souvent sur le temps court, et se focalise d’avantage sur les histoires de femmes voilées au Conseil Régional, plutôt que sur les faits récents d’un attentat commis au sein de la DRPP. Cet attentat est pourtant infiniment plus grave, et important pour ce qu’il dit de la situation du pays. De fait, il est maintenant de notoriété publique que l’infiltration des islamistes a pris une ampleur sans précédent. En témoigne la mission d’information sur les services publics face à  la radicalisation dont le rapport est accessible à  tous (Rapport Diard & Poulliat).

    En entendant Alain Bauer, Zineb El-Rhazoui (menacée de mort par les islamistes), et le juge Bruguière débattre de tout cela, j’ai eu le sentiment que l’on se perd un peu dans les – salutaires et louables – précautions propres aux états de droit. Cela sent la technicité, le sens de la précision, l’esprit de justesse. Et cela donne l’impression d’une forme d’impuissance. J’ai pourtant la conviction qu’il faut simplement comprendre que les outils sont là  : il suffit de prendre la mesure de ce que signifie être en guerre. En effet, la question n’est plus là  : ce sont nos ennemis, en nous menaçant, qui choisissent pour nous. Nous sommes en guerre parce que nous sommes attaqués, pas parce que nous aimerions la guerre.

    Etat de guerre

    Il existe un certain nombre de dispositions dans notre Constitution (l’article 16 précise les mesures exceptionnelles lorsque l’on est en état de guerre), ou dans notre droit (état de siège et état d’urgence).

    La difficulté est connue : il s’agit de positionner le curseur entre deux risques. Celui de stigmatiser l’ensemble des musulmans comme de potentiels terroristes, et celui d’être perméables aux combattants infiltrés de l’islam politique. Le curseur est clairement, pour le moment, beaucoup trop près de la naïveté que de la dureté excessive. Combien d’attentats encore, avant de prendre la mesure du réel ?

    Il ne s’agit pas d’un complot. Un complot, c’est secret. Il s’agit d’un projet à  dimension internationale. Une action coordonnée et officielle de l’ensemble des pays musulmans : Stratégie de l’action islamique culturelle à  l’extérieur du monde islamique. Le financement d’associations fait clairement partie de ce projet, pour pouvoir renforcer l’identité musulmane – notamment des enfants – vivant en Occident. Je n’ai pas à  juger de la légitimité de ce projet. Je sais seulement qu’il contrevient à  la conservation de l’identité française.

    Alexandre Del valle le dit très bien : il y a les coupeurs de têtes (les terroristes), et les coupeurs de langues (tous ceux qui braient à  l’islamophobie quand la moindre critique de l’idéologie et du mode de vie islamiques est avancée). Il faut continuer de dire les choses. Il faut déclarer l’état de guerre. Nommer l’ennemi : l’islam politique radical. Pas les musulmans, qui doivent être dans ce combat avec tous les amoureux de la liberté. Des mesures fortes doivent être prises. Des mesures de lutte idéologiques d’une part, et pratiques d’autre part. Il faut lutter, dans le monde des idées, et sur le terrain. Sortir du politiquement correct.

    Lutte idéologique

    Comme toujours le combat des idées se joue beaucoup sur les mots. A titre personnel, je m’oppose aux pièges sémantiques/idéologiques suivants :

    • l’Islam n’est pas qu’une religion. Dans notre culture, le mot religion désigne depuis longtemps les aspects spirituels et rituels, sans la politique. Ce n’est pas le cas avec l’Islam : l’Islam est à  la fois religieux, politique et juridique
    • il faut réaffirmer notre culture et notre civilisation occidentale. Il faut sortir du relativisme consistant à  faire croire que toutes les cultures se valent, ce qui conduit au multiculturalisme. Affirmer la valeur de sa culture n’est pas nier celle des autres, c’est rendre possible une forme de dialogue. Je suis attaché à  la liberté individuelle, à  la tolérance, à  l’égalité devant la Loi : rien de tout cela n’existe vraiment dans les pays non-occidentaux. Cela ne permet probablement pas de les juger pour cela (jugement nécessairement ethnocentrique), mais j’ai bien le droit d’affirmer une préférence. A mes yeux, la culture occidentale vaut mieux que les autres. Ce n’est pas parce que les droits humains sont bafoués dans certains pays, ou que le droit positif de ces pays est en contradiction avec le droit naturel, qu’il faut s’en accommoder sur le plan des idées. Ces cultures sont dans le faux, éthiquement. Il convient de dénoncer ces atteintes aux droits humains. Ce n’est pas faire preuve d’ethnocentrisme que de dire que les droits des femmes en terre d’Islam sont bafoués, c’est rappeler que les humains en terre d’islam sont nos frères et nos soeurs en humanité, et qu’à  ce titre nous les créditons des mêmes droits naturels que nous.
    • Je refuse de me laisser piéger par l’expression « extrême droite » qui sert simplement aux tenants de l’idéologie diversitaire pour tenter de museler leurs adversaires. Le RN, ou ceux qui se retrouvent affublés de cette étiquette n’ont en général rien à  voir avec l’imaginaire de violence, de racisme, d’anti-parlementarisme, ou de néo-nazisme que le mot véhicule.

    Lutte armée

    Il faut bien sûr, en parallèle, lutter contre les combattants. Voici une liste non exhaustive de ce qu’il faudrait au minimum faire pour lutter efficacement contre l’islamisation (un certain nombre de ces actions sont probablement en cours) :

    • rétablir l’ordre dans les banlieues islamisées et vivant du trafic de drogue
    • interdiction des financements étrangers des mosquées ; menace de rupture des relations commerciales avec les pays ayant signé le fameux plan d’islamisation
    • déclarer les Frères musulmans comme organisation terroriste (c’est déjà  le cas de la Russie, des émirats-arabes, de l’arabie saoudite et de l’égypte
    • fermer toutes les mosquées salafistes/radicales
    • expulser les étrangers fichés S, ou connus pour leur appartenance à  l’islam radical
    • reprendre la main sur le monde associatif (supprimer les associations qui ne sont que des chevaux de troie de l’islam, nettoyer le monde du sport, etc..)
    • surveiller toutes les mosquées, et forcer l’utilisation du français dans les lieux de cultes
    • prohiber les tenues islamistes dans tout l’espace public (arrêtons de faire les autruches et de croire que le voile n’est pas un étendard politique)
    • pénaliser toutes formes d’accointances avec la mouvance islamiste radicale (sites, associations, réseaux, mosquées). Cela s’appelle l’intelligence avec l’ennemi
    • stopper l’immigration depuis les pays musulmans
    • refaire de l’assimilation le seul mode d’accession à  la nationalité, et faire de l’acquisition de la nationalité la fin d’un processus, non son point de départ. Malika Sorel a tout dit dans ses livres

    Ces actions demanderont un courage politique hors du commun, dont le seul moteur doit être la préservation de la France : de son mode de vie, de ses institutions, de sa paix, de l’unité de son peuple.

    Je veux croire que la très grande majorité des français, musulmans comme non musulmans, soutiendra ces actions.

  • En pays défait

    En pays défait

    J’ai l’habitude, quand je lis un livre, de corner les pages où figurent des phrases ou des passages intéressants. Autant vous dire qu’avec le livre de Pierre Mari, « En pays défait », j’ai corné presque toutes les pages, tant les formules claquent et tapent juste, et tant j’ai ressenti d’émotions fortes à  la lecture. C’est remarquablement écrit, et le propos est d’une justesse rare. Je me sens très proche de ce qu’écrit Pierre Mari, et il a magnifiquement formulé, dans une langue subtile et précise, le sentiment que nous éprouvons (je dis nous, car je crois que nous sommes nombreux à  ressentir ainsi les problèmes de notre temps).

    Lettre ouverte aux élites déracinées

    Son livre est une lettre ouverte à  des « élites » (il prend la peine de préciser cela par la suite) qu’il considère à  juste titre déconnecté de la réalité de leurs concitoyens, englués dans le politiquement correct, inaptes à  dire et à  incarner une forme d’histoire collective. J’y ai retrouvé beaucoup d’éléments communs avec ce qu’explique Mathieu Bock-Côté sur le politiquement correct, et la perte de capacité à  simplement penser notre identité nationale.

    La lecture de ce livre a éclairé de manière particulière le roman rocambolesque que je venais de terminer, à  savoir le très drôle « En attendant le roi du monde », d’Olivier Maulin. C’est un roman qui raconte le voyage farfelu, la fuite désespérée de personnages en manque d’aventures, d’épopée, de transcendance, de sens. Je vous recommande au passage ce très bon roman, déjanté, provocateur, hilarant, et plus profond qu’il ne veut paraître. Le point commun avec le livre de Pierre Mari ? Il raconte la manière de vivre d’occidentaux qui ont perdu leur enracinement, et le sens de leur identité. Pierre Mari fait d’ailleurs l’apologie des identités assignées, non choisies. L’émancipation vers l’universel est une belle chose, mais pas en reniant nos racines.

    Cela m’a aussi fait penser à  ce qu’écrivait Chesterton à  propos de la famille, institution sociale majeure selon lui, puisqu’elle force à  embrasser, pour le meilleur et parfois le pire, ce qu’est l’humanité dans toute sa richesse, sa complexité, sa dureté aussi. Pas besoin d’aller au bout du monde pour vivre l’aventure, il suffit de parler politique avec son voisin, sa femme de ménage, ou son oncle.

    En quête de récit et de sens

    Il y a des pages magnifiques dans le livre de Pierre Mari sur le sens du langage, sur son utilisation pour dire et construire le réel en même temps. Nous avons besoin de narration, car le réel n’existe pas, pour les êtres de sens que nous sommes, sans narration. Cela est très bien exprimé aussi par Sylvain Tesson dans son interview chez Philippe Bilger. J’y vois une proximité également avec la volonté d’un Eric Zemmour de raconter, à  nouveau, une histoire de France.

    Ce sens perdu par les « élites » de la narration, et de la proximité avec le peuple n’est pas présent que dans la politique ou dans les médias. Il est aussi à  l’oeuvre dans les entreprises, et j’ai retrouvé là  des similitudes avec les attaques contre la « vulgate managériale » d’un Dominique Christian. La proximité avec le peuple n’est pas que dans le langage, bien sûr, mais aussi dans le rapport au réel. Les idéologues de tout poil ne se soumettent plus au réel, que la plupart des gens pourtant voient et vivent au quotidien.

    Eloge du conflit civilisé

    J’ai conscience d’avoir réuni dans mon billet une troupe hétéroclite d’auteurs, qui probablement ne se pensent pas comme ayant le même point de vue. Justement, Pierre Mari regrette que les différents points de vues ne soient plus visibles, ne se frottent plus, ne s’incarnent plus dans l’espace public au travers d’élites capables de dire ces vérités différentes, complémentaires, qui lorsqu’elles sont obligées de se taper dessus permettent l’existence d’un champ commun, dont aucun courant n’est exclu, ni exonéré de justifier et d’argumenter ses positions. C’est une condition indispensable de l’existence de la société et de la politique.

    Je ne saurais assez vous recommander la lecture de ce livre, qui se dévore littéralement. Il est formidablement bien écrit, fin et puissant. Je crois, pour le dire un peu vite, qu’il contient et dit très bien ce qu’était, dans ma compréhension, l’esprit et l’âme du mouvement des Gilets Jaunes. Espérons que cet esprit ne soit pas mort, et qu’il renaîtra sous une forme ou une autre.

  • Enlisement idéologique

    Enlisement idéologique

    J’aime bien les voyages en train. Quand je suis seul, je passe au relais presse acheter un magazine qui me fait une partie du trajet. Lors d’un de mes derniers voyages, j’ai acheté le hors-série du Point, consacré aux grands débats de l’économie.

    Méconnaissance des auteurs autrichiens

    J’ai été déçu, je dois le dire. Il y a un gros travail de fait, mais depuis l’édito jusqu’à  la manière de traiter les sujets, je retrouve l’espèce de mêli-mêlo peu éclairant que j’ai l’habitude de trouver dans les médias. C’est à  mon sens relié à  deux causes principales : une pensée très française, marxisante, et une presque complète méconnaissance de l’Ecole Autrichienne d’économie et des mécanismes économiques.

    Je ne suis pas compétent pour juger tous les articles, et l’humilité la plus élémentaire consiste à  garder une partie de ses critiques pour soi. Par contre, il se trouve que je connais quelques auteurs cités dans le recueil : Bastiat, Von Mises, Hayek notamment. Et sur ces auteurs, par contre, je peux me permettre de porter un regard critique. Et ce que je lis n’est pas glorieux.

    Deux exemples. Il est dit de Bastiat, page 52, qu’il « ne doit pas être considéré comme un théoricien ». J’aimerais bien savoir pourquoi ! Au contraire, Bastiat, certes volontiers polémiques, a construit des bases de réflexions très proches de l’Ecole Autrichienne d’économie, avec une description de la valeur et de l’utilité comme des choses subjectives. Cette approche, qui ressort de l’individualisme méthodologique, est – contrairement à  ce qui est écrit dans le Hors-série – une approche théorique très solide.

    Deuxième exemple, sur Hayek, page 84 : après avoir décrit une de ses analyses, il est écrit qu’elle « reflète ses obsessions ». Pathologiser un auteur, de manière insidieuse, me rappelle les manières de faire du politiquement correct décrite par Bock-Côté. J’ai lu Hayek, et s’il y a un bien un auteur qui réfléchit de manière rationnelle, puissante, en amoureux de la vérité, c’est bien lui ! Mais un journaliste français ne pouvait pas faire un papier sur Hayek sans l’égratigner un peu au passage. Question de posture. Il ne faudrait pas que les copains socialistes pensent que le Point est devenu néo-ultra-libéral radical…

    Biais déjà  décrits par Butler

    Le mêli-mêlo est typique de ce que décrit Benoît Malbranque dans la préface de l’excellente « Introduction à  l’Ecole autrichienne d’économie », d’Eammon Butler (dispo gratuitement aux Editions de l’Institut Coppet) :
    Bien que non majoritaire, une position courante concernant la méthodologie économique est de dire qu’aucune des méthodologies n’est la réponse unique aux défis épistémologiques de l’économie, et que, pour cette raison, il convient de n’en employer aucune de manière directe. Ce « pluralisme méthodologique », comme certains l’ont appelé, a de nombreux défenseurs et jouit d’un prestige grandissant. Il est pourtant aisé de comprendre pourquoi ce n’est pas une position satisfaisante. Au fond, le pluralisme méthodologique n’est rien de plus que la réponse d’économistes égarés incapables de se faire un avis sur ce qui constitue la méthode appropriée à  la science économique. […]
    Pour Ludwig Von Mises et ses disciples, la question de la méthode est fondamentale : elle conditionne le sain développement de théories économiques rigoureuses, justes et porteuses de sens. Les principes méthodologiques soutiennent l’ensemble de l’édifice autrichien, et c’est sans surprise qu’on retrouve leur exposition dans la plupart des grandes oeuvres de Mises. Ce dernier se faisait une idée bien précise de l’économie. Il fallait se la représenter comme une sous-catégorie de la « science de l’agir humain » qu’il intitula « praxéologie ». En économie, il ne s’agit pas de dire pourquoi les individus agissent en suivant tel ou tel objectif ou en s’efforçant de faire correspondre leur conduite à  tel ou tel code moral. Il s’agit de reconnaître et d’utiliser le fait qu’ils agissent bel et bien en suivant des objectifs et en faisant correspondre leur conduite à  un code moral — en somme, qu’ils agissent intentionnellement.[…] Dans leur insistance sur le choix de l’action humaine comme fondement de toute connaissance économique, les Autrichiens étaient nécessairement poussés à  n’accepter que les individus comme sujet de leur étude, et à  suivre scrupuleusement l’individualisme méthodologique. Après tout, seuls les individus agissent. Ainsi que l’écrira le même Rothbard, « la première vérité à  découvrir à  propos de l’action humaine est qu’elle ne peut être initiée que par des « acteurs » individuels. Seuls les individus ont des objectifs et agissent pour les atteindre.»

    Ce qui me reste de cette lecture (le Hors-Série du Point) : l’impression gênante qu’il s’agissait plus pour les auteurs de prétendre couvrir tous les points de vue que de regrouper des savoirs. Non : on ne peut pas mettre toutes les idées au même niveau, comme si c’était une affaire de goûts et de couleurs. La Science économique, solide dans l’approche autrichienne, parce que ne cherchant pas à  singer les sciences naturelles, en faisant étalage d’outils mathématiques camouflant la réalité sous des macro-indicateurs composites, est une science de l’action humaine. Il faut commencer par rappeler ce que l’on sait. Il en va sur ce sujet, comme sur les sujets de réchauffement climatique, d’un mauvais mélange de science et de politique (c’est souvent le cas). Les journalistes auteurs de ce hors-Série feraient bien de se reprendre, et de sortir de leur enlisement idéologique.

  • Ce n’est pas la pire des religions

    Ce n’est pas la pire des religions

    Je viens de terminer le livre de François Taillandier et Jean-Marc Bastière, « Ce n’est pas la pire des religions« . Le titre est très mauvais, et ne rend pas justice au livre : il n’y est pas question d’une analyse comparée des religions, mais il s’agit plutôt d’un dialogue ouvert entre deux intellectuels qui s’assument « catholiques ». Ils partagent, sur un certain nombre de sujets, leurs points de vue. Le titre aurait donc pu être : « Points de vue catholiques sur le monde ». Bref. Ma recension sera brève, car le livre, frais et rapide à  lire, n’appelle pas à  des variations et des commentaires sans fin : il s’agit d’une discussion, et le plus beau compliment que l’on puisse faire aux auteurs est que l’on éprouve, à  la lecture, l’envie de participer à  cette discussion, car leurs propos sont sincères, directs mais nuancés, et emprunts d’une recherche de vérité bienvenue.

    Quelques critiques constructives…

    Ces éloges étant posés, passons à  quelques critiques (constructives, bien sûr, et il serait intéressant d’en discuter avec les auteurs) :

    • sans surprise, les deux auteurs sont à  critiquer tout le temps les ravages du « néolibéralisme », du capitalisme, sans qu’à  aucun moment une vraie réflexion sur les formes d’organisation et de coopération sociales ne soit mise en avant pour étayer ces critiques. Passons.
    • J’ai eu le sentiment en lisant le livre que les deux auteurs attendent de l’Eglise, ou de leur foi et de la doctrine qui va avec, des réponses sur la société et le monde, bien plus que des principes de vie spirituelle. Cela me semble être une vision assez peu laïque de la religion. Il me semble qu’ils pourraient justement sur un sujet comme celui-là , lire et méditer les propos des libéraux, Von Mises par exemple s’appuyant sur William James, sur la société libérale et la religion :

      William James appelle religieux « les sentiments, actes et expériences d’individus dans leur solitude, dans la mesure où ils se sentent eux-mêmes être en relation avec le divin, de quelque façon qu’ils le considèrent » 5. Il énumère les croyances ci-après comme les caractéristiques de la vie religieuse : Que le monde visible est une partie d’un univers plus spirituel, d’où il tire sa signification principale ; que l’union ou la relation harmonieuse avec cet univers supérieur est notre vraie finalité ; que la prière, ou communion intérieure, avec l’esprit de cet univers plus élevé — que cet esprit soit « Dieu » ou « la loi » — est un processus au cours duquel un travail est réellement effectué, une énergie spirituelle est infusée dans le monde phénoménal et y produit des effets psychologiques ou matériels. La religion poursuit James, comporte aussi les caractéristiques psychologiques que voici : nouveau parfum stimulant qui s’ajoute à  la vie comme un don, et qui prend la forme tantôt d’un enchantement lyrique, tantôt d’un appel au sérieux et à  l’héroïsme, avec en outre une assurance de sécurité et un esprit de paix, et envers autrui, une prépondérance d’affection aimante 6.

      Cette description des caractères de l’expérience religieuse et des sentiments religieux de l’humanité ne fait aucune référence à  la structuration de la coopération sociale. La religion, aux yeux de James, est une relation purement personnelle et individuelle entre l’homme et une divine Réalité, sainte, mystérieuse et d’une majesté angoissante. Elle enjoint à  l’homme un certain mode de conduite individuelle. Mais elle n’affirme rien touchant les problèmes d’organisation de la société. Saint François d’Assise, le plus grand génie religieux de l’Occident, ne s’occupait ni de politique ni d’économie. Il souhaitait apprendre à  ses disciples comment vivre pieusement ; il ne dressa pas de plan pour l’organisation de la production et n’incita pas ses adeptes à  recourir à  la violence contre les contradicteurs. Il n’est pas responsable de l’interprétation de ses enseignements par l’ordre dont il fut le fondateur.

      Le libéralisme ne place pas d’obstacles sur la route de l’homme désireux de modeler sa conduite personnelle et ses affaires privées sur la façon dont il comprend, par lui-même ou dans son église ou sa confession, l’enseignement de l’Évangile. Mais il est radicalement opposé à  toute prétention d’imposer silence aux discussions rationnelles des problèmes de bien-être social par appel à  une intuition ou révélation religieuse. Il ne veut imposer à  personne le divorce ou la pratique du contrôle des naissances ; mais il s’élève contre ceux qui veulent empêcher les autres de discuter librement du pour et du contre en ces matières.

      Dans l’optique libérale, le but de la loi morale est de pousser les individus à  conformer leur conduite aux exigences de la vie en société, à  s’abstenir de tous les actes contraires à  la préservation de la coopération sociale pacifique, ainsi qu’au progrès des relations interhumaines. Les libéraux apprécient cordialement l’appui que les enseignements religieux peuvent apporter à  ceux des préceptes moraux qu’ils approuvent eux-mêmes, mais ils s’opposent à  celles des règles qui ne peuvent qu’entraîner la désintégration sociale, quelle que soit la source dont ces règles découlent.

    • Un dernier point de critique : dès l’ouverture, les auteurs expliquent qu’un catholique croit que Jésus est vraiment ressuscité, pas de manière symbolique. A aucun moment dans le livre, les auteurs ne reviennent sur ce mystère qui devrait tout de même avoir quelques implications sur leur vie spirituelle, et sur leur manière d’appréhender un certain nombre de sujets. Du coup, je les trouve un peu naïfs dans leur foi. La personnification de Dieu dans la personne de Jésus me semble bien être, pour reprendre les mots d’Adin Steinsaltz, une béquille intellectuelle. On peut fort bien avoir la foi, et mettre sur ce sentiment ou cette manière de vivre des mots plus précis que cela, et moins précis à  la fois. J’aurais aimé qu’ils détaillent leurs sentiments, et sans forcément recourir à  l’image assez sclérosante à  mes yeux d’une volonté personnifiée il y a deux mille ans.

    Bref, je recommande la lecture de ce livre, et j’aurais bien aimé avoir les auteurs sous la main pour discuter avec eux car, à  nouveau, ils m’ont l’air d’être deux fort honnêtes hommes, ouverts, tolérants, et à  la recherche de la/leur vérité, sans compromis avec le politiquement correct.