Philip K. Dick est décidément mon auteur de science-fiction favori. Ses histoires, toujours super imaginatives, créent des mondes incroyables, mais dans lesquels les personnages se comportent toujours de manière très humaine, très proche de nous. Ce décalage entre l’inconnu des univers fantastiques, et le « connu » (familier, plutôt) de nos ressorts cognitifs, est vraiment extrêmement agréable. Il résonne, chez moi, avec ce que je ressens très souvent à la contemplation du monde dans lequel nous vivons.
Le guérisseur de cathédrale, c’est un spécialiste de la réparation de la céramique, un peu paumé, voire désespéré, et qui voit sa vie basculer à la suite d’un mystérieux message lui proposant de venir sauver une cathédrale enfouie sous la mer, sur une autre planète. Je ne vous dévoile pas le scénario, mais on croise là le Glimmung, sorte de divinité extraterrestre, qui est le chef de ce projet fou de renflouement de cathédrale, tout un tas d’humanoïdes et de formes de vie étranges. Il y a question de solitude, du sens de la vie, et de plein d’autres thèmes très humains, tout juste touchés du doigt, mais à chaque fois avec une grande justesse.
La scène de conclusion, ode à l’activité de création, est splendide. Je vais aller regarder la liste de ses ouvrages, pour voir par quel chemin je peux continuer à découvrir cette oeuvre fantastique.
Étiquette : Création
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Le guérisseur de cathédrale
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Le divin dans l’humain
Je me suis laissé aller à regarder quelques conférences sur TED. Quel plaisir ! Quel richesse, et quelle chance de pouvoir profiter des meilleurs conférenciers, gratuitement, traduits la plupart du temps.
Et je suis tombé sur cette merveilleuse conférence d’Elizabeth Gilbert. Elle y parle de ses doutes sur son métier, de son rapport au travail, de son processus de création.
Elle y parle de la différence entre la manière de penser des grecs et des romains – qui voyaient le génie comme quelque chose d’extérieur au créateur, une sorte de force ou d’être divin qui venait donner à l’oeuvre son tour unique (le créateur a un génie) – et celle généralement acceptée de nos jours – où l’entièreté du génie est considérée comme étant le fruit de l’individu (le créateur est un génie). Le fait de placer l’humain au centre de l’univers, à la renaissance, a mis un poids excessif sur le dos des créateurs, selon Elizabeth Gilbert.
Elle conclut son exposé en évoquant la question du sens de tout cela, et cela m’a profondément ému : elle y dit, magnifiquement, et avec un point de vue différent, l’émotion de l’absurde que Camus avait chanté dans « Le mythe de Sisyphe ». Mélange de joie, de nostalgie, de rage, de peur et d’amour de l’humain. J’ai pleuré, à la fin, sans vraiment savoir pourquoi, emporté par l’émotion sincère et vraie de la conférencière. Quelle grâce, quelle force, quelle générosité !