Étiquette : Thélyson Orélien

  • Penser avec l’IA

    A la suite de la très drôle polémique autour du vrai-faux livre de Thélyson Orélien, beaucoup de discussions ont fleuries, et c’est normal, autour du sujet de l’IA et de l’écriture, de la fin des écrivains, ou des éditeurs, ou des lecteurs, ou des deux, bref : le petit monde intellectuel était en émoi. Est-ce qu’un texte écrit par une IA peut-être apprécié et appréciable ? Quel plaisir à lire un texte écrit par une machine ? etc.
    J’avoue être un peu surpris par les questions que cela soulève, et j’ai suivi (et eu quelques échanges) sur X avec certains des auteurs ou répondants aux fils de discussions sur ce sujet (je pense à Philippe Fabry @Historionome et Samuel Fitoussi @SamuelFitouss10). En tirant le trait, il paraît évident que l’écriture est déjà probablement un peu derrière nous (à part pour une toute petite portion de la population qui va vouloir continuer à forger des textes, à jouer avec des mots, pour créer émotions, sens, récits), les textes seront bien sûr – presque tous – écrit par l’IA.

    Ce qui ne peut être évité, il faut l’embrasser.

    William Shakespeare (1564 – 1616)
    Dramaturge, poète et acteur Anglais

    Je trouve que la question la plus intéressante n’est pas tant l’écriture, que la pensée. Le fait d’accéder de manière qualitative à des sommes d’idées énormes, de manière synthétique et ciblées pour notre usage (selon nos requêtes) permet de modifier la manière dont nous pouvons réfléchir. Cela change la temporalité, la profondeur, et la robustesse de ce que nous pouvons produire. Bien briefés, les agents IA pourront nous aider à bâtir une réflexion qui ira plus directement au coeur des sujets, en profitant de tout ce qui a déjà été réfléchi sur ces sujets.
    Je pense qu’il est un peu idiot de se demander si un texte, ou une réflexion, qui a été produite avec l’IA, a toujours de la valeur pour les humains. Il suffit de remplacer « IA », par « Livre », « Crayon », « Ordinateur », « Bibliothèque » dans ma phrase précédente pour s’en rendre compte. Non ?
    Le vrai risque, à mon sens, c’est la rapidité avec laquelle on peut accéder à plein de choses, ce qui fait « perdre » le temps de maturation que le travail de lecture et d’appropriation nécessitait. Qu’allons nous gagner comme devoirs complémentaires à cette perte : travail approfondi sur l’argumentation et la logique ? Effort supplémentaire d’appréciation de la scientificité et de la véracité des assertions ?Travail de créativité et de conception accru pour faire quelque chose de toutes ces connaissances à disposition ? Raffinement de notre capacité à poser des intentions et des briefs précis ?
    Il est temps de déplacer notre regard des outils d’écriture vers les outils de pensée.