Catégorie : Cinéma

  • La Bataille de Gaulle

    La Bataille de Gaulle

    j’avais eu des premiers retours un peu tièdes, et heureusement mon copain Jean-marc m’en a fait la pub : le diptyque « La Bataille de Gaulle », d’Antonin Baudry, est un superbe film. A voir absolument, à mon avis, pour plusieurs raisons dont je détaille certaines ci-dessus.

    Pour s’en convaincre…

    • Un auteur à découvrir : tout d’abord je découvre en lisant la fiche Wikipedia consacré au cinéaste qu’il est le fameux personnage (et scénariste) de la super BD « Quai d’Orsay » dessinée par Blain. Son parcours, sa formation, comme son premier super film « Le chant du loup », et ce double film sur de Gaulle, tout indique qu’Antonin Baudray fait partie des personnes à suivre de près.
    • Un bout d’histoire fabuleuse : je suis assez nul en histoire, je dois bien l’avouer, et ce focus mis sur une période très particulière (entre le départ de Charles de Gaulle pour Londres en mai 1940 et la libération de Paris en août 1944) permet d’en découvrir tout un tas d’aspects à la fois précis, déterminants, et passionnants. Le film s’appuie sur le livre d’un historien britannique, Julian Jackson, « Une certaine idée de la France ». L’éclairage en parallèle de l’histoire politique, sur la mise en place de la résistance forme un magnifique contrepoint pour suivre les évènements à la fois en France et hors de France.
    • Un vrai film de guerre : l’éclairage historique et concret apporté sur les batailles de Bir-Hakeim (avec Koenig à la manoeuvre, très bien incarné par Benoît Magimel) et de Ksar Ghilane sont vraiment époustouflantes, tant par le détail des combats que par les prises de paroles des Généraux.
    • Des acteurs formidables : tous les acteurs sont formidables, mais Simon Abkarian (de Gaulle), Niels Schneider (Leclerc) et Simon Russell Beale (Churchill) sont vraiment incroyables. A bout d’une heure de film, le personnage est tellement incarné qu’on en vient à se demander à quoi pouvait bien ressembler de Gaulle (le vrai) tant celui qu’on a sous les yeux semble être de Gaulle. Quant à Niels Schneider, il incarne un Leclerc absolument fantastique, empli d’un feu sacré à toute épreuve.
    • Un ton parfait : je trouve le ton du film très juste. Il ne tombe ni dans le docu historique pur et dur, veillant à surtout ne pas « romancer », ni dans le biopic un peu trop admiratif et faisant de l’histoire un instrument pour glorifier un personnage. Les personnages sont là, réels, et c’est ce que les rend si beaux et touchants. Dans la tourmente de temps terribles, ces héros, au sens propre du terme (« Homme, femme qui incarne dans un certain système de valeurs un idéal de force d’âme et d’élévation morale. »), sont incroyables de force morale, d’abnégation. Pas besoin d’en rajouter. Oui, il faut romancer un peu pour que l’histoire puisse se suivre, choisir ce qu’on va montrer et ce qu’on ne va pas montrer, et probablement caricaturer très légèrement : mais avec de tels personnages, pas besoin d’en rajouter. Les montrer en situation, face à leurs choix, suffit.

    J’ai trouvé ce film, pour ma part, bouleversant. Ce qui fait la ligne directrice du film, c’est bien sûr de Gaulle et son idée fixe (la France), et Leclerc avec son idée fixe (la France). Leur courage, sur un plan politique et stratégique pour de Gaulle, et sur un plan militaire et opérationnel pour Leclerc, fait bien plus que forcer le respect. Pendant le film, et c’est le succès de ce long-métrage, j’ai été frappé d’admiration, ému, bouleversé, par ces hommes hors du commun, trempés comme l’acier le plus pur, prêts à mourir pour leur devoir. Des invaincus, selon le mot de Leclerc. Je suis resté, et suis encore, habité par le souvenir de cet homme, Leclerc, dont le destin est si incroyable. Ce film donne envie d’aller lire les biographies et les mémoires, rend hommage aux héros (connus ou inconnus), fait passer un moment très fort, et parle du destin de la France. Que demander de plus à un film ?