Les traditions, et la vache à lait

Tout ce monde qui va dans la rue. Toutes ces manifs. Les fonctionnaires qui y vont de leur petite grêve d’automne. Les traditions, vous savez ! Mais il faudrait rappeler l’évidence : pour payer mieux les fonctionnaires, il faut enlever de l’argent ailleurs. Sauf à raisonner avec des moyens extensibles à l’infini pour l’Etat, ce qui serait une bien funeste conception de la rigueur budgétaire, et de la société.

Les fonctionnaires seraient donc bien inspirés, comme les cheminots d’ailleurs et les syndicats, de nous expliquer où et comment ils veulent prendre de l’argent. Sur quel ligne budgétaire ? Demander une revalorisation des salaires dans la fonction publique, tout en demandant plus de moyens pour travailler ne peut se faire que de deux manières : en faisant diminuer le nombre de fonctionnaires, ou prenant plus à la population sous forme d’impôts et de taxes. Que l’on m’explique donc quelle est le but de ces manifs : « On veut être moins nombreux ! » ou « On veut vous prendre plus d’argent ! ». C’est soit l’un, soit l’autre. Les contraires ne se marient pas bien dans le monde de la logique. J’ai cru comprendre que ce n’était pas le premier slogan qui était à la mode parmi les fonctionnaires.

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jmj arras
13 années il y a

Bonjour Lomig, La logique de certaines organisations syndicales reste invariable depuis des décennies et se borne à réclamer toujours plus d’effectifs et toujours plus de moyens en se gardant bien toutefois de faire preuve de réalisme et de pragmatisme. En effet, il est beaucoup plus confortable de rester dans cette logique du « toujours plus », cette position permettant de rassurer sa base et d’obtenir une certaine stabilité dans une représentativité discutable lors des élections professionnelles. Par contre, à aucun moment, la question du financement de telles mesures n’est posée. Il n’est pas question de prétendre que tout va bien dans la fonction publique mais pour progresser, il faut parfois savoir sortir de cette logique purement idélologique du « toujours plus » au profit d’une logique plus constructive du « toujours mieux ». Aussi, avant de résumer le problème à une simple question d’effectifs ou de moyens supplémentaires, il faut tout d’abord raisonner en terme d’efficacité et d’amélioration du service rendu au public. Or, des marges de progrés existent en la matière, pourquoi ne pas favoriser par exemple la mobilité de certains métiers par l’intermédiaire d’une formation professionnelle adaptée et d’un décloisonnement des sacro-saints corps administratifs ? Les premières réformes engagées par le nouveau gouvernement vont… Lire la suite »

jmj arras
13 années il y a

Je partage tes propos sur le fait qu’une diminution des effectifs de la fonction publique doit impérativement s’accompagner d’une redéfinition claire des missions de service public. Il est évident que les choses ne sont pas faciles à mettre en place mais je conserve tout de même un certain optimisme en la matière car les choses semblent s’orienter dans la bonne direction. La réforme de la carte judiciaire en est un exemple et la fusion des ANPE et de l’ASSEDIC ou encore celle de la Direction de la Comptabilité Publique et la Direction Générale des Impôts constituent des points de départ intéressants dont la mise en oeuvre s’annonce a brève échéance. Certes, nous sommes encore loin d’une forme de « guichet administratif unique » mais la situation évolue et les deux fusions enoncées précédemment devraient permettre une simplification dans les démarches pour les usagers et c’est loin d’être négligeable.
Bonne fin de journée et à bientôt.