Année : 2017

  • Un personnage d’aventure

    Un personnage d’aventure

    L’éducation est probablement la seule activité au monde qui ne soit jamais vaine.

    Chantal Delsol vient de publier un livre essentiel : « Un personnage d’aventure » (petite philosophie de l’enfance). Essentiel, à  mes yeux pour deux raisons.

    Parler d’enfance, c’est parler des humains

    La première c’est que, comme le dit Delsol, « dans son incomplétude même, l’enfant dépeint la vérité humaine, à  commencer par ce sentiment d’abandon appelant sans cesse le sens, la raison et l’espoir ». Au travers de l’enfant, c’est bien de l’humain, de chacun de nous dont il est question. Non pas de manière statique, mais dans une description très belle, profonde, émouvante souvent, du processus de « grandissement » (dont l’acquisition de la réalité est le principe).

    Penser vraiment l’enfance

    La seconde, c’est qu’il me semble lire pour la première fois un ouvrage sur l’enfance, avec une approche philosophique. Il ne s’agit pas là  de décrire les apprentissages, ni d’aborder l’éducation, en tout cas pas de manière directe. Le sujet est réellement l’enfant, ce qui fait de lui un être spécifique, un adulte en devenir. Ou plutôt : l’individu comme un tout, constitué de toutes les phases de sa vie à  la fois.
    Ce livre est un merveilleux petit livre qui dit beaucoup de choses importantes, et qui nous replonge dans ce monde que nous avons connu, il n’y a pas si longtemps. Un monde de vérité, non pas solitaire, mais spirituelle. Un être démuni, fragile, à  protéger, confronté à  la réalité.
    J’ai été profondément touché par ce livre dense, direct et si juste. Universel. Il y est question d’amour, de transmission (« On transmet essentiellement la passion de la vérité, et sa quête. »), de spiritualité, et de plein d’autres choses. Il est par ailleurs formidablement bien écrit, dans sa simplicité. Je laisse comme toujours le mot de la fin à  l’auteur, avec ce paragraphe qui me touche beaucoup :

    Devenir adulte c’est s’éveiller à  la réalité, plus loin accepter et assumer la réalité. Ce qui revient à  s’en distancer, afin de la regarder en face et aussi de tenter de la maîtriser. L’individualisation comme connaissance du monde est une séparation du monde.

  • Le libéralisme n’est pas une idéologie

    Le libéralisme n’est pas une idéologie

    Un simple petit coup de gueule, inquiet, préoccupé. Je suis effondré, en ces temps de période électorale, par le manque de culture générale de la plupart des gens censés être des « élites », à  propos du libéralisme. Je n’aime pas ce terme – « élite » – , mais il est censé parler, de nos jours, d’une partie de la population qui a eu la chance d’acquérir une certaine forme de « culture ». Le libéralisme en fait partie, n’en déplaise à  tous les bobos qui se contentent moralement en mâtinant leurs discours de socialisme, voire de communisme.

    Découvrez le libéralisme

    J’invite tous ceux qui veulent simplement réfléchir (quelle horreur ! les opinions suffisent, non ?) à  tout d’abord lire la définition du libéralisme, et à  ensuite se questionner intimement pour savoir en quoi ils sont opposés au libéralisme. J’ai lu quelques auteurs qui sont considérés comme des libéraux. Les textes sont disponibles, et j’ai déjà  donné des liens ailleurs. Le libéralisme est l’inverse d’une idéologie.

    Une part de notre identité

    C’est une pensée de la réalité, évolutionniste, et dont le fond est simplement de protéger les individus, les personnes, contre toute forme d’oppression. Que ce soit celle des autres individus, ou celle des collectifs. C’est une philosophie qui défend les droits individuels, et la liberté (avec ses limites, la liberté n’existant pas sans limites). C’est une philosophie adossée à  une réflexion profonde sur le droit, et le statut du droit. C’est un des fondements de notre civilisation, comme l’a rappelé Philippe Nemo dans son excellent livre « Qu’est-ce que l’Occident ?« .
    Rejeter le libéralisme, comme le fond la plupart des candidats, c’est rejeter notre histoire, notre identité, pour de basses raisons populistes (dans le meilleur des cas), ou extrémistes (dans le pire). Que les médias s’en fassent l’écho, cela ne m’étonne pas. Par pitié, vous qui savez lire, et réfléchir, prenez le temps de comprendre ce qu’est le libéralisme.