Auteur/autrice : BLOmiG

  • Citation #189

    L’envie était autrefois considérée comme l’un des sept péchés capitaux avant de devenir l’une des vertus les plus admirées sous son nouveau nom de « justice sociale ».

    Thomas Sowell (1930)
    Economiste et sociologue américain

  • Le poids du monde

    Le poids du monde

    A l’heure de la connexion possible au reste du monde, instantanée, il me semble qu’un danger nous guette, encore plus probablement que la consommation futile ou toxique, c’est celui de se faire voler notre bonheur quotidien.
    Ils sont nombreux, les insatiables, les voraces, les illuminés, à vouloir absolument nous forcer à prêter attention à des choses qui ne nous concernent pas, ou pas directement, ou si peu, que le simple fait d’y prêter attention porte déjà atteinte à nos propres enjeux et préoccupations. Je crois qu’il y a définitivement deux catégories d’humains : ceux qui apprennent à se contenter de mener leur vie, humblement, laborieusement, en étant ouvert au doute, et sachant s’étonner et se satisfaire de peu, et ceux (que j’appelais ci-dessus les insatiables) dont la soif de pouvoir, de grandeur personnelle, ne sera jamais comblée, et fait peu de cas de la vie des autres, qu’ils peuvent à l’occasion considérer comme des moyens d’atteindre leurs objectifs.
    Il y a de grands projets portés par les deux catégories d’Hommes. J’ai de moins en moins de respect pour ceux portés par la deuxième catégorie. Ceux qui nous forcent, par exemple, à nous préoccuper du sort de gens à l’autre bout du monde, qui sont complètement hors de nos vies pratiques. Par le biais de l’émotion (qui ne compatirait pas avec le malheur de ses congénères ?), ils nous volent du temps d’attention, ils nous surchargent le quotidien d’un poids impossible à porter. Je crois que c’est volontaire, à défaut d’être nécessairement conscient. Une fois les honnêtes gens accablés de stress, de culpabilité, d’émotions contradictoires et ingérables (parce que les causes sont trop éloignées de nos moyens d’actions), il ne reste plus qu’une population hagarde, ou frappée de stupeur, qu’il est bien aisé de manipuler.
    Nous n’avons pas les épaules suffisamment solides pour porter le poids de monde. Nous ne sommes pas Atlas, mais des Hommes. Nous avons le droit, et le devoir, de refuser ce poids, inhumain, démesuré.
    Sachons nous concentrer sur nos proches, sur notre famille, notre travail, sur la réalité concrète qui nous entoure. Mon voisin est plus important qu’un iranien, n’en déplaise aux journalistes et aux politiciens. Mes enfants sont plus importants que la majorité municipale. J’ai tendance parfois à l’oublier ; non pas intellectuellement, bien sûr, mais en termes d’attention portée, d’univers mental. Ma réalité est d’abord sous mes yeux, à chaque instant, chaque jour. Il faut bien sûr garder un œil sur les insatiables (on est bien obligé, car ils sont nuisibles), mais sans nous laisser voler notre bonheur quotidien, dont la saveur et le sens ne sont pas à l’échelle d’une planète, ou de l’Histoire, mais bien à l’échelle de phénomènes et d’interactions à taille humaine, plus modestes, plus actionnables. Méfions nous de l’idéal qui condamne ou cache la réalité. Ne nous laissons pas gagner par leur hubris, qui flatte l’ego – en faisant croire que nous pouvons porter le monde sur nos épaules – et déforme les désirs les plus simples. Un Homme bien ancré dans sa propre vie, avec ses propres objectifs, ses relations, son travail, est une force de résistance face aux voraces voleurs de bonheur.

  • Flânerie #7

    Flânerie #7

    Pendant le jogging matinal, une femme et sa fille se faisaient prendre en photo, avec le décor de Paris et de la Tour Eiffel.

  • Flânerie #6

    Flânerie #6

    A la gare de Clermont-Ferrand, vendredi, j’ai acheté pour le trajet le dernier numéro de Métal Hurlant. J’ai été surpris, en le feuilletant, de découvrir qu’il était composé d’oeuvres originales, sous forme de nouvelles, et il y avait beaucoup de dessins très qualitatifs.
    J’ai notamment été assez bluffé par la petite histoire de Jacques Després, dont vous pouvez voir une image dans ce billet. Cela ressemble a de la 3D, post-traitée en 2D avec un style assez particulier. Le résultat est très chouette, en tout cas. J’ai été surpris de lire que Jacques Després était l’auteur d’un livre « Livre des grands contraires philosophiques », traduit dans plus de 80 pays. Etonnant pour un auteur de BD. Et ma surprise fut encore plus grande, en lisant sa fiche wikipedia, que ce livre a été co-écrit avec Oscar Brenifier. Car je connais (un peu) ce deuxième auteur : lorsque j’étais chez Renault, j’avais eu la chance de participer à plusieurs séances d’ateliers de Pratique Philosophique, dont j’ai gardé un souvenir unique. Il s’agissait de séance d’échanges philosophiques, avec une manière de conduire la discussion particulière, apportée par Oscar Brenifier, centrée sur le sens des mots et la logique, sur les idées, et faisant l’effort d’évacuer toutes les périphrases inutiles, les émotions tordant la réflexion, et toutes les conventions sociales bloquant le vrai échange d’idées. Passionnant.
    C’était très sympa, qu’au gré d’une flânerie dans les rayons d’un Relay de gare, je tombe sur des dessins fantastiques, faits par le co-auteur d’un livre philosophique qui me parle, et me donne envie. j’ai commandé le livre commun d’Oscar Brenifier et Jacques Després, et je vous en ferai bien sûr la recension.

  • L’esthétique, une philosophie de la perception

    L’esthétique, une philosophie de la perception

    Bence Nanay est professeur à l’université d’Anvers, spécialisé en philosophie de l’esprit, philosophie de la perception et en esthétique (la page Grokipedia est très complète et bien faite). J’avais commandé son ouvrage (« L’esthétique, une philosophie de la perception ») à la suite du visionnage de la vidéo d’une conférence où il dissertait sur les « catégories » d’éléments qui pourraient être des invariants culturels dans l’appréciation esthétique, passionnante (aucune culture ne valorise de la même manière les pleins et les vides dans un tableau, mais dans toutes les cultures ce rapport entre le plein et le vide a un sens, et fait partie des éléments entrant dans les jugements esthétiques).

    Remarquable chercheur

    Plusieurs choses sont marquantes à la lecture de cet ouvrage, sur la forme et la manière de raisonner, et montrent, à mes yeux, à quel point Bence Nanay est un penseur rigoureux, honnête, et un véritable chercheur.

    • Le propos est toujours tout en nuance, avec beaucoup de finesse, ne refusant jamais ni la complexité, ni la proposition d’hypothèses réfutables : l’auteur est dans une vraie démarche de réfutation des arguments et des hypothèses. Cela rend parfois la lecture un peu difficile, ou en tout cas exigeante, car souvent le propos se ramifie pour détailler tous les contre-arguments et les passer en revue, les réfuter, ou les utiliser pour amender le propos.
    • L’auteur, dont l’approche est philosophique, s’appuie tout autant sur des penseurs de l’esthétique ou de l’histoire de l’art, comme sur des philosophes, mais aussi sur les avancées de la science (imagerie mentale, oculométrie, etc..) pour confronter les hypothèses, à nouveau avec ce que l’on sait. Multi-disciplinaire, dans le bon sens du terme, cela rend l’ouvrage très riche en termes d’apports (la bibliographie en fin d’ouvrage est impressionnante)
    • L’auteur est toujours capable de redescendre sur des exemples très concrets pour illustrer son propos parfois très conceptuel et élaboré, et toujours aussi capable d’apporter une petite touche d’humour. Vraiment très agréable.

    Concepts importants

    Loin de moi l’idée de résumer un tel ouvrage, mais je vais essayer de partager ici quelques idées clefs, et des concepts que j’ai trouvé très utile pour penser nos « expériences esthétiques ». L’objet du livre est comme le dit l’auteur de « mettre à jour le rapport complexe entre esthétique et perception ». Un axe de travail fort de Bence Nanay est la philosophie de la perception, et la thèse du livre est que certaines expériences esthétiques (une grande partie) sont éclairées, mieux comprises, en s’appuyant sur ce que l’on sait de la perception, et de l’attention en particulier. Nous savons des choses sur les différentes manières dont les humains sont attentifs, et cela apporte beaucoup à la réflexion sur ce que sont les expériences esthétiques, et sur ce qui les caractérise.

    Attention distribuée

    Au moment de rédiger mon billet, je me rends compte à quel point la richesse du texte de l’auteur sera très mal rendue : d’une part par la simplification que je vais faire pour garder une trace d’une taille raisonnable, et d’autre part mon souvenir déjà un peu moins précis. Tant pis. L’attention distribuée est un concept central dans le livre. L’attention, de manière basique, est ce sur quoi nous faisons porter notre conscience. Et l’auteur montre très bien, d’une part, que l’attention esthétique est souvent « désintéressée » (c’est-à-dire non engagée via des intérêts pratiques immédiats, autre que le plaisir et ou l’émotion recherchée), et d’autre part qu’il existe plusieurs types d’attention. Nous pouvons faire, a minima, attention à des objets ou entités (un tableau, un pomme, un ami, une idée), et/ou à des propriétés d’objets (la forme, la couleur, etc.). Et nous pouvons, par ailleurs, faire attention de manière ciblée, ou de manière distribuée. Ce double découpage, très utile pour préciser ce que l’on entend par « attention », permet de distinguer quatre manières dont nous pouvons mobiliser notre attention.

    1. distribuée en ce qui concerne les objets et ciblée en ce qui concerne les propriétés (ex : je trie des chaussettes pour mettre ensemble celles qui sont de la même couleur)
    2. distribuée en ce qui concerne les objets et distribuée en ce qui concerne les propriétés (un bon exemple, est l’état de notre esprit quand nous flânons)
    3. ciblée en ce qui concerne les objets, et ciblée en ce qui concerne les propriétés (« L’exécution de la plupart des actions guidées par la perception présuppose une attention de cette sorte »)
    4. ciblée en ce qui concerne les objets et distribuée en ce qui concerne les propriétés)


    Je simplifie la discussion, mais l’auteur explore dans le livre la thèse selon laquelle une grande partie des expériences esthétiques reposent sur le 4ème mode (attention ciblée sur un objet et distribuée sur ses propriétés).
    L’attention esthétique n’équivaut pas à un manque d’attention. Elle équivaut à une attention distribuée entre une variété de propriétés et qui est néanmoins ciblée sur le même objet. Ainsi nous pouvons dire que l’intérêt esthétique n’est pas réellement du désintérêt mais plutôt un intérêt distribué.
    Je précise que l’auteur revient en fin d’ouvrage sur des expériences esthétiques reposant sur une mobilisation ciblée de l’attention, notamment pour les expériences liées aux films, ou à la narration. Je laisserai cela de côté dans mon billet, car cela emporterait trop loin la discussion pour un modeste billet.

    Triple perception

    Cela étant posé, il faut bien sûr commencer à discuter de ce que l’on perçoit. Je reste, comme l’auteur dans une bonne partie de l’ouvrage, sur les exemples liées aux tableaux et aux images, car ils sont très parlant (mais la discussion ne s’y restreint pas). Pour comprendre la perception d’images, il est utile d’avoir un modèle de triple perception.

    Lorsqu’on traite de la perception d’image, il nous faut considérer non pas deux mais trois entités? Ce sont les suivantes :

    • A – la surface bidimensionnelle de l’image
    • B – l’objet tridimensionnel que la surface encode visuellement
    • C – L’objet dépeint tridimensionnel

    La nouveauté réside dans la distinction entre B et C qui ont été traités de manière interchangeable dans les écrits spécialisés. or bien qu’ils semblent souvent semblables, ce n’est pas toujours le cas. B et C s’écartent l’un de l’autre à partir du moment où l’image n’est pas pleinement naturalistes. Les caricatures fournissent un excellent exemple. Lorsque nous regardons une caricature (par exemple) de Mike Jagger, C est Mike Jagger lui-même. Mais B, l’objet tridimensionnel que la surface encode visuellement, possède de traits bien différents de Mike Jagger lui-même. Par exemple B a d’ordinaire des lèvres plus épaisses.

    L’auteur revient en détail sur la manière dont nous percevons une image, (via A et B, C n’étant pas perçu au moment où l’on regarde l’oeuvre). C est représenté, parfois, mais de manière quasi-perceptuelle, grâce à notre imagerie mentale. Cela permettra à l’auteur d’apporter (cf. plus bas) la notion très importante de propriétés pertinentes du point de vue esthétiques.

    Propriétés pertinentes du point de vue esthétiques

    Allant un peu plus loin, Bence Nanay, comprenant l’impatience du lecteur, passe à l’étape suivante : c’est bien beau de parler d’attention distribuée sur des propriétés, et triple perception, mais de quelles propriétés parlons-nous ? Je ne peux rentrer dans le détail de la discussion riche et passionnante, pleine de nuances, portée par l’auteur avec maestria, mais il passe en revue un certain nombre de propriétés esthétiques, classiques et utilisées de longue date dans l’histoire de l’art et en esthétique, et montre de manière convaincante qu’elles aboutissent à des contradictions ou à difficultés, qu’il est possible de lever en utilisant une notion plus ouverte, et plus large, les propriétés pertinentes du point de vue esthétiques. Il en donne la définition suivante.
    Voici ma définition (assez libérale) qui, encore une fois, devrait être considérée comme une définition de travail : si prêter attention à une propriété d’un particulier modifie la valence de l’expérience que l’on fait de ce particulier, c’est une propriété pertinente du point de vue esthétique. En d’autres termes, si prêter attention à P me conduit à apprécier d’avantage (ou moins) mon expérience, P est une propriété pertinente du point de vue esthétique. (…) Il devrait être clair que la même propriété peut être pertinente du point de vue esthétique dans un contexte et totalement non pertinente du point de vue esthétique dans un autre.

    Le semi-formalisme

    Le formalisme « radical » est l’affirmation selon laquelle « F : les seules propriétés d’une oeuvre d’art pertinentes du point de vue esthétique sont ses propriétés formelles ». C’est évident que le formalisme est faux, mais Bence Nanay prend le temps de montrer ce qu’il faut sauver du formalisme, et pourquoi il a longtemps été considéré comme justifié, avant de proposer une version plus complexe, et rendant mieux compte de la réalité de nos expériences esthétiques : le semi-formalisme. Il s’appuie sur l’introduction de propriétés semi-formelles.
    Les propriétés semi-formelles sont des propriétés de l’image qui dépendent de façon constitutive des propriétés formelles de l’image (ou sont identiques à elles). Pour être plus précis, P est une propriété semi-formelle d’une oeuvre d’art particulière, x, si P dépend de manière constitutive des propriétés formelles de x (ou est identique à elles).
    Une discussion importante est nécessaire pour détailler ce qu’on appelle « dépendance constitutive », et on sait gré à l’auteur de simplifier le propos en posant que « ce sont les propriétés formelles de x qui font des propriétés semi-formelles de x ce qu’elles sont ». Tout cela peut paraitre un peu oiseux, et inutilement complexe, mais c’est ce qui permet à Bence Nanay, quelques pages plus loin, de montrer pourquoi dans certains cas, les intentions d’un artiste, sont strictement dénuées de pertinence pour notre évaluation esthétique si elles ne dépendent pas de façon constitutive des propriétés formelles de l’image. Idem pour le contexte historique ou social. Il donne l’exemple suivant :
    Jerrold Levinson soutient qu’on ne peut comprendre (ou évaluer) les œuvres d’art en les séparant du contexte d’histoire de l’art qui est le leur (Levinson, 1979, 2007). Et la manière dont une œuvre d’art se situe dans l’histoire de l’art n’est pas une propriété formelle selon les versions classiques du formalisme. Mais est-ce une propriété semi-formelle aux yeux du semi-formaliste? Prenez un des exemples de Levinson, la propriété d’« être influencé par Cézanne ». Comme auparavant, savoir si cette propriété compte comme semi-formelle dépend des détails de l’exemple. Si les marques de pinceau du tableau en question sont ce qu’ils sont à cause de l’influence de Cézanne, alors cette propriété est semi-formelle, car elle dépend de façon constitutive des propriétés formelles de l’image. Mais si l’influence se limite à ce que le peintre du tableau en question a parcouru la Provence pour peindre des paysages, la propriété d’« être influencé par Cézanne » ne sera pas une propriété semi-formelle. La vérité est que le contexte de l’histoire de l’art est parfois pertinent (mais non toujours) pour notre évaluation esthétique des images.

    Unicité

    Je ne reviens pas non plus en détail sur cette discussion passionnante, mais l’unicité d’une oeuvre (réelle ou non) joue un rôle important dans notre expérience esthétique. De fait, ce qui compte, c’est de traiter visuellement quelque chose comme unique, et comme si nous le rencontrions pour la première fois. Cette première rencontre favorise et crée les conditions d’un attention distribuée : nous tâchons de porter notre attention à toutes sortes de propriétés de l’objet, pour en comprendre le sens.

    Histoire de la vision

    A nouveau une question passionnante : la vision et la perception ont-elle une histoire ? Notre manière de percevoir les choses ont elles évoluées au cours de l’histoire. L’auteur livre plusieurs arguments très convaincants (qu’il ne prétend être définitif) : l’apparition de manière très concentrée au XVIème siècle (renaissance italienne) de nombreuses oeuvres supposant une capacité de perception double (qui n’était que très peu présente avant), et des traités comme le De Pictura (1435, donc préalable à cette période) d’Alberti (1404-1472), décrivant la composition des oeuvres en ne parlant que de la scène dépeinte (B) et ne mentionnant jamais les relations entre A et B, pourtant caractéristiques d’une perception double. Cela rejoint un autre éclairage que j’ai eu l’autre jour, lors d’un exposé sur l’apparition du Bureau d’études (séparation/distinction entre conception et réalisation) à peu près à la même période avec le travail de Brunelleschi pour le dôme de Florence. Il y a donc eu, probablement, une période (au moins en Occident) de profonde modification dans notre manière de percevoir et voir les objets.

    Programmes de recherche

    Un dernier point qui m’a intéressé dans la lecture du livre, est la mention faite par l’auteur (né en Hongrie) des travaux d’Imre Lakatos (philosophe des sciences), lui aussi né en Hongrie. Lakatos était un prolongateur de la pensée de Karl Popper, et j’ai trouvé l’éclairage sur les programmes de recherche « dégénérescents » et « progressistes » particulièrement intéressant. Cela fait partie aussi de ce qui m’a fait me sentir en bonne compagnie dans ce livre. En gros, un programme de recherche est une séquence temporelle d’un ensemble de théories scientifiques. Un programme de recherche progressiste ne contredit pas de données nouvelles, et il effectue de nouvelles explications et prédictions. Un programme de recherche dégénérescent est un programme de recherche qui contredit parfois de nouvelles données et n’effectue pas ou presque pas de nouvelles prédictions. Le programme dégénérescent ajoute régulièrement de nouvelles hypothèses ad hoc pour protéger son noyau et justifier des contradictions. Lakatos soutient qu’il est parfois utile d’être loyal à un programme dégénérescent, car il peut se redresser parfois, mais seulement un certain temps. Bence Nanay applique cette distinction, en philosophie, au programme de recherche sur les « propriétés esthétiques » (bourré de contradiction et d’arguments ad hoc) versus le programme de recherche sur les « propriétés pertinentes du point de vue esthétiques ».

    A lire

    Un ouvrage vraiment superbe, exigeant, et qui apporte un éclairage majeur à mon sens complétant parfaitement les ouvrages plus orientés purement sur l’esthétique et les critères esthétiques, car il apporte une vue plus large en partant de la perception pour aller vers les expériences esthétiques.

  • Flânerie #5

    Flânerie #5

    Trouver un objet d’intérêt en flânant ne signifie pas nécessairement marcher pendant des heures pour tomber sur quelque chose d’intéressant. Pour cette flânerie #5, je suis simplement ressorti de chez moi pour acheter un truc qui manquait dans le réfrigérateur, et en passant, probablement pour la centième fois devant ce petit atelier rue Bénard, j’ai été saisi par la vision des deux ouvertures lumineuses, et du fatras baroque à l’intérieur. En contraste avec la nuit tombante, il s’en dégageait une impression de douce chaleur, et d’activité tranquille.
    Deux personnes, deux dames, travaillaient dans l’atelier, en devisant. Je me suis approché pour prendre une photo de plus près, pour qu’un personnage soit plus présent, mais celle que l’on distingue à gauche sur la photo m’a vu avancer vers la fenêtre, et a changé de posture. Je ne l’ai pas dérangé plus longtemps, et j’ai rangé mon téléphone. Mais, en voyant ce petit atelier chaleureux, j’ai été saisi d’une envie d’y entrer et de pouvoir découvrir ce petit monde. Monde attirant et un peu nostalgique pour moi, car il me rappelle l’atelier de poterie de M. et Mme Besse, où nous allions enfants, joyeux et insouciants.
    Note : il s’agissait de l’Atelier d’André Besse (céramiste et peintre, décédé en 1999) et de sa femme Geneviève Besse (peintre, 1926-2024), au 152 rue Victor-Hugo à Tours. (merci Grok)