Auteur/autrice : BLOmiG

  • Jacob Collier

    Jacob Collier

    Si vous ne connaissez pas Jacob Collier, je vous invite à découvrir ce petit génie de la musique. Multi-instrumentiste, chanteur, créatif sans limite sur les harmonies, spécialiste du jeu collectif, avec d’autres musiciens, avec le public, avec les internautes. Je n’utilise pas souvent le terme de « génie », et tout ce que produit Jacob Collier n’est pas de mon goût. Mais, sincèrement, c’est un génie, un explorateur, un véritable musicien artiste. Je vous partage une vidéo d’un morceau en concert, et si vous voulez découvrir un peu plus le musicien, vous pouvez aller écouter son interview musical chez Paul Davids.

  • Citation #186

    La propension à l'espoir et à la joie, c'est richesse réelle; la propension à la crainte et au chagrin, c'est pauvreté véritable.

    David Hume (1711 – 1776)
    philosophe, économiste et historien écossais

  • Flânerie #4

    Flânerie #4

    En me promenant sans but dans les puces de Vanves, je suis tombé sur une petite estampe à l’eau-forte de Jean-Yves André (que je ne connaissais bien sûr à ce moment ni d’Eve ni d’Adam).
    Elle représente un bout de ville, au coeur d’une jungle luxuriante. L’image fait 10cm x 15cm à peu près, et contient beaucoup de petits détails très fin. J’ai tout de suite été séduit par l’ambiance générale, paisible, par la profusion de détails, et par la manière d’avoir traité le soleil au milieu. On ne sait pas s’il se couche ou s’il se lève, et il donne comme une impression de temps suspendu à cette image, une fixité, qui résonne en contrepoint au mouvement de la végétation autour. On ne sait pas bien non plus si la ville « El Dorado » est complètement en ruine, ou si elle pourrait encore abriter quelques activités, et quelques humains. Le titre nous met également dans la peau d’un explorateur qui découvrirait, dans la forêt tropicale, la ville mythique. Merveilleux.
    Plein de mystères dans ce petit tableau, qui m’ont séduit, et qui m’ont conduit à l’acheter. Je vais changer le cadre qui était un peu vieillot. La rencontre avec ce petit tableau, et avec cet artiste, était la vraie joie, la vraie surprise de cette flânerie.
    Ajout : après avoir farfouiné un peu sur le site Le Comoedia, je pense que l’oeuvre doit dater des années 1980 (elle ressemble un peu à celle-ci : Surga Yang Jahu).
    Ajout n°2 J’ai eu le grand plaisir d’avoir une réponse de JY André, que je recopie ici :
    Technique : eau-forte + aquatinte. 50 tirages (sur ma presse taille-douce) signés et numérotés par moi-même. Autour de 1983-84. A cette époque je voyageais au Moyen Orient et je commençais à aborder l’Asie du Sud-est. D’où l’architecture évoquant les ksours du Maroc et les jungles luxuriantes d’Asie.Et ce fantasme de la découverte d’une cité cachée…

  • Universaliste ?

    Universaliste ?

    Grâce à François, mon père, et à mes frères et belles-soeurs, nous avons esquissé pendant notre repas de Noël une belle discussion sur le thème de l’universalisme. C’est un sujet passionnant. Notre père avait travaillé le sujet et en avait fait un article, très intéressant, en réaction à d’autres articles. Pour pouvoir suivre la réflexion, je suis allé regardé, pendant que nous discutions, la définition sur le TLFI :
    Universalisme n. m. :
    Toute doctrine qui considère la réalité comme un tout unique, ce qui revient à dire universel, dans lequel les individus ne peuvent être isolés, si ce n’est par abstraction.

    Elle m’a interpelé, très fortement, et m’a forcé à réfléchir un peu plus à ce sujet.

    Contre-intuitif

    J’avoue que spontanément, si l’on m’avait demandé si je pensais être universaliste, j’aurais répondu « oui ». Pour la raison que je crois en une forme de « nature humaine », sous-jacente aux différentes races, cultures, particularismes, et à des « droits naturels » associés à cette nature. Mais la définition philosophique (celle que j’ai recopié ci-dessus) est plus précise que cela. Je considère la réalité comme un tout unique (le Réel), mais je considère également qu’il est faux de dire que les individus ne peuvent être isolés, si ce n’est par abstraction. En tout cas, cette idée m’interpelle. Et elle me parle cependant car, oui, les frontières entre l’individu et la société dans laquelle il s’insère ne sont pas si nettes que cela. Pour préciser ma pensée, j’ai besoin d’aller chercher le sens du mot « abstraction », car j’y vois plusieurs notion distinctes allant de la montée en concept « abstraits » à la négation de la réalité « concrète ». En fait « Abstraire », car l’abstraction est le pouvoir, la capacité d’abstraire.
    Abstraire v. trans :
    Isoler, par l’analyse, un ou plusieurs éléments du tout dont ils font partie, de manière à les considérer en eux-mêmes et pour eux-mêmes.

    L’universalisme décrit donc des doctrines dans lesquelles les « individus » n’existent comme objet de pensée que par effort d’abstraction. C’est une idée forte. Est-ce que l’existence d’une réalité unique, d’un tout, implique nécessairement que chaque « être » (que ce soit un individu ou un objet, la question est la même), ne puisse être pensé que par abstraction ? Je crois très profondément le contraire. Ce sont des éléments que je développerai dans mon essai, mais j’en partage quelques-uns ici, cela me permettra de préciser ma pensée.

    essence ou ensemble d’objets ?

    Il me semble que l’on peut considérer la « réalité unique » dont parle la définition d’universalisme comme un ensemble de choses plutôt que comme un tout unique indifférencié. Si l’on accepte l’idée que la réalité est « tout ce qui existe », alors on peut partir du principe, pragmatique, qu’il existe une multitude de choses, d’êtres, vivants ou non, matériels ou non, qui font, pris dans leur ensemble, la réalité. C’est une vision pluraliste de la réalité vue comme un « ensemble » de choses, plus que comme une « essence » unique dont chaque être ressortirait et ne pourrait être, par conséquent, qu’abstrait pour pouvoir être pensé. Je crois vraiment que c’est notre connaissance des différents objets qui peuplent le réel qui construit notre compréhension de celui-ci. J’accepte l’idée que des objets de nature, d’essence, différente peuplent le réel. Une idée n’est pas de même nature qu’un électron. Les deux sont des objets de la réalité.
    Vu sous ce prisme, une doctrine universaliste me parait être à coup sûr un idéalisme (« Toute philosophie qui ramène l’existence à l’idée »). La vision que je développe en partant des objets est une vision pragmatique (« Qui concerne les faits réels, l’action et le comportement que leur observation et leur étude enseignent »).
    Après réflexion, et grâce à ces définitions, je crois pouvoir dire très simplement que je ne suis pas universaliste.

    Et les humains dans tout ça ?

    Si l’on revient au sujet de départ, qui ne concernait pas les essences abstraites, ou la manière d’aborder le réel, mais bien les individus humains, et les cultures et les peuples, est-ce que ce détour par le dictionnaire permet de clarifier les termes de la discussion ? Il me que oui, en partie. Les doctrines universalistes posent comme principe de départ que l’individu n’existe pas en tant que tel, mais par un effort d’abstraction, d’isolement de son contexte, pour en décrire des caractéristiques qui seront toujours, d’une manière ou d’une autre, porteuses d’une « simplification », ou d’une perte véracité. Or, et c’est mon point de vue, que je suis en mesure d’exposer plus clairement maintenant, il me semble tout à fait légitime et justifié de partir du principe d’existence des individus (comme entités biologiques, organismes), et de chercher à comprendre ce que sont leurs caractéristiques, leurs déterminants, etc. Cela n’empêche pas de chercher à penser le collectif, ou la culture, ou la civilisation, ou la race, ou tout autre catégorie visant à généraliser. Cela interdit simplement, et c’est mon point, de sacrifier l’individu au nom de l’universel, ce que font les universalismes en prétendant que l’individu n’existe que par abstraction. S’il existe une réalité « surplombante » et que l’individu n’est toujours qu’une idée (résultat de l’effort d’abstraction) alors il ne vaut pas grand-chose. Je ne prétends pas avoir raison sur la philosophie, mais ma sensibilité et mes maigres connaissances historiques me semblent confirmer que les doctrines universalistes sont aussi celles qui, par centaines, par milliers, par millions, ont tués des pauvres gens qui n’avaient rien demandé à personne. Je comprends mieux pourquoi : ce n’était pas des personnes, des individus, mais des « abstractions » isolées du Grand Tout.

  • Mélancolie

    Hier, je me suis rendu au pot de départ à la retraite d’un vieux collègue et ami. C’était un très chouette moment de partage, de souvenirs, et de retrouvailles.
    Je suis retourné pour l’occasion sur mon ancien lieu de travail, à Guyancourt, où j’ai passé une bonne dizaine d’année, de 2003 à 2015. Retourner en voiture là-bas, redécouvrir le bâtiment, les lieux fréquentés à l’époque, le Lab que j’avais contribué à mettre en place, et – bien sûr – revoir d’anciens collègues, tout cela m’a rendu un peu mélancolique. Un étrange sentiment m’a étreint toute la journée, lié à une sorte de télescopage d’époques : revenir là où a commencé ma vie professionnelle dans le privé, vingt-deux ans plus tard, a créé une sorte de repli du temps et de l’espace sur lui-même. Le bâtiment n’a presque pas changé, mais les gens, l’organisation, tout le reste, oui. Les visages des collègues perdus de vue il y a plus de 10 ans pour certains, toujours les mêmes, mais marqués par le temps qui passe, étaient à la fois une source de joie, et de compassion. Les visages ne mentent pas : le temps, mais aussi les évènements y laissent des marques visibles, sinon lisibles, et le choc est assez intense.
    Heureusement, les échanges, le très beau discours de départ de mon ami (profond, sincère et riche en partage), et la chaleur humaine, palpable, de gens qui s’apprécient et ont construit des choses ensemble, ont coloré cette journée d’une joie réelle qui a nuancé cette mélancolie. Mais la mélancolie déclenchée par le voyage aller, en voiture, cette remontée dans le temps, a absorbé d’une traite cette joie, et s’en est nourrie. Le temps ne plaisante pas vraiment. Peut-être ce mélange de tristesse et de joie est ce que les portugais appellent la saudade ?
    Mélancolie : Sentiment d’une tristesse vague et douce, dans laquelle on se complaît, et qui favorise la rêverie désenchantée et la méditation.

  • Citation #185

    Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible.

    Antoine de Saint-Exupéry (1900 – 1944)
    écrivain, poète, aviateur et reporter français.

    Voilà une citation intéressante sur ce qu’est l’avenir, objet qui – à l’évidence – n’existe pas. C’est drôle de parler de choses qui n’existent pas, du moins pas encore, ou pas tout à fait encore…
    La citation fait penser à la définition de ce qu’est la démarche projet (« Structurer méthodiquement et progressivement une réalité à venir »). On y trouve presque toutes les idées de la phrase de Saint-Exupéry, même cette idée poétique de « rendre possible », « permettre », comme s’il fallait autoriser, faire de la place à ce qui arrive. En effet, faire de la place à ce qui n’existe pas encore, n’est-ce pas le sens du mot progressivement de la définition ? En rebond, cela renvoie à l’idée de l’innovation (innover : « Introduire du neuf dans quelque chose qui a un caractère bien établi. »). Il faut bien aménager et faire de la place pour cela. Permettre la remise en ordre, rendre possible, permettre.