Auteur/autrice : BLOmiG

  • Citation #191

    Voici la morale parfaite : vivre chaque jour comme si c’était le dernier ; Ne pas s’agiter, ne pas sommeiller, ne pas faire semblant.

    Marc Aurèle (121 – 180)
    Empereur et philosophe

  • La sirène rouge

    La sirène rouge

    Lors d’une très bonne soirée chez mes amis, l’autre jour, la discussion nous a amené à parler de Maurice G. Dantec, écrivain génial et détesté par les gauchistes (donc doublement appréciable). D’ailleurs, les gauchistes ne disent pas qu’ils détestent un artiste ou un auteur, mais qu’il « est controversé ». Les connards.
    Comme mon pote m’a sorti et prêté le premier tome du « journal » de Dantec qu’il venait de lire (« Manuel de survie en territoire zéro », premier tome de l’ouvrage « Le Théâtre des opérations, journal métaphysique et polémique »), je me suis rappelé que, tout de même, les deux romans que j’avais lus étaient vraiment super (« Les racines du mal » et « Babylone Babies »). J’ai donc choppé en plus du « manuel », « La sirène rouge », le premier roman de Dantec.
    Bien m’en a pris : ce n’est pas un hasard si ce roman l’a fait connaître. C’est un super mélange de polar et de road trip en bagnole, de la Hollande au Portugal, en passant par la France, avec la guerre de Yougoslavie en toile de fond. Pas besoin de rentrer dans le détail de l’histoire, c’est violent, mais lumineux à la fois. Les personnages sont super, le réseau dans lequel oeuvre un des personnages principaux – Toorop – est une invention géniale (« Liberty Bells », un réseau souterrain dont le but est d’éradiquer en Europe les restes de communisme). Très bon roman, que je suis en train de terminer (je vais relire les autres je pense car je les ai lu il y a plus de 20 ans). Ensuite, je commence le « Manuel de survie en territoire zéro »).

  • Réfutation et méthodologie des programmes de recherche scientifique

    Réfutation et méthodologie des programmes de recherche scientifique

    Par le biais de mon réseau, j’ai réussi à mettre la main sur un article passionnant d’Imre Lakatos, logicien et mathématicien, épistémologue et philosophe des sciences hongrois qui ayant fui le stalinisme, a poursuivi sa vie et sa carrière en Angleterre, sous l’influence de Karl Popper. L’article en question est « Falsification and the Methodology of Scientific Research Programmes », un des chapitres d’un livre co-écrit avec Musgrave. Comment arrive-t-on à lire un article comme celui-là, me direz-vous ? Et bien, en lisant l’ouvrage de Bence Nanay, il y citait le travail de Lakatos sur les « programmes de recherche », et couplé au fait que ça renvoyait sur Popper (que j’apprécie beaucoup), j’ai eu envie d’en savoir plus. J’emprunte la photo de Lakatos au site New Criterion.

    Passionnant et dense

    Le chapitre en question, qui fait une trentaine de pages en anglais, est dense et passionnant. Il est agréable à suivre, rigoureux et synthétique, et on y reconnait bien la patte d’un élève de Popper. Je me suis fait une petite liste de passage à citer, de citations à garder dans ma collection, et j’y ai bien retrouvé une passionnante réflexion sur le savoir, la connaissance et la progression des connaissances. Comment « sauver » la rationalité scientifique quand aucune connaissance ne peut être certaine ? Ce que j’ai apprécié, c’est que l’article revient sur un certain nombre d’attitudes qu’il est possible d’adopter vis-à-vis de la connaissance, pour en souligner les limites, et en se basant sur des exemples très concrets de l’histoire des sciences et de la physique. Si on ne peut rien prouver de manière absolument certaine, et si on ne veut pas se contenter de l’idée d’une vérité scientifique qui ne serait qu’un consensus, quel est le modèle le plus pertinent de la progression des connaissances ? Je ne vais pas essayer de tout résumer, car c’est trop dense pour être fait, mais je vais essayer de garder quelques idées clefs, concepts importants, et partager quelques citations. Si vous voulez gagner le temps de la lecture, vous pouvez garder l’idée clef, déjà présente chez Popper, que pour l’accès à la connaissance et le progrès vers la vérité, le meilleur moyen est la compétition permanente entre les idées, théories, énoncés, pour mieux décrire la réalité déjà connues ET prédire des faits nouveaux observables. Lakatos apporte une contribution intéressante avec l’idée de « programme de recherche progressif/dégénératif », qui décrit des mécanismes permettant sur un horizon moyen-terme de distinguer les théories qui tiennent la route, de celles qui commencent à s’écarter de la réalité. Mais au delà de ses apports nouveaux ou non (je ne suis pas capable d’en juger), l’article de Lakatos remet en perspective ces discussions d’une manière très vaste et agréable à suivre, logique et sereine.

    Postures épistémologiques

    L’auteur décrit plusieurs attitudes possibles, dont Lakatos critique rarement “par principe » les fondements (tous rationnels) : il montre (a) ce que la position cherche à sauver, (b) sur quelles hypothèses elle s’appuie, (c) pourquoi ça casse, et (d) ce qu’on peut tout de même en conserver dans une approche plus robuste. J’avoue avoir demandé à l’IA (Copilot en l’occurence) de faire une lecture, puis une synthèse du document après l’avoir lu, et que, comme je suis flemmard, j’ai demandé dans la foulée à ce qu’il me fasse un tableau pour garder ces éléments en tête de manière synthétique. Je les mets en fin d’article car ils sont plutôt bien faits.
    Les idées clefs peuvent être résumées ainsi, je grossis un peu le trait mais les idées sont là :

    • Pendant longtemps, on pensait que la science produisait des vérités prouvées. Lakatos appelle cela le justificationnisme. Mais cette idée s’effondre pour deux raisons : les théories ne peuvent pas être logiquement prouvées à partir des faits, et l’histoire des sciences montre qu’elles changent. La science est une succession d’échecs, certes cumulatifs, mais c’est sans appel : aucune théorie n’est définitivement vraie.
    • le probabilisme (les théories ne sont pas vraies, mais plus ou moins probables) ne fonctionne pas non plus, car comme Popper l’a démontré, toute théorie a, sur le long terme, une probabilité nulle (puisqu’elle sera un jour dépassée, sa probabilité d’être vraie est 0).
    • la falsificationnisme (ou réfutationnisme) apporté par Popper introduit une nouvelle manière de penser cela : on ne doit plus chercher à prouver une théorie, mais à la tester pour la réfuter.
      Une théorie est scientifique si elle est testable et si elle peut être contredite par une expérience (concrète ou de pensée)

    Lakatos démonte une forme de falsificationnisme naïf (c’est là où ça devient intéressant), sur la base de deux choses factuelles qui forcent à raffiner. Premièrement, il n’y a pas de « faits purs ». Les observations dépendent toujours de cadre théoriques, qui structurent l’analyse que l’on fait des observations. Ensuite, une théorie, et c’est le cas dans la pratique, ou pour de bonnes raisons souvent, peut toujours être sauvée face à des faits qui le contredisent. Quand une anomalie apparaît, les scientifiques ne disent pas : « la théorie est fausse », mais ils ajustent en ajoutant des hypothèses auxiliaires, remettant en question les conditions initiales, ou les instruments. CE n’est pas malhonnête, c’est économe et souvent c’est une attitude pertinente. S’appuyant sur l’idée (que l’on trouve chez Kuhn aussi) que les décisions scientifiques sont en partie conventionnelles (on décide ce qu’on considère comme un fait fiable), Lakatos propose un raffinement des idées de Popper : le falsificationnisme sophistiqué. Une théorie n’est pas rejetée à cause d’une anomalie seule, ou d’un fait qui la réfute. Elle est rejetée seulement si : une nouvelle théorie apparaît et qui est meilleure : expliquer ce que l’ancienne expliquait, prédire des faits nouveaux et être partiellement confirmée.

    Programme de recherches

    Lakatos introduit donc le concept de progrès scientifique à 3 coins : faits (bien sûr), théorie A et théorie B en compétition. La science progresse par la compétition entre les théories. Par la réfutation par les faits, bien sûr, mais une théorie n’est vraiment réfutée que s’il y a une meilleure théorie à se mettre sous la dent. Et d’ailleurs, c’est l’idée des programmes de recherche : on n’a pas affaire à des théories seules, mais à des séries de théories, qu’il appelle programme de recherche. Un programme de recherche c’est :

    • Noyau dur (hard core) : des principes fondamentaux non remis en cause (par choix méthodologique). L’auteur parle d’heuristique négative : interdit d’attaquer le noyau dur & les problèmes doivent être résolus ailleurs
    • Ceinture protectrice : des hypothèses auxiliaires, modifiables pour protéger le noyau. Ici, heuristique positive : ces éléments de ceinture protectrice guident la recherche, indiquent quelles pistes explorer et
      orientent les nouvelles théories. C’est le programme de recherche associé au noyau dur non attaquable.

    Lakatos amène donc l’idée majeure, en opposition partielle avec Kuhn, que la science n’est pas qu’une affaire de consensus social sur ce qui est vrai ou non, mais qu’elle est le lieu de déploiement de programme de recherche progressistes et dégénératifs. La rationalité scientifique s’évalue dans le temps : un programme est rationnel tant qu’il est progressif (il produit du nouveau contenu corroboré) et devient irrationnel quand il dégénère (ajustements ad hoc sans gains).

    J’ai trouvé cet article passionnant, et très riche. Je laisse à la suite, en annexe, les tableaux produits par l’IA, car ils me permettent de conserver une trace d’un niveau de détail plus fin.

    Annexes

    Tableau A : justifier / douter / remplacer

    Tableau A — Positions “de fond” (justifier / douter / remplacer) chez Lakatos
    Attitude / école Prémisses / hypothèses de base Ce que ça vise / promet (norme d’“honnêteté”) Où et pourquoi ça casse (diagnostic Lakatos)
    Justificationnisme (tradition dominante)
    (rationaliste & empiriste)
    • La connaissance = énoncés prouvés.
    • Rationalistes : preuves extra-logiques (intuition, révélation, etc.).
    • Empiristes : base factuelle certaine + logique inductive.
    • Ne rien affirmer d’improuvé.
    • Réduire l’écart entre spéculation et savoir établi.
    • Impossible de prouver une base empirique certaine.
    • Impossible d’une induction infaillible qui “augmente” le contenu.
    • Résultat : les théories restent improuvables.
    Scepticisme justificationniste
    • Garde le standard : il faut des preuves.
    • Conclut : pas de preuve ⇒ pas de connaissance (seulement croyance).
    Démystifier la prétention à la connaissance scientifique.
    • Issue “toxique” du justificationnisme : si l’idéal du prouvé échoue, tout s’effondre.
    • Risque : glisser vers irrationalisme / superstition.
    Probabilisme / néo‑justificationnisme
    (ex. Carnap)
    • Remplacer la preuve par des degrés de probabilité relatifs à l’évidence disponible.
    • N’énoncer que du “hautement probable”.
    • Ou publier théorie + évidence + probabilité.
    • Sous conditions générales, les théories ont une probabilité zéro au sens strict.
    • Donc l’approche ne discrimine plus utilement.
    “Vérité par consensus”
    (Polanyi / Kuhn, cadrage Lakatos)
    • La vérité dépend d’un consensus changeant.
    • Rationalité décrite via dynamique sociale de communauté.
    Expliquer stabilité et changement des théories par le social.
    • Risque de dissoudre la rationalité dans la sociologie.
    • Utile descriptivement, insuffisant pour fonder des critères d’évaluation.

    Tableau B : Réfutation / convention / progrès

    Tableau B — Positions sur la critique empirique (falsification / convention / progrès) chez Lakatos
    Attitude / école Prémisses / hypothèses de base Ce que ça vise / promet Où et pourquoi ça casse
    Falsificationnisme dogmatique
    (= “naturaliste”)
    • Frontière “naturelle” observation / théorie.
    • Les énoncés observationnels peuvent être prouvés vrais par l’expérience.
    • Donc une observation peut réfuter définitivement une théorie (modus tollens).
    • Science : pas de preuve, mais des réfutations.
    • Honnêteté = définir à l’avance un test tel que l’échec impose l’abandon.
    • Infalsifiable ⇒ “métaphysique”.
    • Pas d’observation “pure” (théorie‑chargée).
    • Les faits ne prouvent pas des propositions (seules propositions → propositions).
    • Les grandes théories ne “forbid” pas simplement des états observables sans auxiliaires / ceteris paribus.
    Fallibilisme “catastrophe”
    (sceptique)
    • Si tout est fallible (théories + “faits”), aucune élimination rationnelle n’est possible.
    • On ne fait que constater des incohérences : “anything goes”.
    Conclure à l’absence de progrès rationnel ; science = spéculation.
    • Abandon des standards intellectuels : “Babel”, chaos.
    • Impossible de justifier une élimination rationnelle des théories.
    Conventionalisme conservateur
    (Poincaré, Milhaud, Le Roy)
    • Après succès initial, décision de rendre une théorie “irréfutable” de fait.
    • Absorption des anomalies via “stratagèmes” (auxiliaires, réinterprétations).
    Stabiliser la science mature ; réparer plutôt que renverser.
    • Enfermement : plus la science avance, moins l’évidence empirique a de pouvoir contre les théories établies.
    • Explique mal les grands remplacements théoriques.
    Simplicisme de Duhem
    • Les théories ne meurent pas par réfutation directe.
    • Elles s’écroulent quand les réparations détruisent simplicité / bon sens.
    Permettre remplacement sans “crucial experiment” strict.
    • Critère trop vague : dépend du goût, de la mode ; manque d’objectivité.
    • La simplicité est contestable et historiquement ambiguë.
    Falsificationnisme méthodologique “naïf”
    (Popper + décisions)
    • Admet la faillibilité, mais décide d’énoncés “de base” acceptables via techniques.
    • Construit une “base empirique” provisoire (entre guillemets).
    • Conserve une élimination relativement directe après “falsification” (au sens méthodologique).
    Maintenir une critique empirique “hard‑line” malgré le fallibilisme.
    • Décisions risquées : on peut éliminer une théorie vraie et garder une fausse.
    • Problèmes avec ceteris paribus : dépendance à des décisions supplémentaires.
    • L’histoire des sciences ne colle pas (lenteurs et audaces réelles).
    Falsificationnisme méthodologique sophistiqué
    (Lakatos / Popper amélioré)
    • T est falsifiée seulement si une T’ la surpasse :
    • (1) contenu empirique excédentaire (faits nouveaux),
    • (2) explique les succès de T,
    • (3) excédent corroboré.
    • Pas de falsification avant une meilleure théorie.
    Rendre la critique constructive : remplacer par mieux ; focaliser sur corroboration de l’excédent.
    • Il reste des décisions (ce qui compte comme observation, acceptation provisoire).
    • Paradoxe du “raboutage” (tacking) : nécessité de continuité.
    Programmes de recherche scientifique
    (Lakatos)
    • Programme = noyau dur protégé + ceinture protectrice d’auxiliaires.
    • Heuristique négative : ne pas attaquer le noyau ; heuristique positive : plan de construction.
    • Évaluation : progressif vs dégénératif.
    Expliquer la ténacité rationnelle et le progrès historique ; autoriser résistance intermittente aux anomalies si le programme reste progressif.
    • Ce n’est pas présenté comme “erroné”, mais comme dépassement.
    • Limites : jugements sur nouveauté/corroboration, et ligne empirique provisoire.
  • BLOMIX

    BLOMIX

    Je viens de terminer la « migration » du petit jeu BLOX que j’avais prototypé avec Grok il y a un peu plus d’un an. Vous pouvez le télécharger (si vous êtes sur iOS) sur l’Apple Store, en cherchant BLOMIX (il est gratuit bien sûr).

    Règles

    L’univers de BLOMIX c’est celui du Tetris, des Columns et autres CandyCrush : un jeu de match-5, où il s’agit, dans une grille de jeu, de former des chaînes de 5 « blox » (blocks) de couleurs pour les faire disparaître. Tous les 10 blox lancés, une ligne de blox aléatoires vient perturber vos efforts pour bien ranger les choses par couleur. Et vous avez, en plus, une chance sur 8 de vous récupérer une « brix » (bricks) qui est une sorte de caillasse avec un numéro dessus et qui est plus dure à faire disparaître. Quand la grille est pleine de blox et de brix, vous avez perdu. Le score dépend bien sûr du nombre de chaînes que vous avez pu réaliser, de leur taille, des enchaînements, du nombre de fois où vous avez pu revider des colonnes, etc.

    Modes de jeu

    Il y a deux modes pour ce jeu, avec deux classements différents :

    • un mode solo, plutôt zen, où on a le temps que l’on veut pour placer le prochain blox. Le classement pour ce mode de jeu est simplement le classement des meilleurs scores
    • une mode « Player vs Player » où, tous les 50 points marqués, on envoie une ligne de blox à l’autre joueur, un peu à l’instar des parties de Tetris PvsP sur GameBoy (c’était l’inspiration). Le classement pour ce mode est une sorte de système Elo, comme aux échecs, qui ajuste votre classement de départ (800) au fur et à mesure des matchs. Plus l’écart de points entre les joueurs est important, plus la variation de points sera forte.

    Design d’expérience : paramètres

    J’ai eu à coeur de créer un jeu avec une ambiance très immersive malgré sa simplicité, et j’ai donc pris du temps pour chercher des sons sympas. Vous verrez que chaque évènement du jeu est associé à un son particulier. Par ailleurs, j’avais conçu une palette de couleur que je trouvais agréable et lisible. Les premiers retours des utilisateurs étaient formels : les couleurs manquaient de lisibilité (ce qui est assez logique, car personne ne perçoit les couleurs de la même manière). J’ai donc ajouté plusieurs palettes de couleur et la possibilité de créer, dans le jeu, la sienne propre. De même, on peut équilibrer les sons entre eux, et choisir parmi 4 polices différentes en termes de style & lisibilité. Cela permet de facilement créer une ambiance visuelle à son goût.

    Process

    Je ne peux pas parler de ce petit jeu sans donner un éclairage sur le processus de création. Grâce à Max, j’ai découvert la puissance de Cursor.com (que j’ai fait travaillé avec Grok à certains moments pour ne pas bouffer tous mes tokens trop rapidement). C’est un outil qui utilise des LLM pour écrire du code, et pour mon projet dans la suite de dev d’Apple (Xcode), il sait aller travailler tout seul dans les fichiers, modifier / ajouter / supprimer du code, créer des fichiers, tester la logique, etc. Du coup l’expérience est vraiment agréable pour un non-codeur : on se concentre sur les fonctionnalités voulues dans l’app, et Cursor se démerde (en gros). Il ne reste plus qu’à compiler et à tester. Les outils d’iA sont vraiment en train de révolutionner beaucoup de choses, et c’est particulièrement vrai dans le domaine du code. J’avais une grande frustration lors de nos premiers jeux avec Max : je ne pouvais pas l’aider pour le code, qu’il maîtrise, et pas moi. C’est désormais une époque révolue, puisqu’un « novice » comme moi peut créer de toutes pièces une application déployée sur l’App Store. On ne réalise pas bien toutes les conséquences, à mon avis.

    Ressources

    Comme souvent, je me suis servi des incroyables ressources mises à disposition sur le web. J’espère n’oublier personne dans cette section de remerciements, car c’est vraiment un bonheur d’avoir autant de choses disponibles, utilisables et de qualité. Donc, dans le désordre, un très grand merci à toutes ces personnes et entreprises qui ont mis des ressources (payantes ou gratuites) à disposition des utilisateurs.

    • Code : Grok.com & Cursor.com, Github.com, et un grand merci à Max pour son aide pour la mise en place du projet et décoinçages ponctuels
    • Polices : sur le remarquable Google Fonts. Merci à :
      • Petr van Blokland pour Bitcount Grid Single
      • Google pour Google Sans
      • Toshi Omagari, Jennifer Daniel pour DynaPuff
      • JM Solé pour Alfa Slab One
    • Sons : Freesound.org, vocalremover.org/pitch, pitchchanger.io. Sur Freesound.org un grand merci pour leurs sons à HelloIJustWantSomeSounds, Cat-Fox_alex, NoiseCollector, rhodesmas, Anomaex, HenryRichard, Moutain_Man, Rvgerxini, Squirrel_404, collwyn, ConManVD, cherrysylv
    • Musique d’ambiance : « Puzzle Game 2 » par Eric Matyas Soundimage.org
    • Palette de couleur : Coolors.com — Tropical Sunset Vibes légèrement augmentée
    • beta-testing: merci à Gontman, flyingbearcub, stephies, paul_cglt, Napoleon1212, PilotePépère106, Lapluben

    Pour finir, un petit aperçu du jeu en action.

     

  • Polar

    Polar

    Dans la maison de famille, il y a de grandes étagères remplies de livres de toutes sortes. On y trouve, entre autres, un bon paquet de romans que ma mère dévorait par paquet de douze. C’est très agréable car, en week-end ou en vacances là-bas, on peut facilement trouver un bon petit roman à se lire. La dernière fois, la hasard m’a fait saisir un recueil de nouvelles de Ruth Rendell (« L’amour en sept lettres »). Plein de belles petites nouvelles, bien faites, avec une ambiance de mystère assez chouette. Et ça m’a fait penser, madeleine de Proust, à toutes les histoires policières que j’ai pu lire. Fantômette, Le Club des Cinq, les séries des Arsène Lupin, Sherlock Holmes, tous les Agatha Christie, les Mary Higgins Clark, les San-Antonio, les James Hadley Chase, et bien sûr les P.D. James. J’ai choisi une image de cette dernière, car ces souvenirs m’ont donné envie de lire, ou relire, un P.D. James. J’ai un souvenir très fort de son roman « L’île des morts » (qui bien sûr fait un clin d’oeil par son thème aux « Dix petits nègres » et aussi à « L’île au trente cercueils »).
    Cet amour des polar ne m’a pas quitté, car j’ai regardé un grand nombre de séries policières, le plus souvent avec beaucoup de plaisir. Au-delà de toute analyse psychologique de comptoir, à base de catharsis et de voyeurisme, il me semble que ce qui est particulièrement agréable dans les polars, c’est que l’histoire prime sur tout le reste. La mécanique de l’intrigue, de sa mise en place, de sa révélation progressive rigoureuse, c’est le « monde », l’univers dans lequel l’écrivain nous plonge. Les personnages servent l’histoire : les polars sont en général, les bons à mes yeux du moins, des romans moins narcissiques, moins centrés sur l’explication psychologique des personnages, que sur la description de leurs actions dans un contexte particulier et contraint. Bizarrement, cet exercice formaté donne une grande liberté sur les personnages. Les polars abritent ainsi toute une gamme de personnages plus ou moins sympathiques, d’anti-héros, d’humains assez réalistes, rarement idéalisés. On est avec les polars dans la vraie vie, paradoxalement, et dans des choses assez pragmatiques. Et le coeur même des intrigues, le Meurtre (sous toutes ses formes) oblige les auteurs à donner au Mal une place dans leur récit, ce qui confronte chacun des protagonistes, quel qu’il soit, et le lecteur, à la frontière philosophique et intime entre le bien et le mal.
    Les polars sont aussi, mécaniquement, et du fait de la présence du Meurtre, le lieu de la relativisation systématique : en face du crime, du meurtre, de la violence, de la perversion, que sont nos petits soucis du quotidien, nos tracas ordinaires ? Une relativisation qui implique souvent humour, ironie, remise en perspective. Le sens de la Justice comme véhicule, exemplaire ou contre-exemplaire du juste sens de l’action, n’est-ce pas aussi ce qui fait le charme des polars, romans par excellence qui sont sérieux sans se prendre au sérieux ?

  • Les nuits blanches

    Les nuits blanches

    C’est ma fille aînée qui m’a conseillé ce petit livre de Fiodor Dostoïevski : « Les nuits blanches ». Elle a drôlement bien fait (merci) : c’est un petit roman, ou une grosse nouvelle, très agréable à lire, étonnante et émouvante. Sans trop dévoiler l’intrigue, il s’agit de l’histoire d’une rencontre, sentimentale, affective et spirituelle, entre deux êtres faits l’un pour l’autre, peut-être, mais dont les circonstances de rencontre rendent l’histoire difficile sinon impossible.
    Elle est étonnante, car elle tranche avec ce que j’avais lu auparavant de Dostoïevski (principalement « Les Frères Karamazov » et « L’idiot ») : fraiche, drôle à certains moments, pleines d’envolées lyriques, toujours parfaitement nuancées par des touches d’ironie des personnages. Elle m’a beaucoup ému, par son caractère proche d’un conte (l’histoire de la robe cousue à celle de la grand-mère est incroyable). La force et la fragilité du sentiment et de l’expérience amoureuse y sont remarquablement bien décrites, par le biais de personnage très justes, universels, et dont le parcours dans le roman illustre merveilleusement le tragique de la condition humaine, et l’irrémédiable tension entre notre monde spirituel, son foisonnement multifacettes, et l’extrême exigence de brièveté et de présence au temps présent, à l’instant. L’idéal imaginé, et la réalité concrète mis en tension. Le paradoxe de l’élan sentimental et amoureux, absolu, obligé de composer avec le contexte imparfait dans lequel il doit se déployer.
    Magistrale nouvelle. Ça m’a donné envie de relire d’autres romans de ce génie.