Catégorie : 💬 Citations

  • Citation #186

    La propension à l'espoir et à la joie, c'est richesse réelle; la propension à la crainte et au chagrin, c'est pauvreté véritable.

    David Hume (1711 – 1776)
    philosophe, économiste et historien écossais

  • Citation #185

    Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible.

    Antoine de Saint-Exupéry (1900 – 1944)
    écrivain, poète, aviateur et reporter français.

    Voilà une citation intéressante sur ce qu’est l’avenir, objet qui – à l’évidence – n’existe pas. C’est drôle de parler de choses qui n’existent pas, du moins pas encore, ou pas tout à fait encore…
    La citation fait penser à la définition de ce qu’est la démarche projet (« Structurer méthodiquement et progressivement une réalité à venir »). On y trouve presque toutes les idées de la phrase de Saint-Exupéry, même cette idée poétique de « rendre possible », « permettre », comme s’il fallait autoriser, faire de la place à ce qui arrive. En effet, faire de la place à ce qui n’existe pas encore, n’est-ce pas le sens du mot progressivement de la définition ? En rebond, cela renvoie à l’idée de l’innovation (innover : « Introduire du neuf dans quelque chose qui a un caractère bien établi. »). Il faut bien aménager et faire de la place pour cela. Permettre la remise en ordre, rendre possible, permettre.

  • Confabulation

    Confabulation

    J’ai appris ce mot en lisant l’excellent livre de Thibaut Giraud (alias Monsieur Phi) sur les LLM (Large Language Models). Le livre « La parole aux machines » est remarquable et fera l’objet bientôt d’une recension détaillée ici.
    En décrivant la manière dont les premières versions des LLM hallucinaient (ça arrive encore mais nettement moins), il précise :
    Le terme n’est peut-être pas le mieux choisi pour désigner ce phénomène parce que celui-ci n’a qu’un rapport assez vague avec des hallucinations au sens psychologique : on ne prétend pas que ChatGPT perçoit faussement l’existence d’oeufs de vache. Il serait plus juste de parler de faubulation pour ce type de discours, c’est-à-dire la présentation d’éléments fictifs comme factuels. On pourrait aussi rapprocher ce phénomène de la confabulation qui consiste, pour l’être humain, dans le fait d’ajouter involontairement des éléments imaginaires afin de compenser des lacunes dans ce que la mémoire nous présente. Presque tous nos souvenirs sont le mélange d’éléments réels et confabulés que nous avons le plus grand mal à distinguer (…).
    Cela résonne avec certaines de mes réflexions sur les récits et les faits, et comme j’aime les mots je suis allé chercher la définition de ces deux mots.
    Fabulation :
    A.− Organisation des faits constituant le fond d’une œuvre littéraire.
    B.− Récit imaginaire.

    Et le deuxième, qui semble être un anglicisme, ou peut-être simplement plus rare ou récent (absent du TLFI), décrit, dans un registre plutôt pathologique, un « trouble de la mémoire qui consiste à produire des souvenirs fabriqués, déformés ou mal interprétés sur soi-même ou sur le monde ». Le terme est donc particulièrement bien choisi pour décrire ces fameuses « hallucinations » des LLM.
    En conclusion, il faut aussi mentionner le troisième larron de la bande, basé sur la racine « fable » (emprunté au latin « fabula », désignant des « propos, paroles ») : affabulation, dont je ne connaissais pas du tout le sens précis (uniquement le dernier sens, par extension, qui est déjà loin du sens initial).
    Affabulation subst. fem :
    A.− Rare, vx. Morale énoncée au début ou plus généralement à la fin d’une fable, d’un apologue.
    – P. ext. Moralité tirée d’un événement symbolique.
    B.− RHÉT. Organisation méthodique d’un sujet en « fable », c’est-à-dire en intrigue d’une pièce de théâtre, en trame d’un récit imaginaire.
    − Au plur. Œuvres d’imagination organisées en « fable ».
    − P. ext. Succession des épisodes d’un rêve.

    Je suis content d’avoir un mot pour décrire ce phénomène que j’ai expérimenté souvent : la confabulation.

  • Citation #184

    La rationalité est la vertu fondamentale de l'homme, la source de toutes ses autres vertus. Le vice fondamental de l'homme, la source de tous ses maux, est l'acte de ne pas concentrer son esprit, de "suspendre" sa conscience, c'est-à -dire non d'être aveugle, mais de refuser de voir ; non d'être ignorant, mais de refuser de savoir. L'irrationalité est le rejet du moyen de survie de l'homme, et, par conséquent, un engagement dans la voie de l'autodestruction. Ce qui est contre l'esprit est contre la vie.

    Ayn Rand (1905 – 1982)
    Ecrivain et philosophe américaine (d'origine russe)

  • Citation #183

    Il n'y a d'amour généreux que celui qui se sait en même temps passager et singulier.

    Albert Camus (1913-1960)
    philosophe, écrivain, journaliste militant, romancier, dramaturge, essayiste et nouvelliste français

  • Citation #182

    Toutes les données disponibles invitent à conclure que dans la vie des individus et des sociétés, l'hérédité n'a pas moins d'importance que la culture. Chaque être est biologiquement unique et différent de tous les autres. Par conséquent la liberté est un grand bien, la tolérance une grande vertu et l'embrigadement un grand malheur. Pour des raisons pratiques et théoriques, les dictateurs, les organisateurs et certains savants sont fort désireux de réduire l'exaspérante diversité de la nature humaine à un genre d'uniformité plus maniable.

    Aldous Huxley (1894-1963)
    écrivain, romancier et philosophe britannique,