Catégorie : 💬 Citations

  • Citation #191

    Voici la morale parfaite : vivre chaque jour comme si c’était le dernier ; Ne pas s’agiter, ne pas sommeiller, ne pas faire semblant.

    Marc Aurèle (121 – 180)
    Empereur et philosophe

  • Citation #190

    Les Droits individuels ne peuvent être soumis à un vote public : une majorité n’a pas le Droit de voter pour supprimer les Droits d’une minorité. Le rôle des Droits est de protéger les minorités contre l’oppression des majorités (la plus petite minorité est l’individu).

    Ayn Rand (1905 – 1982)
    écrivain et philosophe américaine

  • Citation #189

    L’envie était autrefois considérée comme l’un des sept péchés capitaux avant de devenir l’une des vertus les plus admirées sous son nouveau nom de « justice sociale ».

    Thomas Sowell (1930)
    Economiste et sociologue américain

  • Citation #188

    Il faut avoir femmes, enfants, biens, et surtout de la santé, si l'on peut; mais non pas s'y attacher en manière que notre bonheur en dépende. Il faut se réserver une arrière-boutique toute nôtre, toute franche, en laquelle nous établissions notre vraie liberté et principale retraite et solitude.

    Michel Eyquem de Montaigne (1533 – 1593)
    philosophe, humaniste, écrivain érudit et moraliste français de la Renaissance.

  • Citation #187

    Dire que certaines personnes ont simplement des niveaux de performance plus Ă©levĂ©s que d’autres, pour quelque raison que ce soit, est une menace pour la vision dominante d’aujourd’hui, car cela place implicitement la responsabilitĂ© sur le groupe en retard de performer ; et, ce qui est peut-ĂŞtre plus important, prive l’intelligentsia de son rĂ´le de lutter du cĂ´tĂ© des anges contre les forces du mal. Le concept mĂŞme de rĂ©ussite s’estompe ou est banni dans certaines formulations verbales de l’intelligentsia, oĂą ceux qui s’avèrent avoir plus rĂ©ussis ex post sont dits « privilĂ©giĂ©s » ex ante.

    Thomas Sowell (1930)
    Economiste et sociologue américain

  • PĂŞcheur de perle

    PĂŞcheur de perle

    Je suis en train de terminer le formidable livre d’Alain Finkielkraut, « PĂŞcheur de perles ». Il est formidable pour les raisons habituelles avec cet auteur : Ă©criture ciselĂ©e, prĂ©cise et forte, richesse du vocabulaire, humilitĂ© d’un vrai penseur, tout cela donne toujours avec « Finkie » des ouvrages agrĂ©ables Ă  lire, Ă©difiants, touchants. Mais il est formidable pour deux autres raisons que j’aimerais souligner pour vous donner envie de le lire.

    PĂŞcheur de perles

    Le prologue du livre le dit bien, il s’agit d’un livre de passionnĂ© de citations (je le suis Ă©galement, ma collection est Ă  votre disposition). Ce prologue, Ă  la relecture, mĂ©rite d’ĂŞtre partagĂ© ici, tant il donne Ă  voir le style de Finkielkraut, et le projet de ce livre.
    Walter Benjamin collectionnait amoureusement les citations. Dans la magnifique Ă©tude qu’elle lui a consacrĂ©e, Hannah Arendt compare ce penseur inclassable Ă  un pĂŞcheur de perles qui va au fond des mers « pour en arracher le riche et l’Ă©trange ».
    SubjuguĂ© par cette image, je me suis plongĂ© dans les carnets de citations que j’accumule pieusement depuis plusieurs dĂ©cennies. J’ai tirĂ© de ce vagabondage les phrases qui me font signe, qui m’ouvrent la voie, qui dĂ©sentravent mon intelligence de la vie et du monde. Et plutĂ´t que de les mettre au service d’une thèse ou d’une dĂ©monstration, je me suis laissĂ© guider par elles, sans idĂ©e prĂ©conçue. Ces phrases n’Ă©taient pas pour moi des ornements, mais des offrandes. Elles ne dĂ©coraient pas la pensĂ©e, elles la dĂ©clenchaient ; elles ne l’illustraient pas, elles la tiraient du sommeil.
    Avant le grand saut dans l’Ă©ternel nulle part, j’ai ainsi dressĂ©, sans chercher Ă  ĂŞtre exhaustif ni Ă  faire système, le bilan contrastĂ© de mon sĂ©jour sur la Terre.

    Chaque court chapitre s’ouvre donc sur une citation, qui sert de point de dĂ©part Ă  une rĂ©flexion de l’auteur, libre, riche, pleine de reflets surprenants, avec en fond la parole d’un homme qui n’assène jamais de certitudes, mais cherche la vĂ©ritĂ©, et partage ce qu’il a trouvĂ© sans prĂ©tendre avoir fait le tour : ni plus, ni moins. Cette logique de citations, agrĂ©mentĂ©es de rĂ©flexions qui les Ă©clairent et les font vivre, m’a fait penser aux lectures Talmudiques de Levinas.

    Densité

    Le livre est formidable Ă©galement par sa densitĂ©. Les textes, pour ĂŞtre courts, sont, Ă  l’Ă©vidence mais sans que cela soit visible, travaillĂ©s, ciselĂ©s, relus, raccourcis, peaufinĂ©s : la pensĂ©e exprimĂ©e utilise toute la puissance de notre belle langue, s’appuie sur de nombreux auteurs, et l’on mesure, Ă  la lecture, la profondeur de la culture de Finkielkraut. Cet homme est un intellectuel hors-pair, et un travailleur infatigable. Il nous Ă©claire sur notre Ă©poque, mais aussi sur notre condition humaine.
    Ce livre est entré dans mon petit Panthéon personnel des meilleurs livres. Je sais que je le relirai, autant pour la forme que pour le fond.
    C’est une grande leçon d’humilitĂ© pour moi : je publie chaque mois au travail une newsletter, intitulĂ©e « Fantaisies », qui s’ouvre systĂ©matiquement par la « citation du mois », que je commente en un ou deux paragraphes. Je mesure, Ă  la lecture du « PĂŞcheur de perles », l’abime qui sĂ©pare mon bricolage d’un vĂ©ritable travail d’Ă©criture. Rien que pour cela, la lecture de ce livre Ă©tait indispensable.