CatĂ©gorie : 💬 Citations

  • Echanges d’efforts, services et Ă©conomie

    Besoin, effort, satisfaction: voilà  l’homme, au point de vue Ă©conomique.
    Nous avons vu que les deux termes extrĂȘmes Ă©taient essentiellement intransmissibles, car ils s’accomplissent dans la sensation, ils sont la sensation mĂȘme, qui est tout ce qu’il y a de plus personnel au monde, aussi bien celle qui prĂ©cĂšde l’effort et le dĂ©termine, que celle qui le suit et en est la rĂ©compense.
    C’est donc l’Effort qui s’Ă©change, et cela ne peut ĂȘtre autrement, puisque Ă©change implique activitĂ©, et que l’Effort seul manifeste notre principe actif. Nous ne pouvons souffrir ou jouir les uns pour les autres, encore que nous soyons sensibles aux peines et aux plaisirs d’autrui. Mais nous pouvons nous entr’aider, travailler les uns pour les autres, nous rendre des services rĂ©ciproques, mettre nos facultĂ©s, ou ce qui en provient, au service d’autrui, à  charge de revanche. C’est la sociĂ©tĂ©. Les causes, les effets, les lois de ces Ă©changes constituent l’Ă©conomie politique et sociale.
    Frédéric Bastiat

  • Citation #20

    Des dizaines d’annĂ©es avant l’apparition des premiers partis communistes et mĂȘme des premiers thĂ©oriciens socialistes, ce sont les libĂ©raux du XIXe siĂšcle qui ont posĂ©e, avant tout le monde, ce que l’on appelait alors la ”question sociale » et qui y ont rĂ©pondu en Ă©laborant plusieurs des lois fondatrices du droit social moderne. C’est le libĂ©ral François Guizot, ministre du roi Louis-Philippe qui, en 1841, fit voter la premiĂšre loi destinĂ©e à  limiter le travail des enfants dans les usines. C’est FrĂ©dĂ©ric Bastiat, cet Ă©conomiste de gĂ©nie que l’on qualifierait aujourd’hui d’ultralibĂ©ral forcenĂ© ou effrĂ©nĂ©, c’est lui qui, en 1849, dĂ©putĂ© à  l’AssemblĂ©e lĂ©gislative intervint, le premier dans notre histoire, pour Ă©noncer et demander que l’on reconnaisse le principe du droit de grĂšve. C’est le libĂ©ral Émile Ollivier qui, en 1864, convainquit l’empereur NapolĂ©on III d’abolir le dĂ©lit de coalition, ouvrant ainsi la voir au syndicalisme futur. C’est le libĂ©ral Pierre Waldeck-Rousseau qui, en 1884 (
) fit voter la loi attribuant aux syndicats la personnalitĂ© civile.
    Jean-François Revel La Grande parade, p. 48-49
  • Citation #19

    Le mensonge idĂ©ologique consiste (dans les pays developpĂ©s) a poursuivre les vieilles diatribes contre le capitalisme, tout en sachant
 que l’on n’a rien pour le remplacer.

    Jean-François Revel (1924-2006) philosophe, écrivain et journaliste français.

  • Citation #18

    Il n’y a qu’une seule et mĂȘme raison pour tous les hommes ; ils ne deviennent Ă©trangers et impĂ©nĂ©trables les uns aux autres que lorsqu’ils s’en Ă©cartent. Simone Weil

  • Citation #17

    L’erreur est humaine. PersĂ©vĂ©rer est diabolique.
    Proverbe Latin

  • La Loi, la dĂ©mocratie et ses limites…

    Le malaise des sociĂ©tĂ©s dĂ©mocratiques vient de ce que les mots ont perdu leur sens. A l’origine, en dĂ©mocratie, les pouvoirs de l’État, contrairement à  ce qui se passe en monarchie, Ă©taient limitĂ©s par la Constitution et par la coutume. Mais nous avons glissĂ© progressivement dans la dĂ©mocratie illimitĂ©e : un gouvernement peut dĂ©sormais tout faire sous prĂ©texte qu’il est majoritaire. La majoritĂ© a remplacĂ© la Loi. La Loi elle-mĂȘme a perdu son sens: principe universel au dĂ©part, elle n’est plus aujourd’hui qu’une rĂšgle changeante destinĂ©e à  servir des intĂ©rĂȘts particuliers.
    La dĂ©mocratie s’est pervertie parce que nous avons confondu idĂ©al dĂ©mocratique et tyrannie de la majoritĂ©. Parce que nous croyons dans les idĂ©aux de base de la dĂ©mocratie: le suffrage universel et la suprĂ©matie du droit, nous nous sentons obligĂ©s de dĂ©fendre des institutions particuliĂšres qui passent, à  tort, pour leur seule traduction concrĂšte.
    Seul le systĂšme capitaliste permet la dĂ©mocratie. Lorsque le rĂ©gime est dominĂ© par une doctrine collectiviste, la dĂ©mocratie finit inĂ©vitablement par se dĂ©truire elle-mĂȘme. Le planisme mĂšne à  la dictature parce que la dictature est l’instrument le plus efficace de coercition et de rĂ©alisation forcĂ©e d’un idĂ©al et qu’à  ce titre elle est indispensable à  une sociĂ©tĂ© planifiĂ©e. Le conflit entre planisme et dĂ©mocratie surgit simplement du fait que cette derniĂšre est un obstacle à  la suppression de la libertĂ© requise par la direction de l’activitĂ© Ă©conomique. Mais dans la mesure oĂč la dĂ©mocratie cesse d’ĂȘtre une garantie de la libertĂ© individuelle, il se peut qu’elle persiste sous une forme quelconque sous un rĂ©gime totalitaire. Une vĂ©ritable « dictature du prolĂ©tariat », mĂȘme dĂ©mocratique de forme, au jour oĂč elle entreprendrait la direction centralisĂ©e de l’Ă©conomie, dĂ©truirait probablement la libertĂ© individuelle aussi complĂštement que le ferait n’importe quelle autocratie.
    La rĂšgle de loi limite la compĂ©tence de la lĂ©gislation: elle la rĂ©duit, d’une part, aux rĂšgles gĂ©nĂ©rales des lois formelles, et s’oppose, d’autre part, à  toute lĂ©gislation orientĂ©e d’aprĂšs les intĂ©rĂȘts d’une certaine catĂ©gorie de gens. La rĂšgle de loi implique la condition de n’employer le pouvoir coercitif de l’État que dans des circonstances dĂ©finies d’avance par la loi; et exactement de la façon prĂ©vue. Tout amendement particulier enfreint la rĂšgle de loi. Quiconque conteste ce fait admet la lĂ©gitimitĂ© des pouvoirs que les dictateurs ont obtenus par des moyens constitutionnels en Allemagne, Italie et en Russie.Friedrich VON HAYEK