CatĂ©gorie : 🧠 RĂ©flexions

  • Etes-vous matĂ©rialistes ? (la cause de l’esprit)

    Etes vous matérialistes ?
    Laissons de cĂŽtĂ© la dĂ©finition courante qui sert à  dĂ©crire les gens « s’attachant avec jouissance aux biens, aux valeurs et aux plaisirs matĂ©riels ; cela n’a pas grand interĂȘt

    La définition du matérialisme est la suivante (issue de Lexilogos) :

    MatĂ©rialisme : Doctrine qui, rejetant l’existence d’un principe spirituel, ramĂšne toute rĂ©alitĂ© à  la matiĂšre et à  ses modifications.

    Nous voilà  bien avancĂ©s, n’est-ce pas ? En fait, oui ! Il faut dĂ©finir ce qu’est un « principe spirituel », et la « matiĂšre ».
    Commençons par la « matiÚre » :

    MatiĂšre : substance dont sont faits les corps perçus par les sens, et dont les caractĂ©ristiques fondamentales sont l’Ă©tendue et la masse.

    Admettons que les physiciens soient les mieux placĂ©s pour la dĂ©finir : la matiĂšre est constituĂ©e d’atomes (on peut raffiner, mais l’essentiel est là ).
    DĂ©finissons maintenant, et c’est plus difficile, « principe spirituel ». Un principe, c’est l’idĂ©e de dĂ©but, et/ou de cause. Ici, c’est l’idĂ©e de cause qui nous intĂ©resse. Spirituel, ensuite :

    Spirituel : de l’ordre de l’esprit, de l’Ăąme, qui concerne sa vie, ses manifestations, qui est du domaine des valeurs morales ou intellectuelles.

    Un principe spirituel, c’est donc en gros (dites moi si je me trompe
) : la cause de la pensĂ©e, de l’esprit.
    La pensĂ©e a t’elle une cause autre que matĂ©rielle ?
    En ce qui concerne le siĂšge de la pensĂ©e, je pense que tout le monde est d’accord : les neurones sont le siĂšge biologique de la pensĂ©e, et ils sont eux-mĂȘmes constituĂ©s de cellules, elles-mĂȘmes constituĂ©es d’atomes.
    Mais, avoir identifiĂ© le siĂšge matĂ©riel de la pensĂ©e, de la spiritualitĂ©, ne nous dit pas grand-chose sur sa cause. C’est là  le point de sĂ©paration entre les croyants et les non-croyants. Trois options sont possibles à  partir de là  :

    • vous croyez que la cause de la pensĂ©e, de la vie spirituelle est ailleurs que dans cet enchevĂȘtrement de neurones, et vous croyez donc en un principe spirituel (Dieu?)
    • vous croyez que la cause de la pensĂ©e, ce sont les mouvements des atomes dans les neurones, et vous ĂȘtes matĂ©rialiste
    • vous croyez que la pensĂ©e est bien le rĂ©sultat de l’activitĂ© neurale, mais que la « cause » elle-mĂȘme de la pensĂ©e restera un mystĂšre, vous ĂȘtes ce qu’on pourrait appeler un agnostique

    Pour ma part, la raison me pousse à  considérer la troisiÚme solution comme la plus sage, mais ma conviction est plus proche de la deuxiÚme.
    Et vous ?

  • Quelques citations en Ă©quilibre

    Tout est question d’équilibre dans notre vie et dans notre action, en tout cas pour ceux qui veulent vivre en vĂ©ritĂ©. L’organisme mĂȘme est un Ă©quilibre complexe, interne et avec son milieu. La recherche de l’équilibre est une donnĂ©e physiologique, et donc psychologique. Tendre vers l’équilibre est une caractĂ©ristique humaine :

    La tendance la plus profonde de toute activitĂ© humaine est la marche vers l’Ă©quilibre.

    Jean Piaget (1896 – 1980) biologiste, psychologue, logicien et Ă©pistĂ©mologue suisse

    Il faut toujours se garder des extrĂȘmes, qu’ils soient en pensĂ©e ou en comportement. C’est ce qu’on appelle la tempĂ©rance :

    Tout ce qui est excessif est insignifiant.

    Charles-Maurice de Talleyrand-PĂ©rigord (1754 – 1838) Homme d’Etat et diplomate français

    Il convient donc toujours de chercher à  Ă©quilibrer les contraires, et les contraintes. Ce qui revient souvent à  identifier les extrĂȘmes, et à  chercher entre les deux la voie d’action Ă©quilibrĂ©e. C’est ĂȘtre pragmatique, plutĂŽt que dogmatique.
    Equilibrer le temps consacrĂ© aux choses, Ă©quilibrer les pensĂ©es contradictoires qui nous peuvent nous assaillir, Ă©quilibrer les sentiments qui peuvent ĂȘtre complexes.
    On passe notre temps à  équilibrer les choses, plus ou moins bien, plus ou moins souvent, selon notre caractÚre.
    Au final, c’est une chose qui est paradoxale : si on veut ĂȘtre Ă©quilibrĂ© en tout, il faut aussi l’ĂȘtre en ce qui concerne l’équilibre. Ne pas ĂȘtre trop Ă©quilibrĂ©, c’est-à -dire savoir toujours se mettre en dĂ©sĂ©quilibre, en mouvement. Le paradoxe n’est qu’apparent : il faut Ă©quilibrer le temps consacrĂ© au jugement, à  la rĂ©flexion et celui consacrĂ© à  l’action. Ces deux là  semblent d’accord là -dessus :

    La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’Ă©quilibre.

    Albert Einstein (1879 – 1955) physicien thĂ©oricien allemand, puis helvĂ©tico-amĂ©ricain

    et

    Équilibre est synonyme d’activitĂ©.

    Jean Piaget (1896 – 1980) biologiste, psychologue, logicien et Ă©pistĂ©mologue suisse

    Dans les faits, cela revient à  :

    Agir en homme de pensĂ©e et penser en homme d’action.

    Jean Piaget (1859 – 1941) philosophe français

    Source des citations : www.evene.fr et kulture-et-konfiture

  • Le sens de la vie

    Le sens de la vie

    La vie a-t-elle un sens ? C’est une question que tout le monde s’est posĂ©e au moins une fois.
    Pour qui ne croit pas en une vie aprĂšs la mort, le seul sens objectif de la vie, c’est d’aller de la vie Ă   la mort. La vie n’a pas de sens en dehors de cette plage restreinte : elle est absurde. La vie n’a pas de sens absolu. C’est dur Ă   admettre, mais c’est comme ça : quelle que soit la vie que l’on mĂšne, Ă   la fin on crĂšve.
    DĂšs lors, deux attitudes sont possibles :

    • on peut accepter que la vie n’aie pas de sens, ou au contraire ĂȘtre trop attachĂ© au sens pour se contenter de ça. La premiĂšre attitude est certainement trĂšs sage, mais elle difficile Ă   vivre — en tout cas pour moi -. C’est sortir de l’envie d’absolu par la nĂ©gation complĂšte du sens, et donc de cette envie. Et je n’aime pas trop nier mes envies

    • La seconde attitude mĂ©rite qu’on s’y attarde : si la vie n’a pas de sens absolu, et que j’ai envie qu’elle en ait un quand mĂȘme, comment je fais ? Il reste le sens relatif. Relatif Ă   quoi ? mais, Ă   ce qu’on veut, bien sĂ»r ! Ă   ce qui fait sens pour nous. C’est Ă   nous de donner du sens Ă   notre vie, puisque le monde ne le fait pas. Chacun est libre de donner le sens — relatif – qu’il veut Ă   sa vie.

    Pour ma part, j’ai identifiĂ© trois « sens » Ă   ma vie. Au sens biologique, le sens de la vie est de vivre et de se perpĂ©tuer. Faire des enfants fait partie du sens de la vie.
    Au sens « expĂ©rience vĂ©cue », ce qui donne du sens c’est ce qui rend heureux et fait aller d’un point Ă   un autre dans un mĂȘme temps : faire des projets avec les autres donne du sens Ă   la vie. Les imaginer, les rĂ©aliser, en jouir, et en refaire. Avec les autres. Parce que la vie n’a pas de sens, parce qu’on est toujours tout seul au final, c’est justement un effort de la volontĂ© que de ne pas accepter le silence du monde et la solitude. On se construit par les autres et par l’action. C’est l’effort pour donner du sens Ă   sa vie.

  • Justice sociale et Ă©galitĂ©

    Justice sociale et égalité

    Constat

    Le monde est injuste. Il suffit de regarder autour de soi pour constater des injustices monstrueuses. Quelle justice dans le monde quand on peut naĂźtre malformĂ© ? Ou malade ? Ou dans une famille qui ne nous donnera pas d’amour ? Ou dans un pays dĂ©vastĂ© par la maladie ou la guerre ? Il y a sur la terre des gens qui naissent avec tout et d’autres avec rien. C’est tout le sens qui est contenu lĂ  , et les droits de l’homme. Dire que les hommes naissent libre et Ă©gaux en droit, c’est affirmer que, malgrĂ© toutes les inĂ©galitĂ©s injustes prĂ©sentes au dĂ©part, la sociĂ©tĂ© que l’on veut construire n’en crĂ©era pas de supplĂ©mentaires.
    Cela, c’est le constat que l’on peut faire Ă   12 ans, en ouvrant les yeux. Et ce sentiment d’injustice est une facette trĂšs humaine et trĂšs communĂ©ment partagĂ©e de nos sentiments.

    La justice n’est pas l’Ă©galitĂ©

    La suite, c’est de savoir comment on garantit le mieux possible qu’une sociĂ©tĂ© ne produit pas d’injustices supplĂ©mentaires. Et trouver l’équilibre entre l’égalitĂ© et la justice. C’est un sujet qu’on n’aime pas trop en France : l’égalitĂ© est-elle forcĂ©ment juste ?
    Poser en principe l’égalitĂ© de droit c’est une trĂšs bon moyen d’éviter un certain nombre d’injustices de type « castes ». Mal comprendre ce principe, c’est vouloir une Ă©galitĂ© de fait, et c’est l’esprit du communisme.
    Ce qui est choquant dans les inĂ©galitĂ©s, ce sont celles qui ne sont pas mĂ©ritĂ©es. Celles qui sont lĂ   avant ou dĂšs la naissance, oĂč qui sont créées malgrĂ© nous par l’environnement. Une sociĂ©tĂ© juste se doit de corriger ces inĂ©galitĂ©s lĂ  .

    Il y a des inégalités justes

    Il ne faut pas se tromper de cible et vouloir corriger toute inĂ©galitĂ©. Certains Français sont soupçonneux dĂšs qu’une inĂ©galitĂ© pointe le bout de son nez. MĂȘme si elle est juste. Dire qu’une inĂ©galitĂ© peut ĂȘtre juste, c’est dĂ©jĂ   douteux pour beaucoup. Cela force Ă   poser la question du mĂ©rite, centrale dans les sociĂ©tĂ©s dĂ©mocratiques libĂ©rales telles que la nĂŽtre.
    Les injustices sont Ă   mon avis la principale source de mĂ©contentement dans notre sociĂ©tĂ© ; peut-ĂȘtre mĂȘme que le sentiment d’injustice est une source de violences sociales plus importante que la pauvretĂ© Ă   moyen terme.
    RĂ©flĂ©chir aux rapports entre la justice sociale et l’égalitĂ© est indispensable.
    Comme le disait Aristote :

    La plus grande injustice est de traiter également les choses inégales.

    J’espĂšre que toutes ces questions seront dĂ©battues librement par les candidats Ă   l’élection prĂ©sidentielle ; cela permettrait de sortir un peu de la schizophrĂ©nie ambiante qui consiste Ă   vivre dans une sociĂ©tĂ© qui soupçonne toujours celui ou celle qui rĂ©ussit Ă©conomiquement, tout en vivant sur son dos. Histoire d’ĂȘtre un peu plus justes.

  • Faut-il ĂȘtre optimiste ?

    Faut-il ĂȘtre optimiste ?

    La violence, rĂ©elle ou potentielle, la pauvretĂ©, Ă©conomique ou culturelle, ne permettent que rarement de voir le monde sous un jour positif. Ce constat est une banalitĂ© : le monde est loin d’ĂȘtre parfait. Tout le monde s’accorde lĂ  -dessus. Il convient, pour faire un constat proprement, de lister aussi les choses positives, car il y en a. Beaucoup. Tous les jours des enfants apprennent Ă   lire dans des pays jusque lĂ   presque totalement illettrĂ©s, tous les jours des femmes et des hommes travaillent ensemble – partout dans le monde – pour un monde meilleur. Mais une somme de petites actions positives portant des fruits Ă   long terme est toujours moins visible qu’une grosse action nĂ©gative immĂ©diate. Ce qui compte, c’est la balance
progrĂšs ou pas ?
    Par ailleurs, le constat, ce n’est que le point de dĂ©part de la rĂ©flexion : on vit ici et maintenant. Regarder l’avenir avec bienveillance ou avec inquiĂ©tude, c’est ce qu’on appelle ĂȘtre optimiste ou pessimiste. On s’entend souvent rĂ©pondre, pour peu que l’on affiche un peu d’optimisme et qu’on laisse penser Ă   son interlocuteur qu’il (elle) est trop pessimiste : « je ne suis pas pessimiste, je suis rĂ©aliste ». C’est une confusion — Ă   mon sens – entre le constat (l’Ă©norme tas de problĂšmes), et la suite des Ă©vĂ©nements (la rĂ©duction possible ou non d’une partie de ces problĂšmes). Tous les problĂšmes actuels doivent-ils forcĂ©ment conduire au pire ? Il faut croire que non. Quel choix, d’ailleurs, avons-nous sur ce point ? Comment vivre avec en perspective le pire ? Je ne le veux pas.
    Alain résume bien tout cela, et bien plus, en une seule phrase, dans Propos sur le bonheur :

    Le pessimisme est d’humeur ; l’optimisme est de volontĂ©.

  • Vouloir ĂȘtre libre !

    Vouloir ĂȘtre libre !

    La libertĂ© est un mouvement plus qu’un Ă©tat. Une quantitĂ©, plus qu’une qualitĂ©. On est plus ou moins libre. Ce qui importe donc, c’est de savoir ce qui libĂšre et ce qui enferme. Ce qui ouvre et ce qui gĂšne.
    Si ĂȘtre libre c’est faire ce qu’on veut (ou penser ce qu’on veut), on peut interprĂ©ter la libertĂ© dans les deux sens : il y a un effort pour Ă©carter de ce qui gĂȘne la volontĂ©, et un effort sur la volontĂ© elle-mĂȘme pour apprendre à  dĂ©sirer des choses faisables. Celui qui dĂ©sire l’inaccessible est vouĂ© à  l’aliĂ©nation.

    La libertĂ©, ce n’est pas pouvoir ce que l’on veut, c’est vouloir ce que l’on peut.

    Jean-Paul Sartre (1905 – 1980) Ă©crivain et philosophe français

    Pour vouloir ce que l’on peut, il faut savoir Ă©valuer proprement ce que l’on peut, et à  ne pas vouloir des choses impossibles : la vĂ©ritĂ© libĂšre. Et les convictions enferment.
    Apprendre à  ne pas vouloir des choses impossibles, ça s’appelle exactement la volontĂ©.
    La volontĂ© libĂšre. L’idĂ©alisme enferme.