Archives : Citations

  • Maurizio Ferraris

    Nous n’aurions aucune manière pour distinguer la réalité de l’imagination si, de temps en temps, il ne se passait quelque chose de nouveau, capable de briser la série de nos prévisions. Mais la surprise même ne vaudrait pas grand-chose si elle pouvait être immédiatement stoppée. Or, dans de nombreux cas, on n’y peut rien, elle est là, elle ne passe pas, elle ne change pas. Cette caractéristique est, à proprement parler, l’inamendabilité. Elle se présente comme un trait fondamental de la réalité, en constitue un caractère persistant et non aléatoire.

  • Maurizio Ferraris

    Je propose de définir ce caractère fondamental du réel « inamendabilité » : ce qu’on trouve devant soi ne peut être ni corrigé ni transformé par un appel aux schémas conceptuels, au contraire de l’hypothèse constructionniste. Ce n’est pas seulement une limite, c’est aussi une ressource. (…) L’inamendabilité se manifeste essentiellement comme phénomène de résistance et de contraste.

  • René Descartes

    C’est une règle de prudence de ne jamais faire entièrement confiance à ceux qui nous ont trompés ne serait-ce qu’une seule fois.

  • Maurizio Ferraris

    On a recommencé à considérer l’esthétique comme une philosophie de la perception et non comme une philosophie de l’illusion.

  • Maurizio Ferraris

    Dans chaque forme de savoir se cache un pouvoir vécu comme négatif, de sorte que le savoir, au lieu d’être relié à l’émancipation, se présente comme un instrument d’asservissement. Cet esprit anti-Lumières est l’âme ténébreuse de la modernité, le refus de l’idée de de progrès, la méfiance envers la connexion entre savoir et émancipation (…). Cette émancipation exige encore aujourd’hui de choisir son camp, d’avoir confiance dans l’humanité. Elle n’est pas une race déchue en besoin de rédemption, elle est une espèce animale qui évolue et qui, dans son progrès, s’est dotée de raison.

  • Maurizio Ferraris

    le réalisme est la prémisse de la critique, tandis que l’acquiescement est inhérent à l’irréalisme, la fable qu’on raconte aux enfants pour qu’ils s’endorment. (…) Au contraire, il reste des possibilités au réaliste : la possibilité de critiquer (à condition qu’il le veuille) et de transformer (s’il le peut), pour la banale raison que le diagnostic est la prémisse de la thérapie.