dans Reflexions

La sagesse du monde


Le sous-titre du livre dit assez précisément le projet : « histoire de l’expérience humaine de l’univers ». Rémi Brague, qui décidément est un excellent auteur, tente de montrer comment notre vision du monde a évoluée au cours des âges, en s’appuyant sur des textes nombreux et provenant de plusieurs cultures différentes. On y croise des morceaux de la Bible, des textes grecs, des morceaux issus d’auteurs du judaïsme ou du monde islamique. Ils sont suivis par des textes médiévaux, puis modernes.
Je n’essayerai évidemment pas de résumer ce livre très dense, difficile parfois (surtout la fin qui m’a paru absconse, avec ses morceaux d’Heidegger). Je vais essayer, comme toujours, d’en donner un aperçu avec quelques idées qui me sont restées.

  • La première, c’est que les Anciens avaient une vision à la fois du monde et de la connaissance de celui-ci extraordinairement différente de la nôtre. C’est tout le travail de la première moitié du livre de Rémi Brague que d’essayer de nous plonger dans cette(ces) vision(s) très différente(s). Et pour avoir une « vision » du monde, il faut que ce concept existe. Il y a apparition progressive de cette idée de « monde », comme idée de totalité. Il est difficile et fascinant à la fois d’imaginer que des hommes ont vécus sans concept de « monde ». Son apparition, chez les grecs probablement, est associé au mot « cosmos » (qui signifie ordre). Le « monde » apparaît d’abord dans des cultures où l’ensemble de ce qui est existe est vécu comme « ordonné », et « bon ».
  • Rémi Brague distingue pour plus de clarté les termes cosmographie (description de ce qui est), cosmogonie (récit de l’apparition des choses), et la cosmologie. La cosmologie, qui est d’habitude un mixte de cosmographie et de cosmogonie, est utilisée par Brague dans un sens réflexif :

    J’entends par là, comme l’implique d’ailleurs le mot de logos, non un simple discours, mais une façon de rendre raison du monde dans laquelle doit s’exprimer une réflexion sur la nature du monde comme monde. […] Ainsi, un élément réflexif est nécessairement présent dans toute cosmologie, alors que son absence n’a rien de gênant dans une cosmographie ou dans une cosmogonie, où il serait même déplacé. Une cosmologie doit rendre compte de sa possibilité, et, déjà, de la première condition de son existence, à savoir la présence dans le monde d’un sujet capable d’en faire l’expérience comme tel – l’homme. Une cosmologie doit donc nécessairement impliquer quelque chose comme une anthropologie. [cette anthropologie] englobe aussi une réflexion sur la façon dont l’homme peut réaliser en plénitude ce qu’il est – une éthique, donc.

    Ce qui permet de comprendre le titre du livre : quelle sagesse pouvons-nous trouver dans le monde ?

  • le chemin que nous fait suivre Brague, si je le résume à l’extrême est la suivant : d’un monde perçu comme modèle par les grecs, nous sommes passés, depuis les révolutions coperniciennes et suivantes, dans un monde perçu comme n’ayant aucun lien avec l’éthique. Le monde, notre monde, notre univers, notre cosmos, ne constitue plus pour les hommes un modèle à suivre. Il est a-moral. Nous n’avons à proprement parler plus de cosmologie. Le monde ne peut plus nous aider à devenir des hommes. Orphelins, et autonomes.

J’ai trouvé passionnant ce livre. Il est très riche. Une dernière petite pensée, qui m’est venue à la lecture du livre. Il y est exprimé (je n’ai pas retrouvé la page) que le monde, compris comme non plus ordonné mais chaotique, ne porte plus la notion du « beau »/ »bien »/ »juste ». C’est possible ; mais il me semble que la compréhension des lois de la nature (travail sans fin) permet de retrouver ce sentiment – naïf ? – qu’éprouvait les anciens en pensant le monde comme « parfait ». Comprendre les lois à l’oeuvre dans la nature, et toujours mieux les connaitre, est une source d’émerveillement par le savoir qu’il me semble utile de continuer à pratiquer.

Ce qui est incompréhensible, c’est que le monde soit compréhensible. [Albert Einstein]

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  1. Bonjour,
    Ce mot Cosmogonie indique qu’il s’agit de la première Science faite par la Femme, puisque gonie (ou gunia) signifie Femme. C’est le Cosmos expliqué par la Déesse.
    Nul doute que la Cosmogonie fut entièrement faite pendant le régime gynécocratique, elle avait un caractère féminin indéniable et les noms des déesses qui firent cette Science, tels Uranie, Istar ou Astarté, etc., sont restés des dénominations astronomiques.
    Du reste, toute la tradition antique nous montre les Muses expliquant les lois de l’Univers. C’est la première révélation faite aux hommes.
    On sait aujourd’hui qu’une Science grandiose a régné dans les temps primitifs, puis a été persécutée et détruite dans les époques suivantes. Ce seul fait prouve qu’elle fut faite par des Femmes. Pourquoi les hommes l’auraient-ils supprimée, si elle avait été faite par eux ? Et pourquoi, par la suite, l’ont-ils remplacée par tant d’erreurs, au lieu de la refaire dans sa splendeur première ?
    Dans tous les Livres sacrés, on expliquait la Cosmogonie, l’origine de la vie, l’histoire de l’évolution des animaux et celle de l’homme, et finalement on formulait la loi morale.
    Dans ces primitives Cosmogonies, on expliquait le mécanisme de l’Univers par l’action d’une force émanant des astres incandescents. Cette force n’est autre que le dynamisme inhérent à la radiation des astres, surtout du soleil, dont l’action est la plus puissante sur la terre, puisque c’est l’astre le plus rapproché de nous.
    Cette force reçoit dans toutes les langues un nom qui est presque toujours une onomatopée, c’est-à-dire un mot qui représente imitativement une force.
    Chez les Hindous, c’est « Brahm ».
    Chez les Egyptiens, c’est « Ptah ».
    Cette radiation solaire n’est pas seulement une force, c’est un principe chimique. La radiation est un courant d’atomes d’oxygène, qui génère la lumière blanche qui nous éclaire.
    Mais cette force radiante ne vient pas seulement du soleil ; elle vient aussi des étoiles, qui sont multiples et rayonnent dans l’espace sept autres principes chimiques qui génèrent les sept couleurs du prisme. Telle est l’origine du septénaire.
    Le principe radiant, considéré comme force cosmique, a été appelé :
    – Chez les Phéniciens : Ilus ; El ; Elion.
    – Chez les Kaldéens : Ilaï ; Ilah.
    – Chez les Assyriens : El ; Ilu.
    – En Arabie : Il ; All ; Allah.
    Enfin chez les Hébreux : Elohim, mot qui est le pluriel de Eloha. Le premier verset du Sépher (La Genèse), si mal traduit, dit :
    « Berechith bara Elohim eth ha chamaïm veeth ha aretz ».
    Traduction : « En principe les Elohim ordonnent ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre ».
    Si ce mot est mis au pluriel, c’est parce qu’on savait qu’il n’existe pas une force cosmique, mais qu’il y en a plusieurs.
    Et, d’abord, on expliquait ce qu’est une force cosmique en montrant que c’est le principe actif qui entretient la combustion des astres incandescents, lequel est transporté dans l’espace par les radiations astrales. On le représentait par un point dans un cercle : ʘ

    LES ATOMES DANS LA COSMOGONIE PHÉNICIENNE ET KALDÉENNE PAR LA DÉESSE DERCÉTO APPELÉE ISTAR OU ASTARTHÉ
    La théorie des atomes, transmise par Lucrèce, Leucippe et Epicure, a été prise par eux chez les Phéniciens qui l’avaient reçue de la Déesse Astarthé, appelée Istar en Chaldée. La femme réelle qui avait reçu ces surnoms était Dercéto.
    Voici le résumé de la théorie :
    La suite est sur mon blog, dans le lien que je me permets de vous transmettre ci-dessous au cas où vous désireriez y consacrer quelques secondes supplémentaires de votre temps précieux.
    Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/la-force.html
    Cordialement.