La quête inachevée

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Ce petit livre extraordinaire n’est rien de moins que l’autobiographie philosophique de Karl Popper. « L’autobiographie d’un penseur qui a bouleversé la réflexion sur la science et la philosophie politique », comme le précise le 4ème de couverture de mon édition de poche, « La quête inachevée constitue le meilleur résumé disponible des positions de Karl Popper dans les principaux domaines où s’est exercée de son activité philosophique : épistémologie et méthodologie scientifique, philosophie politique et sociale, philosophie générale, voire métaphysique », comme le dit l’éditeur Calmann-Levy sur son site. Il l’a écrite en 1969, à 67 ans.

Popper est un de mes penseurs préférés, vous le savez si vous lisez ce blog. Honnête, rigoureux, critique. La quête dont il est question est évidemment la quête de la vérité. J’ai adoré ce livre qui synthétise énormément de choses, toujours de manière accessible. On y découvre en filigrane un homme génial (au sens propre du terme), apprenti ébéniste, puis philosophe, puis spécialiste des sciences et de l’épistémologie, il a pu dialoguer en direct avec les plus grands esprits de son temps (Einstein, Schrödinger, Russell, Hayek et bien d’autres). Emigré en Nouvelle-Zélande un temps, il a fini sa vie en Angleterre.

Jetez-vous sur ce livre, si vous aimez réfléchir. J’avoue que relire ses réflexions passionnantes m’a amené à me demander s’il existe des connaissances (au sens scientifique du terme) dans le domaine de la morale. J’ai trouvé cette question si passionnante, que j’ai commencé à chercher sur internet, et je suis tombé sur un livre de Charles Larmore, datant de 1993, où cette question est traitée. Ce n’est pas un hasard si dès l’intro, Larmore y cite Popper comme un des rares philosophes qui ne se soit pas trompé sur la nature des connaissances et de la philosophie. Le bouquin de Larmore, « Modernité et Morale » est tout simplement époustouflant (je n’en suis qu’au tout début, mais je sens que ça va devenir un de mes livres de chevet).

Larmore et Popper partagent une qualité rare parmi les philosophes : la clarté. Je recopie ici pour finir mon billet la très belle définition qu’en donne Larmore :

Une position philosophique est claire dans la mesure où l’on spécifie les conditions dans lesquelles on l’abandonnerait. Et cette tâche devient d’autant plus réalisable qu’on situe sa position vis-à-vis des opinions communes sur le sujet. Une certaine solidarité, comme on verra, est donc essentielle à la clarté.

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