Je suis le prix de votre liberté

J’ai acheté ce livre, « Je suis le prix de votre liberté », pour faire un acte de soutien. J’avais suivi de près, effaré mais pas surpris, l’affaire Mila. Je ne regrette pas, car c’est un beau livre, écrit par une personnalité surprenante. Claire, pudique, émouvante à force d’être digne, courageuse et solide. Comme un diamant. C’est un livre qui va a l’essentiel.

La tristement célèbre « affaire Mila »

Pour ceux qui ne connaissent cette affaire, elle se résume en quelques lignes : Mila, une adolescente très utilisatrice de réseaux sociaux, se retrouve prise à partie par des musulmans haineux en ligne. Courageusement, elle ne se laisse pas faire et leur réponds par une vidéo – provoquante mais qui répondait à des menaces de viol ! – « Votre religion, c’est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul. Merci, au revoir ». Déchainement de violence, menaces de morts, de viols par milliers, plaintes multiples : Mila se retrouve malgré elle au coeur d’un Maelström qui bouleverse sa vie. Elle vit, depuis, une vie en demi-teinte, sous protection policière, obligée de se déguiser pour ne pas être reconnue. Insupportable histoire où la victime voit sa vie s’effondrer mais où la meute reste libre de continuer à hurler. Insupportable histoire qui révèle la lâcheté d’une grande partie de la population, déjà prise à la gorge par la peur soigneusement installée par les coupeurs de langues et les coupeurs de têtes.

Dignité et lucidité

Le livre se dévore en quelques minutes. Il glace le sang et laisse pantois, effrayé. Il donne aussi de l’espoir, car l’effort de Mila et de sa famille, soutenus par le remarquable Richard Malka, pour tenter de retrouver une vie, est d’une grande dignité. Mila, dans ce livre très personnel, se donne aussi des marges de manoeuvres pour parler un peu d’autre chose. Elle reste très lucide sur la situation. J’en pleure de rage, de honte, de peur pour mes enfants, qu’une telle situation soit possible en France, qu’on ait laissé les choses aller aussi loin dans le déni, la lâcheté et l’impuissance. Toujours le même mélange répugnant de conformisme, de peur, de manque d’exercice de la liberté d’expression. De rejet du réel.

La réalité de la menace islamiste

Quel est ce réel – que Mila s’est pris en pleine tronche, avec une violence inouïe – que le prechi-precha politiquement correct ne souhaite plus aborder ? Il est qualitatif et quantitatif. Qualitatif : Nous sommes en guerre. Pas parce que nous aimons la guerre, mais parce que nous sommes attaqués. L’islam radical, politique, est une idéologie guerrière et totalitaire. Nous l’avons laissé se developper sur notre sol, et gangrener les esprits et les quartiers. Faire comme si nous n’étions pas en guerre, c’est le premier renoncement, qualitatif. Ce que l’affaire Mila révèle aussi c’est l’aspect quantitatif : ils sont légions, parmi les jeunes musulmans français, ceux qui trouvent normal d’être homophobe ou antisémite, et de menacer ceux qui osent critiquer leur religion. Contrairement à ce que veulent bien nous servir les médias en guise de berceuse, ce n’est pas une minorité. L’ampleur de la vague de haine que Mila a subie montre que si c’est une minorité, elle est loin d’être faible. En creux, elle permet de voir, parmi les amis de l’époque de Mila, que le nombre de personnes prêtes à soutenir une amie contre le déchainement est très faible. La peur, le conformisme, ont fait le vide autour de Mila. Cela a renforcé sa souffrance et sa peine. Attaquée d’un côté par des imbéciles haineux, et lâchée de l’autre par des couards conformistes.

Soutenons tous Mila !

J’ai été séduit et dérangé par ce petit livre. Il est d’une grande simplicité et maturité. Il mérite un détour, et du soutien. Mila mérite tout notre soutien, sans l’ombre d’une réserve. La réaction de Mila, et la suite de son parcours, et ce livre, sont un cri contre l’injustice. C’est l’esprit de justice, et non la colère, qui anime Mila. Je ne peux pas me retenir de vous partager la conclusion que j’ai trouvé, à l’image du livre et de Mila, et de sa situation, belle à pleurer, que dis-je, à sourire :

Vous parler de cette manière m’a follement soulagée. J’ai l’impression que vous arrivez à me comprendre sans même me regarder dans les yeux en ce moment même. Ressentez-moi, et souriez-moi. Je ne veux voir personne pleurer à cause de ce qu’on m’a fait. J’ai simplement besoin qu’on me fasse honneur de cette manière, parce que le sourire est la meilleure réponse à l’obscurantisme. Ils ne cesseront de me harceler que quand je serai morte. Je pense même qu’ils s’en prendront à tout ce qui peut me ressembler lorsque je ne serai plus là, parce qu’ils chercheront toujours un os à ronger.
Moi, je suis condamndée à payer le prix de ma liberté. Si une si grande partie de ce peuple a été lâche et qu’il n’a pas pu me sauver, alors qu’il se ressaisisse un jour et qu’il trouve la force de s’élever pour se battre. Je veux donner toute mon énergie, toute la magie qu’il y a encore en moi pour qu’il n’y ait plus jamais une autre Mila.
J’ai maintenant 18 ans, et je prends aujourd’hui mon indépendance, sans savoir de quoi sera fait demain.
Je veux juste un avenir.
Toutes mes amitiés à celles et ceux qui sont avec moi jusqu’ici. Nous sommes merveilleux.
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3 Commentaires
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Francois Unger
Francois Unger
2 mois il y a

Les gens se taisent car ils ont peur. Par manque de courage certes mais aussi par suite du conditionnement médiatico-politique qui sévit depuis des dizaines d’années et qui vise à ce que ne puisse pas émerger une quelconque opposition; opposition vis à vis de n’importe quoi puisque c’est l’opposition, en tant que démarche vitale, qui est visée. Jusqu’où peut aller cette tendance? Quel sera son aboutissement? Va-t-on vers un effacement de la démarche philosophique qui cultive le doute (et donc l’opposition) pour la recherche de la vérité? Quelles pourraient être les voies pour une renaissance?

Inspiré du texte de Martin Niemöller
Quand les islamistes sont venus chercher les juifs et les chrétiens, je n’ai rien dit, je n’étais ni chrétien ni juif. Quand ils ont pourchassé les homosexuels, je n’ai rien dit, je n’étais pas homosexuel. Quand ils ont enfermé les femmes sous des voiles, je n’ai rien dit, je n’étais pas une femme. Quand ils ont imposé la charia à tout le pays, j’ai suivi la loi. Quand ils sont venus m’égorger, il ne restait plus personne pour protester.

Francois Unger
Francois Unger
2 mois il y a
Répondre à   BLOmiG

tout à fait d’accord