Il m’est tout Ă Â fait impossible de sĂ©parer le mot fraternitĂ© du mot volontaire. Il m’est tout Ă Â fait impossible de concevoir la FraternitĂ© lĂ©galement forcĂ©e, sans que la LibertĂ© soit lĂ©galement dĂ©truite, et la Justice lĂ©galement foulĂ©e aux pieds.
Frédéric Bastiat (1801-1850)
Nos contemporains sont incessamment travaillĂ©s par deux passions ennemies : ils sentent le besoin dâĂȘtre conduits et lâenvie de rester libres. Ne pouvant dĂ©truire ni lâun ni lâautre de ces instincts contraires, ils sâefforcent de le satisfaire Ă Â la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutĂ©laire, tout-puissant, mais Ă©lu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souverainetĂ© du peuple. Cela leur donne quelque relĂąche. Ils se consolent dâĂȘtre en tutelle, en songeant quâils ont eux-mĂȘmes choisi leurs tuteurs.
L’optimiste est celui qui sait Ă Â quel point le monde peut ĂȘtre triste. Le pessimiste, celui qui le dĂ©couvre tous les jours.
ReconnaĂźtre l’individu comme juge en dernier ressort de ses propres fins, croire que dans la mesure du possible ses propres opinions doivent gouverner ses actes, telle est l’essence de l’individualisme.
Le plus grand soin dâun bon gouvernement devrait ĂȘtre dâhabituer peu Ă Â peu les peuples Ă Â se passer de lui.