CatĂ©gorie : đŸ›ïž Politique

  • Discours engagĂ© !

    Sarkozy, lors de son Ă©lection comme candidat de l’UMP, a prononcĂ© – c’est presque une habitude – un discours fleuve, juste et fort. On y trouve cette phrase qui, si elle ne fait pas une politique, a le mĂ©rite d’ĂȘtre dite.

    Je respecte toutes les cultures à  travers le monde. Mais qu’il soit entendu que si on vit en France alors on respecte les valeurs et les lois de la RĂ©publique.
    La soumission de la femme c’est le contraire de la RĂ©publique, ceux qui veulent soumettre leurs femmes n’ont rien à  faire en France. La polygamie c’est le contraire de la RĂ©publique. Les polygames n’ont rien à  faire en France. L’excision c’est une atteinte à  la dignitĂ© de la femme, c’est le contraire de la RĂ©publique, ceux qui veulent la pratiquer sur leurs enfants ne sont pas les bienvenus sur le territoire de la RĂ©publique française.

    Les salauds qui comptent exprimer leur force en opprimant les faibles – femmes et enfants – sont prĂ©venus…Il y a parfois du courage à  enfoncer des portes ouvertes.

  • Les nĂ©cessaires rĂ©formes, ou la rĂ©alitĂ© en face

    Dans un article paru dans Le Monde le 22/10/2006, Eric le Boucher Ă©crivait un article trĂšs intĂ©ressant et trĂšs direct intitulĂ© « Adaptation obligatoire » (texte intĂ©gral trouvĂ© sur FulcanelliPolitik). Sa rĂ©flexion Ă©carte d’emblĂ©e les extrĂȘmes (gauche et droite), ce qui semble toujours un prĂ©alable utile.
    Cet article part du constat fait par un professeur d’Harvard (Philippe Aghion) dans le cadre d’un think tank belge (BRUEGEL) : en trĂšs gros rĂ©sumĂ©, la raison pour laquelle l’Europe voit son PIB progresser nettement moins vite que celui des Etats-unis — par exemple – est le fait que les pays de la zone EU (dont la France) n’ont pas intĂ©grĂ© les rĂ©alitĂ©s suivantes dans leur fonctionnement :

    1. L’innovation est le moteur de la croissance, il faut donc booster les dĂ©penses de R&D et de recherche. Mais il faut Ă©galement mettre l’accent sur les voies indirectes de l’innovation, c’est-à -dire crĂ©er les conditions micro et macro-Ă©conomiques de la croissance (favoriser la crĂ©ation d’entreprise et la concurrence, l’Ă©ducation, l’efficacitĂ© du marchĂ© du travail, le dĂ©veloppement financier et conduire des politiques fiscales cohĂ©rentes)
    2. Les politiques de R&D et de rĂ©formes structurelles doivent ĂȘtre mise en cohĂ©rence
    3. Des politiques d’accompagnement des rĂ©formes doivent ĂȘtre menĂ©es pour aider les secteurs qui participent moins à  la croissance par l’innovation, et aider les acteurs de ces secteurs à  se reconvertir
    4. Une priorisation des réformes est indispensable en évaluant le ratio (participation à  la croissance)/(coût social) de chaque réforme, afin de savoir quelles sont les priorités, et quelles sont les réformes à  mener conjointement

    La France ne s’est pas adaptĂ©e à  ces changements profonds de culture, et de mode de fonctionnement. Elle pratique l’imitation, au lieu d’innover pour de bon.
    Fort de ce constat, Eric Le Boucher liste les recommandations faites aux futurs candidats à  la prĂ©sidentielle par trois hommes politiques de droite, du centre et de gauche (Baverez, Camdessus et Attali), en ne conservant que la partie des recommandations que l’on retrouve chez les trois auteurs. Il faut — selon ces trois auteurs, donc – que les hommes et femmes politiques :

    1. Fassent la pédagogie de cet ordre neuf.
    2. DĂ©cident d’un investissement d’ampleur nationale pour entrer  » hardiment » (Camdessus) dans la croissance par l’innovation. Il n’est que temps de mettre le paquet sur l’universitĂ© et sur la recherche-dĂ©veloppement publique et surtout privĂ©e. Un zĂ©ro de plus aux budgets doit ĂȘtre le slogan et l’efficacitĂ© mesurable, la rĂšgle
    3. Combattent les rentes (notamment celles accrochĂ©es à  l’Etat) pour favoriser la crĂ©ation. « CrĂ©er, attirer et retenir une classe crĂ©ative », rĂ©sume Jacques Attali. « Lever tous les obstacles au dynamisme entrepreneurial », Ă©crit Camdessus. « Stopper l’hĂ©morragie des talents », dit Baverez.
    4. Incitent à  travailler plus, ce qui est la seule solution pour rĂ©tablir une sociĂ©tĂ© Ă©quitable. « Un Français produit 35 % de moins qu’un AmĂ©ricain durant sa vie active », calcule Attali, voilà  la source premiĂšre de l’appauvrissement relatif.

    Cela confirme bien, à  mon avis, le statut particulier de l’Ă©lection prĂ©sidentielle à  venir : la question n’est pas tellement de savoir quels sont les programmes, ni qui va les dĂ©fendre. La question est de savoir si celui — ou celle — qui sera Ă©lu(e) aura le courage politique de mettre en oeuvre les rĂ©formes objectivement nĂ©cessaires. Pour moi la rĂ©ponse est assez Ă©vidente : Sarkozy est le seul capable de faire cela ; il parait en tout cas faire sienne – sans tabou – la devise suivante, si importante dans le travail comme dans la vie pour mener le changement à  bien :

    Faire ce qu’on dit, dire ce qu’on fait.

  • SĂ©golĂšne Royal : sĂ©ductrice, dĂ©mago et calculatrice.

    En quelques jours au moyen-orient, SégolÚne Royal a définivement achevé de nous montrer son vrai visage : tout comme elle explique que son programme pour 2007 lui sera dicté par les français (démagogie ou incompétence ?), elle parcoure le moyen-orient en accumulant les maladresses coupables. Comment peut-on ne pas préparer mieux que cela une visite dans des lieux sensibles comme le Liban ou Israël ? ExcÚs de confiance et/ou incompétence ?
    Deux pays, deux ùneries, méprisantes pour deux peuples (Libanais et Iranien) :

    • Au Liban, que l’Islam radical mine depuis des annĂ©es, elle choisit d’aller parler avec les terroristes du Hezbollah (lesquels prĂŽnent la destruction d’IsraĂ«l, et la haine de l’occident en gĂ©nĂ©ral. MĂ©pris des Libanais qui aspirent à  vivre sans guerre sur leur terrain ?
    • En IsraĂ«l, elle rencontre Ehoud Olmert pour lui dire – entre autres – qu’elle est d’accord sur le fait que l’Iran ne doit pas se doter de nuclĂ©aire civil. MĂ©pris des Iraniens qui peuvent lĂ©gitimement vouloir se doter du nuclĂ©aire civil ?

    On peut se poser les questions suivantes :

    • Pourquoi SĂ©golĂšne Royal est-elle allĂ©e parler avec le Hezbollah ? Pourquoi personne dans son entourage ne lui a dit de ne pas le faire ? Sauf à  imaginer une incompĂ©tence rare, et une improvisation douteuse, il faut se rendre à  l’Ă©vidence : cette visite Ă©tait voulue, et annoncĂ©e. Pourquoi, alors ? sur le plan international, on ne voit pas vraiment l’interĂȘt. Sur le plan intĂ©rieur, c’est peut ĂȘtre une maniĂšre, cynique, de rĂ©cupĂ©rer les voix d’une frange des musulmans et/ou des extrĂȘmegauchistes qui voient, dans un amalgame inquiĂ©tant, une communautĂ© de buts entre le terrorisme musulman et les relents de lutte des classes ?
    • Pourquoi ne pas laisser le peuple Iranien dĂ©cider seul de sa stratĂ©gie Ă©nergĂ©tique ? Le nuclĂ©aire militaire et civil sont deux choses diffĂ©rentes, et les rĂ©solutions de l’ONU ne portent que sur les applications militaires. Limiter la menace du fou Ahmadinejad n’est pas la mĂȘme chose qu’empĂȘcher un peuple de se dĂ©velopper comme bon lui semble.

    SĂ©golĂšne Royal s’est dĂ©placĂ©e pour aller dire ce qu’il voulait entendre à  Olmert, et pour aller parler avec des terroristes, dans un but pour le moins flou. Les diplomates français doivent apprĂ©cier cette intervention pleine d’à -propos ! Je laisse le mot de la fin à  notre ami Desproges :

    Mieux vaut rire d’Auschwitz avec un juif, que de jouer au scrabble avec Klaus Barbie.