CatĂ©gorie : đŸ›ïž Politique

  • Censure

    Censure

    AprĂšs avoir pris ainsi tour à  tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l’avoir pĂ©tri à sa guise, le souverain Ă©tend ses bras sur la sociĂ©tĂ© tout entiĂšre; il en couvre la surface d’un rĂ©seau de petites rĂšgles compliquĂ©es, minutieuses et uniformes, à  travers lesquelles les esprits les plus originaux et les Ăąmes les plus vigoureuses ne sauraient faire jour pour dĂ©passer la foule; il ne brise pas les volontĂ©s, mais il les amollit, les plie et les dirige; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse; il ne dĂ©truit point, il empĂȘche de naĂźtre; il ne tyrannise point, il gĂȘne, il comprime, il Ă©nerve, il Ă©teint, il hĂ©bĂšte, et il rĂ©duit enfin chaque nation à  n’ĂȘtre plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.

    Alexis de Tocqueville (1805 – 1859) philosophe politique, prĂ©curseur de la sociologie et homme politique français.

    Cette citation de Tocqueville est Ă  la fois rassurante et inquiĂ©tante. Elle inquiĂ©tante, bien sĂ»r, car elle dĂ©crit une restriction progressive de notre libertĂ©. George Orwell, Raymond Boudon, et d’autres ont soulignĂ©s Ă©galement comment, dans ses dĂ©veloppements rĂ©cents, la dĂ©mocratie libĂ©rale, avec des mĂ©dias et des institutions noyautĂ©es par des socialistes, a connu une dĂ©rive plus perverse encore. Des pseudos chercheurs et intellectuels font circuler des idĂ©es fausses, relativistes, en se targuant de « dĂ©construire » le bon sens commun (consistant Ă  voir ce qu’on a sous les yeux), et frappant d’anathĂšme ceux qui ne se conforment pas Ă  l’utilisation des mots et des rĂ©cits autorisĂ©s. Toute action est imputĂ©e Ă  des « passions », et jamais Ă  des « raisons ». C’est une maniĂšre de faire passer tout le monde (sauf les intellectuels bien sĂ»r) pour des bestiaux qu’il faut parquer, gĂ©rer, diriger, piquouser, piloter, car ils en sont bien incapables, pilotĂ©s qu’ils sont par leurs passions. Ils imposent ainsi leurs mots, analyses, opinions. Cette petite censure par les mots et les idĂ©es finit par restreindre le champ d’exercice de notre pensĂ©e. Pas besoin de censure, nous n’avons plus les mots, les concepts, et le recul critique, pour penser correctement.
    On pourrait la trouver rassurante en se disant que finalement, en dĂ©mocratie, cette tendance Ă  l’amollissement, Ă  la perte de l’esprit critique, nous Ă©vite la tyrannie et l’imposition forcĂ©e d’un ordre non voulu. Et que l’existence de mĂ©dias alternatifs, et de libertĂ© d’expression nous permettra toujours de maintenir une pensĂ©e et des dĂ©bats vifs. Mais c’est faux, car ce qui reste de dissidence gĂȘne les pouvoirs en place et on peut observer, un peu partout en Europe, une tentation Ă  peine cachĂ©e de censure (se prĂ©sentant bien entendu comme un moyen d’Ă©viter la dĂ©rive vers les extrĂȘmes ; l’argument est Ă©culĂ©, mais les moutons sont dociles). On peut dĂ©sormais ĂȘtre condamnĂ© Ă  de la prison pour des propos, des opinions. Certains moutons, d’un type particulier (ceux avec la tĂȘte dans le sable), continuent de bĂȘler que c’est pour se/nous protĂ©ger.
    Tout cela est bien affligeant. Ce qui affligeant, c’est que les penseurs libĂ©raux avaient dĂ©jĂ  vu et dit tout cela, et que des gĂ©nĂ©rations entiĂšres se sont quand mĂȘme fait avoir. Nous en payons les consĂ©quences aujourd’hui. Nous devons subir non seulement le mensonge permanent et la perversion morale, mais en plus il faudrait ne pas le dĂ©noncer. Continuons de nous battre contre les socialistes de tout poils.

    DĂ©mocratie et socialisme n’ont rien en commun sauf un mot, l’Ă©galitĂ©. Mais notez la diffĂ©rence : pendant que la dĂ©mocratie cherche l’Ă©galitĂ© dans la libertĂ©, le socialisme cherche l’Ă©galitĂ© dans la restriction et la servitude.

    Alexis de Tocqueville (1805 – 1859) philosophe politique, prĂ©curseur de la sociologie et homme politique français.

  • Dr. Jekyll et Mr. Hyde ?

    Dr. Jekyll et Mr. Hyde ?

    Ce billet partage quelques Ă©lĂ©ments discutĂ©s avec l’ami Jean-Marc, parce qu’ils permettront de clarifier, peut-ĂȘtre, la maniĂšre de lire ce blog. Le point de dĂ©part de l’Ă©change Ă©tait le sentiment dĂ©sagrĂ©able que Jean-Marc Ă©prouvait Ă  la lecture de mes articles : pour faire vite, nuancĂ©s lorsqu’il s’agit de parler de sujets philosophiques ou personnels, et trop radicaux lorsqu’il s’agit d’aborder des sujets politiques. Ai-je deux visages, comme Janus, ou suis-je donc une version actualisĂ©e du fameux Dr. Jekyll & Mr. Hyde ? C’est Ă  cette question que ce billet tente de rĂ©pondre.

    Politique, pour contenir la violence

    La dĂ©finition de la « politique » est multiple, et recouvre des champs assez diffĂ©rents selon que l’on emploie le terme au sens propre (relatif Ă  l’organisation de la sociĂ©tĂ©, relatif Ă  l’organisation de l’Etat et du pouvoir) ou dans ses sens Ă©largis (dĂ©marche structurĂ©e en vue d’atteindre des objectifs). Je parle ici du domaine politique dans son sens propre : organisation de la sociĂ©tĂ© et du pouvoir, et jeu dĂ©mocratique. J’ai retenu de mes lectures de Comte-Sponville que la politique est le territoire du « conflit », et la lecture de Julien Freund me l’a confirmĂ©. La politique est une maniĂšre de contenir et gĂ©rer la violence inhĂ©rente aux sociĂ©tĂ©s humaines, en lui donnant une forme organisĂ©e, ritualisĂ©e. (« C’est pour cette raison que de tous temps les sociĂ©tĂ©s stables ont essayĂ© de domestiquer [la violence], par exemple en la ritualisant, en tout cas de la contraindre dans certaines limites. Plus exactement, une sociĂ©tĂ© ne se stabilise qu’à cette condition. »). J’avais entendu d’ailleurs Elisabeth Levy dire la mĂȘme chose en exprimant que la politique c’est la « mise en scĂšne du conflit ». Je trouve que tout cela est assez clair et Ă©vident si l’on y rĂ©flĂ©chit bien, et la politique, pour reprendre les mots de Freund, est bien cette « instance par excellence du dĂ©ploiement, de la gestion et du dĂ©nouement des conflits. »
    C’est donc presque un devoir, en politique, d’expliciter les conflits, les dĂ©saccords, les idĂ©es en opposition, et tout ce qui permet de souligner, d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les tensions qui traversent la sociĂ©tĂ©.

    A vouloir dissimuler coĂ»te que coĂ»te les conflits, on finit trĂšs souvent par bloquer toute issue, y compris celle de la nĂ©gociation, et souvent on exaspĂšre l’opposition des parties. Le conflit introduit une rupture et du mĂȘme coup il dĂ©bloque la situation parce qu’en gĂ©nĂ©ral il met subitement les parties en prĂ©sence de l’enjeu rĂ©el, des consĂ©quences et des risques.

    Julien Freund (1921 – 1993) philosophe, sociologue et rĂ©sistant français

    Il faut donc bien pour cela, assumer, en politique, de radicaliser un peu ses opinions, ou celles de ses adversaires, pour permettre l’apparition dans l’espace public du conflit. VoilĂ  pourquoi, sur des sujets politiques, je fais le choix volontairement d’avoir des positions parfois radicales, lĂ©gĂšrement trop tranchĂ©es peut-ĂȘtre. Il n’y a pas Ă  mon sens de contradiction : une personne douce et tolĂ©rante peut tout Ă  fait, en politique, se montrer plus dure et radicale, car il s’agit de rendre explicite, donner une place aux conflits, pour permettre le dĂ©bat et la rĂ©solution de ces conflits.

    Radical ?

    Si le « radicalisme » dĂ©signe une attitude refusant tout compromis, il ne faut pas oublier que « radical » dĂ©signe le fait d’aller chercher les causes profondes des choses en vue de leur rĂ©solution. Il est donc louable de rejeter le radicalisme, comme posture, mais d’encourager une analyse radicale des sujets et des problĂšmes. Et j’irais mĂȘme plus loin. Certaines formes de « radicalismes » sont tout Ă  fait souhaitables en politique, sur certains sujets. C’est le sujet du Paradoxe de la tolĂ©rance posĂ© et analysĂ© par Karl Popper. Pour faire vite, nous n’avons pas Ă  ĂȘtre tolĂ©rant, ou dans le compromis, avec les idĂ©es intolĂ©rantes.

    […] Mais nous devons revendiquer le droit de les rĂ©primer [les idĂ©ologies intolĂ©rantes] si nĂ©cessaire, mĂȘme par la force ; car il se peut fort bien qu’elles ne soient pas disposĂ©es Ă  nous affronter sur le terrain de l’argumentation rationnelle, mais qu’elles commencent par dĂ©noncer toute argumentation ; elles peuvent interdire Ă  leurs adeptes d’Ă©couter des arguments rationnels, car ils sont trompeurs, et leur apprendre Ă  rĂ©pondre aux arguments par la force des poings ou des pistolets.

    Karl Popper (1902 – 1994) philosophe britannique d’origine autrichienne

    J’espĂšre avoir clarifiĂ©, un peu mieux, pourquoi mes articles personnels montrent une approche nuancĂ©e, pourquoi ceux qui traitent de politique assument une approche plus radicale. Qu’en pensez-vous ? Avez-vous le mĂȘme sentiment que Jean-Marc en me lisant ?

  • Une ville heureuse

    Une ville heureuse

    J’ai lu le programme de Sarah Knafo pour Paris « Une ville heureuse ». Je l’ai lu au format papier, car je voulais soutenir un peu la campagne. C’est un formidable programme pour plusieurs raisons : trĂšs pragmatique et concret (toutes les mesures sont dĂ©taillĂ©es, expliquĂ©es et quand c’est possible chiffrĂ©e), d’une grande clartĂ© et avec un bel esprit de synthĂšse, et, Ă  mon avis, trĂšs rassembleur.
    Beaucoup de mesures concrĂštes sur la sĂ©curitĂ©, la propretĂ©, la diminution du nombre de fonctionnaires, la rĂ©affectation des ressources lĂ  oĂč elles sont nĂ©cessaires, et aussi sur la beautĂ© et l’habitabilitĂ© de la ville.
    C’est trĂšs rafraichissant de voir Ă©merger des politiciens qui disent ce qu’ils pensent, qui ont le courage de leurs idĂ©es, et qui cherchent des solutions concrĂštes, adossĂ©es Ă  des prĂ©misses et des constats corrects. Je n’arrive pas trĂšs bien Ă  comprendre que parisien pourrait lire ce programme, et ne pas voter pour.
    Je ne suis pas tout Ă  fait sincĂšre : je vois trĂšs bien quel type de personne qui ne lira pas ce programme, ou le lira avec un biais idĂ©ologique si prononcĂ©, qu’il n’en verra ni la force ni la justesse. J’espĂšre sincĂšrement que Sarah Knafo crĂ©era une surprise lors de ces Ă©lections parisiennes au mode de scrutin revisitĂ©. Ce serait une grande chance pour notre belle capitale que de rĂ©intĂ©grer dans ses instances de gouvernance de vrais politiques courageux, pragmatiques, soucieux du bien commun, et ambitieux.

  • Les gueux

    Les gueux

    Je suis de prĂšs le formidable mouvement des gueux, initiĂ© par Alexandre Jardin, mais, comme il l’explique, dont il n’a Ă©tĂ© qu’un catalyseur. J’ai commandĂ© pour soutenir le mouvement le petit livre manifeste (premier chapitre en ligne si vous voulez dĂ©couvrir). C’est un formidable coup de gueule contre les Ă©lites dĂ©connectĂ©es, mĂ©prisantes, enfermĂ©es dans des dĂ©lires de communicants politiquement correct, dans le dogme climatique, et surtout dans la volontĂ© de se tenir bien loin du peuple des gueux.
    Si vous n’avez rien suivi Ă  ce mouvement, sachez qu’il est parti de l’opposition Ă  une (nouvelle) rĂšglementation complĂštement idiote et liberticide (loi ZFE) qui, sous couvert d’Ă©cologie (mon Ɠil), empĂȘchait tout bonnement des millions de citoyens de venir en ville, ou de vendre leur vĂ©hicule d’occasion. Ces citoyens – les Gueux! – que la rĂšglementation excluaient d’une vie normale ne l’ont pas entendu de cette oreille. Ils ont manifestĂ© pour dire leur colĂšre, avec le soutien des Maires.
    AprĂšs une premiĂšre victoire (suspension de la loi ZFE), ils s’opposent maintenant Ă  de nouvelles rĂšglementations totalitaires dans le mĂȘme dĂ©lire escrologiste (PPE3, qui va faire doubler la facture d’Ă©lectricitĂ© des français), et poussent pour que la dĂ©mocratie directe devienne la rĂšgle et non l’exception.
    Pour qui était avec les Gilets Jaunes, et avec les @NicolasQuiPaie, ce mouvement est une formidable occasion de taper du poing sur la table de faire passer quelques messages à nos « élites » devenues folles. Rendez-vous le 10 septembre pour un mouvement national !

  • La mĂ©thode Milei

    La méthode Milei

    Pendant que notre pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans le socialisme, la corruption, les copinages mĂȘme plus cachĂ©s et la spoliation assumĂ©e, il est intĂ©ressant, pour se redonner un horizon moins sombre, de regarder ce qui se passe en Argentine. Bien entendu, les mĂȘmes journalistes et commentateurs qui accusaient Milei, sans l’avoir mĂȘme Ă©coutĂ©, d’ĂȘtre un fou, d’extrĂȘme-droite (l’article du New Yorker, paru juste avant le second tour de l’Ă©lection est une perle de dĂ©sinformation), et j’en passe, sont bien obligĂ©s de reconnaĂźtre que les rĂ©sultats sont au rendez-vous.

    EmpĂȘcher l’Etat de nuire pour faire renaĂźtre la libertĂ©

    La mĂ©thode @JMilei est simple : c’est un vrai libĂ©ral, et il sait que le champ d’intervention lĂ©gitime de l’Etat est le rĂ©galien (Justice, Police, ArmĂ©e, DĂ©fense, Relations internationales). Tout le reste doit dĂ©gager : ce n’est qu’un amoncellement de rĂ©glementations liberticides, de taxes pour les financer, de millions de fonctionnaires pour les opĂ©rer, et de poches de corruptions plus ou moins avancĂ©es dans plein de secteurs. C’est-Ă -dire un ensemble de choses qui nuisent Ă  la libertĂ© et Ă  la prospĂ©ritĂ©. Plusieurs articles ont fleuri sur mon flux X ces jours-ci, et j’ai trouvĂ© intĂ©ressant d’en faire une synthĂšse rapide. Je m’appuie notamment sur un remarquable article de fond du Cato Institute, Ă©crit par @VasquezIan : « Deregulation in Argentina » (si vous savez lire en anglais, je ne saurais assez vous recommander d’aller le lire, sinon vous pouvez allez lire aussi cet article de l’Institut Montaigne, signĂ© @AlexanMarc1, assez complet, mais un peu moins rĂ©cent). Avant de vous partager quelques Ă©lĂ©ments de cet article, je voudrais en pointer quelques autres et apporter une prĂ©cision :

    • en anglais deregulation signifie « DĂ©rĂ©glementation », et non « dĂ©rĂ©gulation ». J’avais dĂ©jĂ  expliquĂ© cela et c’est un point important : supprimer des rĂ©glementations n’empĂȘchent pas les phĂ©nomĂšnes Ă©conomiques de se rĂ©guler, au contraire : le jeu laissĂ© libre dans un ordre de marchĂ© conduit justement Ă  des rĂ©gulations naturelles. La loi de l’offre et de la demande en est un parfait exemple.
    • Un article du Daily Telegraph (signĂ© @mattlynnwriter) partagĂ© sur X par Milei explique trĂšs clairement pourquoi les agences de notation viennent de modifier la note de l’Argentine, 18 mois aprĂšs la prise de pouvoir de Milei, et saluant l’impact positif sur l’Ă©conomie de la rĂ©duction drastique de la taille de l’Etat, et la suppression de milliers de rĂ©glementations. Quand, demande l’auteur, les autres pays vont-ils se rendre compte que Milei montre la voie vers la prospĂ©ritĂ© ? Il n’y a pas de fatalitĂ©, il n’y a que des hommes d’Etat moralement condamnables.
    • Un dernier point, car tout n’est pas rose dans les efforts actuels en Argentine. Il est Ă©vident que pleins de fonctionnaires se sont retrouvĂ©s virĂ©s, et ont du trouver du travail, avec certainement des situations individuelles qui ont pu ĂȘtre compliquĂ©es. Mais il faut souligner, comme le fait l’UNICEF, que l’on peut dĂ©jĂ  attribuer Ă  la politique de Milei une diminution du nombre de pauvres de plusieurs millions… !

    ModĂšle Ă  suivre

    TrĂšs rapidement en arrivant au pouvoir, Milei a fait beaucoup de choses, comme notamment faire passer dĂšs son arrivĂ©e un « super-dĂ©cret d’urgence » (366 articles) pour pouvoir faire vite et fort. RĂ©duction de 30% des dĂ©penses de l’Etat, diminution Ă©norme de l’inflation (de 25% Ă  2,2%), et une moyenne de 2 rĂ©glementations supprimĂ©es par jour (!). Cette dĂ©rĂ©glementation a conduit trĂšs rapidement Ă  des rĂ©sultas prĂ©visibles mais spectaculaires : par exemple dans le domaine du logement, les prix ont baissĂ© de 30%, et le nombre de logements disponible Ă  Buenos Aires a triplĂ©.
    Ils ne sont qu’au dĂ©but du chemin : le ministre de la dĂ©rĂšglementation, Sturzenegger, a prĂ©cisĂ© qu’ils avaient pour le moment rĂ©duit le nombre de lois & rĂ©glementations de 20%, mais qu’ils iraient jusqu’Ă  70%.
    Quand on sait que notre systĂšme lĂ©gislatif et rĂ©glementaire est le mĂȘme (les diffĂ©rents « codes » sont devenus hors de portĂ©e logique et opĂ©rationnelle tant ils sont obĂšses, et tant ils changent souvent), il serait peut-ĂȘtre temps d’avoir Ă  la tĂȘte du pays quelqu’un qui, comme Milei, considĂšre que le but n’est pas d’optimiser les coĂ»ts & dĂ©penses du gouvernement et de l’Etat, mais de faire ce qu’il faut pour favoriser la libertĂ©. Il aurait, je pense, le soutien de tous les @NicolasQuiPaie et autres #Gueux fĂ©dĂ©rĂ©s par @AlexandreJardin : que l’on foute la paix au peuple, qu’on le laisse travailler et profiter du fruit de son travail.
    L’Ă©quipe de Sturzenegger, composĂ©e d’experts juridiques et d’Ă©conomistes chevronnĂ©s, a (…) une mission claire : accroĂźtre la libertĂ© plutĂŽt que d’amĂ©liorer l’efficacitĂ© de l’État. Lors de l’examen d’une rĂ©glementation, ils se demandent donc d’abord si l’État devrait intervenir dans ce domaine.
    Ian Vasquez

  • Bureaucrature ?

    Bureaucrature ?

    Ce billet est une rĂ©action au dernier Edito de l’excellent Arthur de Watrigant (@WatrigantArthur) pour le magazine L’incorrect. Il se moque, Ă  mon avis Ă  tort, de ceux qui parlent de « dictature douce ».
    Non, nous ne sommes pas en dictature. Von der Leyen a Ă©tĂ© Ă©lue avec les voix des LR, tout comme Macron d’ailleurs et Richard Ferrand a rĂ©cupĂ©rĂ© le trĂŽne de Fabius au Conseil constitutionnel avec l’accord du RN. (…) Mais voilĂ , la dictature n’est pas lĂ . Car les mots ont un sens, s’inscrivent dans une histoire et revĂȘtent une rĂ©alitĂ©.
    Oui : bien sĂ»r, on peut toujours Ă  peu prĂšs dire ce que l’on pense en France et en Europe. Mais l’Ă©dito appelle tout de mĂȘme deux remarques. La dĂ©finition mĂȘme de dictature (« RĂ©gime politique dans lequel le pouvoir est entre les mains d’un seul homme ou d’un groupe restreint qui en use de maniĂšre discrĂ©tionnaire ») rend tout Ă  fait possible son utilisation lorsque les Ă©lus ne sont plus les reprĂ©sentants du peuple qui les a Ă©lus, mais simplement les dĂ©tenteurs d’un pouvoir arbitraire. Par ailleurs, le terme de dictature, puisque les mots ont un sens, n’est pas le bon, et permet de se moquer Ă  bon compte de ceux qui dĂ©noncent les agissements d’une partie des dirigeants.
    « DĂ©mocratie » n’est opposĂ© Ă  dictature, mais Ă  plutĂŽt au « non respect des intentions populaires exprimĂ©es par le vote ». On peut trĂšs bien ne pas ĂȘtre dĂ©mocrate (la dĂ©mocratie n’est pas sacrĂ©e), et respecter les droits et l’intĂ©rĂȘt du peuple. Tout comme on peut ĂȘtre Ă©lu, et se foutre royalement des intentions populaires. L’UE n’est pas une dictature, certes. Mais ses dirigeants, ses institutions, ses juges, empĂȘchent les peuples de s’exprimer, musĂšlent les opinions, utilisent leur pouvoir pour empĂȘcher la contestation. Elle est donc anti-dĂ©mocratique : ce n’est plus le peuple qui dirige et est souverain.
    Qui dirige ? Une clique de bureaucrates aux commandes des institutions, dont la libertĂ© est la derniĂšre des prĂ©occupations. Ils se gavent sur notre dos, manipulent les opinions via des mĂ©dias de propagande (voir l’article Structures de propagande) en nous faisant fermer notre clapet (voir l’article Structures de censure), et en imposant des choix rejetĂ©s majoritairement (immigration massive, impĂŽts spoliateurs, wokisme institutionnalisĂ©, etc), en finançant des associations politisĂ©es. On pourrait appeler ça « bureaucrature », ou « administrature », ou « Absolutisme juridique », peu importe.
    C’est pour cela que Trump/Vance/Musk sont intĂ©ressants. Ils ont renversĂ©s la bureaucrature, les petits hommes gris, le deep-state, et remis la volontĂ© du peuple au centre de l’action politique. On peut le dĂ©plorer, ou trouver excessif la comparaison de l’UE, en miroir, avec une dictature. Pour ma part, je crois qu’elle dit quelque chose de vrai. Que l’on demande aux roumains ce qu’ils en pensent : Ă©lections annulĂ©es arbitrairement, obstruction Ă  la prĂ©sentation aux Ă©lections de Călin Georgescu (favori) : si ce n’est pas un comportement anti-dĂ©mocratique, et, oui dictatorial, alors les mots n’ont plus de sens.