CatĂ©gorie : 🧠 RĂ©flexions

  • Leçon n°4 : parler à  la bonne personne

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    Et voilà, j’étais prêt : j’avais décidé de changer de métier. J’avais les arguments, je savais ce que je voulais, j’avais refait mon CV, j’avais même testé cela avec un entretien dans une autre boite. J’étais prêt à passer le cap, à me mettre debout et à dire : « je veux changer de métier ». Prêt à prendre la parole.

    Prendre la parole c’est bien…

    J’avais donc préparé une présentation (en gros, « Usage & outils pour améliorer la circulation de l’information »). Et je me suis lancé : un matin, je suis allé présenter cela à mon chef d’équipe. Le net, Google, les flux RSS, la communication décentralisée, etc. L’entreprise 2.0, en bref. Le pauvre ! Il ne savait pas vraiment quoi en faire : il s’occupait d’une équipe d’ingénieur de recherche et de techniciens dans le domaine des essais et des moteurs, et un de ses collaborateurs vient le voir pour lui dire 1) je m’emmerde dans mon boulot actuel et 2) je suis motivé pour changer de boulot, j’y travaille et tu peux donc considérer que tu viens de perdre une ressource. Il m’a donc proposé de présenter la même chose à mon N+2 et N+3. Rebelote : « c’est le boulot de la communication interne, ou de l’informatique. Toi, tu es ingénieur de recherche. Chacun son boulot ». Comment ne pas les comprendre ?

    …avec les bonnes personnes, c’est mieux !

    La communication, c’est échanger « la bonne info, avec la bonne personne, au bon moment. » Clairement, j’avais réussi à trouver le courage de m’exposer, et d’exposer mon envie de changer de job, mais j’avais adressé ce message aux mauvaises personnes. Non pas que ces personnes n’étaient pas aptes à comprendre l’intérêt de ce que je disais, ou à me supporter dans cette démarche, simplement par rapport à leurs fonctions dans l’entreprise, je ne parlais pas aux bonnes personnes. Que pouvaient-ils faire, si ce n’est me rediriger vers les RH ?

     

    La communication, c’est échanger la bonne info, avec la bonne personne, au bon moment.

     

    Je n’ai pas lâché l’affaire, et j’ai profité d’une entrevue avec mon directeur (N+3) sur un tout autre sujet, pour lui glisser les idées clefs de ma présentation, et lui dire avec conviction mon envie de faire bouger les choses. En apparence, cela n’a rien donné non plus (nous verrons par la suite que si). Et j’ai donc profité d’un déjeuner organisé par mon N+4 (le patron de la Recherche) avec des « jeunes » de sa direction pour retenter ma chance : à la fin du repas, il nous a dit « vous connaissez mon mail, si vous avez des propositions ou des suggestions… ». Il ne m’en fallait pas plus : le lendemain, je lui ai envoyé un long mail pour redire à peu près les mêmes choses. Et ça a marché : il m’a redirigé vers les responsables de la communication interne, à qui j’ai fait une présentation qui déchirait pas mal (j’avais entre temps visionné une super vidéo de Garr Reynolds chez Google, qui explique comment bien présenter avec un fil conducteur et beaucoup d’images). Quelques temps après, je me suis donc retrouvé (avec l’appui du N+3, vous suivez ?) dans un groupe de travail transverse, dont l’objectif était de proposer des solutions pour « optimiser les flux d’infos ». Et je vous raconterai cela prochainement.

    Leçon n°4

    Ce que je referais pareil : oser prendre la parole a certainement été ce que j’ai fait de mieux dans cette histoire. Peu importe que je ne l’ai pas fait directement aux bonnes personnes : j’ai mis ma peur de côté, et pour la première depuis plusieurs années, j’étais enfin en phase avec ce que j’étais, en train de parler de ce qui me motivait vraiment. C’est le seul moyen d’être bon, non : travailler sur des choses qui nous passionnent. Ce que je ferais différemment : il faut prendre la parole, c’est une chose, mais il faut le faire en s’adressant aux bonnes personnes. Si c’était à refaire, je me poserais quelques minutes pour réfléchir à la teneur de mon message, et pour savoir à qui ce message (et ses promesses) est le plus susceptible d’apporter quelque chose. A mon chef d’équipe, il ne faisait que retirer des forces. A mes directeurs, par contre, il donnait une opportunité de rapidement mettre en place des choses plus modernes (et ils en avaient besoin, ça je ne le savais pas à l’époque), et de mettre en avant leur direction. C’était eux les bonnes personnes. Et j’étais, du coup, la bonne personne pour eux.

    Pensez deux fois avant de parler, et vous parlerez deux fois mieux. [Plutarque]

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  • Ce qu’il faut faire n’est pas toujours raisonnable

    Ce qu’il faut faire n’est pas toujours raisonnable

    J’ai compris il y a peu la signification d’une pensĂ©e que je connaissais depuis longtemps, que je comprenais, mais que je n’avais jamais expĂ©rimentĂ©. Cette phrase dit finalement ceci : « ce qu’il faut faire n’est pas toujours raisonnable ».

    Avoir de l’ambition

    Dans nos projets, pour construire des choses intĂ©ressantes, il est souvent nĂ©cessaire de penser les choses loin, en grand. Avoir de l’ambition. Laisser une petite place au rĂȘve. C’est le seul moyen de faire ce qu’il faut. On peut toujours diminuer l’ambition, et c’est un moyen de rester dans la zone de confort. Mais ce n’est pas faire ce qu’il faut faire.

    Penser en grand, donc. MĂȘme si l’on doit mettre en oeuvre ces projets en commençant à  une Ă©chelle moindre. C’est le « Think big, start small, scale fast » de McDonald’s.

    Pour cela, il faut bien sĂ»r laisser la peur de cĂŽtĂ© (pour oser viser haut), et ĂȘtre prĂȘt à  garder le cap de cette ambition mĂȘme en travaillant à  une Ă©chelle plus rĂ©duite. Penser grand, c’est aussi ce qui permet de garder la visĂ©e initiale, le coeur du projet.

    S’adapter au monde pour le changer ?

    J’ai toujours pensĂ© que le meilleur moyen de changer les choses, de les faire progresser, Ă©tait de s’adapter au monde. C’est vrai, bien sĂ»r. Mais jusqu’à  un certain degrĂ©. L’homme raisonnable s’adapte au monde ; l’homme dĂ©raisonnable s’obstine à  essayer d’adapter le monde à  lui-mĂȘme. Tout progrĂšs dĂ©pend donc de l’homme dĂ©raisonnable. [Georges Bernard Shaw]Il y a aussi dans l’action une part de « folie » qui fait aller de l’avant ; une forme de « vision » de ce qui « doit ĂȘtre » qui nous donne des ailes et nous fait passer les obstacles. On ne convainc pas les gens uniquement avec des choses raisonnables.

    C’est ce que j’ai rĂ©alisĂ© l’autre jour quand mon projet d’incubateur a Ă©tĂ© validĂ© en interne : j’ai compris le soir dans mon lit (mauvais nuit) que cette excellente nouvelle Ă©tait aussi synonyme de pas mal de stress, d’inconnu à  venir, de boulot supplĂ©mentaire, et je me suis dit que j’Ă©tais un peu fou. Non, pas fou : dĂ©raisonnable.

    L’homme raisonnable s’adapte au monde ; l’homme dĂ©raisonnable s’obstine à  essayer d’adapter le monde à  lui-mĂȘme. Tout progrĂšs dĂ©pend donc de l’homme dĂ©raisonnable.

    Georges Bernard Shaw

  • Leçon 3 : refaire son CV

    Leçon 3 : refaire son CV

    La leçon prĂ©cĂ©dente portait sur le fait qu’il faut commencer par se changer soi-mĂȘme pour faire Ă©voluer les choses. Je crois que l’Ă©tape d’aprĂšs a Ă©tĂ© de refaire mon cv, et c’Ă©tait une Ă©tape importante pour deux raisons. La premiĂšre, c’est que refaire son cv force à  se poser les vraies questions (qu’est-ce que je veux faire ? en quoi suis-je bon ? qu’est-ce que j’apporte), et à  nommer les choses. La deuxiĂšme, c’est que cette rĂ©flexion donne l’opportunitĂ© de regarder un peu ailleurs, puisque l’interface est neuve.

    Nommer les choses

    Refaire un CV, cela veut dire passer en revue ses compĂ©tences pour identifier celles qu’il faut mettre en avant, et quel nom mettre en haut. J’ai passĂ© du temps à  repenser mon cv (complĂštement) pour y inclure les compĂ©tences d’un blogueur, et pour comprendre que finalement, c’Ă©tait le terme « community manager » qui rĂ©sumait a bien ces compĂ©tences. J’ai fait un CV de community manager qui dĂ©chirait pas mal, avec trois grosses images, et un parti pris graphique qui rendait le CV unique, à  dĂ©faut d’ĂȘtre beau.

    Regarder dehors

    Une fois le cv refait, bien sur, le regard peut se tourner dehors, ailleurs. Cela a Ă©tĂ© l’Ă©tape suivante : j’ai passĂ© un entretien dans une autre boite en tant community manager, en demandant un salaire plus Ă©levĂ©. J’ai ratĂ© de peu ce poste à  l’extĂ©rieur, mais les entretiens m’ont donnĂ© l’occasion de comprendre que oui, j’avais bien les compĂ©tences pour faire ça, et l’envie, et la pertinence qui permet en entretien d’ĂȘtre actif et de poser les bonnes questions aux interlocuteurs. Je suis trĂšs heureux de n’avoir pas Ă©tĂ© pris, car la simple dĂ©marche m’a permis de me lancer en interne avec une vraie confiance, avec une vraie force. Ce que je referais pareil : Mener la rĂ©flexion sur les vraies compĂ©tences que je souhaite mettre en avant, c’est-a-dire sur ce que je veux vraiment faire. Ce que je ferais diffĂ©remment : intĂ©grer vraiment la dĂ©marche consistant a toujours garder un oeil sur l’extĂ©rieur : maintenant que j’ai rĂ©ussi à  Ă©voluer en interne, et à  faire un boulot qui me passionne, je n’ai plus envie de regarder ailleurs. Et pourtant, il me semble qu’il ne faut pas le faire uniquement quand on veut changer, mais en permanence pour avoir une vision complĂšte. Je crois simplement que mon boulot m’intĂ©resse infiniment plus que ma carriĂšre, et que cette leçon aura bien du mal à  rentrer. Et vous ? Savez-vous, tout en vous consacrant à  votre job, rĂ©flĂ©chir a l’Ă©volution de vos compĂ©tences, et a garder les idĂ©es claires sur les opportunitĂ©s a l’extĂ©rieur ?

  • 2 conseils pour travailler mieux

    2 conseils pour travailler mieux

    Vous voulez améliorer votre efficacité au travail ? Rapidement ? Alors, lisez bien ces quelques menus conseils. Ce sont des recettes connues, mais il y a un monde entre les comprendre et les appliquer. Toute la différence entre la théorie et la pratique, en fait.

    Premier conseil : Sortir du flux

    On prend rapidement l’habitude, dans beaucoup de boulots, de bosser en « mode » flux : je traite mes flux de mails, je traite mes flux de tĂąches (souvent les mails – ceux qu’une rĂ©ponse immĂ©diate ne suffit pas à  traiter – se transforment en tĂąches). Tous ces flux sont importants, mais il ne faut jamais oublier d’en sortir, au moins deux heure par jour, pour ne pas faire QUE du traitement de flux. Comment ĂȘtre productif, si l’on ne fait que du flux ? Il faut donc se discipliner, et se bloquer chaque jour des crĂ©neaux (au pire, calez-vous un crĂ©neau dans votre agenda pour ĂȘtre sĂ»r de ne pas repousser Ă©ternellement le travail). Chacun Ă©valuera le temps nĂ©cessaire : j’essaye depuis 2 mois de passer au moins 2 heures par jour avec la boite mail fermĂ©e. C’est extraordinaire, vraiment comme effet : ça ne change rien sur le fait d’ĂȘtre à  jour dans ses mails, et ça redonne du temps pour travailler en vrai. Essayez, vous verrez !

    DeuxiĂšme conseil : rĂ©flĂ©chir au lieu d’agir

    A force de travailler sur ordinateur, on finit par associer « travail » et « je suis à  l’ordinateur ». Le travail de beaucoup se dĂ©compose en « rĂ©unions » (physiques ou tĂ©lĂ©phone) et « ordinateur »‘. Or, une partie – importante, cruciale – de la plupart des jobs consiste tout de mĂȘme à  rĂ©flĂ©chir, à  penser à  ce qu’on fait pour l’optimiser, le concevoir proprement. Ce temps de rĂ©flexion, à  mon sens, nĂ©cessite de savoir fermer son ordinateur, et prendre une heure par-ci par-là  avec simplement un papier et un crayon. Lister des choses, dessiner des structures, des liens logiques, synthĂ©tiser. A nouveau, je vous conseille d’essayer : c’est extraordinairement efficace et facile à  faire. A nouveau, si votre job ne facilite pas cela, bloquez-vous un crĂ©neau, dans un endroit tranquille oĂč vous ne serez pas dĂ©rangĂ©. Le mois dernier, les deux seules choses intĂ©ressantes que j’ai pondues sont venues de mes lectures, et de ces moments de rĂ©flexion.

    Et vous ? Avez-vous des conseils pratiques pour bosser plus efficacement ?
    Image prise sur Vantes.ca

  • Leçon 2 : mettre des chaussures

    Leçon 2 : mettre des chaussures

    AprĂšs avoir accueilli les sentiments, et compris leur sens, c’est-à -dire la direction que doit prendre l’action, il convient d’organiser cette action. Je suis un ingĂ©nieur frustrĂ©, qui ne se sent pas a sa place, et je veux devenir community manager animateur de communautĂ©. La deuxiĂšme leçon, c’est qu’à  ce stade il faut commencer par accepter de se changer soi-mĂȘme, avant de vouloir changer l’environnement. Si l’on veut changer une situation, c’est que l’on veut changer un rapport entre nous et le monde. Pourquoi ne pas jouer d’abord sur ce qui est dans nos mains ? Ou dans nos pieds, comme le dit un vieux proverbe indien :

    On peut se promener partout en douceur en mettant une paire de chaussures, ou en exigeant que la Terre entiĂšre soit recouverte de cuir souple.

    Mes employeurs ne vont pas comprendre tous seuls que j’ai d’autres compĂ©tences que la physique, ils ne vont pas aller tous seuls dĂ©couvrir 3 ans de travail passionnĂ© en faisant une recherche Google. Et c’est normal : c’est à  moi de prendre mon courage a deux mains, et d’aller leur dire, leur montrer, leur vendre tout cela. Leur montrer ce que j’ai appris et mis en oeuvre comme compĂ©tences et comme Ă©nergie en Ă©tant blogueur. Comment le mettre en forme ? Ce sera pour la leçon numĂ©ro 3… Ce que je referais a l’identique : la rĂ©flexion que j’ai menĂ©e dans mon coin pour faire le point, identifier les compĂ©tences que j’avais acquises en animant mes blogs, et une rĂ©seau de blogueurs, en lisant et en Ă©crivant plus que la moyenne. Se changer c’est avant tout comprendre ce qui a changĂ©. On n’est pas toujours conscient qu’on n’est plus tout à  fait le mĂȘme. Et surtout, donc : accepter que le meilleur moyen de changer la situation n’est pas de changer l’environnement, mais ma maniĂšre de l’apprĂ©hender et de le vivre. Le monde est ce qu’il est. Ce que je ferais diffĂ©remment : Comprendre plus vite qu’il faut commencer le changement au niveau que l’on maĂźtrise : soi-mĂȘme. J’ai passĂ© du temps à  critiquer l’environnement de travail (parfois à  juste titre), et à  finalement rester dans une attitude trĂšs rĂ©pandue et stĂ©rile consistant à  blĂąmer toujours l’environnement au lieu d’agir.

  • Leçon 1 : Ecouter ses sentiments

    Leçon 1 : Ecouter ses sentiments

    J’ai donc dĂ©cidĂ© de raconter comment – d’ingĂ©nieur de recherche en physique – j’Ă©tais devenu animateur de communautĂ© (community manager, si vous prĂ©fĂ©rez). J’ai choisi de le faire par le biais de « Leçons » : pas de leçon que je veux donner, mais de leçons que la vie m’a donnĂ©, et que je souhaite partager avec vous. J’ai choisi de faire court, et de toujours souligner ce que je referais pareil, et ce que je ferais diffĂ©remment. La premiĂšre leçon, donc, c’est d’Ă©couter ses sentiments. Passer des Ă©motions aux sentiments, et puis comprendre ses sentiments, les analyser et s’en servir. Les sentiments sont ce qui nous relie au monde, à  la situation. Ce sont des marqueurs de l’interaction que nous avons avec notre environnement. C’est un puissant signal, riche d’informations. Le coeur intelligent : voilà  une expression qui me parle. Celui qui n’Ă©coute pas ses sentiments se coupe du monde, paradoxalement. J’ai donc pris conscience de deux sentiments : une frustration dans mon travail d’ingĂ©nieur, et une passion forte Ă©prouver à  tenir mes blogs à  cĂŽtĂ©. Cette prise de conscience, au sens propre, conduit directement à  une action : Comment arrĂȘter le mĂ©tier d’ingĂ©nieur de recherche, pour devenir autre chose ? Quoi ? Comment mettre cette passion dans mon mĂ©tier ? Ces questions mettent en mouvement, trĂšs fort, trĂšs vite. Je vous raconterai la suite à  la prochaine leçon (j’avais prĂ©venu : faire court). Ce que je referais pareil : Ă©couter mes sentiments, les prendre en compte au lieu de vouloir les laisser de cĂŽtĂ©. Prendre du temps pour rĂ©flĂ©chir, consciemment, à  la situation et à  ces sentiments. A ce qu’ils veulent dire. Ce que je ferais diffĂ©remment : je pense que je n’attendrais pas aussi longtemps pour Ă©couter mes sentiments. J’Ă©tais pourtant censĂ© avoir dĂ©jà  appris cela d’une histoire sentimentale, mais il faut croire qu’on ne se change pas si facilement. J’essayerai de faire mieux la prochaine fois. Avez-vous dĂ©jà  expĂ©rimentĂ© la mĂȘme chose ? Comment l’avez-vous vĂ©cu ? avez-vous Ă©tĂ© capable de ne plus refaire, comme moi, les mĂȘmes erreurs ?