Réactions nombreuses à l’annulation d’un mariage par le tribunal de grande instance de Lille parce que l’épouse du futur mari, musulmane comme lui, n’était pas vierge. Quelques réactions de blogueurs, généralement indignés par la morale du mari plus que par le jugement. A juste titre. Mais n’oublions pas de mentionner l’idéologie qui cautionne ce genre de choses, qui a un nom : l’Islam.
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Catégorie : 🧠 Réflexions
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La pureté avant l'épanouissement
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Ne mélangeons pas le droit et l'éthique
La morale – le bien et le mal – est toujours une affaire à la fois collective et individuelle.
Quelle morale serait nécessaire si on vivait seul ? Quelle morale serait nécessaire si on n’était que des êtres sociaux, déterminés par notre « rôle » dans la société (le droit suffirait alors). Il me semble étonnant de voir à quel point les êtres humains veulent toujours rendre floue la frontière entre l’individuel et le collectif sur cet aspect. C’est un jeu dangereux : cela revient à négliger ou à confondre deux choses très importantes.- Le droit qui est un ensemble évolutif de règles collectives, et qui suffit à régler les comportements admis et non admis
- L’éthique qui est un système de valeurs individuelles, en construction également
Vouloir imposer ses valeurs personnelles à la collectivité est une tendance que je trouve assez dictatoriale dans l’esprit, et vouloir imposer par la loi des règles éthiques à chaque individu conduit à légiférer sur tout et n’importe quoi, dans les moindres détails des actions humaines.
Notons au passage que le droit ne se fabrique pas tout seul, et que le fait de le penser comme un outil de contrôle des actes des individus ressort clairement de la première attitude : c’est une forme d’extension des valeurs d’un groupe d’individu à d’autres, par la contrainte.
Ces deux attitudes se rejoignent assez bien dans un esprit commun de négation de l’individu, et c’est bien pour cela qu’il faut s’en garder. L’individu – chaque individu – est, et doit rester, la finalité de nos réflexions. Il faut noter d’ailleurs qu’en niant l’individu, on ne peut que faire perdre son sens au collectif, puisque celui-ci n’est qu’une somme d’interactions entre des individus distincts.
Sans individus, pas de collectivité. -
La gauche et le capitalisme
Retour sur un article de Michel Rocard, paru le 06 mars 2008. Sous couvert d’un discours convenable et ouvert, on peut y lire un discours proche des vieilles rengaines anti-capitalistes de la gauche. Retour sur quelques points clefs de cet article, pour en disséquer un peu l’idéologie sous-jacente, et/ou le public visé…
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Quelles limites a la liberté d’expression ?
Discussion ouverte sur les limites que l’on doit poser à la liberté d’expression. Sans limites, les conversations sont rapidement polluées par des personnages provocateurs, virulents, et insultants. Je voudrais que tous les lecteurs et/ou internautes de passage participent à l’élaboration des règles de base permettant de continuer à faire de ce blog un espace d’expression libre et d’échange.
Suite aux discussions sur certains billets un peu polémiques (principalement sur l’Islam), il est apparu nécessaire de définir les limites à la liberté d’expression sur ce blog. Les insultes, les messages hors-contexte, provocateurs, prosélytes, ou simplement cons, sont venus perturber les discussions que certains essayent de prolonger dans un climat de respect et de calme (relatif). Pap est venu rappeler, à juste titre, que les excès de certains nuisent à la liberté d’expression des autres.
Pas de liberte sans limites
La liberté n’existe pas sans limite, c’est bien connu. Les limites que l’on pose à la liberté, c’est ce qu’on appelle la loi, ou le droit :
Le droit est l’ensemble des conditions qui permettent à la liberté de chacun de s’accorder à la liberté de tous.
Emmanuel Kant (1724 – 1804)Philosophe allemand
Pas de liberté sans limites à cette liberté.
La liberté d’expression indispensable à mes yeux, d’où le titre du blog, ressort de la liberté tout court : il n’y a pas de raison qu’elle ne connaisse pas de limites. Celui qui vient systématiquement pourrir le débat, en usant de sa liberté d’expression, amoindri celle de tous les autres. En les faisant fuir, ou en les amenant sur des terrains stériles.Je voulais partager avec vous mes réflexions sur ce sujet : pour définir avec vous les limites que nous souhaitons mettre à nos discussions. Je propose quelques pistes, mais je compte sur vous, en commentaire, pour amener votre contribution. Tout cela doit aboutir à une nouvelle charte des commentaires définissant les règles de bonne conduite sur ce blog.
Ebauche a commenter…
Quelques pistes pour amorcer la réflexion / discussion :
- toute attaque ou insulte visant la personne me semble déplacée. S’il est légitime d’attaquer violemment certains arguments ou idées, il est inadmissible d’insulter les intervenants. Ok avec ça ?
- Sur la forme, quelques remarques :
- les messages bourrés de fautes sont difficiles à lire. Je pense qu’il est utile que chacun se relise avant de cliquer sur publier…
- Les commentaires trop longs sont très pénibles à lire, et ils coupent la discussion. Un monologue n’est pas souhaitable pour discuter. Je pense qu’il faut essayer de s’autodiscipliner pour limiter la longueur de ses interventions. Si vous avez un exposé à faire, contactez moi et proposer un article à la communauté : ce sera plus constructif…
- Je suis en train de chercher un moyen de faciliter la mise en forme des commentaires : utiliser le soulignement, les citations des autres commentaires, les listes de points, rend les commentaires plus faciles à lire et force à structurer l’argumentation.
- la partie délicate concerne le fond des arguments : si quelqu’un vient, le plus poliment du monde, en respectant toutes les règles ci-dessus, dire à la cantonade que l’on devrait brûler tous les patrons, ou les juifs, ou les musulmans, quelle attitude prendre ? J’ai pris un exemple qui me parait facile à trancher, mais dans les faits, c’est plus délicat. C’est sur ce point que je voudrais particulièrement avoir votre point de vue : quelles limites poser à la liberté d’expression de chacun pour que la discussion s’en trouve renforcée. Pas de limites = discussion aux mains des plus virulents. Trop de limites = discussions un peu fades, politiquement correctes, entre personnes toujours un peu d’accord. Quel équilibre trouver ?
J’attends avec impatience votre avis sur ces questions, vos critiques / remarques ! J’espère que ça me permettra, entre autres, de dégager intelligemment les commentaires qui nuisent au débat, et de conserver ceux qui, même polémiques, font avancer la discussion. Merci.
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Si j'étais riche …
Eternelle discussion avec mes collègues ce midi : que feriez-vous de 130 millions d’euros ? Quasiment personne ne joue au loto parmi nous, mais tout le monde a toujours beaucoup d’idées pour dépenser l’argent ! Personnellement, je pense que je deviendrais quelqu’un de méprisable si je gagnais une telle somme. Et vous ?
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Des souris et des hommes
Le livre « Eloge de la Fuite », d’Henri Laborit, avait été pour moi une grande source de réflexions, de doutes, de connaissances aussi. J’avais envie, suite à une discussion concernant l’action, notamment avec Christophe, de présenter un des concepts importants importé par Laborit du domaine de la biologie vers les comportements humains : l’inhibition de l’action.
Penseur radical
Henri Laborit (1914-1995) a écrit de nombreux ouvrages (en plus de ses travaux purement scientifiques) où il vulgarise les connaissances de neuro-biologie, et s’applique à construire un cadre de pensée général des comportements humains. J’avais été profondément intéressé par son livre « Eloge de la fuite » (ça fait déjà 13 ans que je l’ai lu…ça fait un choc!). Il faut absolument aller lire ce livre, jusqu’au-boutiste sur certains points, mais très éclairant, stimulant et riche. Henri Laborit était certainement un homme original, très doué. Je le perçois comme un être profondément gentil, déçu par les humains.
Une expérience simple conduite sur des souris lui permet d’illustrer et de montrer ce qu’est l’inhibition de l’action.Confronté à une épreuve, l’homme ne dispose que de trois choix : 1) combattre ; 2) ne rien faire ; 3) fuir.
Henri Laborit
L’expérience des 3 souris
L’expérience peut être décrite comme suit (pour une description complète, aller voir ici):
Une souris est enfermé dans une cage métallique, et soumise à un stress électrique régulièrement (un flash lumineux prévient la souris de l’arrivée du choc électrique). Trois cas sont présentés :- Une porte de sortie permet à la souris d’échapper au stress quand il se présente : dans cette situation, la souris apprend vite le lien entre signal lumineux et décharge électrique, et son organisme n’est pas affecté. Elle peut fuir le stress.
- La porte de sortie est maintenant fermée : dans cette situation, la souris apprend rapidement que toute action est inutile pour éviter le stress électrique. Elle finit par le subir sans bouger, et son organisme en souffre énormément. C’est ce qu’on appelle l’inhibition de l’action. Elle finit par être gravement atteinte et / ou mourir.
- Deux souris sont placés dans la cage (la porte de secours étant toujours fermée). Les souris, rapidement, se battent quand le stress électrique est déclenché. C’est une action inutile pour se soustraire au stress, mais c’est une action quand même. Dans cette situation, aucun impact sur la santé des souris n’est observé.
L’essentiel est dit : en cas de stress, la fuite comme l’action permettent de se soustraire aux effets nocifs du stress, qui n’est nocif que dans le cas de l’inhibition de l’action. Laborit en tire tout un tas de conclusion sur les comportements humains, et Alain Resnais a illustré cela – avec Laborit – dans un superbe film « Mon oncle d’Amérique » en 1979. L’extrait ci-dessous montre l’expérience des souris, avec en commentaire la voix (off) de Laborit lui-même. Un film à voir, très beau, très sombre et très humain.