Je met un titre volontairement provocateur parce c’est un sujet qui m’Ă©nerve, et qui me parait symptomatique de la mentalitĂ© ambianteâŠJe vais au boulot tous les jours en voiture ; et je suis choquĂ© par le fait que quasiment toutes les situations de danger que je peux rencontrer sont liĂ©es aux motards/scooters ! A part le fait de doubler par la droite et de circuler systĂ©matiquement entre les files de voitures (qui est passible d’une contravention !), je voudrais donner deux exemples rĂ©cents :
- en rentrant le soir, je passe sur l’avenue du GĂ©nĂ©ral Leclerc et l’avenue du Maine : systĂ©matiquement, les deux-roues qui circulent en face franchissent la ligne blanche centrale et roulent tout simplementâŠĂ  contresens sur la file de gauche de mon cĂŽtĂ© ! Sous les yeux des agents de la circulation placĂ©s lĂ Â , qui ne semblent mĂȘme pas le remarquerâŠsi par malheur je fais un appel de phare pour montrer que, bon, quand mĂȘme, j’ai le droit une fois sur deux Ă Â un signe d’Ă©nervement de la part du motard/scooter me montrant que cette situation lui semble normale
- en traversant la rue d’AlĂ©sia l’autre jour sur un de ces passages piĂ©tons si pratiques (vous savez, ceux oĂč il n’y a pas de feux, et oĂč les piĂ©tons doivent littĂ©ralement risquer leur vie pour passer entre les voitures qui, en l’absence de feu, foncentâŠ), en traversant donc, un scooter – qui Ă©tait Ă Â 10 mĂštres du passage lorsque j’Ă©tais rendu au milieu de celui-ci –  a failli me rentrer dedans : c’est moi qui me suis arrĂȘtĂ© pour le laisser passer ; Ă©nervĂ©, j’ai fais un geste de la main (style « je prĂ©pare un claque ») pour lui montrer ma peur et ma colĂšre. Il a simplement fait demi-tour pour me rattraper et m’ »expliquer » (sur un ton plus proche du cri de la hyĂšne enragĂ©e que de celui de la discussion posĂ©e) qu’il Ă©tait engagĂ© (Ă Â 10 mĂštres du passage piĂ©ton!) et que je devais le laisser passer ! Sans commentaires âŠ
Ce ne sont pas des exemples trĂšs graves, puisqu’il ne s’agit pas d’accident. Mais ces comportements, malheureusement mĂšnent Ă Â des accidents : les motards reprĂ©sentent 0,8% du traffic, mais 15,5% des conducteurs impliquĂ©s dans un accident corporels (chiffres sĂ©curitĂ© routiĂšre). Bien sĂ»r, ils sont moins protĂ©gĂ©s, mais quand on voit que dans 50% des cas, la voiture qui a participĂ© Ă Â l’accident avec un 2 roues ne l’a carrĂ©ment pas vu, il convient, plutĂŽt que de montrer du doigt les voitures allumant leurs phares, de se poser la question du comportement dangereux des motards/scooters.
Pourquoi tolĂšre t’on ces infractions au code de la route, alors qu’on sait qu’ils sont la cause d’accidents ? Y’a-t-il plusieurs types d’usagers, ceux qui doivent respecter le code de la route, et ceux qui n’en ont pas l’obligationâŠ? Ces questions se posent aussi pour les automobilistes, quand on voit le respect tout relatif des distances de sĂ©curitĂ©, ou l’utilisation hasardeuse des clignotants⊠Alors bien sĂ»r, je sais bien que tous les motards ne sont pas des inconscients irrespectueux de la loi : il y a Ă©videmment plein de motards prudents, conscients du danger, et respectueux des plus Ă©lĂ©mentaires rĂšgles du code de la route. Mais, outre le fait qu’ils ne sentiront pas visĂ©s, ils ne pourront qu’approuver le fait de vouloir faire appliquer strictement le code de la route aux motards.
Ne vous mĂ©prenez pas : je ne suis pas un extrĂ©miste de l’application de la loi. La loi peut ĂȘtre mauvaise, Ă Â revoir, ou dans des circonstances particuliĂšres, conduire Ă Â des actes immoraux (c’est alors un devoir de ne pas la respecter). Mais quand la loi vise de toute Ă©vidence Ă Â rendre possible la cohabitation harmonieuse des citoyens, et qu’elle va dans le bon sens, il n’y a aucune raison Ă Â ne pas la respecter. Et aucune excuse Ă Â ne pas la faire respecter. Quel est le sens d’une loi qu’on n’applique pas ?