CatĂ©gorie : 🧠 RĂ©flexions

  • Equilibrer la tolĂ©rance : une nĂ©cessitĂ© !

    Commençons – comme d’habitude – par une dĂ©finition :

    Tolérance :

    1. Fait de tolĂ©rer quelque chose, d’admettre avec une certaine passivitĂ©, avec condescendance parfois, ce que l’on aurait le pouvoir d’interdire, le droit d’empĂȘcher.
    2. État d’esprit de quelqu’un ouvert à  autrui et admettant des maniĂšres de penser et d’agir diffĂ©rentes des siennes.

    et par une citation :

    TolĂ©rer, c’est accepter ce qu’on pourrait condamner, c’est laisser faire ce qu’on pourrait empĂȘcher ou combattre. C’est donc renoncer à  une part de son pouvoir, de sa force, de sa colĂšre. [
] La tolĂ©rance ne vaut que contre soi, et pour autrui. Il n’y a pas de tolĂ©rance quand on n’a rien à  perdre. [
] TolĂ©rer, c’est prendre sur soi. [
]
    AndrĂ© Comte-sponville (1952 – ) Philosophe français

    La tolĂ©rance n’est pas une valeur positive en soi ; c’est — comme pour beaucoup de choses — une valeur pour laquelle le juste Ă©quilibre est à  chercher. Trop et trop peu sont synonymes d’aspects nĂ©gatifs.
    Pas assez de tolĂ©rance, c’est ce qu’on appelle le sectarisme ou l’intĂ©grisme.

    TolĂ©rance. C’est arriver à  penser : « Bien que je croie avoir raison, et que la vĂ©ritĂ© existe, je ne ferai rien pour vous l’imposer »

    Albert Memmi (1920 – 2020), Ă©crivain et essayiste tunisien, Extrait d’ Exercice du bonheur

    Les excĂšs des religions de tous poils illustrent bien l’intolĂ©rance.
    Mais, Trop de tolĂ©rance, c’est ce qu’on appelle le laxisme, ou la complaisance :

    Sous prétexte de tolérance, on devient complaisant.

    Marie-France Hirigoyen (1949 – ) psychiatre et psychothĂ©rapeute familiale française.

    Il est important dans nos sociĂ©tĂ©s ouvertes, qui ont fait l’effort pendant longtemps, et c’est un grand bienfait, de conquĂ©rir la tolĂ©rance pour pouvoir vivre en paix, de ne pas s’enfoncer dans l’excĂšs qui est l’inverse de l’intolĂ©rance, à  savoir la complaisance.

    Toute tolérance devient à  la longue un droit acquis.

    Georges ClĂ©menceau (1841 – 1929) homme d’Etat français, extrait d’Au soir de la pensĂ©e

    Tout ce qui vient empĂȘcher l’ouverture, tout ce qui veut voir disparaĂźtre la tolĂ©rance, on doit le combattre, et ne pas le tolĂ©rer. Il est important de tolĂ©rer ce qui est tolĂ©rable, et d’ĂȘtre intolĂ©rant avec ce qui ne l’est pas. Qu’est ce qui ne l’est pas ? la violence physique et psychologique faite à  l’enfance n’est pas tolĂ©rable. La violation flagrante de libertĂ© individuelle n’est pas tolĂ©rable. Le racisme n’est pas tolĂ©rable. D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, et sans tomber dans le lĂ©galisme, toutes les entorses faites aux rĂšgles de vie communes (le Droit) sont intolĂ©rables.Soyons assez intelligent pour reconnaĂźtre l’intolĂ©rable, afin de continuer à  vivre dans une sociĂ©tĂ© tolĂ©rante !
    Pour finir, une petite citation sur les rapports entre religion et tolĂ©rance, qui fait tout de mĂȘme penser à  l’Islam :

    Une religion qui peut tolérer les autres ne songe guÚre à  sa propagation.

    Montesquieu (1689 – 1755) penseur politique, prĂ©curseur de la sociologie, philosophe et Ă©crivain français des LumiĂšres

  • Aimez-vous les habitudes ?

    J’aime les habitudes. C’est rassurant et puissant, les habitudes. Notre vie est faite – en partie – d’habitudes. Beaucoup de gens confondent les habitudes, et la routine. La routine n’est qu’une habitude mal vĂ©cue :

    Routine : Habitude de penser ou d’agir selon des schĂ©mas invariables, en repoussant a priori toute idĂ©e de nouveautĂ© et de progrĂšs.

    Si l’idĂ©e de nouveautĂ© ou de progrĂšs, ainsi que l’idĂ©e de variation, sont exclues, là , oui, ça devient insupportable, les habitudes. Ce sont les cĂŽtĂ©s systĂ©matiques et machinals, l’action « sans y penser » qui rendent les habitudes si Ă©nervantes. Mais faire quelque chose « sans y penser », c’est plus de la faute de celui qui le vit, que de la faute de la rĂ©pĂ©tition.
    Il suffit d’habiter ce qu’on vit, et le vouloir, pour transformer une routine en une habitude, et y trouver de la joie; la conscience de l’action transforme l’habitude en experience sans cesse renouvelĂ©e. La peur de la nouveautĂ© fait se rĂ©fugier certains dans l’habitude ; c’est confortable l’habitude. Je pense cependant qu’il faut continuer à  voir la nouveautĂ©, mĂȘme dans nos habitudes. Il faut mettre de la volontĂ© dans le moindre de nos actes, et dans nos habitudes.
    Et puis l’habitude, c’est aussi la capacitĂ© acquise par rĂ©pĂ©tition. Il faut refaire ses gammes, souvent, et de maniĂšre presque invariable, pour atteindre la libertĂ© du jeu.
    L’important, en somme, c’est de savoir identifier les bonnes habitudes (le travail, les relations humaines, par exemple) et les mauvaises (la drogue, par exemple). Savez-vous identifier vos mauvaises habitudes ? et vos bonnes ? Abandonner les mauvaises ? faire fructifier les bonnes ?

    Il faut prendre trĂšs tĂŽt de bonnes habitudes, surtout celle de savoir changer souvent et facilement d’habitudes.
    [Pierre Reverdy]

  • Etes-vous vertueux : les quatre vertus cardinales

    Il y a un mois, un gars dans une formation a Ă©voquĂ© – pour illustrer son propos – les 4 vertus cardinales. Comme je n’aime pas trop rester dans l’ignorance, je suis allĂ© chercher ce que c’est, et je vous livre le rĂ©sultat de mes recherches.
    Tout d’abord, qu’est-ce qu’une vertu ?

    Vertu : Disposition habituelle, comportement permanent, force avec laquelle l’individu se porte volontairement vers le bien, vers son devoir, se conforme à  un idĂ©al moral, religieux, en dĂ©pit des obstacles qu’il rencontre.

    Beau programme, n’est-ce pas ? Cela donne envie d’ĂȘtre vertueux

    Les quatre vertus cardinales sont les suivantes : Prudence, tempĂ©rance, force et justice. Le christianisme considĂšre qu’elles jouent un rĂŽle central (cardinale vient de « cardo », qui signifie = charniĂšre, pivot) dans l’action humaine, et pour le comportement des hommes entre eux. Elles sont issues de l’antiquitĂ© (Platon, Aristote, philosophes stoĂŻciens). Voilà  les dĂ©finitions que l’on peut trouver sur WikipĂ©dia et Lexilogos, assorties de quelques citations piochĂ©es sur Evene. Je ne suis l’auteur de rien dans cet article, ce ne sont que des copiĂ©s-collĂ©s, mais ces dĂ©finitions donnent à  rĂ©flĂ©chir, je trouve. Et permettent de se poser les questions : suis-je vertueux ? La vertu est-elle un idĂ©al à  viser ou non ?

    Prudence

    La prudence dispose la raison pratique à  discerner en toute circonstance le vĂ©ritable bien et à  choisir les justes moyens de l’accomplir.
    Définitions :

    1. PremiĂšre vertu cardinale, celle qui allie force d’esprit, facultĂ© de discernement, connaissance de la vĂ©ritĂ© dans la conduite de la vie.
    2. QualitĂ©, attitude d’esprit de celui qui prĂ©voit, calcule les consĂ©quences d’une situation, d’une action qui pourraient ĂȘtre fĂącheuses ou dangereuses moralement ou matĂ©riellement, et qui rĂšgle sa conduite de façon à  les Ă©viter

    La prudence ne prévient pas tous les malheurs, mais le défaut de prudence ne manque jamais de les attirer.
    [Proverbe espagnol]

    Tempérance

    La tempĂ©rance assure la maĂźtrise de la volontĂ© sur les instincts et maintient les dĂ©sirs dans les limites de l’honnĂȘtetĂ©, procurant l’équilibre dans l’usage des biens.
    Définition :
    Modération, sobritété, retenue, mesure

    La tempérance est un arbre qui a pour racine le contentement de peu, et pour fruits le calme et la paix.
    [Ferdinand Denis]

    Force

    La force, c’est-à -dire le courage, assure dans les difficultĂ©s la fermetĂ© et la constance dans la poursuite du bien, affermissant la rĂ©solution de rĂ©sister aux tentations et de surmonter les obstacles dans la vie morale.
    Définition :
    Ensemble des ressources physiques, morales ou intellectuelles qui permettent à  une personne de s’imposer ou de rĂ©agir.

    C’est la force et la libertĂ© qui font les excellents hommes. La faiblesse et l’esclavage n’ont fait jamais que des mĂ©chants.
    [Jean-Jacques Rousseau]

    Justice

    La justice consiste dans la constante et ferme volonté de donner à  chacun ce qui lui est dû.
    Définition :
    Principe moral impliquant la conformité de la rétribution avec le mérite, le respect de ce qui est conforme au droit.

    L’injustice ne se trouve jamais dans les droits inĂ©gaux, elle se trouve dans la prĂ©tention à  des droits Ă©gaux.
    [Friedrich Nietzsche]

    Bien sĂ»r, personne n’est à  la fois prudent, fort, juste et faisant preuve de tempĂ©rance ; mais on doit essayer d’y tendre, non ?
    Rappelons que les vertus sont des attitudes fermes, des dispositions stables, des perfections habituelles de l’intelligence et de la volontĂ© qui rĂšglent les actes, ordonnent les passions et guident la conduite.
    Elles procurent facilitĂ©, maĂźtrise et joie pour mener une vie moralement bonne. L’homme vertueux, c’est celui qui librement pratique le bien.
    Sources :

  • Etes-vous matĂ©rialistes ? (la cause de l’esprit)

    Etes vous matérialistes ?
    Laissons de cĂŽtĂ© la dĂ©finition courante qui sert à  dĂ©crire les gens « s’attachant avec jouissance aux biens, aux valeurs et aux plaisirs matĂ©riels ; cela n’a pas grand interĂȘt

    La définition du matérialisme est la suivante (issue de Lexilogos, découvert grùce à  Max) :

    MatĂ©rialisme : Doctrine qui, rejetant l’existence d’un principe spirituel, ramĂšne toute rĂ©alitĂ© à  la matiĂšre et à  ses modifications.

    Nous voilà  bien avancĂ©s, n’est-ce pas ? En fait, oui ! Il faut dĂ©finir ce qu’est un « principe spirituel », et la « matiĂšre ».
    Commençons par la « matiÚre » :

    MatiĂšre : substance dont sont faits les corps perçus par les sens, et dont les caractĂ©ristiques fondamentales sont l’Ă©tendue et la masse.

    Admettons que les physiciens soient les mieux placĂ©s pour la dĂ©finir : la matiĂšre est constituĂ©e d’atomes (on peut raffiner, mais l’essentiel est là ).
    DĂ©finissons maintenant, et c’est plus difficile, « principe spirituel ». Un principe, c’est l’idĂ©e de dĂ©but, et/ou de cause. Ici, c’est l’idĂ©e de cause qui nous intĂ©resse. Spirituel, ensuite :

    Spirituel : de l’ordre de l’esprit, de l’Ăąme, qui concerne sa vie, ses manifestations, qui est du domaine des valeurs morales ou intellectuelles.

    Un principe spirituel, c’est donc en gros (dites moi si je me trompe
) : la cause de la pensĂ©e, de l’esprit.
    La pensĂ©e a t’elle une cause autre que matĂ©rielle ?
    En ce qui concerne le siĂšge de la pensĂ©e, je pense que tout le monde est d’accord : les neurones sont le siĂšge biologique de la pensĂ©e, et ils sont eux-mĂȘmes constituĂ©s de cellules, elles-mĂȘmes constituĂ©es d’atomes.
    Mais, avoir identifiĂ© le siĂšge matĂ©riel de la pensĂ©e, de la spiritualitĂ©, ne nous dit pas grand-chose sur sa cause. C’est là  le point de sĂ©paration entre les croyants et les non-croyants. Trois options sont possibles à  partir de là  :

    • vous croyez que la cause de la pensĂ©e, de la vie spirituelle est ailleurs que dans cet enchevĂȘtrement de neurones, et vous croyez donc en un principe spirituel (Dieu?)
    • vous croyez que la cause de la pensĂ©e, ce sont les mouvements des atomes dans les neurones, et vous ĂȘtes matĂ©rialiste
    • vous croyez que la pensĂ©e est bien le rĂ©sultat de l’activitĂ© neurale, mais que la « cause » elle-mĂȘme de la pensĂ©e restera un mystĂšre, vous ĂȘtes ce qu’on pourrait appeler un agnostique

    Pour ma part, la raison me pousse à  considérer la troisiÚme solution comme la plus sage, mais ma conviction est plus proche de la deuxiÚme.
    Et vous ?

  • Quelques citations en Ă©quilibre

    Tout est question d’équilibre dans notre vie et dans notre action, en tout cas pour ceux qui veulent vivre en vĂ©ritĂ©. L’organisme mĂȘme est un Ă©quilibre complexe, interne et avec son milieu. La recherche de l’équilibre est une donnĂ©e physiologique, et donc psychologique. Tendre vers l’équilibre est une caractĂ©ristique humaine :

    La tendance la plus profonde de toute activitĂ© humaine est la marche vers l’Ă©quilibre.

    Jean Piaget (1896 – 1980) biologiste, psychologue, logicien et Ă©pistĂ©mologue suisse

    Il faut toujours se garder des extrĂȘmes, qu’ils soient en pensĂ©e ou en comportement. C’est ce qu’on appelle la tempĂ©rance :

    Tout ce qui est excessif est insignifiant.

    Charles-Maurice de Talleyrand-PĂ©rigord (1754 – 1838) Homme d’Etat et diplomate français

    Il convient donc toujours de chercher à  Ă©quilibrer les contraires, et les contraintes. Ce qui revient souvent à  identifier les extrĂȘmes, et à  chercher entre les deux la voie d’action Ă©quilibrĂ©e. C’est ĂȘtre pragmatique, plutĂŽt que dogmatique.
    Equilibrer le temps consacrĂ© aux choses, Ă©quilibrer les pensĂ©es contradictoires qui nous peuvent nous assaillir, Ă©quilibrer les sentiments qui peuvent ĂȘtre complexes.
    On passe notre temps à  équilibrer les choses, plus ou moins bien, plus ou moins souvent, selon notre caractÚre.
    Au final, c’est une chose qui est paradoxale : si on veut ĂȘtre Ă©quilibrĂ© en tout, il faut aussi l’ĂȘtre en ce qui concerne l’équilibre. Ne pas ĂȘtre trop Ă©quilibrĂ©, c’est-à -dire savoir toujours se mettre en dĂ©sĂ©quilibre, en mouvement. Le paradoxe n’est qu’apparent : il faut Ă©quilibrer le temps consacrĂ© au jugement, à  la rĂ©flexion et celui consacrĂ© à  l’action. Ces deux là  semblent d’accord là -dessus :

    La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’Ă©quilibre.

    Albert Einstein (1879 – 1955) physicien thĂ©oricien allemand, puis helvĂ©tico-amĂ©ricain

    et

    Équilibre est synonyme d’activitĂ©.

    Jean Piaget (1896 – 1980) biologiste, psychologue, logicien et Ă©pistĂ©mologue suisse

    Dans les faits, cela revient à  :

    Agir en homme de pensĂ©e et penser en homme d’action.

    Jean Piaget (1859 – 1941) philosophe français

    Source des citations : www.evene.fr et kulture-et-konfiture

  • Le sens de la vie

    Le sens de la vie

    La vie a-t-elle un sens ? C’est une question que tout le monde s’est posĂ©e au moins une fois.
    Pour qui ne croit pas en une vie aprĂšs la mort, le seul sens objectif de la vie, c’est d’aller de la vie Ă   la mort. La vie n’a pas de sens en dehors de cette plage restreinte : elle est absurde. La vie n’a pas de sens absolu. C’est dur Ă   admettre, mais c’est comme ça : quelle que soit la vie que l’on mĂšne, Ă   la fin on crĂšve.
    DĂšs lors, deux attitudes sont possibles :

    • on peut accepter que la vie n’aie pas de sens, ou au contraire ĂȘtre trop attachĂ© au sens pour se contenter de ça. La premiĂšre attitude est certainement trĂšs sage, mais elle difficile Ă   vivre — en tout cas pour moi -. C’est sortir de l’envie d’absolu par la nĂ©gation complĂšte du sens, et donc de cette envie. Et je n’aime pas trop nier mes envies

    • La seconde attitude mĂ©rite qu’on s’y attarde : si la vie n’a pas de sens absolu, et que j’ai envie qu’elle en ait un quand mĂȘme, comment je fais ? Il reste le sens relatif. Relatif Ă   quoi ? mais, Ă   ce qu’on veut, bien sĂ»r ! Ă   ce qui fait sens pour nous. C’est Ă   nous de donner du sens Ă   notre vie, puisque le monde ne le fait pas. Chacun est libre de donner le sens — relatif – qu’il veut Ă   sa vie.

    Pour ma part, j’ai identifiĂ© trois « sens » Ă   ma vie. Au sens biologique, le sens de la vie est de vivre et de se perpĂ©tuer. Faire des enfants fait partie du sens de la vie.
    Au sens « expĂ©rience vĂ©cue », ce qui donne du sens c’est ce qui rend heureux et fait aller d’un point Ă   un autre dans un mĂȘme temps : faire des projets avec les autres donne du sens Ă   la vie. Les imaginer, les rĂ©aliser, en jouir, et en refaire. Avec les autres. Parce que la vie n’a pas de sens, parce qu’on est toujours tout seul au final, c’est justement un effort de la volontĂ© que de ne pas accepter le silence du monde et la solitude. On se construit par les autres et par l’action. C’est l’effort pour donner du sens Ă   sa vie.