CatĂ©gorie : đŸ§‘đŸ»â€đŸ€â€đŸ§‘đŸ» SociĂ©tĂ©

  • Justice sociale et Ă©galitĂ©

    Justice sociale et égalité

    Constat

    Le monde est injuste. Il suffit de regarder autour de soi pour constater des injustices monstrueuses. Quelle justice dans le monde quand on peut naĂźtre malformĂ© ? Ou malade ? Ou dans une famille qui ne nous donnera pas d’amour ? Ou dans un pays dĂ©vastĂ© par la maladie ou la guerre ? Il y a sur la terre des gens qui naissent avec tout et d’autres avec rien. C’est tout le sens qui est contenu lĂ  , et les droits de l’homme. Dire que les hommes naissent libre et Ă©gaux en droit, c’est affirmer que, malgrĂ© toutes les inĂ©galitĂ©s injustes prĂ©sentes au dĂ©part, la sociĂ©tĂ© que l’on veut construire n’en crĂ©era pas de supplĂ©mentaires.
    Cela, c’est le constat que l’on peut faire Ă   12 ans, en ouvrant les yeux. Et ce sentiment d’injustice est une facette trĂšs humaine et trĂšs communĂ©ment partagĂ©e de nos sentiments.

    La justice n’est pas l’Ă©galitĂ©

    La suite, c’est de savoir comment on garantit le mieux possible qu’une sociĂ©tĂ© ne produit pas d’injustices supplĂ©mentaires. Et trouver l’équilibre entre l’égalitĂ© et la justice. C’est un sujet qu’on n’aime pas trop en France : l’égalitĂ© est-elle forcĂ©ment juste ?
    Poser en principe l’égalitĂ© de droit c’est une trĂšs bon moyen d’éviter un certain nombre d’injustices de type « castes ». Mal comprendre ce principe, c’est vouloir une Ă©galitĂ© de fait, et c’est l’esprit du communisme.
    Ce qui est choquant dans les inĂ©galitĂ©s, ce sont celles qui ne sont pas mĂ©ritĂ©es. Celles qui sont lĂ   avant ou dĂšs la naissance, oĂč qui sont créées malgrĂ© nous par l’environnement. Une sociĂ©tĂ© juste se doit de corriger ces inĂ©galitĂ©s lĂ  .

    Il y a des inégalités justes

    Il ne faut pas se tromper de cible et vouloir corriger toute inĂ©galitĂ©. Certains Français sont soupçonneux dĂšs qu’une inĂ©galitĂ© pointe le bout de son nez. MĂȘme si elle est juste. Dire qu’une inĂ©galitĂ© peut ĂȘtre juste, c’est dĂ©jĂ   douteux pour beaucoup. Cela force Ă   poser la question du mĂ©rite, centrale dans les sociĂ©tĂ©s dĂ©mocratiques libĂ©rales telles que la nĂŽtre.
    Les injustices sont Ă   mon avis la principale source de mĂ©contentement dans notre sociĂ©tĂ© ; peut-ĂȘtre mĂȘme que le sentiment d’injustice est une source de violences sociales plus importante que la pauvretĂ© Ă   moyen terme.
    RĂ©flĂ©chir aux rapports entre la justice sociale et l’égalitĂ© est indispensable.
    Comme le disait Aristote :

    La plus grande injustice est de traiter également les choses inégales.

    J’espĂšre que toutes ces questions seront dĂ©battues librement par les candidats Ă   l’élection prĂ©sidentielle ; cela permettrait de sortir un peu de la schizophrĂ©nie ambiante qui consiste Ă   vivre dans une sociĂ©tĂ© qui soupçonne toujours celui ou celle qui rĂ©ussit Ă©conomiquement, tout en vivant sur son dos. Histoire d’ĂȘtre un peu plus justes.