Catégorie : 🧑🏻‍🤝‍🧑🏻 Société

  • Qui applique la Loi en France ?

    Vu hier dans un reportage au journal de TF1 : le combat de Ligue de Protection des Oiseaux contre les chasseurs qui continuent de poser dans les landes des pièges à  ortolan (un petit oiseau protégé en Europe). On y voyait la violente réaction des chasseurs contre les membres de l’association. Et on ne pouvait manquer de se poser la question suivante : n’est-ce pas aux forces de l’ordre de faire appliquer la Loi ?
    Personnellement, le débat entre chasseurs et écologistes ne m’interesse pas plus que ça : les ortolans sont le dernier de mes soucis. Il est simplement dommage de menacer une espèce vivante pour satisfaire les appétits de quelques gourmets en mal d’originalité, ou de traditions. Par ailleurs, ce débat m’intéresse encore moins (pas du tout, même) à  partir du moment où une loi a été votée.
    Le reportage était certainement courageux (visiblement, des membres de la LPO et de de l’équipe de tournage de TF1 se sont fait molester par les chasseurs furieux), mais il n’allait pas jusqu’au bout. L’information, en l’occurence, ce n’est pas simplement de montrer l’affrontement, c’est aussi aller voir les autorités locales (Mairie, Gendarmerie) pour leur demander pourquoi la Loi n’est pas appliquée dans leur secteur ? Est-ce dû à  un manque de moyens, ou à  une coupable complaisance d’un pouvoir local qui ne veut pas heurter les traditions séculaires ? Toutes ces questions restaient en suspens, et le citoyen ne pouvait que se poser cette question cruciale, qui revient souvent sur d’autres sujets : pourquoi n’applique-t-on pas systématiquement les Lois que nous nous donnons ? Pourquoi les journalistes ne font-ils pas leur travail d’information jusqu’au bout ? Il me semble pourtant moins « dangereux » d’aller interviewer la Police ou le Maire, que d’aller dans les champs libérer des oiseaux avec les écologistes…

  • Pensée du matin : le meilleur des mondes n’est pas loin !

    Alors que Sanofi-Aventis
    s’est vu refuser son nouveau médicament
    (l’Acomplia, ou Zimulti aux USA) contre l’obésité par la Food&Drug Admnistration aux USA, le jeu économique est rude pour le groupe pharmaceutique. Visiblement, cet échec va lui faire perdre son avance sur ses concurents américains (Pfizer notamment). Le médicament en question semble avoir des effets secondaires psychiques importants (pensées suicidaires..).
    Alors que l’obésité progresse (aux USA comme en France), on en vient donc à  inventer des médicaments contre l’obésité. Plutôt que de prévenir l’obésité, par la nutrition, par la sensibilisation aux comportements addictifs que la nourriture peut provoquer, par la pratique régulière d’un exercice corporel, on va fabriquer des pillules pour aider les obèses à  maigrir. Je ne connais pas les mécanismes exacts de ce médicament mais, visiblement il bloque des récepteurs spécifiques présents dans le cerveau, les tissus adipeux et le foie, et le médicament joue donc sur le métabolisme du glucose et des lipides, c’est-à -dire sur la façon dont le corps utilise ou stocke les sucres et le graisses, et sur la sensation de satiété.
    On va donc pouvoir bouffer comme des gorets, car une pillule magique viendra modifier la manière dont notre corps va stocker tout ça. Bouffons du sucre et de la graisse !
    Et puis les effets secondaires semblent liés à  une augmentation des pensées suicidaires chez les utilisateurs. Mais ça ne change pas grand chose : l’obésité n’est-elle pas une forme de suicide à  la bouffe, comme la cigarette peut l’être avec la nicotine et les goudrons. Dormons tranquilles, la pharmacie veille sur notre bien-être ! Ne perdons pas trop de temps à  réflechir au mal-vivre qui cause l’obésité, puisque nous saurons bientôt en soigner les symptômes.

  • L’oral, l’écrit et internet

    L’oral, l’écrit et internet

    L’oral, c’est la communication animale, riche en sentiments, directe. C’est la seule qui soit vraiment chaleureuse. Parfois trop. L’écrit permet une prise de distance quelquefois nécessaire, et de formuler plus précisément des sentiments, en prenant son temps. La compilation d’informations nombreuses passe également par l’écrit. Ce qu’ont apporté les mails et les blogs : permettre de marier les avantages de l’oral (rapidité, interactivité) à  ceux de l’écrit (discours plus précis qu’à  l’oral, possibilité de prendre le temps pour répondre). Mais il ne faut pas sous-estimer le risque de disparition du contact réel. Il faut donc apprendre à  utiliser ce nouveau mode de communication, sans perdre l’essentiel : le contact humain, la communication directe, le sens dans la relation.

    Internet a révolutionné la communication. Que ce soit dans les médias, dans le travail, ou dans les relations personnelles, la rapidité et la présence mondiale d’internet a changé la donne. On connaît bien les modifications qui ont eu lieu au niveau des médias (diffusion planétaire et quasi-instantanée de l’information), au niveau du travail (recherche d’information grandement facilité, communication par mail prépondérante). Qu’en est-il au niveau de la communication privée ? Qu’apportent les nouvelles technologies (mails et blogs) ?
    Je voudrais juste passer en revue quelques atouts et inconvénients des différents types de communication. Historiquement, l’humain a d’abord connu la communication non-verbale, puis l’échange oral, puis l’écrit…et maintenant Internet ! Je ne parle ici que des modes de communication, et pas des différents langages.

    Communication orale

    Quelques atouts :

    • échange d’information direct et rapide
    • Contenu émotionnel riche (voix, attitude corporelle)

    Quelques inconvénients :

    • Contenu émotionnel riche (peut être difficile en cas de conflit, ou de fortes émotions)
    • qualité très dépendante des interlocuteurs (si quelqu’un s’exprime mal, l’échange d’information peut devenir difficile)
    • Proximité géographique nécessaire (difficile de parler à  quelqu’un qui est à  300 mètres, et a fortiori à  l’autre bout du monde !)

    La communication orale/physique est, selon moi, de loin celle qui est la plus riche et la plus indispensable. Quand elle se passe bien, c’est celle qui apporte le plus durablement du sens, de l’échange (notamment parce que des émotions y sont véhiculées, je pense).

    Quelques caractéristiques de la communication écrite (courrier habituel)

    Quelques atouts :

    • plus besoin de proximité géographique
    • possibilité d’exprimer plus précisément les sentiments, de prendre son temps pour le faire
    • Possibilité de mieux organiser l’échange d’informations, et donc d’échanger plus d’informations (un catalogue de La Redoute est plus long à  faire passer par téléphone!)

    Quelques inconvénients :

    • temps nécessaire pour écrire un courrier (minimum 1h)
    • délai pour la délivrance du message (même s’il a été énormément raccourci grâce aux avions)

    Le courrier standard est donc un moyen d’échanger plus d’informations, plus précisément (qu’il s’agisse de sentiments ou non), et présente les défauts de ses avantages : plus long à  produire, plus de délai pour l’interaction, moins de sentiments directs et de contact humain.

    Mail et blogs : le mariage de l’écrit et de l’oral…ou un piège pour solitaires !

    Les mails ou les blogs, par le côté instantané et direct, et par le côté « écrit », permettent de supprimer quelques inconvénients de l’oral et de l’écrit, et d’additionner les avantages de l’un et de l’autre ; pour peu que l’on fasse attention à  ne pas seulement cumuler les inconvénients de l’oral et de l’écrit…!

    Quelques atouts :

    • délais quasi-nuls ; interaction instantanée
    • possibilité d’exprimer des choses plus posément qu’à  l’oral, et plus rapidement qu’à  l’écrit (puisque la transmission est instantanée)

    Quelques inconvénients :

    • manque de contacts humains direct. C’est le piège n°1: ne se servir que de ce mode de communication, en pensant communiquer complètement
    • caractère trop bref de la communication, sur un mode oral / SMS. C’est le piège n°2 : profiter de la rapidité de ce mode de communication sans utiliser la formidable puissance de l’écrit, qui permet de prendre son temps, et dire les choses autrement qu’à  l’oral.

    Conclusion

    Pour terminer, je trouve qu’il y a un formidable potentiel dans les nouveaux modes de communication. Ce potentiel est déjà  réalité dans le monde professionnel, où le mail, le travail collaboratif, la veille active rapide ont apporté énormément en efficacité. Dans le domaine personnel, nous n’en sommes qu’au début. Le potentiel est énorme, mais il faut utiliser intelligemment ces nouveaux médias. Comprendre, justement, qu’il s’agit d’un média (d’un support) et que le contenu c’est le sens que nous y mettons. Ceux qui ne seront pas capables de le faire seront condamnés à  passer des heures devant leur écran, seuls, et sans contact signifiant (utiliser Meetic pour nouer un contact réel avec quelqu’un c’est très bien : mais combien passent des heures devant leur PC en ayant l’illusion de remplir ainsi leur désert sentimental ?). Ceux qui sauront apprivoiser ce curieux mariage d’écrit et d’oral, d’instantanéité mondiale et de mélange global des cultures en verront la force : pouvoir rester en contact par mail avec des personnes éloignées, avoir quelques discussions sur l’actualité (blog), mettre en place des espaces communs familiaux pour continuer à  tisser le lien familial (gros projet de « blog » familial en cours…), se tenir au courant. J’aime toutes ces possibilités offertes ; à  nous de savoir les utiliser intelligemment, de manière signifiante, interactive et riche d’humanité !

  • Des millions et des milliards !

    Deux nombres impressionnants entendus à  la radio ce matin :

    • 1 000 000 : c’est le nombre de Wii vendues par mois dans le monde ! (fabrication : 1 500 000 unité par mois pour diminuer l’attente des clients)
    • 1 000 000 000 : c’est le nombre de PC en activité sur la planète ! (prévision : 2 000 000 000 en 2015 !)

    Voilà  des chiffres qui donnent un peu le vertige, et qui font bien comprendre l’ampleur et la rapidité de la révolution technologique qui a eu lieu !

  • Pensée du matin

    Ce que notre société a de plus énervant, à  mon gout : que le plaisir et le bonheur soient des choses presque honteuses…! S’il fallait attendre que le dernier malheureux disparaisse pour être heureux, alors le bonheur serait une idée morte. Si nous ne prenons pas la peine, de temps en temps, d’exprimer notre bonheur, notre plaisir, nous prenons le risque de le vivre toujours caché, toujours intériorisé, et le langage finira par nous faire croire que le bonheur et le plaisir se résument à  une absence de souffrance, ou de peine. Comment penser bien ce qu’on ne dit jamais ?
    Le bonheur n’est pas l’absence de malheur, ou de souffrance ! Le plaisir n’est pas un manque. Le bonheur est jouissance, désir, volonté. Le plaisir est jouissif, joyeux, indispensable !
    Les publicités pour pillules à  faire maigrir nous feront-elles oublier à  quel point il peut être jouissif de manger ? à  quel point il est bon de faire du sport pour perdre les petits kilos superflus, et entraîner son corps ?

  • Encore l’Etat, toujours l’Etat…

    J’aime bien Nicolas Sarkozy. Je le trouve juste, plein d’énergie et capable de remettre pas mal de choses en bon ordre de marche s’il est élu. Et je l’ai trouvé convaincant lundi soir, dans l’émission qui le mettait face aux questions d’un « échantillon » de français…J’ai également apprécié sa lettre de soutien à  Charlie Hebdo, dans l’affaire qui oppose le journal satirique aux abrutis extrémistes du CFCM…
    Mais il y a certaines de ses réponses qui ne me satisfont pas. Lorsqu’une personne lui pose la question du manque de médecin dans les petits villages de campagne, Sarkozy répond … qu’il donnera des subventions aux médecins qui vont s’installer dans les régions « désertés »…réponse pleine de pragmatisme ? non : réponse imbibée de la logique habituelle de l’Etat providence. Pour conserver intacte l’illusion que la santé ne coûte rien, et que tout le monde y accède de la même manière (ce qui n’est pas vrai), on préserve le dogme de la consultation à  prix fixe.
    Pour surtout ne pas annoncer une libéralisation de la médecine (pourtant censée être déjà  libérale), les efforts à  fournir — payés par le contribuable, bien sûr – vont être les suivants :

    • payer des fonctionnaires pour collecter l’impôts et les cotisations
    • payer des fonctionnaires pour évaluer quelles zones doivent bénéficier de subventions, et pour distribuer les subventions aux médecins
    • maintenir en continu la surveillance : si la mesure porte ses fruits, la répartition des médecins va changer, et il faudra régulièrement réévaluer quelles zones doivent ou non bénéficier des subventions

    Que d’efforts pour essayer de reproduire, en moins bien, les effets qu’une libéralisation du service « médecine » auraient eus de manière naturelle et régulatrice. Pourquoi autant de méfiance vis-à -vis des effets régulateurs de la libre évolution de l’offre et de la demande ? Pourquoi ne pas comprendre que c’est le prix fixe de l’acte médical qui crée cette désertification : si je touche 20€ par consultation, je vais aller m’installer là  où il y a le plus de clients possible, non ? c’est logique…
    En effet, imaginons un instant (horreur!) que le prix de la consultation soit complètement libre : chaque médecin fixe le prix qui lui chante pour la consultation — ou n’importe quel acte médical, d’ailleurs. Qu’est-ce qui serait choquant à  cela, d’ailleurs ? Est-ce que quelqu’un s’étonne que les prix des voitures ne soient pas tous identiques ? Est-ce que quelqu’un propose que les prix des appartements soient les mêmes quel que soit l’emplacement ? non, bien sûr. On va me répondre que la médecine n’est pas un produit, ou un service comme un autre ; je reviendrais là -dessus dans un prochain billet, mais notons dès à  présent que si la médecine n’est pas un service comme un autre, il ne faut pas non plus vouloir la faire fonctionner à  rebours de tous les mécanismes économiques connus, et qui sont sources de régulation. Par ailleurs, le fait d’être un produit différent des autres, ce dont je suis d’accord, n’impose pas pour autant que ce produit doivent avoir un prix unique partout et pour tous !
    Continuons donc l’expérience de pensée : le prix des actes médicaux est librement fixé par les médecins. Les effets d’offre et de demande vont donc jouer :

    • le médecin qui ira s’installer dans une zone de campagne un peu désertée fera payer plus cher sa consultation (ce qui est rare est cher)
    • Il sera donc incité à  s’installer là , puisque sa balance financière sera assurée : moins de clients, mais plus d’argent par client ; mais cette incitation ne coûtera pas un sou aux Français (sauf qui iront se faire soigner chez lui)
    • Cela désengorgera les villes, saturées en médecin
    • Cela permettra aussi, avantage important, aux bons médecins de faire payer la qualité de leurs services

    On me dira : oui, mais alors, les pauvres gens qui habitent dans ce village vont payer plus cher que les autres ! oui, mais c’est déjà  le cas : s’il n’y a pas de médecin dans leur village, il faut bien qu’ils payent leur essence pour aller en trouver un dans la ville voisine, non ? Par ailleurs, la régulation par le marché aura lieu : plusieurs médecins pourront avoir la même idée, et du fait de leur nombre, ils seront obligés d’ajuster au plus près le prix de la consultation pour garder leurs clients…
    Pourquoi ne pas économiser alors tous ces coûts de fonctionnement de collecte de cotisations et de redistribution, alors que l’offre et la demande feraient le travail plus efficacement et de manière plus durable ? C’est être dogmatiquement anti-libéral. Je ne m’attendais franchement pas à  une réponse comme celle-là  de la part de Sarkozy.
    Un souhait, et une remarque, en guise de conclusion :

    • le souhait : que ce discours de Sarkozy soit purement d’ordre pragmatique, et de campagne, et qu’il sera — s’il est élu — plus libéral que ce qu’il peut se permettre de dire maintenant. C’est l’impression que j’avais eu en écoutant François Fillon. Nous verrons après les élections. Mais si on dit qu’on veut « tout dire avant, pour tout faire après », alors il faut aussi commencer le travail d’éducation économique des français, pour expliquer ce que le libéralisme a d’efficace.
    • la remarque : libéraliser les prix des actes médicaux n’implique pas un manque de solidarité, au contraire ! Il faut bien entendu aider les plus nécessiteux à  accéder aux soins. Mais je préfère que mes cotisations aillent à  une aide directe et efficace d’accès aux soins, plutôt qu’à  une sorte de redistribution généralisée – du saupoudrage – menant à  une aide mal donnée, à  une médecine de mauvaise qualité, et à  une inflation du nombre de fonctionnaires.

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