Catégorie : 🧑🏻‍🤝‍🧑🏻 Société

  • ConsĂ©quence

    Après la scandaleuse dĂ©cision du Conseil Constitutionnel (qui se torche ouvertement les fesses avec les dĂ©cisions de l’AssemblĂ©e), je n’ai pu m’empĂŞcher, dans les Ă©changes et rĂ©actions sur X de ressortir mon article « Sommes-nous toujours en dĂ©mocratie ? » (spoiler : non). Et je me suis levĂ©, avec du coup, cette phrase en tĂŞte :

    Les hommes trébuchent parfois sur la vérité, mais la plupart se redressent et passent vite leur chemin comme si rien ne leur était arrivé.

    Winston Churchill (1874-1965)
    Homme d’Etat et Ă©crivain britannique.

    Parce que oui, ce n’est pas la première fois que je constate que nous ne sommes plus tout Ă  fait en dĂ©mocratie, mais je fais très exactement ce que dĂ©crit la citation : je me « redresse » (c’est-Ă -dire, j’ai les moyens de ne pas rester au sol, en contact avec la rĂ©alitĂ© qui m’a fait trĂ©bucher), et je passe Ă  autre chose. Mais cela ronge, peu Ă  peu, de faire semblant de ne pas voir ce qu’on a vu. Comme le disait Ayn Rand :

    Nous pouvons Ă©chapper Ă   la rĂ©alitĂ©, mais nous ne pouvons pas Ă©chapper aux consĂ©quences d’échapper Ă   la rĂ©alitĂ©.

    Ayn Rand (1905-1982) philosophe, scĂ©nariste et romancière amĂ©ricaine d’origine russe.

    Je m’interroge donc sur ce que signifie, en l’occurence, « les consĂ©quences d’Ă©chapper Ă  la rĂ©alité » ? Quelles sont les consĂ©quences Ă  faire semblant, plus ou moins, de vivre en dĂ©mocratie alors que ne nous le sommes pas ? On parle de consĂ©quences, dans les deux sens termes : les rĂ©percussions de cette attitude d’Ă©vitement du rĂ©el, et l’attitude consĂ©quente (« qui reste logique avec soi-mĂŞme »). Je sĂ©pare de manière un peu artificielle ci-dessous les aspects individuels (cognitifs, comportementaux, moraux) et les aspects collectifs (sociaux, politiques), et j’essaye de ne pas thĂ©oriser mais plutĂ´t garder un regard pragmatique.

    Conséquences personnelles

    Sur un plan personnel, nous n’avons que deux options. Constater l’absence de dĂ©mocratie, et en tirer les consĂ©quences, ou « faire comme si » on Ă©tait en dĂ©mocratie (et en tirer les consĂ©quences). Le coĂ»t cognitif est plus Ă©levĂ© si on constate rĂ©ellement qu’on n’est plus en dĂ©mocratie : tous les discours, affichages, propos, toute la propagande nous hurle le contraire. Il faut donc assumer d’ĂŞtre, au quotidien, en dĂ©calage avec le monde dans lequel on vit. Voir des menteurs pavaner, des bureaucrates brider la libertĂ© et se vautrer dans l’arbitraire, Ă©couter de la propagande. C’est moralement fatiguant, et difficile Ă  assumer avec calme et sĂ©rĂ©nitĂ©. D’un autre cĂ´tĂ©, le « faire comme si » est une manière de mettre la tĂŞte dans le sable. C’est plus facile, un certain temps. Mais la rĂ©alitĂ© nous rattrape rĂ©gulièrement, et il faut dĂ©ployer des « efforts » pour continuer Ă  ne pas la voir (drogues, excès de consommation de tout type). Il me semble que cela revient Ă  ne plus pouvoir rĂ©flĂ©chir de manière rĂ©aliste, puisqu’on fausse une partie du contexte Ă  nos rĂ©flexions. Je suis persuadĂ©, par ailleurs, que la somme des renoncements individuels, des choses tues, de l’auto-censure, participe de la dĂ©gradation du niveau de discussion et de la prise en compte du bien commun dans la politique, et accĂ©lère donc la dĂ©gradation. Nous n’avons pas d’autres choix, in fine, que d’agir en connaissance de cause. Les instances actuelles du pouvoir peuvent de manière arbitraire rayer d’un coup de crayon une partie de nos droits. Annuler des dĂ©cisions dĂ©mocratiques prises par les Chambres. C’est le cas de manière structurelle (les rĂ´les que se sont donnĂ©s les Conseils d’Etat et Constitutionnel), mais c’est aussi le cas dans la tambouille juridique du quotidien (oĂą l’on constate l’extension permanente du règlement sur le lĂ©gislatif. Mes biens, mes choix, la vie de mes proches est soumise Ă  un arbitraire grandissant, grandiloquent et moralisateur, constructiviste, socialiste. On a beau le voir et le dire : depuis que ce blog existe, depuis 2006, le mouvement n’a jamais Ă©tĂ© inversĂ©. On continue Ă  tomber de plus en plus bas. Il y a un an, je m’interrogeais pour savoir si nous avions touchĂ© le fond. Pas du tout, et le mouvement s’est accĂ©lĂ©rĂ©.

    Conséquences collectives

    Par ailleurs, la dĂ©mocratie ne disparaĂ®t pas forcĂ©ment par rupture brutale, mais par glissement de seuils tolĂ©rĂ©s. A force d’accepter, individuellement, les entorses, on laisse filer ce qu’on ne voulait pas. Je pense d’ailleurs que le constat a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© fait par de nombreuses personnes, et qu’une des consĂ©quences de la prise en compte qu’on n’est pas/plus en dĂ©mocratie peut se lire dans les taux de participation : les gens sentent bien, de manière plus ou moins rĂ©flĂ©chie, que leur vote ne sert Ă  rien. C’est encore ce qu’on vient de constater sur les ZFE (et ce n’est qu’une Ă©nième confirmation du phĂ©nomène). Les gens sont soit dĂ©sengagĂ©s (« je vis ma vie dans mon coin et advienne que pourra »), soit plus radicaux – ce qui n’est pas nĂ©cessairement un problème – (« le système est complètement pourri, seules des actions hors-champs dĂ©mocratique pourraient le faire changer »), parfois les deux Ă  la fois.

    Etre conséquent

    Que signifierait ĂŞtre consĂ©quent ? Si je suis attachĂ© Ă  la dĂ©mocratie, cela pourrait signifier se battre pour que la nĂ´tre, abimĂ©e, en redevienne une, ou fuir vers un pays qui est rĂ©ellement dĂ©mocratique. Ou prolonger la rĂ©flexion : le problème est-il le manque de dĂ©mocratie, ou l’excès de pouvoir que nous avons peu Ă  peu confiĂ© Ă  l’Etat et aux institutions, quitte Ă  ce qu’ils puissent les principes mĂŞme qui fondaient notre sociĂ©tĂ© ? Il me semble que c’est ce deuxième point qui est le centre de la question. Comme le disait Hayek « Ce n’est pas la source mais la limitation du pouvoir qui l’empĂŞche d’ĂŞtre arbitraire. » L’extension sans fin du domaine d’intervention de l’Etat est bien sĂ»r un problème central. Car cette extension va avec toujours plus d’arbitraire, de gabegie, de rĂ©glementations, de taxations, d’assistanat, d’achat direct ou indirect de votes. Est-il possible – dans un pays oĂą presque la moitiĂ© des citoyens touche ses moyens de survie de l’Etat – d’imaginer qu’un vote majoritaire puisse cibler un candidat qui parle de prospĂ©ritĂ© et de richesses obtenues par le travail (et non par le vol organisĂ© sous forme de « justice sociale ») ?
    Rien n’est moins sĂ»r. Un point d’espoir tout de mĂŞme : les peuples europĂ©ens, Ă  plusieurs endroits, montrent des signes de rĂ©bellion par rapport Ă  cet ordre des choses scandaleux (notamment sur les sujets d’invasion migratoire). Une partie des pourritures qui gangrènent les instances internationales (ONU, OMS et compagnie) a Ă©tĂ© identifiĂ©e, et montrĂ©e du doigt, notamment par Milei & Trump. Mais Dieu que c’est long en France. Serons-nous les derniers Ă  rĂ©agir ? A temps ?

    Je me rends compte que je tourne en rond avec ces questions. C’est le fameux triptyque biologique explicitĂ© par Laborit : mĂ©canismes de lutte, de fuite, ou d’inhibition de l’action. Lutter, c’est ce que tout le système, et les bonnes manières, nous empĂŞchent de faire au quotidien : rentrer dans la gueule des ignobles, refuser de se faire voler son argent, taper soi-mĂŞme les racailles et les juges abjects qui les protègent. Fuir, c’est que ce nous faisons tous, par moment, en nous recentrant sur ce qui compte (notre famille, notre travail, notre environnement quotidien), en crĂ©ant, en lisant, en imaginant des choses, parfois en abusant de drogues ou de fictions. Les deux, pour Laborit, sont des mĂ©canismes salvateurs, c’est-Ă -dire qui permettent de se soustraire aux effets nocifs du stress. Le dernier, l’inhibition de l’action, est l’attitude Ă  Ă©viter : celle qui fait souffrir l’organisme. J’ai bien peur que triturer pour la Ă©nième fois ces sujets ne soit que de l’inhibition de l’action, liĂ©e Ă  l’impuissance. Il vaut mieux aller boire une bière avec ses amis, crĂ©er, s’engager en politique, que ressasser des constats mille fois faits. Si structurer sa pensĂ©e est une action (« Les mots justes trouvĂ©s au bon moment sont de l’action. »), il me semble qu’elle est devient vite une excuse pour ne pas lutter ou fuir. C’est une dĂ©formation d’intellectuel. On peut penser ce qu’on veut de tout ça. DĂ©solĂ© pour cet article dĂ©cousu.
    La rĂ©alitĂ©, c’est que les pauvres gens qui pensaient que leurs dĂ©putĂ©s avaient rĂ©ussi Ă  dĂ©fendre leurs intĂ©rĂŞts se sont fait bien baiser par les 9 singes. Le reste, c’est de la littĂ©rature.

  • PropriĂ©tĂ© privĂ©e

    Propriété privée

    Dans une discussion familiale qui s’est dĂ©roulĂ©e sur Signal, un point de dĂ©saccord a Ă©mergĂ© sur la notion de « propriĂ©tĂ© privĂ©e » et sur le fait, disais-je, que les français, manipulĂ©s par des dĂ©cennies de socialisme, ne respectent plus la propriĂ©tĂ© privĂ©e. Il m’a Ă©tĂ© rĂ©pondu, et j’ai trouvĂ© l’argument valide sur le moment, sans pour autant changer d’avis : « les français respectent la propriĂ©tĂ© privĂ©e : ils sont 60% Ă  ĂŞtre propriĂ©taires de biens immobiliers et bien d’autres y aspirent ». Cette phrase est vraie, d’un bout Ă  l’autre. Mais ce n’est pas un bon argument. J’essaye d’expliquer pourquoi ici.

    Etat de fait versus Principe

    En effet, on peut tout Ă  fait dĂ©sirer ou convoiter un bien (ou un Ă©tat de fait) sans pour autant respecter la propriĂ©tĂ© privĂ©e. Respecter la propriĂ©tĂ© privĂ©e, c’est respecter une « règle de juste conduite abstraite ». C’est un principe moral. Respecter la propriĂ©tĂ© privĂ©e, c’est considĂ©rer que tout ĂŞtre humain est propriĂ©taire (et responsable) de sa vie, du fruit de son travail et de ce qu’il acquiert par des Ă©changes libres. On peut donc tout Ă  fait dĂ©sirer ĂŞtre propriĂ©taire, et considĂ©rer qu’il est lĂ©gitime de voler le bien Ă  quelqu’un d’autre (un riche, un salaud de capitaliste, etc.). Que les français, et les gens en gĂ©nĂ©ral, gardent un bon sens et une comprĂ©hension concrète de leur propre intĂ©rĂŞt, c’est fort heureux (il vaut mieux ĂŞtre propriĂ©taire si on peut) ; mais cela ne valide en aucune manière leur respect de la propriĂ©tĂ© privĂ©e. Ce sera juste un bon moyen, s’ils deviennent propriĂ©taires, d’avoir des gens en plus qui dĂ©fendront ce principe (par intĂ©rĂŞt personnel).

    Je crois, et j’ai peut-ĂŞtre tort, qu’une grande partie de la population trouve lĂ©gitime de « voler » des biens Ă  certains pour les donner Ă  d’autres. La notion mĂŞme de « justice sociale », si bien dĂ©montĂ©e par Hayek, sert très exactement Ă  cela. Justifier des transferts forcĂ©s. Rappelons-le : la très grande majoritĂ© de l’argent pompĂ© aux français ne sert pas Ă  financer les fonctions rĂ©galiennes de l’Etat, mais de la redistribution forcĂ©e (part du rĂ©galien dans le budget de l’Etat autour de 20%). J’entends dĂ©jĂ  les rĂ©criminations : « et la solidaritĂ©! ». Mais quel est donc le sens d’une solidaritĂ© forcĂ©e ? La solidaritĂ© implique la comprĂ©hension mutuelle d’intĂ©rĂŞts partagĂ©s, d’une unitĂ© de destin, qui incite Ă  collaborer et Ă  s’entraider, de manière rĂ©ciproque. Je ne vois pas en quoi elle justifie le vol. J’y reviendrai plus bas.

    Morale

    Je reconnais que cette approche basĂ©e sur le respect de principe d’une règle de juste conduite applicable Ă  tous de la mĂŞme manière est très « dĂ©ontologique ». Larmore a montrĂ© que la morale est hĂ©tĂ©rogène : Ă  cĂ´tĂ© de ce principe dĂ©ontologique, on trouve le principe consĂ©quentialiste et le principe de partialitĂ©.

    J’appelerais ces trois principes : principe de partialité, principe conséquentialiste et principe déontologique. Ils se situent tous trois à un niveau élevé de généralité. Le principe de partialité sous-tend les obligations « particularistes » qui ne s’imposent à nous qu’en vertu d’un certain désir ou intérêt que nous nous trouvons avoir. (…) Le principe de partialité exprime donc une priorité du bien sur le juste. (…) Les deux autres principes pratiques – les principes conséquentialiste et déontologique – sont universalistes et représentent des obligations catégoriques. Le principe conséquentialiste exige que l’on fasse ce qui produira globalement le plus grand bien (la plus grande somme algébrique de bien et de mal), eu égard à tous ceux qui sont affectés par notre action. (…) Le principe déontologique exige que l’on ne fasse jamais certaines choses (ne pas respecter une promesse, dire des mensonges, tuer un innocent) à autrui, même s’il doit en résulter globalement un moindre bien ou un plus grand mal. (…) Contrairement au principe de partialité, ces deux principes impliquent des devoirs qui sont catégoriques et s’imposent à l’agent, quels que puissent être ses désirs ou ses intérêts. Ils expriment, par conséquent, une priorité du juste sur le bien. Il me semble que toute personne réfléchie reconnaît, dans une certaine mesure, les exigences de ces trois principes.

    Je suis peut-ĂŞtre trop fixĂ© dans une approche dĂ©ontologique. Mais si je pars sur une approche consĂ©quentialiste, alors les partisans de la « justice sociale », et de la rĂ©partition (ce que j’appelle le vol lĂ©gal, ou la spoliation) doivent reconnaĂ®tre que le mode de fonctionnement actuel, ne respectant pas – Ă  plein d’Ă©gards – la propriĂ©tĂ© privĂ©e n’atteint en aucune manière des consĂ©quences souhaitables. PaupĂ©risation, baisse gĂ©nĂ©rale du niveau de service, effondrement de l’Ă©cole, on pourrait continuer la liste. Tout cela pour un seul indicateur qui va dans leur sens (la baisse des inĂ©galitĂ©s). Ils n’ont donc raison ni sur l’aspect dĂ©ontologique, ni sur l’aspect consĂ©quentialiste. Ils prĂ©fèrent que les gens soit pauvres mais Ă©gaux, plutĂ´t que riches et inĂ©gaux. Et l’on a bien du mal, Ă  retrouver lĂ -dedans, une notion de solidaritĂ©. Un tel dĂ©litement de la sociĂ©tĂ©, un tel effondrement moral, ne saurait ĂŞtre un bon exemple de solidaritĂ© bien pensĂ©e. Par ailleurs, cette relative « égalité » des gens dans la pauvretĂ© (mesurĂ©e par des indicateurs utilisĂ©s politiquement et Ă  l’envers) cache bien mal la rĂ©alitĂ© concrète.

    Partialité

    Mais c’est lĂ  oĂą l’on retrouve le troisième principe moral : le principe de partialitĂ©. Car, bien sĂ»r, tout le monde n’est pas pauvre dans ce système. Certains, dont les dirigeants, ceux qui sont proches du pouvoir, ou ceux qui ont la chance d’avoir dĂ©jĂ  des moyens, ne souffrent pas autant que le reste de la population. Certains bien sĂ»r, ne sont pas des profiteurs immoraux, et essayent de faire bouger les lignes. Mais tout de mĂŞme, le système en est venu Ă  ĂŞtre clĂ´t sur lui-mĂŞme. C’est ce qui se passe Ă  mon avis : une petite « caste » tire les marrons du feu, pour soi et pour ses proches, en faisant du chantage moral au reste de la population au nom de l’Ă©galitĂ© et de la justice sociale. Ou de l’anti-racisme, ou de tout ce qui peut permettre de « menacer » d’exclusion sociale les opposants. Ils ont pillĂ© les ressources du pays, pris des mauvaises dĂ©cisions – au vu de l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral – sur presque tous les sujets, pillĂ© les ressources des gĂ©nĂ©rations futures, pillĂ© l’Ă©pargne des français. Il est probable, et c’Ă©tait l’avis que j’exprimais au dĂ©but de ce billet, qu’une bonne partie des français les dĂ©teste au moins autant par jalousie que par rĂ©probation morale. Beaucoup se rĂŞveraient dans la mĂŞme situation, sans pour autant vouloir respecter des règles abstraites de juste conduite, et le droit de propriĂ©tĂ©.

    Je ne demande qu’Ă  avoir tort, et ça serait une grande source d’espoir que de savoir que les français, dans leur majoritĂ©, considère qu’il est injuste de voler quelqu’un, mĂŞme riche.

  • Les gueux

    Les gueux

    Je suis de près le formidable mouvement des gueux, initiĂ© par Alexandre Jardin, mais, comme il l’explique, dont il n’a Ă©tĂ© qu’un catalyseur. J’ai commandĂ© pour soutenir le mouvement le petit livre manifeste (premier chapitre en ligne si vous voulez dĂ©couvrir). C’est un formidable coup de gueule contre les Ă©lites dĂ©connectĂ©es, mĂ©prisantes, enfermĂ©es dans des dĂ©lires de communicants politiquement correct, dans le dogme climatique, et surtout dans la volontĂ© de se tenir bien loin du peuple des gueux.
    Si vous n’avez rien suivi Ă  ce mouvement, sachez qu’il est parti de l’opposition Ă  une (nouvelle) règlementation complètement idiote et liberticide (loi ZFE) qui, sous couvert d’Ă©cologie (mon Ĺ“il), empĂŞchait tout bonnement des millions de citoyens de venir en ville, ou de vendre leur vĂ©hicule d’occasion. Ces citoyens – les Gueux! – que la règlementation excluaient d’une vie normale ne l’ont pas entendu de cette oreille. Ils ont manifestĂ© pour dire leur colère, avec le soutien des Maires.
    Après une première victoire (suspension de la loi ZFE), ils s’opposent maintenant Ă  de nouvelles règlementations totalitaires dans le mĂŞme dĂ©lire escrologiste (PPE3, qui va faire doubler la facture d’Ă©lectricitĂ© des français), et poussent pour que la dĂ©mocratie directe devienne la règle et non l’exception.
    Pour qui était avec les Gilets Jaunes, et avec les @NicolasQuiPaie, ce mouvement est une formidable occasion de taper du poing sur la table de faire passer quelques messages à nos « élites » devenues folles. Rendez-vous le 10 septembre pour un mouvement national !

  • Le règne du mensonge

    Le règne du mensonge

    On a beau tourner la tête, à droite, à gauche, en haut, en bas, c’est partout le règne du mensonge. Sur quelque sujet que ce soit, l’approche consistant simplement à vouloir commencer par les faits, la réalité, puis à élaborer, se heurte à toute une litanie de prêchi-prêcha à peine construits, à peine crédibles, et il faut toute la force de frappe d’une répétition médiatique continue, d’un matraquage de haute intensité pour l’imposer aux gens. Cette idéologisation permanente maintient la population dans un état d’enfance, en l’empêchant d’aller se confronter au réel.
    J’ai le sentiment parfois que certains de mes congĂ©nères ne pensent plus, ou n’osent plus le faire, et mĂŞme dans le pire des cas pĂ©rorent, assènent, bouffis de fausses certitudes visant simplement Ă  se regarder dans un miroir agrĂ©able Ă  leurs yeux. Les plus fieffĂ©s utilisent ces narrations politiques pour se faire une place de choix, implacablement. Cyniquement. Immoralement. Le travail et la droiture morale devraient seuls permettre de s’honorer de quoi que ce soit. Le mensonge est aussi, je crois, le signe de notre Ă©poque oĂą chacun veut aller vite. La vĂ©ritĂ© n’est pas toujours donnĂ©e, il faut travailler acquĂ©rir des connaissances. La vĂ©ritĂ© transcende, lĂ  oĂą le mensonge avili.

    Les plus honnêtes d’entre nous, bien sûr, heureusement, et dont j’ai la prétention de faire partie, continuent à penser, mais en se taisant souvent, en baissant parfois la tête, toujours en serrant les dents. Pour qui aime la vérité, et sa quête, l’époque est difficile. Cela mine en partie la qualité des relations sociales : être obligés de mentir par omission aux gens que l’on apprécie humainement est un crève-cœur.

    On est obligĂ© de regarder notre beau pays s’abimer, sans mĂŞme, au moins, pouvoir le dire. Heureusement, il existe des proches, des amis, avec qui l’on peut continuer Ă  au moins ne pas se mentir. Il faut, et je crois que c’est le premier combat, retrouver le goĂ»t de la vĂ©ritĂ©, chasser le mensonge, dĂ©battre. La libre expression, respectueuse et contradictoire, est l’urgence. Il faut abolir les lois de censures qui font baisser le niveau du dĂ©bat, et forcent les intelligences amoindries Ă  rĂ©pĂ©ter ou Ă  ne pas contredire – pour simplement pouvoir rester dans la zone de respectabilitĂ© – les contes Ă  dormir debout de ceux qui ont le pouvoir. Il faut couper toutes les subventions Ă  ceux qui, avec notre argent, Ĺ“uvrent Ă  restreindre la libertĂ© de penser.

    Je crois qu’il va falloir que tous les citoyens osent sortir de la zone de confort, et peu Ă  peu, en partant du cercle amical et familial, Ă©largissent les cercles de libre parole. Avec les collègues proches, avec son boulanger ou avec le serveur, avec ses voisins. Sur les rĂ©seaux. Le salut ne viendra pas d’en haut : les pires sont ceux que l’on voit faire leur cirque mĂ©diatique et politique pour rĂ©cupĂ©rer des postes, tout en nous vomissant dessus, car presque jamais ils ne parlent directement de ce qui est important, en des termes simples, avec le goĂ»t de l’intĂ©rĂŞt du peuple. Le mensonge, parfois, n’est pas que de la rouerie, mais bien de la perversitĂ©.

    Petit test : prenez un sujet, n’importe lequel. Réfléchissez quelques minutes à ce qu’est la situation réelle. Puis comparez avec ce qu’il est autorisé d’en dire socialement, et avec ce que les politiciens et les journalistes racontent. Je ne sais pas le sujet que vous avez choisi, mais je suis presque sûr de pouvoir affirmer la chose suivante : ce qu’il est convenu d’en dire dans un cadre social normal est un affreux ramassis de mensonges, de soumission au wokisme et à des idées délirantes d’extrême-gauche, de relativisme moral, d’approximations visant à cacher la réalité. C’est une sorte de dogme assez rigide, pouvant conduire au tribunal les plus rebelles du verbe, mais bâti sur du sable intellectuel et moral.

    Parlons-en. Le plus possible. Entre nous, souvent. Et essayons de faire bouger les lignes : plus nombreux nous serons, et plus nous serons à nouveau capable, peut-être, de faire un contre-pouvoir. Notre vote n’est plus tout à fait suffisant, il me semble, et j’en ai bien peur. Notre première arme, c’est la vérité.

    Alors, vous avez pris quoi comme sujet pour faire le test ?

  • Structures de censure

    Structures de censure

    Je suis assez surpris, pour ne pas dire plus, depuis quelques jours par les rĂ©actions, que je partage pourtant, relatives aux prises de positions de l’ARCOM, sous pilotage du Conseil d’Etat. Un obscur rapport d’un obscur apparatchik, visiblement complètement dĂ©bile (le rapport), sert Ă  faire semblant d’Ă©tayer la tentative de censure de Cnews. Je suis surpris parce que les commentateurs passent du temps, avec de bons arguments, Ă  expliquer pourquoi il ne faut pas, bien sĂ»r, couper CNews. Comme si ceux qui sont Ă  la manoeuvre avaient besoin d’ĂŞtre convaincu, ou rappelĂ© Ă  l’ordre en ce qui concerne la nĂ©cessaire libertĂ© d’expression.

    Soyons réalistes

    Soyons rĂ©alistes : ils n’en ont rien Ă  faire de la libertĂ© d’expression. La prise de pouvoir par les juges de notre fameux « état de droit » n’est plus Ă  dĂ©montrer. Elle a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© analysĂ©e (notamment Zemmour, dans « Le coup d’Etat des juges », en 1997, ou Philippe Nemo dans « La rĂ©gression intellectuelle de la France« , en 2011, qui avait montrĂ© comment les lois de censures contribuent Ă  saper le niveau des dĂ©bats). Le dĂ©tournement de la quasi-totalitĂ© des institutions censĂ©es garantir la libertĂ© est patent. Le cadre juridique a Ă©tĂ© ainsi vidĂ© de son sens par une confusion entretenue entre loi et rĂ©glementations (je l’ai analysĂ© en dĂ©tail ici). Il serait temps d’amender, pour une fois pour bonne raison, notre Constitution et d’y introduire quelque chose comme le premier amendement de celles des USA, qui interdit au lĂ©gislateur de faire des lois de censure.
    Le Congrès n’adoptera aucune loi relative Ă  l’Ă©tablissement d’une religion, ou Ă  l’interdiction de son libre exercice ; ou pour limiter la libertĂ© d’expression, de la presse ou le droit des citoyens de se rĂ©unir pacifiquement ou d’adresser au Gouvernement des pĂ©titions pour obtenir rĂ©parations des torts subis.
    Il est donc temps d’arrĂŞter le cinĂ©ma, et de se poser les bonnes questions : ceux qui menacent de faire taire Cnews ne sont pas Ă  convaincre de quoi que ce soit, puisqu’ils ont dĂ©jĂ  dĂ©cidĂ© que la libertĂ© d’expression Ă©tait infĂ©rieure, dans leurs valeurs, au fait de faire taire ceux qui ne sont pas d’accord avec eux. Ils ne veulent pas la libertĂ©, ils veulent garder le pouvoir.

    Structures de propagande et de censure

    Je suis donc Ă©galement surpris de constater que les journalistes français, aussi d’accord que je puisse ĂŞtre avec ceux qui dĂ©fendent, et bien, la libertĂ© d’expression, n’aient pas compris ce qui se joue, Ă  l’Ă©chelle mondiale. La prise de X (ex-Twitter) a conduit, pourtant, Ă  dĂ©montrer Ă  quel point les rĂ©seaux sociaux sont l’objet de vĂ©ritables entreprises de propagandes et de censures de la part des gouvernements (et de plein d’autres groupes plus ou moins organisĂ©s). Il importe donc, non pas de rejouer une Ă©nième fois le petit jeu des vierges effarouchĂ©es, mais de comprendre oĂą sont les structures de propagandes, par qui elles sont dirigĂ©es, comment elles agissent, histoire d’enfin livrer cette bataille. Si vous en avez le courage et la capacitĂ© (c’est en anglais) je vous invite Ă  Ă©couter les faits rapportĂ©s par Mike Benz chez Tucker Carlson. La machinerie mise en place pour museler les supporters de Trump, ou les opposants aux mesures liberticides pendant le COVID, est très clairement explicitĂ©e, ainsi que ses ressorts officiels : ne faisons pas semblant de ne pas voir. Les pourritures comme Thierry Breton ne sont pas des exceptions : ce sont les symptĂ´mes d’institutions qui ont, depuis assez longtemps maintenant, par le biais de leurs dirigeants, dĂ©cidĂ© qu’il fallait empĂŞcher les pensĂ©es divergentes de s’exprimer librement. Censure de masse correspond assez bien Ă  ce qui se passe sur les rĂ©seaux sociaux. C’est pour cela qu’Ă  son arrivĂ©e, Elon Musk a virĂ© les bots et … les agences gouvernementales.

  • SĂ©cession

    Sécession

    Le dernier ouvrage d’Eric Verhaeghe, « SĂ©cession », est sous-titrĂ© « Manuel d’auto-dĂ©fense contre la caste ». Eric Verhaeghe est – entre autres – animateur du site Le Courrier des Stratèges, et fin analyste du monde contemporain. J’ai dĂ©couvert Eric Verhaeghe au moment de la « crise Covid » car c’est une des rares personnes Ă  avoir gardĂ© la tĂŞte froide, Ă  s’opposer au matraquage systĂ©matique opĂ©rĂ© par la dite « caste », et Ă  continuer Ă  vouloir regarder les faits, Ă  rester exigeant sur notre conception – humaniste, libĂ©rale – de la sociĂ©tĂ©. C’est un sujet qui m’a pas mal (prĂ©)-occupĂ©, et qui continue de le faire par ce qu’il a rĂ©vĂ©lĂ© de fragilitĂ©s dans ce qu’on appelle l’Ă©tat de droit.

    Un livre passionnant

    C’est un bel ouvrage, passionnant, très direct et pĂ©dagogique que ce « SĂ©cession ». Capable Ă  la fois d’embrasser très large, et ensuite de redescendre au plus près des dĂ©tails opĂ©rationnels concrets, il est Ă  ce titre tout Ă  fait typique des livres de penseurs attachĂ©s Ă  la rĂ©alitĂ© (j’avais eu la mĂŞme sensation, dans un tout autre registre, en lisant le dernier Finkielkraut « L’après littĂ©rature »). Eric Verhaeghe y dĂ©crit donc, de manière prĂ©cise, sans rechigner Ă  prendre de la hauteur, ce qu’est la sĂ©cession. Mais avant cela, il prĂ©cise dans l’introduction les raisons de sa nĂ©cessitĂ©.

    Pourquoi faire sécession ?

    Partant du constat que les sociĂ©tĂ©s occidentales ont dĂ©rivĂ© vers une situation de très forte dĂ©pendance Ă  la consommation, comme un drogue, il expose en quoi une « caste » (dirigeants des Ă©tats, certains grands patrons, les mĂ©dias) voit une convergence d’intĂ©rĂŞt assez nette pour garder le pouvoir en encourageant cette dĂ©pendance. Cela rejoint la thĂ©orie du Great Reset de Klaus Schwab, conduisant Ă  un « capitalisme » de surveillance gĂ©nĂ©ralisĂ©e, adossĂ© une gouvernance mondiale Ă©tatiste brimant ce qui fait la beautĂ© de notre civilisation : la libertĂ©. J’ai mis des guillemets Ă  « capitalisme », car ce projet d’essence socialiste et totalisant (sinon totalitaire) n’a pas grand-chose Ă  voire, Ă  mon sens, avec le capitalisme.

    Face Ă  cette poussĂ©e Ă©tatiste, qui est d’essence autoritaire et mĂŞme totalitaire, seule la sĂ©cession permet de recouvrer des marges de libertĂ© et d’Ă©viter le naufrage collectif qui se profile (p. 30)

    Qu’est ce que la sĂ©cession ?

    Je copie ici un long extrait car il dit bien et le style et l’esprit du livre.

    Il faut toutefois prĂ©ciser ici ce qu’il faut entendre par sĂ©cession. LittĂ©ralement, la sĂ©cession est un acte de sĂ©paration entre deux entitĂ©s « morales ». Ce mot a Ă©tĂ© utilisĂ© dans des contextes diffĂ©rents, qui expriment tous la volontĂ© de ne plus vivre dans un mĂŞme pays. Par exemple, la RĂ©publique Tchèque et la Slovaquie ont fait sĂ©cession en 1993.
    Mais nous n’utilisons pas la sĂ©cession dans ce sens-lĂ . Nous prĂ©ferons lui accorder un sens social et spirituel, sur le modèle de la « secessio plebis », la sĂ©cession de la plèbe sur l’Aventin, au Ve siècle avant JĂ©sus-Christ, Ă  Rome. Ă€ cette Ă©poque, et par deux fois en quelques dĂ©cennies, le petit peuple de Rome s’Ă©tait retirĂ© sur la colline de l’Aventin pour ne plus frayer avec l’aristocratie.
    Les prolĂ©taires, pourrait-on dire, les premiers de corvĂ©e en quelque sorte, n’avaient pas trouvĂ© de meilleur moyen pour faire progresser leurs revendications. En l’espèce, ils rĂ©clamaient un allègement du fardeau fiscal, notamment foncier, qui pesait sur eux. C’Ă©tait la condition qu’ils mirent Ă  leur enrĂ´lement dans l’armĂ©e pour aider les chevaliers dans la guerre contre les tribus voisines.[…]
    D’une certain façon, notre ambition est d’exposer ici les principaux moyens de rĂ©aliser une sĂ©cession Ă  l’heure de la civilisation numĂ©rique. On ne peut plus, comme dans la Rome antique (et a fortiori comme dans la Rome naissante, qui Ă©tait une bourgade) penser la sĂ©cession comme une concentration du peuple sur une colline, dĂ©fiant l’aristocratie. GĂ©ographiquement, cette sĂ©paration n’aurait pas de sens, ni aucune possibilitĂ© de rĂ©ussir. En revanche, il est possible d’entamer une sĂ©cession sociĂ©tale, en refusant d’adopter les codes, les usages, les principes, les valeurs, vĂ©hiculĂ©s par la caste mondialisĂ©e, ou instrumentalisĂ©s par elle, et en adoptant des codes et des valeurs alternatives. C’est ce processus global que nous entreprenons de dĂ©crire ici, non de façon exhaustive, mais en donnant des pistes que chacun pourra approfondir et adapter selon ses besoins.

    Il la dĂ©cline de manière très concrète sur les plans fiscaux, politiques, sociaux, Ă©ducatifs, etc. Les conseils de sĂ©cession de Verhaege sont très pratiques, sur tous les registres. Le livre sonne très juste Ă  beaucoup d’endroits, un brin parano Ă  d’autres (mais c’est probablement moi qui suis naĂŻf, c’est un trait de mon caractère).

    Difficile vérité

    J’ai Ă©tĂ© sensible au fait que l’auteur mentionne l’Ă©cole autrichienne d’Ă©conomie et les penseurs qui peuvent y ĂŞtre associĂ©s (Bastiat, Von Mises, Hayek) : c’est probablement l’Ă©cole philosophique et politique dont je me sens le plus proche.
    La fin du livre me semble la plus intĂ©ressante, quand il traite des diffĂ©rents degrĂ©s de sĂ©cession, de la rĂ©sistance passive, jusqu’Ă  la sĂ©dition si les circonstances l’imposent. Les dernières phases que nous avons vĂ©cus pendant ces dernières annĂ©es rĂ©sonnent avec ces rĂ©flexions : quand les dirigeants ne dĂ©fendent plus nos intĂ©rĂŞts, quand la gabegie est gĂ©nĂ©ralisĂ©e (donc le vol et la corruption officiels), il convient d’avoir en tĂŞte l’article 2 de la DĂ©claration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 :

    Art. 2. – Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la libertĂ©, la propriĂ©tĂ©, la sĂ»retĂ©, et la rĂ©sistance Ă  l’oppression.

    Le livre sonne si juste, et pose des questions si dĂ©rangeantes (parce qu’engageant notre manière de vivre), que je ne trouve pas mieux pour dĂ©crire mon sentiment Ă  la lecture que cette citation de Churchill :

    Les hommes trébuchent parfois sur la vérité, mais la plupart se redressent et passent vite leur chemin comme si rien ne leur était arrivé.

    Winston Churchill (1874-1975) homme d’Etat britannique.

    Suite…

    Pour finir, en soulignant Ă  nouveau, Ă  mon sens, l’importance de ce livre passionnant, je vous invite Ă  regarder l’interview d’Eric Verhaeghe sur l’excellente chaĂ®ne d’info TVLibertĂ©s :