Il n’y a qu’une seule et même raison pour tous les hommes ; ils ne deviennent étrangers et impénétrables les uns aux autres que lorsqu’ils s’en écartent. Simone Weil
Étiquette : Raison
-
Citation #18
-
Frédéric Bastiat contre la démagogie !
Voilà la fin du texte de Bastiat sur l’Etat :
Citoyens, dans tous les temps deux systèmes politiques ont été en présence, et tous les deux peuvent se soutenir par de bonnes raisons. Selon l’un, l’État doit beaucoup faire, mais aussi il doit beaucoup prendre. D’après l’autre, sa double action doit se faire peu sentir. Entre ces deux systèmes il faut opter. Mais quant au troisième système, participant des deux autres, et qui consiste à tout exiger de l’État sans lui rien donner, il est chimérique, absurde, puéril, contradictoire, dangereux. Ceux qui le mettent en avant, pour se donner le plaisir d’accuser tous les gouvernements d’impuissance et les exposer ainsi à vos coups, ceux-là vous flattent et vous trompent, ou du moins ils se trompent eux-mêmes.
Quant à nous, nous pensons que l’État, ce n’est ou ce ne devrait être autre chose que la force commune instituée, non pour être entre tous les citoyens un instrument d’oppression et de spoliation réciproque, mais, au contraire, pour garantir à chacun le sien, et faire régner la justice et la sécurité. -
A bas la polémique, et vive la controverse !
Pendant la campagne présidentielle, Yves de Kerdrel (éditorialiste du Figaro et intervenant quotidien sur BFM) et Laurent Mauduit (ex-journaliste économique du Monde et essayiste) croisent le fer, cordialement mais sans concessions. Cela s’intitule « La controverse Kerdrel – Mauduit« . C’est un nom très bien choisi, et qui décrit bien le contenu de ces articles :
CONTROVERSE :
Discussion argumentée, contestation sur une opinion, un problème, un phénomène ou un fait; p. méton. ensemble des éléments divergents ou contradictoires du débat.Je suis allé voir la définition de la polémique pour saisir la nuance :
POLÉMIQUE :
Discussion, débat, controverse qui traduit de façon violente ou passionnée, et le plus souvent par écrit, des opinions contraires sur toutes espèces de sujets (politique, scientifique, littéraire, religieux, etc.).La nuance se situe donc dans la violence et la passion : la controverse est au dialogue ce que la polémique est à la dispute.
Deux sujets ont déjà été abordés : « Pour ou contre l’ISF et les droits de successions » et « Patrons ‘voyous’ et chefs d’entreprises« . A suivre donc, pour ceux qui veulent élever un peu le niveau du débat, avec de vrais arguments raisonnables de part et d’autre. -
Concurrence et rationnalité
La concurrence n’est pas seulement la seule méthode que nous connaissions pour profiter des connaissances et des talents que peuvent avoir les autres, mais elle est aussi la méthode par laquelle nous avons été amenés à acquérir les connaissances et les talents que nous-mêmes possédons. C’est là ce que ne comprennent pas les gens qui disent que le plaidoyer pour la concurrence repose sur une hypothèse du comportement rationnel de ceux qui y participent. Or le comportement rationnel n’est pas une prémisse de la théorie économique, bien qu’on présente souvent la chose ainsi. La thèse fondamentale de la théorie est au contraire que la concurrence est ce qui oblige les gens à agir rationnellement pour pouvoir subsister.
-
Citation #9
Si tu veux te soumettre toutes choses, soumets-toi à la raison.
Sénèque -
Equilibrer la tolérance : une nécessité !
Commençons – comme d’habitude – par une définition :
Tolérance :
- Fait de tolérer quelque chose, d’admettre avec une certaine passivité, avec condescendance parfois, ce que l’on aurait le pouvoir d’interdire, le droit d’empêcher.
- État d’esprit de quelqu’un ouvert à autrui et admettant des manières de penser et d’agir différentes des siennes.
et par une citation :
Tolérer, c’est accepter ce qu’on pourrait condamner, c’est laisser faire ce qu’on pourrait empêcher ou combattre. C’est donc renoncer à une part de son pouvoir, de sa force, de sa colère. […] La tolérance ne vaut que contre soi, et pour autrui. Il n’y a pas de tolérance quand on n’a rien à perdre. […] Tolérer, c’est prendre sur soi. […]
André Comte-sponville (1952 – ) Philosophe françaisLa tolérance n’est pas une valeur positive en soi ; c’est — comme pour beaucoup de choses — une valeur pour laquelle le juste équilibre est à chercher. Trop et trop peu sont synonymes d’aspects négatifs.
Pas assez de tolérance, c’est ce qu’on appelle le sectarisme ou l’intégrisme.
Tolérance. C’est arriver à penser : « Bien que je croie avoir raison, et que la vérité existe, je ne ferai rien pour vous l’imposer »
Albert Memmi (1920 – 2020), écrivain et essayiste tunisien, Extrait d’ Exercice du bonheur
Les excès des religions de tous poils illustrent bien l’intolérance.
Mais, Trop de tolérance, c’est ce qu’on appelle le laxisme, ou la complaisance :
Sous prétexte de tolérance, on devient complaisant.
Marie-France Hirigoyen (1949 – ) psychiatre et psychothérapeute familiale française.
Il est important dans nos sociétés ouvertes, qui ont fait l’effort pendant longtemps, et c’est un grand bienfait, de conquérir la tolérance pour pouvoir vivre en paix, de ne pas s’enfoncer dans l’excès qui est l’inverse de l’intolérance, à savoir la complaisance.
Toute tolérance devient à la longue un droit acquis.
Georges Clémenceau (1841 – 1929) homme d’Etat français, extrait d’Au soir de la pensée
Tout ce qui vient empêcher l’ouverture, tout ce qui veut voir disparaître la tolérance, on doit le combattre, et ne pas le tolérer. Il est important de tolérer ce qui est tolérable, et d’être intolérant avec ce qui ne l’est pas. Qu’est ce qui ne l’est pas ? la violence physique et psychologique faite à l’enfance n’est pas tolérable. La violation flagrante de liberté individuelle n’est pas tolérable. Le racisme n’est pas tolérable. D’une manière générale, et sans tomber dans le légalisme, toutes les entorses faites aux règles de vie communes (le Droit) sont intolérables.Soyons assez intelligent pour reconnaître l’intolérable, afin de continuer à vivre dans une société tolérante !
Pour finir, une petite citation sur les rapports entre religion et tolérance, qui fait tout de même penser à l’Islam :
Une religion qui peut tolérer les autres ne songe guère à sa propagation.
Montesquieu (1689 – 1755) penseur politique, précurseur de la sociologie, philosophe et écrivain français des Lumières