Étiquette : Totalitarisme

  • Maintenant que l’hiver

    Maintenant que l’hiver

    Dès les premières phrases du roman d’Olivier Sebban, on est plongé dans un style très particulier, saisissant par la longueur et la complexité des phrases. Par exemple, celle qui ouvre le premier chapitre :
    Il se pencha sur sa moto et entama la sortie du dernier virage avant le pont, accéléra dans une montée de macadam humide, chaotique et ravaudée de plaques de goudron anthracite et couvertes d’un relief de gravillons et se retrouva entre les deux paravents d’acier à claire-voie de la passerelle dont le tablier enjambait une vaste zone de triage.
    Olivier Sebban déroule une histoire assez sombre, dans un monde assez sombre aussi, gris et blanc de la froidure de l’hiver massif qui s’est abattu sur les hommes, et son style particulier nous le fait ressentir et y plonger de manière très sensuelle. Il tisse dans beaucoup de phrases un mélange d’action, de descriptions, qui distordent le temps de manière très agréable. J’ai beaucoup apprécié ce travail conscient, précis, sur le style et la langue. L’auteur nous rappelle, par ses mots et son art, que nous lisons souvent des romans de scénaristes, et non d’écrivains. Olivier Sebban est écrivain. La langue, tout autant que le récit, est sa matière première. On y vit, on y respire d’une autre manière.
    Nous suivons les aventures de Thomas, ancien réparateur de motos, activité devenue inutile depuis l’interdiction de l’usage du pétrole. Il s’est reconverti en contrebandier de viande (elle aussi interdite par les gouvernants écolos). Il vit dans un monde d’illégalité, de petits coups, et empli d’une grande mélancolie, car il pleure tout autant le monde d’avant, disparu, que la perte de son frère lors de la Grande Epidémie, où on lui a interdit d’assister à l’enterrement. Des drônes de la Brigade surveillent les faits et gestes des citoyens. Je ne révèle pas la suite de l’histoire, mais une histoire d’amour avec la fille Sandra de la députée en vue, va bouleverser sa vie, et permettre à l’auteur de mettre en scène, en plus de Thomas, illustration du citoyen moyen, des représentants du « monde qui s’en sort » dans le système, qui en connait les codes et en détient les clefs.
    J’ai adoré ce roman, et son ambiance, ses thèmes, sont restés présents dans mes pensées plusieurs jours après l’avoir terminé. Un style incroyable et une histoire puissante, en résonance avec notre époque. Un auteur que je suis très heureux d’avoir découvert.

  • Lawfare (Guerre du droit)

    Lawfare (Guerre du droit)

    Le film s’appelle en anglais « Lawfare – totalitarian state » (Guerre juridique ou Guerre du droit – l’état totalitaire). Il a été produit par Tommy Robinson, lanceur d’alerte et activiste britannique. De manière prévisible, la page Wikipedia donne une version tellement déformée de son parcours que ça ne vaut pas le coup d’aller lire ça. Je suis depuis longtemps Tommy Robinson sur Twitter, devenu X, et je le trouve admirable de courage et de justesse dans son propos. Le film ci-dessous expose les mécanismes, en Angleterre (mais nous ne sommes pas loin de cette situation en France), de police et de justice à deux vitesses (c’est-à-dire instrumentalisées par le pouvoir pour faire taire les opposants), les mécanismes de contrôle de la liberté d’expression, et la manière dont ces dirigeants, depuis 50 ans, échouent totalement dans leur mission qui devrait être de défendre les intérêts des peuples, et non de laisser des idéologies perverses se répandre dans nos sociétés (islamisme, wokisme & transgenrisme, fanatisme climatique, socialisme, par exemple). A regarder, à faire circuler, à discuter. Qu’en pensez-vous ? Je trouve pour ma part son propos juste et clairvoyant : vous semble-t-il pertinent ou exagéré ? Dites-le en commentaire…

  • Citation #167

    Grâce à des méthodes de manipulation mentale toujours plus efficaces, les démocraties changeront de nature ; les anciennes formes désuètes – élections, parlements, cours suprêmes et tout le reste – resteront. La substance sous-jacente sera un nouveau type de totalitarisme non-violent. Tous les noms traditionnels, tous les slogans sacrés resteront exactement ce qu’ils étaient au bon vieux temps. La démocratie et la liberté seront le thème de chaque émission et éditorial […]. Pendant ce temps, l’oligarchie au pouvoir et son élite hautement qualifiée composée de soldats, de policiers, de fabricants de pensées et de manipulateurs d’esprit dirigeront tranquillement le spectacle comme bon leur semble.

    Aldous Huxley (1894 – 1963) écrivain, romancier et philosophe britannique

  • Citation #161

    Je n’ai pas la force, tout petit individu que je suis, de m’opposer à l’énorme machine totalitaire du mensonge, mais je peux au moins faire en sorte de ne pas être un point de passage du mensonge.

    Alexandre Soljenitsyne (1918 – 2008) écrivain russe et dissident du régime soviétique

  • Citation #129

    A la base de toutes les croyances totalitaires se trouve la croyance que les gouvernants sont plus sages et d’un esprit plus élevé que leurs sujets, qu’ils savent donc mieux qu’eux ce qui leur est profitable.

    Ludwig Von Mises (1881 – 1973) économiste autrichien puis américain.

  • Citation #89

    L’égalité devant la loi conduit à  la revendication que tous les hommes prennent une part égale à  la détermination de la loi. Tel est le point de rencontre entre le libéralisme traditionnel et le mouvement démocratique. Cependant, ils n’en ont pas moins une autre préoccupation essentielle. Le libéralisme (dans le sens que ce mot avait en Europe au siècle dernier) se soucie surtout de limiter le pouvoir de contrainte que possède n’importe quel gouvernement, qu’il soit démocrate ou non, cependant que le démocrate dogmatique ne connaît qu’une seule limite au gouvernement, l’opinion courante de la majorité. La différence entre ces deux idéaux apparaît en toute clarté si nous désignons le terme auquel chacun s’oppose : la démocratie s’oppose au gouvernement autoritaire ; le libéralisme au totalitarisme. Aucun des deux systèmes n’exclut nécessairement le contraire de l’autre : une démocratie peut détenir des pouvoirs totalitaires et il est concevable qu’un gouvernement autoritaire agisse selon des principes libéraux.

    Friedrich HayekEconomiste et philosophe britannique d’origine autrichienne.