La magie ordinaire d’internet

tasses handygeorgeJ’ai fait il y a quelques mois une police (basée sur la classique Georgia) sur mon Ipad en utilisant l’application iFontMaker. Je l’ai ensuite uploadée sur DaFont.com, afin que d’autres puissent l’utiliser. Elle s’appelle Handy George et elle est là : Handy George sur DaFont.com.

Il y a quelques jours, j’ai eu la surprise de voir que 1° elle avait été téléchargée plus de 35000 fois (!), et que 2° plusieurs sites montraient qu’elle avait été utilisée (pour faire des posters et même des tasses en DIY). Trop trop cool. Ca a été aussi aspiré par une algo d’un « fou » au Canada, qui répertorie toutes les polices qu’il trouve sur le web : Luc Devroye.

C’est bien ça la « magie ordinaire » d’internet ! J’ai fait un truc dans mon coin, rapido, hop c’est posté, et quelques temps après plusieurs personnes – que je ne connaitrais jamais – l’ont utilisé, déformé, diffusé un peu partout dans le monde. Grâce à une plateforme initiale (Dafont.com), et à l’énergie de chacun d’entre-nous…J’adore ça ! Du coup, je vais refaire d’autres polices

Stratégie de présence sur le web

J’ai eu l’occasion de faire une petite intervention (2h) fin octobre à l’IFP (Institut de Formation Politique) concernant la présence sur le web. Je n’étais jamais intervenu pour parler de cela, bien que j’ai effectivement une bonne expérience de la présence sur le web, et des stratégies utilisées pour faire croitre l’audience d’un site ou d’un réseau. 

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Pour commencer, voici le prezi réalisé pour l’occasion. Désolé, mais sans le son (mon speech), je pense que c’est assez inutilisable. Je reviens donc sur mon intervention plus en détail ci-dessous.

J’avais d’abord découpé mon intervention en trois morceaux : avant, pendant et après.

Avant : J’ai ouvert un petit groupe fermé sur Posterous, j’ai ajouté la dizaine de participants au séminaire de niveau III de l’IFP comme membres, et je leur ai proposé de se présenter (activité, connaissance du web, attente par rapport au cours). Cela m’a permis, avant le cours, d’appréhender l’hétérogénéité et le niveau des participants.

Pendant : voilà en substance le fil de mon propos sur la « stratégie de présence sur le web » (j’ai enlevé la partie « avant » où je revenais en séance avec les participants sur leurs attentes). N’hésitez pas à commenter ou à préciser certains points.

  1. Internet : Internet est devenu un canal indispensable de circulation de l’info. Le web a évolué rapidement et continu d’évoluer. On est passé de contenus statiques, à des contenus dynamiques, conversationnels. La tendance est bien sûr aux réseaux sociaux, à la mobilité (smartphones et tablettes), et à la géolocalisation. C’est le thème choisi par Loic LeMeur pour le web11 : SoLoMo (Social Local Mobile).
  2. De la vision aux opérations : Compte tenu de cela, il parait évident que la question n’est donc pas d’être ou pas présent sur le web, mais d’y être présent de la bonne manière. Donc à définir une stratégie de présence sur le web. Je souligne simplement ici qu’une stratégie (qui permet de décliner ensuite la tactique et les actions opérationnelles) découle forcément d’une vision et de valeurs. Il est important de les formaliser au moins en partie pour construire une stratégie solide.
  3. Valeurs du web : je précise donc un certain nombre de valeurs fondatrices du web, à mon sens. Aboutir à des projets réels, transparence, don&partage, authenticité&sincérité, dialogue&écoute. Tout cela est connu et permet de travailler proprement sa tactique de mise en oeuvre : cela permet d’être présent sur le web dans la bonne posture. Cela peut entrer avec certains points de l’action politique (qui peut nécessiter d’avancer masqué). A réfléchir, donc, pour les futurs acteurs politiques que sont les participants au séminaire.
  4. Personal Branding : la notion de personal branding émerge donc pour regrouper tout cela. Vous devez travailler votre présence, individuelle ou celle de votre organisme / organisation, à la manière d’une marque. Vous devez donc de manière proactive créer et animer vos profils sur les réseaux sociaux, un site à votre nom. Afin de bien séparer ce qui ressort du privé et du public, il me parait judicieux de réfléchir à la position de la frontière, et éventuellement à se créer plusieurs profils en tant qu’individu (c’est très clair dans le cadre de l’action politique). Le personal branding implique une cohérence durable dans les valeurs affichées. 
  5. Contenu : que faire avec ces profils et ces sites ? Y mettre du contenu, bien sûr, et de qualité. Car quoi qu’on veuille bien en dire, les acteurs du web qui comptent sont ceux qui produisent du contenu de qualité. J’insitais donc sur ce point : être présent sur le web ne peut pas se résumer à créer des profils et à écouter les clients / adhérents. Il faut créer du contenu, synthétiser, regrouper, etc. Fred Cavazza a en souvent parlé.
  6. Outils : je suis revenu très rapidement sur les différents outils disponibles. Mon intervention n’était pas le lieu pour en parler en détail, et j’ai proposé aux participants de poser leurs questions sur le groupe fermé créé pour leur promotion. Le but était ici de simplement préciser que pour chacun des usages présentés au point précédent, il y a des outils adaptés. Je suis revenu également sur les usages hors lignes : les évènements organisés avec les membres d’une communauté, les réunions, les séminaires, les interviews, reportages. Bref, tout ce qui participera à renforcer les liens et – à nouveau – à produire du contenu de qualité. 
  7. Réseaux politiques sur le web : j’ai repiqué à une étude USEO une classification pas trop déconnante des réseaux politiques sur le web. Cela permet de montrer les différents usages en oeuvres, et cela permet à chacun de bien définir ses buts, et les moyens d’actions associés.
  8. Buzz médiatique : j’ai ensuite rapidement rappellé que le buzz est le fruit d’un contenu fort / créatif / original couplé à un réseau réactif et fort qui le propage et le fait grossir. C’était simplement une manière de remettre l’accent sur le réseau et le contenu. J’ai également rappellé que la plupart des buzz ou des marketings viraux se font sur la base de vidéos courtes et dynamiques.
  9. Réseau LHC : j’ai parlé ensuite de mon expérience avec le réseau LHC (association loi 1901 de blogs politiques que j’ai contribué à créer et à animer).
  10. nous avons ensuite passé en revue ensemble un cas concret, le site de l’iFRAP. Le but était d’appliquer ce qu’on venait de se dire et de construire ensemble des pistes d’améliorations.

La plateforme posterous.com héberge toujours le petit groupe fermé, et les échanges sont toujours possibles avec les participants. Je vous invite à découvrir le prochain séminaire de niveau I de l’IFP sur leur site qui aura lieu les 2, 3 et 4 décembre. Cet Institut fait un travail énorme pour former des jeunes à l’action politique, et pour structurer un réseau puissant. Cela vaut le détour ! Je les remercie en tout cas de m’avoir donné l’occasion de présenter ce petit cours. 

 

Maîtrise de l’information, communication et image de marque

Il est étonnant de constater que pour certains « Maîtrise de l’information » est synonyme de « freiner la circulation de l’info ». Or la maîtrise de l’information ne signifie que 2 choses :

  • faire en sorte que les bonnes informations soient disponibles pour les bonnes personnes au bon moment,
  • en s’assurant que des infos « confidentielles » ne sortent pas de l’entreprise sans contrôle / de manière involontaire

Le point numéro 1, si l’on y réfléchit un peu, consiste simplement à partager de manière complètement transparente sur l’intranet les informations : personne ne peut savoir à qui et à quel moment une information sera utile. Il est donc extrêmement important de les partager ET de faire en sorte qu’on puisse les retrouver. Cela veut dire, pour faire simple : décentralisation et publication à tous les étages, et moteur de recherche performant. C’est une mini-révolution dans la manière de concevoir la communication interne. Elle est déjà en cours, et c’est tant mieux ! Le point numéro 2 repose in fine sur la responsabilité de chacun des employés : en cas de doute, je ne sors pas une information de l’entreprise. C’est simple, et efficace.

Je proposerais bien pour finir, et par le biais de quelques questions, une autre piste pour traiter le point numéro 2 : est-il plus utile pour les entreprises de filtrer à mort ce qui peut en sortir, ou vaut-il mieux communiquer beaucoup et vite sur tout ce que nous faisons ? Le risque de l’opacité est-il préférable à celui des fuites ? Sommes-nous dans une économie du secret industriel, ou dans un monde où l’image de marque se travaille aussi par la capacité à communiquer librement ?