La santé, une question d'argent ?

Deuxième article de Zorro dans la catégorie « Bas les masques ». Retour sur un article paru dans le Panorama du Médecin (5/11), intitulé « La santé, Une question d’argent ? ». Analyse de la conviction sous-jacente à ce titre efficace mais manipulateur…

Le Panorama du médecin est une revue sérieuse. Des brèves d’actualité y brossent l’évolution du paysage médical et sanitaire. Dans le numéro du 5 novembre une brève au titre journalistique bien senti : « La santé, une question d’argent ? » Admirons le point d’interrogation en lisant le texte qui suit ce titre :

Une étude de l’Insee concernant la santé des 7 millions de personnes vivant avec moins de 817 euros par mois, met en évidence que dans cette catégorie, 8% des personnes se disent en mauvaise ou très mauvaise santé contre 4% dans la population générale.

Suivent quelques autres chiffres qui énoncent des pathologies plus fréquentes chez les pauvres que dans la population générale.
Un tel texte peut être considéré au premier degré comme le rappel que le manque d’argent réduit l’accès aux soins. Ceci est d’une telle évidence, en France comme dans tous les pays, qu’on est confondu de devoir s’abriter derrière une enquête INSEE pour l’écrire. Oui l’accès aux soins est une question d’argent, comme l’accès à la nourriture, au téléphone, au logement, aux voyages, à la bourse et que sais je encore. Pourquoi alors le journaliste a-t-il titré « La santé, une question d’argent ? » plutôt que « L’accès aux soins, une question d’argent ? ». Et seconde question, pourquoi le journaliste met-il un point d’interrogation à son titre ? La réponse à ces deux questions est identique : pour manipuler le lecteur. C’est un masque politico – intellectuel caractéristique du journaliste qui prend les lecteurs pour plus idiots qu’ils ne sont. Masque politique ? Oui car faire passer « la santé » pour « l’accès aux soins » c’est faire dire aux gens simples que s’ils avaient accès aux soins ils seraient en bonne santé (un alcoolique par exemple, même s’il avait accès aux soins ne serait pas pour autant en bonne santé).
C’est faire croire aux gens qui souffrent dans leur chair, pour de multiples raisons sociales, ou de carence d’éducation, qu’il suffirait que l’accès aux soins leur soit ouvert pour qu’ils soient en bonne santé. C’est de l’intoxication politique de bas étage qui se moque des vraies souffrances psycho-sociales dont la prise en charge va bien au-delà de l’accès aux soins et de leur coût. En un mot, c’est de la gauche caviar pur sucre ! Mais c’est aussi un masque intellectuel car il faut être sacrément tordu dans sa tête pour aller mettre un point d’interrogation à une évidence. Et si le journaliste prend la peine de le faire c’est parce qu’il sait bien qu’il insinue à tort une relation réductrice de causalité entre la santé et la pauvreté. En fait c’est son credo, sa conviction qu’il met en avant : les pauvres sont malades parce que le grand capital leur interdit de se soigner. Voila le fond du message. Alors mettre un point d’interrogation ça fait bien ; ça fait 6° arrondissement, humaniste de l’Odéon, à écharpe rouge sur kabig beige. Le déguisement avec le masque. Il y a des journalistes qui devraient être au chômage ou s’immerger dans la vraie vie.

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