Les apprentis sorciers

La volonté de Borloo (Ministre de l’Ecologie) d’étendre le système du bonus-malus (valable pour l’automobile) à une vingtaine d’autres produits me parait complètement idiote.
Si le boulot de gouvernement est de se substituer au marché, il faut le dire clairement. Sur le fond, les incitations fiscales constituent des distorsions du marché, et contribuent à fausser les signaux donnés aux consommateurs par les prix. Sur la méthode, s’il s’agit d’inciter les consommateurs à acheter tel ou tel produit, pourquoi ne pas le faire par le biais d’un crédit d’impôt ? Cela permettrait de ne pas créer de nouvelles mesures qui coûtent de l’argent à l’Etat, donc au contribuable.
Et puis, le système bonus-malus me dérange vraiment sur le fond : estampillés par l’Etat, certains produits seront-ils étiquetés « bons », et d’autres « mauvais » ? La suite logique de cette démarche est d’interdire la production des « mauvais » produits. Soyons cohérents, à défaut d’être intelligents. Et pourquoi pas, dans la foulée, avoir un plan de production général, avec fixation des prix par le Gosplan le gouvernement, puisque celui-ci semble convaincu qu’il peut se substituer aux marchés. J’enrage de tant d’inculture économique : je n’y connais pas grand-chose, mais suffisamment tout même pour comprendre que ces messieurs-dames jouent aux apprentis sorciers, en allant à l’encontre de tout ce que le XXème siècle nous a appris.
Quand je les traite d' »apprentis sorciers », c’est pour ne pas les traiter de « mickeys ».

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penthievre
penthievre
12 années il y a

Je pense que ta suggestion de privilégier la formule du crédit d’impôt n’est pas appropriée, même si tu dénonces bien l’interventionnisme abusif de l’Etat sur le marché libre.

Le crédit d’impôt n’est qu’un artifice qui permet de ne pas comptabiliser une entrée fiscale et, par ailleurs de cacher une subvention. Ainsi, le taux apparent de prélèvement est plus faible et le budget également.
Mauvaise réponse, donc.

Merci

max
12 années il y a

pour être honnête, je ne comprends pas un traître mot de ce que vous racontez :)

je vais aller me renseigner.

leçon pour l’avenir : enseigner plus ou mieux l’économie à l’école !

René
12 années il y a

Je trouve que la partie la plus pertinente de ton billet, sur le fond duquel je suis d’accord, est ton allusion au « plan de production général ». C’est tout à fait vers ça qu’on se dirige sans le dire, que ce soit ouvertement ou par le biais des interventions de l’Etat, subventions ou crédits d’impôt peu importe.

On va se retrouver un de ces jours avec un plan quinquénal comme au bon vieux temps de l’Union Soviétique.

Je frémis à l’idée de plus en plus avérée que nos dirigeants n’ont aucune notion solide d’économie politique. C’est quand même un comble !

Et ce n’est pas rassurant pour la liberté ! Un de ces jours, on nous dira ce qu’on aura le droit manger, ce qu’on aura le droit boire, avec quoi on aura le droit de se distraire … en fonction de critères collectifs fixés par le « bon père du peuple » pour notre bien et celui de la planète. Et si le Patriarche s’est trompé, on aura tous le même droit égalitaire de subir. Et de payer…

AsTeR
12 années il y a

Fausser le marché est la grande tradition de l’interventionnisme, d’ailleurs qu’est-ce que l’interventionnisme économique sinon qu’un moyen de fausser le marché ?

Le côté bonus/malus confirme la volonté de l’Etat d’apprendre au crédule citoyen ce qui est bien ou mal.

FRK
FRK
12 années il y a

Pour une fois, voici un bon billet, avec une nuance ( tout de même :) ), il s’agit de nous sortir de l’impasse énergétique actuelle, pas d’aider l’économie.

C’est le marché de l’énergie qui fera que le consommateur se dirigera vers des biens et un mode de vie moins énergivores.

L’état devrait plutôt aider la recherche ( publique ou privée, je m’en moque ) pour des solutions plus respectueuses de notre environnement, donc de nous -mêmes.

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[…] de la spoliation. C’est du vol. Appelons les choses par leurs noms, puisque les apprentis sorciers pensent pouvoir saupoudrer par-ci, ce qu’ils ont subtilisé par-là. J’enrage de ces […]