Les apprentis sorciers

La volonté de Borloo (Ministre de l’Ecologie) d’étendre le système du bonus-malus (valable pour l’automobile) à  une vingtaine d’autres produits me parait complètement idiote.
Si le boulot de gouvernement est de se substituer au marché, il faut le dire clairement. Sur le fond, les incitations fiscales constituent des distorsions du marché, et contribuent à  fausser les signaux donnés aux consommateurs par les prix. Sur la méthode, s’il s’agit d’inciter les consommateurs à  acheter tel ou tel produit, pourquoi ne pas le faire par le biais d’un crédit d’impôt ? Cela permettrait de ne pas créer de nouvelles mesures qui coûtent de l’argent à  l’Etat, donc au contribuable.
Et puis, le système bonus-malus me dérange vraiment sur le fond : estampillés par l’Etat, certains produits seront-ils étiquetés « bons », et d’autres « mauvais » ? La suite logique de cette démarche est d’interdire la production des « mauvais » produits. Soyons cohérents, à  défaut d’être intelligents. Et pourquoi pas, dans la foulée, avoir un plan de production général, avec fixation des prix par le Gosplan le gouvernement, puisque celui-ci semble convaincu qu’il peut se substituer aux marchés. J’enrage de tant d’inculture économique : je n’y connais pas grand-chose, mais suffisamment tout même pour comprendre que ces messieurs-dames jouent aux apprentis sorciers, en allant à  l’encontre de tout ce que le XXème siècle nous a appris.
Quand je les traite d' »apprentis sorciers », c’est pour ne pas les traiter de « mickeys ».

0 Comments

  1. @LOmiG

    Je pense que ta suggestion de privilégier la formule du crédit d’impà´t n’est pas appropriée, même si tu dénonces bien l’interventionnisme abusif de l’Etat sur le marché libre.

    Le crédit d’impà´t n’est qu’un artifice qui permet de ne pas comptabiliser une entrée fiscale et, par ailleurs de cacher une subvention. Ainsi, le taux apparent de prélèvement est plus faible et le budget également.
    Mauvaise réponse, donc.

    Merci

  2. salut Penthievre,
    tu as certainement raison ; j’avais pensé cela dans le sens o๠je raisonnais à  budget adaptable. C’est à  dire, X crédit d’impà´ts allant de pair avec une réduction du budget de la même valeur. (une rentrée en moins, avec une dépense en moins). Pour équilibrer. C’était pour dire qu’il valait mieux diminuer l’impà´t, même de manière inégale, que donner des subventions en plus….

    mais je ne connais le détail de la manière dont sont comptabilisées les choses : si tu peux m’éclairer, je suis preneur !

  3. pour être honnête, je ne comprends pas un traître mot de ce que vous racontez :)

    je vais aller me renseigner.

    leçon pour l’avenir : enseigner plus ou mieux l’économie à  l’école !

  4. salut Max,
    non, non je n’y comprends pas grand chose non plus, rassures toi. D’ccord par contre pour dire qu’il faut apprendre l’économie à  l’école.

    Ce que je voulais dire, c’était simplement que le gouvernement ferait mieux de ne pas venir fausser le fonctionnement des marchés.

    Après dans le détail, je disais que s’il choisit de le faire j’aurais trouvé normal qu’au lieu de distribuer des primes à  ceux achètent des petites voitures (l’Etat dépense plus), ils auraient mieux fait de faire un crédit d’impà´t (ceux qui ont acheté une petite voiture payeront moins d’impà´t). Cela faisait donc, au lieu d’une dépense supplémentaire, une absence de rentrée d’argent, et je l’imaginais ce manque à  gagner, assorti d’une restriction du budget de l’Etat….

    Mais sur le fond, ça ne change rien. ça reste de la connerie en barre. Je n’ai pas besoin que Borloo me dise quelle voiture je dois acheter….

    à  bientà´t, et merci pour ton commentaire !

  5. Je trouve que la partie la plus pertinente de ton billet, sur le fond duquel je suis d’accord, est ton allusion au « plan de production général ». C’est tout à  fait vers ça qu’on se dirige sans le dire, que ce soit ouvertement ou par le biais des interventions de l’Etat, subventions ou crédits d’impà´t peu importe.

    On va se retrouver un de ces jours avec un plan quinquénal comme au bon vieux temps de l’Union Soviétique.

    Je frémis à  l’idée de plus en plus avérée que nos dirigeants n’ont aucune notion solide d’économie politique. C’est quand même un comble !

    Et ce n’est pas rassurant pour la liberté ! Un de ces jours, on nous dira ce qu’on aura le droit manger, ce qu’on aura le droit boire, avec quoi on aura le droit de se distraire … en fonction de critères collectifs fixés par le « bon père du peuple » pour notre bien et celui de la planète. Et si le Patriarche s’est trompé, on aura tous le même droit égalitaire de subir. Et de payer…

  6. Fausser le marché est la grande tradition de l’interventionnisme, d’ailleurs qu’est-ce que l’interventionnisme économique sinon qu’un moyen de fausser le marché ?

    Le cà´té bonus/malus confirme la volonté de l’Etat d’apprendre au crédule citoyen ce qui est bien ou mal.

  7. salut à  vous !

    @ rené : oui d’accord avec toi…j’espère que nous aurons – collectivement – la sagesse de ne pas aller vers cette extremité…Je pense que oui. Ce qui ne m’empêche pas, je t’avoue, d’être formidablement énervé par cette logique. QUi est dans son essence même profondément anti-libérale, et collectiviste. Heureusement, ceux qui la mettent en oeuvre en ce moment sont suffisament pragmatiques pour ne pas aller trop loin dans cette logique….mais que d’energie, de temps et d’argent perdus !

    @ AsTeR : oui c’est ça . c’est vraiment énervant cette manie de vouloir dire ce qui est bien ou mal. Moraliser tout en s’affranchissant des règles élémentaires de la morale (respecter la propriété d’autrui, par exemple) est tout de même un comble !

    merci pour vos commentaires, à  bientà´t !

  8. Pour une fois, voici un bon billet, avec une nuance ( tout de même :) ), il s’agit de nous sortir de l’impasse énergétique actuelle, pas d’aider l’économie.

    C’est le marché de l’énergie qui fera que le consommateur se dirigera vers des biens et un mode de vie moins énergivores.

    L’état devrait plutà´t aider la recherche ( publique ou privée, je m’en moque ) pour des solutions plus respectueuses de notre environnement, donc de nous -mêmes.

  9. salut FRK,
    merci pour ton commentaire ; je suis content que ça te plaise (pour une fois, comme tu le soulignes)… ;)

    Je pense que l’Etat ne devrait pas fourrer son nez dans la recherche, en fait. Je pensais le contraire il y a peu, et je le dis de manière un peu provocante, mais je ne suis pas sà»r du tout qu’il faille orienter la recherche de manière centralisée, dans le bureau d’un administratif / gestionnaire qui va décider en fonction du sens du vent, quelles branches de la recherche doivent être développées (aidées) ou non. Laissons les entreprises qui ont besoin d’innover, et développer des produits nouveaux financer la recherche…

    à  bientà´t !

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