Citation #87

Il n’y a rien dans les principes du libéralisme qui permette d’en faire un dogme immuable ; il n’y a pas de règles stables, fixées une fois pour toutes. Il y a un principe fondamental : à  savoir que dans la conduite de nos affaires nous devons faire le plus grand usage possible des forces sociales spontanées, et recourir le moins possible à  la coercition.
Friedrich Hayek (1899-1992)

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Rubin
Invité
14 années il y a

Salut Lomig,

Je vais me faire l’avocat du diable sur ce coup : le « principe fondamental » exposé par Hayek ressemble à  s’y méprendre à  un dogme !

Rubin
Invité
14 années il y a

Un anti-libéral y verrait volontiers le dogme suivant : il ne faut pas recourir à  la coercition. Et si le dogme est le principe fondamental, intangible qui irrigue une pensée politique, nous aurions du mal à  le contredire littéralement.

Mais nous pourrions effectivement lui répondre que s’il s’agit d’un dogme, alors c’est probablement le plus ouvert d’entre eux. Un dogme anti-dogmatique en somme, puisqu’il refuse la coercition qui serait nécessaire à  son application.

Marc
Invité
14 années il y a

Bonjour Lomig.

Une autre citation que tu connais probablement, mais que je trouve très pédagogique :

http://baronnet.blogspot.com/2008/07/travail-et-innovation.html

Nicolas
Invité
14 années il y a

Salut LOmiG

J’ai trouvé cette définition :
Dogme = « Position d’un courant de pensée, point doctrinal, principe établi ou regardé comme une vérité incontestable… »
Je crois qu’on est en plein dedans !…Pour Hayek, il y a « vérité incontestable » qu’il appelle « principe fondamental » mais c’est la même chose !
Quand aux modalités d’application, il me semble que, dans son esprit la marge de manoeuvre soit assez maigre et que « le plus possible » et « le moins possible » se renforcent mutuellement pour ne pas laisser beaucoup de place à  des positions intermédiaires….ce qui, il faut lui reconnaitre, est en cohérence avec sa doctrine !
Sauf à  jouer sur les mots cela me semble relever du dogme ! … Pourquoi pas !… mais pourquoi le nier ?

Salut Rubin
« Un anti-libéral y verrait volontiers le dogme suivant : il ne faut pas recourir à  la coercition. Et si le dogme est le principe fondamental, intangible qui irrigue une pensée politique, nous aurions du mal à  le contredire littéralement. »
Effectivement, difficile de ne pas y voir un dogme ! …d’autant plus que l’on peut énoncer un dogme sans pour autant vouloir l’imposer par la coercition …mais pourquoi, un antilibéral ? …le fait de voir un dogme là  ou Hayek prétend qu’il n’y en a pas, n’équivaut pas à  porter un avis sur le fond du principe « fondamental » qu’il énonce ! …

Rubin
Invité
14 années il y a

Nicolas :

Je dis « un anti-libéral » parce que, et j’insiste, le principe fondamental de Hayek échappe in fine à  la qualification de « dogme » en ce qu’il refuse quasi tautologiquement le recours à  la coercition.

Rubin
Invité
14 années il y a

Quand je dis que FAH écarte toute coercition, je ne parle pas sur le fond, mais sur la méthode.

Rubin
Invité
14 années il y a

J’avais une citation de Kant qui dit ça, mais je l’ai déjà  utilisée quelque part ;-)

Nicolas
Invité
14 années il y a

Salut LOmiG
Salut Rubin

Réponse un peu tardive pour cause de déplacement professionnel.

Entendons nous bien, mon propos n’était pas de traiter Hayek de dogmatique…d’ailleurs je n’ai pas écrit « dogmatique » !

Je trouve simplement un peu osé de sa part de commencer par affirmer « le libéralisme c’est pas un dogme » (sous-entendu que les autres formes de pensées le sont) pour énoncer, dans la foulée, ce qui lui ressemble comme 2 gouttes d’eau !

Dire cela n’est pas une critique négative des principes énoncés dans la citation !

D’ailleurs à  ce propos, je considère que la pensée particulièrement originale d’Hayek a été un apport majeur pour la pensée économique, il a été probablement un des plus convaincant défenseur du libéralisme notamment du fait qu’il ne s’appuie pas uniquement sur un modèle théorique nécessairement simplificateur et souvent loin de la réalité.
Une des grandes forces d’Hayek est d’avoir été un véritable érudit, autant historien, philosophe, qu’économiste. En conséquence je ne le considère pas comme un « dogmatique » au sens que je lui donne c’est-à -dire quelqu’un qui bà¢tit ses théories en s’appuyant sur des concepts figés, sur une « vérité » qu’il ne peut remettre en cause. Je le considère d’autant moins comme tel qu’il s’est opposé aux écoles de pensée dominantes et qu’il a justement cherché à  en critiquer les dogmes le plus fréquemment admis !
Enfin, je pourrais rajouter qu’il a été très lucide sur les limites de la capacité de compréhension des sociétés et des systèmes sociaux et donc sur la difficulté d’en tirer des conclusions catégoriques et définitives !

Mon commentaire visait à  exprimer que ses travaux l’ont amené à  définir ce qu’il appelle des « principes fondamentaux », que ses principes il les a affirmés avec force et « conviction » les considérant et les présentant comme « sa vérité » sinon « la vérité » !
Si je reprends la définition, il ne me parait pas exagéré de dire que, de par son influence, Hayek est une autorité qui a fait école et qui a énoncé des vérités « indiscutables » comme: la liberté prévaut sur la « coercition », l’individualisme prévaut sur toute forme de « collectivisme » ou encore que l’ordre « spontané » prévaut sur un ordre « construit»…toutes les caractéristiques d’un dogme selon la définition ! …mais je n’y vois aucune connotation négative !

Evidemment que sa pensée s’appuie sur une philosophie profondément libérale sinon libertaire refusant car considérant comme inefficace toute « coercition » de la part de la Société !

Mais pour autant je ne comprends pas l’argument qui consiste à  dire que puisque Hayek refuse (presque) toute coercition, il n’y a pas dogme ! Je ne vois pas en quoi dogme impliquerait nécessairement coercition (même si ça a été le cas de trop nombreuses fois dans l’histoire) !…d’ailleurs tu remarqueras que ta définition ne fait pas cet amalgame !

A mon sens, lorsque l’on prétend (à  tort ou à  raison mais ce n’est pas la question) établir des principes fondamentaux en précisant qu’il aboutissent à  des règles dont il faut s’écarter le moins possible, tu définis un dogme !…mais je le répète, je n’y vois aucune connotation négative !

Si je me résume, mon intervention ne visait pas les principes énoncés dans la citation mais la contradiction que j’y vois avec l’affirmation qui lui sert d’introduction.