Pascal Salin parle de la crise

Je ne saurais trop vous conseiller d’aller lire la tribune de Pascal Salin, publiée aujourd’hui dans Les Echos. Il y revient sur la crise financière actuelle, et en explique les causes et les ressorts. Extraits.

…ou l’échec d’un Etat pas assez libéral

La crise financière actuelle est l’occasion pour beaucoup de commentateurs de chanter le refrain habituel sur l’instabilité chronique du capitalisme et sur la nécessité d’un renforcement de la réglementation des marchés que l’on appelle d’ailleurs, de manière erronée, une régulation des marchés financiers. Tel fut d’ailleurs le credo affirmé par le président français dans son récent discours de Toulon. C’est pourtant une leçon toute différente que l’on devrait tirer de la crise actuelle, à  savoir que la meilleure régulation passe par le libre fonctionnement des marchés et non par leur réglementation. La cause essentielle de cette crise provient en effet de l’extraordinaire variabilité de la politique monétaire américaine au cours des années récentes. Or celle-ci est bien évidemment décidée par des autorités publiques et non déterminée par le marché. […] Or les conséquences néfastes de cette politique ont été aggravées par plusieurs phénomènes. Tout d’abord, le sens de la responsabilité à  l’égard du risque est émoussé parce qu’il est implicitement admis que les autorités publiques ne laisseraient pas se produire des faillites importantes en cas de difficultés (ce que confirme en partie le comportement actuel des autorités américaines). En particulier, les deux grands pourvoyeurs de crédits « subprime », Fannie May et Freddie Mac – initialement créés par l’Etat américain – bénéficiaient de garanties étatiques privilégiées qui les ont conduits à  prendre des risques très excessifs.
Après être revenu sur la règlementation financière, et ses effets pervers, Pascal Salin conclut :
Dans le monde capitaliste du XIXe siècle, plus stable que le monde financier actuel, le crédit bancaire résultait des décisions des actionnaires des banques. Dans l’univers étatisé de notre époque, c’est le contraire qui se passe. On impose arbitrairement un ratio de fonds propres qui ne fait que mimer un vrai monde capitaliste, mais cela conduit à  l’apparition de bulles financières. Les établissements de crédit maximisent le montant de leurs crédits et essaient ensuite par des manipulations de présenter un ratio de fonds propres conforme à  la réglementation. Une réglementation qui impose un résultat ne remplacera jamais le libre jeu des décisions d’êtres humains responsables (c’est-à -dire capitalistes). C’est pourquoi les appels constants lancés de nos jours en faveur d’une plus forte réglementation des marchés financiers ne sont pas fondés. Certes, on peut reprocher aux établissements financiers de n’avoir pas été plus prudents. Cela résulte des structures institutionnelles de notre époque que nous avons rappelées. Mais cela reflète aussi le fait que l’information ne peut jamais être parfaite : un système capitaliste n’est pas parfaitement stable, mais il est plus stable qu’un système centralisé et étatique. C’est pourquoi, au lieu de stigmatiser une prétendue instabilité du capitalisme financier, on devrait stigmatiser l’extraordinaire imperfection de la politique monétaire. On peut regretter que les managers des grandes banques n’aient pas été plus lucides et n’aient pas mieux évalué les risques qu’ils prenaient dans un monde où la politique monétaire est fondamentalement déstabilisatrice. Mais c’est précisément et surtout ce caractère déstabilisant de la politique monétaire que l’on doit déplorer. Arrêtons donc les procès faits à  tort au capitalisme et recherchons au contraire le moyen de libérer les marchés financiers de l’emprise étatique.
Pascal Salin

0 Comments

  1. « […]un système capitaliste n’est pas parfaitement stable, mais il est plus stable qu’un système centralisé et étatique »
    C’est le genre de nuances très appréciables dans le catastrophisme ambiant…

  2. salut Criticus,
    oui les nuances de la vérité sont bien souvent plus convaincantes que les « slogans » imaginés pour faire vendre. Pascal Salin présente le mérite d’être constamment, je trouve, clair et à  la recherche de la vérité, et de rester ferme sur ce qu’il pense être vrai. A la différence de nos hommes politiques qui sont capables de dire un peu tout et son contraire dans un même discours…
    à  bientà´t, merci pour ton commentaire !

  3. Excellent article de Pascal Salin, merci Lomig de l’avoir signaléSinon, tout à  fait d’accord avec Criticus (et Pascal Salin donc) :
    « […]un système capitaliste n’est pas parfaitement stable, mais il est plus stable qu’un système centralisé et étatique »Quand j’entend certains libéraux dire en ce moment que le système libéral ne peut JAMAIS se tromper et que TOUTE crise est uniquement due aux interventions de l’Etat, je me dis que ce n’est pas comme ça que l’on va faire avancer nos idées.Bravo à  Pascal Salin donc.

  4. Très bien, et pourquoi la politique monétaire ménerait à  une déflation sur le marché immobilier ? Logiquement, le dollar faible aurait dà» pousser à  l’inflation et non l’inverse.
    La crise des subprimes est due à  une crise immobilière elle même due à  une crise pétrolière (la structure d’une ville américaine étant basé sur un trajet domicile-travail long donc subissant de plein fouet le « choc pétrolier », les américains ne veulent plus de maison trop lointaines, pour simplifier).
    Il n’y a pas plus compliquer à  aller chercher. Le malaise, c’est qu’il n’y a pas de raison à  ce qu’une crise immobilière débouche sur une crise financière.
    Les subprimes, mise en pratique du « rêve propriétaire », est entièrement responsable de cette contamination du secteur financier. Et ces subprimes ne sont permises que par le laissez faire des instances américaines.
    Mais les plus libéraux pur sucre en gerbent et ne reconnaitrons pas qu’ils ont tort.

  5. salut,
    @ Le Champ Libre, merci pour ton commentaire…et oui : Pascal Salin illustre bien toute la différence qu’il peut y avoir entre quelqu’un de cohérent, et quelqu’un de dogmatique. Pascal Salin est cohérent.

    @ Etienne : n’importe quoi ! Tu as lu l’article de Salin ?

    De plus, et pour ta gouverne, les subprimes sont à  la base une idée constructivistes visant à  donner accès au logement à  certaines catégories de la population ; c’est une idée mise en oeuvre par l’Etat, et je ne vois pas trop comment on pourrait mettre ça sur le dos du libéralisme…!

    à  bientà´t !

  6. @Lomig,Ne jetons pas non plus trop la pierre à  ces libéraux. Disons que dire que le marché libre ne se trompe jamais et que ce sont les interventions de l’Etat qui amènent toutes les crises est une erreur manifeste qui ne sert pas nos idées.Le marché se trompe parfois car le marché, c’est des hommes et les hommes se trompent.Mais vouloir faire surveiller le marché (méchant) par l’Etat (gentil) est une erreur. Car l’Etat, c’est aussi des hommes, des hommes qui se tromperont d’autant plus facilement dans leurs contrà´les qu’il ne s’agit pas de leur argent. La solution, c’est que les épargnants surveillent les banquiers.

  7. @ Le Champ Libre : complètement d’accord avec ta vision. Les hommes sont faillibles. Et le meilleur moyen pour réguler les activités humains (outre la loi, qui fixe les bornes à  la liberté de chacun) est bien de faire en sorte que les actes soient ceux de personnes responsables. On ne gère jamais aussi bien les choses que lorsqu’elles nous appartiennent, c’est à  dire lorsqu’on en est responsable.
    Pour ta solution, il faut que les banquiers soient responsables, et c’est ce que suggère Salin, il faut qu’ils pretent de l’argent qui est à  eux.

    à  bientà´t !

  8. @Lomig : si le subprime est à  la base une idée constructiviste, elle est née de la politique libérale reaganienne qui a mis une telle pression sur les revenus des classes pauvres et moyennes que la seule issue pour maintenir la consommation et l’investissement a été de favoriser l’accès massif au crédit. Si ce n’était pas les subprimes qui avaient craqué, le surendettement des ménages américains aurait fait crouler le système un jour o๠l’autre.
    Tu dis que c’est la faute à  un pas-assez de libéralisme alors que tout tourne autours de la mise en application du libéralisme, à  l’origine et à  la conclusion. Car c’est bien la constitution d’un marché du crédit (avec la titrisation et les cessions) qui a conduit à  la spéculation et à  l’effondrement.
    Quant à  espérer que la régulation d’un système repose sur la responsabilité de ses acteurs, je ne vois pas comment l’espérer quand il est évident que la responsabilité de chacun passe par le filtre de son propre intérêt. Comment espères-tu réguler la notion de responsabilité ?

  9. Je suis un patron libéral. Le libéralisme est une des conditions de réussite du libre échange. L’économie Française n’est pas assez libérale. Mais il est temps de sortir des vieilles idées reçues : Le CASINO MONDIAL DES PARIS BOURSIERS VIRTUELS est au contraire né de cerveaux malades de cupidité édictant sans cesse de nouvelles réglementations sur les produits dérivés virtuels: Hedges funds, CDS, futures à  extra-courts termes. La bulle, (qui a éclatée pour les mêmes raisons qu’en 1929, un comble !) est au contraire un excés de règles ubuesque et non du libéralisme. Les économistes qui fermaient les yeux, sont entrain de s’en rendre compte…  Wall-Steet : Comprendre ce qui se passe en quelques mots simples… c’est mon dernier texte.

  10. Je me demandais combien de temps il nous faudrait encore attendre avant que notre cher Pascal intervienne dans ce débat ! C’est chose faite ! Mille mercis à  Lomig de nous balancer l’info, même si je suis un peu dég d’avoir été doublé ! ;-)Sur le fond, d’accord avec lui bien sur. Mais peut etre ce genre d’article mériterait d’être approfondi : ce sujet (à  la suite d’ailleurs de l’affaire Enron) est un excellent prétexte à  la rédaction d’un livre. L’argumentation y serait plus détaillée plus approfondie et peut etre, peut etre, de nature à  convaincre notre ami socialiste.Il va à  l’essentiel, et du coup, dans un tel contexte, il a plus de mal à  faire entendre ses arguments.

  11. Bonsoir LOmiG »Une réglementation qui impose un résultat ne remplacera jamais le libre jeu des décisions d’êtres humains responsables« Dirais-tu sur le même principe qu’il faut supprimer le code de la route afin que grà¢ce à  des « décisions  d’êtres humains responsables » le nombre d’accidents sur la route diminue ? »un système capitaliste n’est pas parfaitement stable, mais il est plus stable qu’un système centralisé et étatique« Serait-il possible :1) de définir ce qu’on entend par « stable »2) de donner un minimum d’arguments permettant de démontrer ce propos

  12. Je suis d’accord que les subprimes sont imputables à  l’Etat américain (je dis exactement ça dans mon premier commentaire) puisqu’il a rendu les subprimes légales.Je suis aussi d’accord sur le fait que ça permet le rêve de propriété des classes populaires (encore une fois c’est ce que je dis dans mon premier commentaire).En conclusion, tu dis que c’est n’importe quoi, puis tu répètes mon commentaire ^_^’

  13. salut à  tous !

    @ Dimitri : merci pour ton passage ici ! d’accord avec toi. Pour plus d’info, il me semble que l’on peut aller lire les articles qu’écrit Vincent Bénard sur le sujet depuis quelques mois : ils sont fouillés, remplis de liens et de sources, et très clairs.  à  bientà´t !

    @ Etienne B. : :oops: j’avais lu trop vite ton message ! Mais la conclusion de ton premier message, alors, est en contradiction avec ton post : si la cause de ces turbulences est l’intervention de l’Etat, alors je ne vois pas en quoi on peut mettre ça sur le dos du libéralisme…?

    @ Charlatan : la responsabilité c’est assumer ses actes, et ne pas les faire payer à  d’autres. Par ailleurs, quand tu exprimes ton doute qu’un système humain puisse être régulé de lui-même (ce qui signifie qu’il contient dans son mode de fonctionnement des processus de régulation), je pense que tu exprimes un doute de fond sur ce qui est pourtant connu : le fonctionnement d’un marché (pas forcément financier). La loi de l’offre et de la demande en est le principal principe régulateur.

    @ RST : je ne suis pas certain que la limitation de vitesse soit responsable de la baisse du nombre de morts, oui. Ceux qui nous « vendent » ces politiques interventionnistes et veulent au passage s’en attribuer tout le mérite, ne parlent jamais des ceintures de sécurité, des ABS, de l’amélioration des voitures, des air bags. Amène moi une étude qui permet de différencier l’impact de ces équipements de sécurité de celui des limitations de vitesse, ça m’intéresse !

    à  bientà´t,

    et merci encore à  tous !

  14. @Lomig et RSTLa comparaison du code de la route à  une régulation des banques par l’Etat est fallacieuse.Il faut un code de la route car un automobiliste pourrait sinon mettre en danger la vie des autres qui n’ont rien demandé.Dans le cas de l’épargnant et du banquier, ils peuvent bien s’arranger entre eux comme ils le veulent, ils ne porteront jamais préjudice à  personne d’autre qu’à  eux mêmes avec leurs affaires d’argent. L’Etat n’a donc pas à  mettre son nez dans leurs affaires. Il n’y a pas besoin d’un code de la banque. La liberté, c’est tout.

  15. @Lomig : oui, je sais ce qu’est la responsabilité, mais ce que tu dis n’infirme en rien ce que j’en ai dit. En ce qui concerne le marché, je vais te décevoir sur deux points : d’une part, le marché parfait n’existe pas, d’autre part, un marché imparfait n’est pas capable de s’auto-régulé. Les marchés qui semblent en équilibre ne le sont que parce qu’ils contreviennent aux lois fondamentales (mono ou oligo pole ou psone, entente, etc…), soit parce que l’équilibre n’est pas stable (ou les deux dans le cas d’une situation instable qui va évoluer vers un équilibre contrevenant).Il est impossible d’espérer qu’un équilibre puisse s’établir si on fait intervenir uniquement les responsabilités individuelles. L’homme a prouvé à  l’infini qu’il n’était pas individuellement responsable et cherchait systématiquement son intérêt propre avant de se préoccuper de la liberté d’autrui.

  16. salut,

    @ La Champ Libre : oui tu as raison. Le code de la route est un cas différent du contrat passé entre l’épargnant et son banquier…le piéton qui traverse n’a jamais signé de contrat avec le chauffard qui le renverse, pour déterminer a priori les responsabilités de l’un et de l’autre. Comme quoi, comparaison n’est pas raison, et je me suis embarqué un peu rapidement dans les arguments de RST – parce que j’en ai marre d’entendre dire que « la vitesse tue ». Ce sont les erreurs de conduites qui tuent, aggravées par vitesse.

    @ CHarlatan : je n’ai jamais dit que les marchés parfaits existaient. Le libéralisme ne prà´ne pas la liberté à  tout prix, et certainement pas au prix d’écraser celle des autres : au contraire. Et comme le dit Salin dans l’article :

    « un système capitaliste n’est pas parfaitement stable, mais il est plus stable qu’un système centralisé et étatique »

    à  bientà´t, et merci à  tous pour votre participation à  cette discussion !

  17. @LOmiGJe suis rassuré. C’est bien ce que je pensais. Tu noies le poisson et ne réponds jamais vraiment aux questions. Et après tu veux parler du fond ???? Faut arrêter de balancer des slogans vides de sens en prenant pour base un monde imaginaire qui n’existe pas.Quand tu veux tu me démontres votre théorème :”un système capitaliste n’est pas parfaitement stable, mais il est plus stable qu’un système centralisé et étatique »A moins que ce ne soit un axiome ???@ Le Champs Libre »Dans le cas de l’épargnant et du banquier, ils peuvent bien s’arranger entre eux comme ils le veulent, ils ne porteront jamais préjudice à  personne d’autre qu’à  eux mêmes avec leurs affaires d’argent. »Comment peut-on écrire des énormités pareilles ? Vous écoutez la radio , lisez les journaux ? Vous avez vu ce que sont en train de faire vos petits arrangements entre banquiers et épargnants au reste du monde ? 

  18. @Lomig : euh…oui, un système capitaliste peut être stable, je ne vois pas le rapport. Un système capitaliste peut ne pas être libéral aussi, et c’est d’ailleurs la condition pour qu’il soit stable, comme je l’ai dit. Les systèmes capitalistes monopolistiques sont stables, que le monopole soit étatique ou privé. Le capitalisme ne s’oppose pas à  l’état, il l’utilise souvent. Il ne se confond pas non plus avec le libéralisme qu’il utilise quand ça l’arrange mais cherche au contraire, par tous les moyens, à  le circonscrire.

  19. « un système capitaliste n’est pas parfaitement stable, mais il est plus stable qu’un système centralisé et étatique »

    Ce n’est pas un dogme ou un axiome : c’est simplement une connaissance que nous pouvons tirer de l’observation de l’histoire humaine. Les systèmes centralisés et étatiques ont été mis en oeuvre, concrètement, et ont montré tout leur potentiel de destruction de richesses, d’appauvrissement global et d’instabilité. D’ailleurs, instabilité n’est pas vraiment le mot qui convient pour une économie planifiée, puisque ce n’est même plus vraiment une économie…

    à  bientà´t !

  20. @ Charlatan : je ne vois pas comment un système capitaliste peut fonctionner dans une économie non libérale. Le capitalisme implique et s’appuie sur un système – au moins localement – o๠la propriété privée est respectée, et o๠la liberté contractuelle n’est pas trop entravée…

  21. @LOmiGUn système capitaliste dans une économie non libérale ? Tu veux des exemples ? C’est parti :L’Iran, la Chine, le Vietnam, …..

  22. @Lomig : pourtant, le capitalisme existe même dans des systèmes non-libéraux. Et il induit lui-même, naturellement, des comportements non-libéraux. A moins que tu considères le monopole ou l’entente comme des mécanismes libéraux ?

  23. Bonjour,Je partage pour l’ essentiel tes analyses lOmig et suis en parfaite consonance avec le bel article de Pascal Salin.Cela dit je marque mon désaccord avec toi au sujet …de la baisse de la mortalité autoroutière.Comme l’ affirme RTS,  avec raison, On peut  imputer à  la diminution de la vitesse consécutive selon moi à  la mise en place des radars par les pouvoirs publics.Les automobilistes ralentissent à  leur approche.On est passé de plus de 8000 morts avant leur mise en place, à  moins de 5000 décès après.Bien entendu les autres causes de l’ hécatombe sont l’ alcool,la fatigue et les imprudences au volant.Enfin , j’ estime que la métaphore de la circulation automobile est opérante en ce qui concerne le fonctionnement de toute société libérale.La route est un espace de liberté ( on peut se rendre oà» l’ on veut ) régulé d’ une part par les règles édictées du code de la route imposés à  tous et d’ autre part par la mise en place par l’ Etat ou les collectivités locales de carrefours, stop et feux rouge.

  24. @ RST & Charlatan : le capitalisme a été adopté dans certains secteurs d’économies par ailleurs dirigées, et dans des pays non-libéraux (je vous trouve d’ailleurs pour le coup très libéraux, car l’Iran la Chine et consorts ne sont pas des modèles de sociétés o๠il fait bon vivre…). Mais localement, cela a impliqué, et impliquera toujours d’autoriser la propriété privée, car c’est la condition sine qua none du capitalisme. C’est d’ailleurs pour cette raison que je vois l’entrée de la Chine dans le jeu capitalistique mondial comme une sorte de brèche ouverte dans cette société fermée, et une chance d’enrichissement qui ira de pair avec une ouverture – à  moyen terme – de la société. C’est déjà  ce qui se passe : le niveau de vie en Chine progresse, et les libertés individuelles aussi, même si c’est trop lent pour être satisfaisant…

    @ Michel V : d’accord avec toi, sauf qu’il faut prouver ce genre d’affirmation. Les liens de causalité entre radars et limitation de vitesse d’une part, et chute de la mortalité d’autre part ne sont pas évidentes à  démontrer…

    à  bientà´t !

  25. @Lomig : tu identifies « propriété », « capitalisme » et « libéralisme » ce qui est une erreur. Le libéralisme n’a pas le monopole de la propriété. Et le capitalisme n’a pas besoin du libéralisme. Il nécessite une certaine dose de libéralisme politique, mais sur le plan économique, il n’en a pas besoin.

  26. Donc tu ne vois pas le lien entre la politique du laissez faire de l’Etat américain et le libéralisme ? Quel aveuglement…Si tu autorises le port d’arme, bien sà»r que l’Etat est responsable en partie d’un possible massacre, mais le véritable responsable reste le tireur !Là , tu nous dit que les subprimes sont seulement de la responsabilité de l’Etat parce qu’il les a autorisé !Et les financiers qui ont tiré eux ne sont pas reponsables…C’est la doctrine libérale qui est responsable de la crise, du fait du laisser faire et le capitalisme par le rêve de la propriété dressé en objectif universel ! C’est ce rêve qui pousse aux subprimes, et qui poussait aussi à  l’éloignement du centre-ville (trop cher en centre-ville).C’est le système américain qui est en faillite, et ceci à  cause de leur absolutisme libéral et capitaliste.

  27. Euh…Etienne, désolé mais tu débloques à  plein tubes. Je n’ai pas le courage de reprendre tous tes arguments un à  un pour repréciser tout ce qui nous sépare…Quand tu dis que le « système américain est en faillite, à  cause de son absolutisme libéral et capitaliste » je crois que tu dis n’importe quoi, que c’est faux, et que ça sent à  plein nez l’antiaméricanisme primaire.

    @ Charlatan : je n’identifie pas du tout ces trois concepts. Je dis simplement que le libéralisme est une philosophie basée sur la propriété, et que le capitalisme ne s’est épanoui pleinement que dans les sociétés libérales. O๠il est la cause principale d’un enrichissement général et jamais vu dans l’histoire. Oui, ces trois notions sont indissociables ; ce qui ne veut pas dire qu’elles soient identiques.

    à  bientà´t !

  28. @Lomig : oui, de fait, il nous est impossible d’être d’accord (remarque, on s’en doutait). Pour moi ces trois notions sont dissociables. Le libéralisme est une pensée économique qui met la propriété en avant. Mais la propriété n’est pas liée au libéralisme (ce serait un syllogisme de l’affirmer). Le capitalisme peut utiliser une bonne dose de libéralisme politique (ce pas absolument nécessaire), mais son fonctionnement même refuse le libéralisme économique. Et si une chose est certaine, c’est que si la propriété est un des fondements du capitalisme, le respect de celle-ci n’en fait pas partie. Et si le capitalisme est depuis le XIXème siècle le système qui a permis l’enrichissement au moins d’une bonne partie de la planète, il est faux de dire que c’était majoritairement dans un contexte libéral. La révolution industrielle a eu lieu dans des pays qui avaient encore difficilement le nom de démocraties et s’est poursuivie au XXème siècle avec des politiques très souvent keynésiennes (avec ou sans le label officiel). Même les Etats-Unis, jusqu’à  Reagan, n’affichaient pas de libéralisme économique. La source principale d’enrichissement a été, est encore, et sera le progrès scientifique et technique.

  29. salut charlatan,
    désolé mais c’est un peu confus et obscur ce que tu racontes là  (crépusculaire?)…

    quand tu dis :

    « Et si une chose est certaine, c’est que si la propriété est un des fondements du capitalisme, le respect de celle-ci n’en fait pas partie. »

    C’est de la pure rhétorique, et c’est faux. Si le respect de la propriété privé fait partie des fondements du capitalisme, elle en fait forcément partie.

    Je crois que tu ne sais ni ce qu’est le libéralisme, ni ce qu’est le capitalisme, et que tu reprends à  ton compte la rhétorique d’extrême gauche anti-libérale qui s’est choisi ces noms là  comme ennemis, sans en avoir compris le sens.

    Le libéralisme pose comme principe de base que la propriété de soi, des fruits de son travail, est un droit humain fondamental. C’est par ailleurs la philosophie politique – économique qui a pensé cette notion de la manière la plus poussée et la plus claire. Dire que l’un et l’autre ne sont pas reliés, c’est montrer que tu ne connais pas le libéralisme.

    à  bientà´t !

  30. @Lomig : oui, je ne dois pas être assez clair. Je n’ai pas dit que ces notions n’étaient pas reliées, mais qu’elles étaient dissociables. Dans mon esprit, ça veut simplement dire que libéralisme n’égale pas propriété (ni liberté d’ailleurs), que capitalisme n’égale ni libéralisme, ni propriété, et que propriété n’implique pas nécessairement capitalisme ou libéralisme.Quant à  ma phrase que tu cites, tu devrais la relire et comparer avec ton commentaire. Soit tu n’as pas écrit ce que tu voulais écrire, soit tu n’as pas lu ce que j’ai écrit. La propriété est un fondement du capitalisme en ce sens que son accroissement au travers du capital en est l’objectif. Maintenant, le respect de la propriété privée n’est pas un axiome fondamental du capitalisme, car sans régulation, celui-ci laisse la part belle à  la conquête par la force. C’est pour celà  que le capitalisme nécessite une dose de libéralisme politique pour être un minimum sain (comme exemple, le capitalisme chinois transgresse allègrement les notions de propriété).Et je vois que tu reviens à  la fameuse rhétorique : si je ne suis pas d’accord, ou si j’ai une perception différente de toi, c’est que je suis un ignare…(forcément, c’est la seule explication).

  31. @Lomig,Tu as compris pourquoi le Casino mondial de la fiance virtuelle, ne compte pas dans le libéralisme ?En dehors de celà  :Belle bataille de collage d’étiquettes, mais personne ne met les mêmes choses derrière… amusant !

  32. @LOmiG :ça n’a rien à  voir avec de l’anti américanisme primaire. Les américains sont les plus fort pour leur capacité à  changer, je ne pense pas que ce soit la fin de l’amérique. Seulement, ils doivent revoir leur système, tout comme ils ont du le revoir en 29 (avec succès).Mais je ne vois pas en quoi mon argumentaire ne tient pas. C’est bien le libéralisme et le capitalisme immodéré qui cause aujourd’hui cette crise économique.

  33. salut,
    @ CHarlatan : l’usage de la force est interdit par libéralisme, et c’est bien pourquoi il a toujour un doute sur la légitimité de l’Etat, dont le mode d’action est la contrainte. L’Etat est le monopoleur de la contrainte. tu dis :

    « Maintenant, le respect de la propriété privée n’est pas un axiome fondamental du capitalisme, car sans régulation, celui-ci laisse la part belle à  la conquête par la force. « 

    Cela est à  nouveau faux ! Le capitalisme est basé sur le libre-échange, et sur la liberté contractuelle. je ne vois pas comment l’échange libre entre personnes ou groupes de personnes pourrait donner la part belle à  la conquête par la force. Je crois que tu confonds les choses. Le libéralisme est farouchement opposé à  l’usage de la menace ou de la force. C’est même son fondement éthique. Je crois, à  nouveau, que tu parles de choses que tu ne connais pas…je ne peux que te conseiller d’aller lire les billets que j’ai écrit sur le bouquin de Salin, ça évitera les confusions. Par exemple : Pas de liberté sans propriété.

    à  bientà´t !

  34. @Lomig : c’est lassant cet argumentaire sur l’ignorance…Bon, manisfestement, je ne m’explique pas assez clairement pour que tu comprennes, donc ce n’est pas la peine de continuer.

  35. Le commentaire du « champ libre » est assez ahurissant. Il commence par dire bravo à  Pascal Salin, puis il termine en disant le contraire de celui-ci. Enfin !Marx disait déjà  au XIXème siècle, que, la production en système capitaliste, était un mal nécessaire, mais que le rêve de tout capitalistes était de faire de l’argent sans rien produire. Nos financiers modernes y sont parvenu, avec les conséquences que l’on voit aujourd’hui.

  36. ecoutons donc pascal salin…
    laissons le marché se débrouiller tout seul
    et nous verrons comment il se redressera !
    je suis certain que tous les banquiers/traders qui appliquent avec amour le modèle libéral -innovations financières incontrolées, etc.- apprécieront les phrases du professeur Salin.
    Et puis principe de respnsabilité oblige , la faillite personnelle des ces apparatchiks du marché donnera le signe que « les marchés » (ie les autres prédateurs) attendent pour remonter …
    J’aime bien ces contradictions (euh, mais au fait c’est pas le grand barbu qui avit prédit lesdites contradictions ?).

  37. euh pardon , j’installais mon nouvel ordi (le bonheur de passer chez apple !)
    sur la thèse de P. Salin .
    1) Il me semble que l’élément fondamental et trop souvent oublié dans le libéralisme , c’est la responsabilité (ce Que Salin explique bien dans ses bouquins). Or le monde de la finance (particulièrement celui qui vit des marchés dérivés) a oublié ce principe . Il me paraît juste qu’il paye en premier (d’o๠mon idée de faillite personnelle , qui existe en fait aux USA) avant de demander quelque chose aux contribuables (ce qui serait fort peu libéral). cela peut paraître paradoxal, mais , exception faite des rebonds techniques de lundi et mardi (merci la démagogie des centaines de milliards provenant des caisses de l’Etat), la plus forte séance de hausse à  Wall Street a eu lieu le lendemain du jour o๠le sénat a refusé de voter en première lecture le plan Paulson
    … interprétation , les marchés (ie les actionnaires) attendaient un signe fort de l’Etat (mise en oeuvre des responsabilités des financiers) et non pas cette Bérezina des plans de sauvetage. d’o๠la chute des jours suivants…
    Par contre, je suis très déçu par l’explication de la crise par la variabilité des politiques monétaires …
    1° Que je sache les gouverneurs de la fed ne sont pas des marxistes « le couteau entre les dents » ! ils ont toujours (surtout Greenspan) soutenu et encouragé les politiques d’innovations financières (donc de libéralisation).
    2° Avancer que les politiques monétaires pourraient tromper les marchés c’est réfuter l’hypothèse libérale la plus intéressante de ces dernières années ,c-a-d, les anticipations rationnelles . Pascal Salin croit -il sérieusement que les diplà´més des grandes écoles de commerce et d’ingénieurs les mathématiciens les vieux briscards (à  la Warren Buffet) auraient été « trompés » par la Fed ? Ce n’est même pas sérieux.
    La preuve : regardez sur n’importe quel site boursier , les marchés se sont retournés bien avant le début du Krach actuel ( Paris ,par exemple, chute depuis plus de 9 mois ).
    voilà  pour mes explications
    nb / De la même manière , A. Madelin dans un numéro récent de valeurs actuelles ( article visible sur le site web de ce journal) demande à  ce que l’on nationalise les pertes !!! il a perdu la tête ou quoi ? Parfois je me demande si certains libéraux n’ ont pas adopté cette idéologie uniquement à  cause de leur position sociale (ou celle de leur famille) au lieu d’une réflexion bien nourrie.

  38. salut James,
    Comme tu le rappelles, Salin insiste dès le début de son livre « Libéralisme » sur le triptyque fondateur du libéralisme : liberté, propriété, responsabilité.
    Tu dis que le monde de la finance devrait être responsabilisé. Que disent d’autre les libéraux, qui pour la plupart se sont opposés aux plans Paulson ? Ton argument consisterait à  dire : regardez, les états vont venir soutenir les marchés financiers, contre l’avis des libéraux, les libéraux sont donc complètement à  cà´té de la plaque.
    Je maintiens donc mon avis qui est que la crise actuelle n’a pas grand chose à  voir avec une crise du libéralisme.
    Par ailleurs, je ne connaissais pas l’article de Madelin, mais il me semble qu’il n’est pas forcément libéral sur tous les sujets.
    Pour avoir des avis éclairés sur le sujet, je te conseille vivement la lecture des articles de Vincent Bénard, à  propos du plan Paulson, du plan anglais, de la responsabilité du libéralisme
    à  bientà´t !

  39. 1) Sur la position des libéraux face à  la crise
    je distinguerai les « fils de famille » qui sont libéraux lorsque la bourse monte et interventionnistes (nationalisation des dettes) lorsque la bourse krasche… Ce sont de faux libéraux…
    Et les autres (rares en France) qui tentent en toute objectivité de montrer qu’il peut exister une réponse libérale (ceux dont tu parles avec le rejet du plan Paulson).
    Exemple en France : seuls les communistes ont voté contre le plan de sauvetage des banques , les autres ont voté pour (droite « libérale » y compris ) ou se sont abstenus (les socialistes comme d’habitude ).
    Pour moi, la responsabilité des petits actionnaires est déjà  engagée à  travers la chute des cours (donc le problème n’est pas là ) par contre celle des gros actionnaires (je parle des spéculateurs , des hedges funds etc.) ainsi que celle des traders (et assimilés) n’a pas encore été engagée. et je le regrette.
    2) sur la théorie économique : tu ne dis rien sur ma critique de l’argumentation de Salin . Or c’est l’essentiel . Un libéral croit aux anticipations rationnelles (même si c’est l’école de Chicago plutà´t que l’école autrichienne ). L’argumentation de Salin est pauvre (souvent le cas de la part des économistes qui en réalité méconnaissent la Finance).
    3) pour ma part, je pense qu’une première explication de la crise doit être reliée à  l’analyse ricardienne de la rente foncière et de la baisse tendancielle des taux de profits …
    … Sauf qu’il nous manque l’économiste pour « transposer » le modèle au monde de la finance ! Les financiers choisissent d’investir dans des actifs de plus en plus risqués comme le paysan faute de terres arables choisit de labourer des lopins de terres de moins en moins fertiles . A creuser !
    4) D’autre part , on ne peut se passer d’une analyse de l’impact monétaire et réel de l’utilisation de l’effet de levier dans les marchés dérivés sachant que celui ci peut atteindre 100 fois le montant dont dispose réellement l’investisseur/épargnant . Idem pour les ventes à  découvert. Et idem pour les comptes offshore (paradis fiscaux etc.)
    5) en clair, en reliant les points 3 et 4, on obtient certainement une analyse à  la fois théorique et pratique des bulles financières
    Bien à  vous

  40. Je suis pour la solidarité, la fraternité, le partage de la valeur ajouté … mais peut-être suis-je en avance sur mon temps …

  41. salut Vero,
    je suis aussi pour la solidarité (mais pas celle qui est obtenue par la force), je suis pour la fraternité (quand c’est possible), et je suis pour le respect des engagements contractuels. Le partage de la valeur ajoutée fait partie des règles du jeu accepté par les partenaires. ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas les changer, mais il faut en tout cas les honorer. non ?

  42. Quand je parle de partage je veux dire un vrai partage pas des miettes.
    Le travail est trop taxé certes mais il y a une raison. Le capital ne l’est pas assez.
    Pourquoi travailler quand on laisse les placements faire le boulot pour soi ?
    De plus je ne vois pas comment notre président va pouvoir tenir ses engagements sur les paradis fiscaux sachant que tous ses amis y sont …
    http://marredengraisserlessupermarches.over-blog.com/article-29203062.html
    Encore des promesses …
    De toutes façons la crise est présente depuis deja plusieurs années, Sarko n’est qu’un révélateur. Autour de moi, et moi meme avons perdu plus de 50% de notre salaire. Et nous sommes des centaines de milliers ainsi à  avoir été déclassé, on continue à  vivre mais c’est dur.
    Après arranguer les gens parce qu’il ne travail pas assez … Ca ne peut que envoyer les gens dans la rue … Et s’il n’a toujours pas compris ca va péter … ce que je ne souhaite pas.
    Mais quand on est désespéré que faire devant un autiste ?

  43. Tu mélanges beaucoup de choses dans ton commentaire, peut-être volontairement.
    1) Je pense, très sincèrement, que le capital comme le travail sont trop taxés. Nous devrions être conscient que l’état est omniprésent – trop – et que la création de richesses est réellement désincité. On veut se partager des richesses qui n’existent pas encore : pour partager le gateau, il faut qu’il y ait un gà¢teau !
    2) les paradis fiscaux n’ont rien à  voir avec la discussion ici
    3) Tu penses que les gens vont dans la rue parce que Sarkozy leur demande de travailler plus ? on frà´le le délire, là , excuse moi; Les gens sont allés dans la rue pour demander à  l’Etat de faire plus eux. Ce qui signifie demander à  d’autres de leur donner plus d’argent. L’argent de l’Etat – oh surprise – provient forcément d’autres citoyens. Il va falloir sortir un jour de cette redistribution abusive et de cette protection excessive qui conduit à  créer du chà´mage, à  embaucher un actif sur 4 dans la fonction publique et à  décourager toute création de richesse…
    à  bientà´t

  44. Salut à  tous !
    Pour votre info, l’interview exclusive de Pascal Salin que j’ai eu l’honneur de pouvoir faire est en ligne sur Expression Libre depuis ce matin…! Bonne lecture !

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