Les socialistes

Je ne sais plus où, ni quand, mais j’avais promis à Mathieu L. de publier ici un extrait de Bastiat où il parle du socialisme. C’est un petit texte extrait de « La Loi« , écrit en 1850, juste avant sa mort. D’une grande beauté, comme tous les textes de Bastiat que j’ai lus.

Les publicistes[1. Publiciste: DR. Personne qui écrit sur le droit public; spécialiste du droit public.] modernes, particulièrement ceux de l’école socialiste, fondent leurs théories diverses sur une hypothèse commune, et assurément la plus étrange, la plus orgueilleuse qui puisse tomber dans un cerveau humain.

Ils divisent l’humanité en deux parts. L’universalité des hommes, moins un, forme la première ; le publiciste, à lui tout seul, forme la seconde et, de beaucoup, la plus importante.

En effet, ils commencent par supposer que les hommes ne portent en eux-mêmes ni un principe d’action, ni un moyen de discernement ; Ils divisent l’humanité en deux parts. L’universalité des hommes, moins un, forme la première ; le {socialiste}, à lui tout seul, forme la seconde et, de beaucoup, la plus importante.qu’ils sont dépourvus d’initiative; qu’ils sont de la matière inerte, des molécules passives, des atomes sans spontanéité, tout au plus une végétation indifférente à son propre mode d’existence, susceptible de recevoir, d’une volonté et d’une main extérieures, un nombre infini de formes plus ou moins symétriques, artistiques, perfectionnées.

Ensuite chacun d’eux suppose sans façon qu’il est lui-même, sous les noms d’Organisateur, de Révélateur, de Législateur, d’Instituteur, de Fondateur, cette volonté et cette main, ce mobile universel, cette puissance créatrice dont la sublime mission est de réunir en société ces matériaux épars, qui sont des hommes.

Partant de cette donnée, comme chaque jardinier, selon son caprice, taille ses arbres en pyramides, en parasols, en cubes, en cônes, en vases, en espaliers, en quenouilles, en éventails, chaque socialiste, suivant sa chimère, taille la pauvre humanité en groupes, en séries, en centres, en sous-centres, en alvéoles, en ateliers sociaux, harmoniques, contrastés, etc., etc.

Et de même que le jardinier, pour opérer la taille des arbres, a besoin de haches, de scies, de serpettes et de ciseaux, le publiciste, pour arranger sa société, a besoin de forces qu’il ne peut trouver que dans les Lois; loi de douane, loi d’impôt, loi d’assistance, loi d’instruction.

Il est si vrai que les socialistes considèrent l’humanité comme matière à combinaisons sociales, que si, par hasard, ils ne sont pas bien sûrs du succès de ces combinaisons, ils réclament du moins une parcelle d’humanité comme matière à expériences : on sait combien est populaire parmi eux l’idée d’expérimenter tous les systèmes, et on a vu un de leurs chefs venir sérieusement demander à l’assemblée constituante une commune avec tous ses habitants, pour faire son essai.

C’est ainsi que tout inventeur fait sa machine en petit avant de la faire en grand. C’est ainsi que le chimiste sacrifie quelques réactifs, que l’agriculteur sacrifie quelques semences et un coin de son champ pour faire l’épreuve d’une idée.

Mais quelle distance incommensurable entre le jardinier et ses arbres, entre l’inventeur et sa machine, entre le chimiste et ses réactifs, entre l’agriculteur et ses semences!… Le socialiste croit de bonne foi que la même distance le sépare de l’humanité.

Pendant que l’humanité penche vers le Mal, eux inclinent au Bien; […] Et, cela posé, ils réclament la Force, afin qu’elle les mette à même de substituer leurs propres tendances aux tendances du genre humain.Il ne faut pas s’étonner que les publicistes du dix-neuvième siècle considèrent la société comme une création artificielle sortie du génie du Législateur.

Cette idée, fruit de l’éducation classique, a dominé tous les penseurs, tous les grands écrivains de notre pays.

Tous ont vu entre l’humanité et le législateur les mêmes rapports qui existent entre l’argile et le potier.

Bien plus, s’ils ont consenti à reconnaître, dans le cœur de l’homme, un principe d’action et, dans son intelligence, un principe de discernement, ils ont pensé que Dieu lui avait fait, en cela, un don funeste, et que l’humanité, sous l’influence de ces deux moteurs, tendait fatalement vers sa dégradation. Ils ont posé en fait qu’abandonnée à ses penchants l’humanité ne s’occuperait de religion que pour aboutir à l’athéisme, d’enseignement que pour arriver à l’ignorance, de travail et d’échanges que pour s’éteindre dans la misère.

Heureusement, selon ces mêmes écrivains, il y a quelques hommes, nommés Gouvernants, Législateurs, qui ont reçu du ciel, non seulement pour eux-mêmes, mais pour tous les autres, des tendances opposées.

Pendant que l’humanité penche vers le Mal, eux inclinent au Bien; pendant que l’humanité marche vers les ténèbres, eux aspirent à la lumière; pendant que l’humanité est entraînée vers le vice, eux sont attirés par la vertu. Et, cela posé, ils réclament la Force, afin qu’elle les mette à même de substituer leurs propres tendances aux tendances du genre humain.


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Mathieu L.
12 années il y a

Merci pour l’extrait. Tu me l’avais promis à la dernière RDB.
Ce qui est tout aussi intéressant, c’est que Bastiat utilise les mêmes arguments contre le socialisme que vous aujourd’hui.
Finalement, les choses ont peu bougé depuis le XIXe siècle…

Rubin
12 années il y a

Le socialisme non plus, tu me diras ;-)

Mathieu L.
12 années il y a

Bonjour Messieurs, Bon, les gars, j’ai lu ce post à 1h30 du matin, j’étais pas dans un état permettant de faire un commentaire intelligent et je me suis donc contenté d’une boutade. Pour répondre plus posément, Bastiat est un auteur du XIXe siècle et s’appuie pour construire ses raisonnements sur des aspects moraux (le bien et le mal). C’était d’ailleurs aussi le cas des auteurs socialistes de l’époque (voir Proudhon par exemple). Cette vision de la vie politique est assez dépassée, sauf dans certains cercles des deux extrêmes. De plus, je ne me reconnais pas dans sa vision du socialisme : il parle des révolutionnaires ici, alors qu’il y a de nombreux courants qui ne le sont pas. Il évoque la vertu, terme de Robespierre, qui n’est plus vraiment d’actualité. Cela peut expliquer que je ne me sois pas senti visé au départ. Je crois qu’il y a cependant dans ce texte une rupture fondamentale entre nous et vous. Bastiat considère que les intérêts individuels qui se mélangent, s’ils aboutissent à des résultats négatifs, ne peuvent pas être encadrés. On est en plein dans la logique de la main invisible. Il nie aussi l’existence des classes sociales que Marx venait… Lire la suite »

Mathieu L.
12 années il y a

@ LOmiG : juste une remarque. Ton site mouline en ce moment. Souvent, je ne peux pas y accéder. Pas très facile pour suivre l’un de mes blogueurs libéraux favoris.

Anne
Anne
12 années il y a

Ce texte de Bastiat est extraordinaire de modernité sur le socialisme et les tenants (dirigeants) de cette idéologie : négation de l’Homme en tant qu’individu autonome et doué de raison, son infantilisation, sa déresponsabilisation, jusqu’à l’arrogance de ceux qui se sont autoproclamés supérieurs, les « Sachant » et « Oeuvrant » pour le bien de la populace inculte qu’en fait ils méprisent, et s’il le faut malgré elle.
On peut transposer au socialisme ce que Bernardin dit de l’écologie mondialisée, à savoir que cette idéologie, tout en laissant l’illusion de la liberté individuelle, a pour conséquence le renversement de la conception de l’Homme, qu’elle fait passer en second pour lui substituer la collectivité : les totalitarismes ne sont pas morts.

Paul
Paul
12 années il y a

Comme l’explique assez bien André Comte-Sponville dans l’ouvrage que je suis en train de lire (« Le capitalisme est-il moral ? »), le socialisme est un système politique moral, et donc « ridicule ». Il place en effet la morale au dessus de l’économie et du politique. Ceux-ci ont pour fonction de produire de la richesse pour l’un, du droit et de la justice pour l’autre, mais en aucun cas d’imposer un système éthique. Je vous copie quelques passages très éclairants : (à propos de Marx et du communisme) « Il était donc inévitable qu’il échoue, puisque les hommes sont égoïstes et mettent toujours, à l’échelle des grands nombres, leur intérêt particulier plus haut que l’intérêt général. Il était donc à peu près inévitable aussi que le communisme devienne totalitaire, puisqu’il fallut bien imposer par la contrainte ce que la morale, très vite, s’avéra incapable de d’obtenir ». (à propos maintenant du capitalisme) « Le coup de génie du capitalisme, à l’inverse, ou plutôt (puisque personne ne l’a inventé) sa logique propre, son essence actuelle et acive, c’est de ne rien demander d’autre aux individus que d’être exactement ce qu’ils sont : soyez égoïstes, occupez vous de votre intérêt, si possible intelligemment, et tout… Lire la suite »

Mathieu L.
12 années il y a

Salut LOmiG, Chouette, un débat ! Cela faisait longtemps ! Ton commentaire est bien ce qui m’avait amené, au départ, à faire une réponse rapide, tout en te remerciant de cet extrait, parce que ce que tu dis, nous en avons déjà parlé par le passé. On a déjà constaté que : 1) Tu penses que le gâteau est extensible à l’infini, ce avec quoi je ne suis qu’en accord partiel, mais tu nies le fait que l’inégalité des richesses vient d’un partage inégal du gâteau, ce que je continue à penser. 2) Pour toi, la propriété n’est pas destructrice, alors qu’elle l’est pour moi, à partir du moment où elle est réservée à une minorité. 3) Tu refuses la loi de la majorité, alors qu’elle est à mon avis la seule viable car la seule légitime. Je n’ai jamais dit que la majorité ne faisait que des choses intelligentes, la preuve : elle élit parfois des libéraux ! Finalement, l’État ne trouve grâce à tes yeux que pour protéger ta propriété. Dans ce commentaire, tu défends très fortement ton intérêt individuel. L’évocation du droit devient fondamentale à ce moment-là, puisqu’il garantit, dans ton discours, que la majorité ne puisse… Lire la suite »

pap
pap
12 années il y a

Sujet passionnant. 1° observation: je ne suis pas sûr que le reproche de Bastiat soit propre aux publicistes socialistes. A bien y regarder on peut imaginer que n’importe quel homme politique, n’importe quelle personne qui veut exercer le pouvoir, de quelque bord qu’elle se situe, a au fond d’elle le sentiment qu’elle peut améliorer la situation générale. (je ne parle pas des despostes qui ne visent qu’à s’approprier la vie des autres) Disons qu’il y a un certain messianisme dans les neurones humains, plus ou moins développé selon les individus, et que chercher à mieux organiser la vie en société n’est pas forcément une tare. Je crois que le texte de Bastiat n’est pas plus anti-socialiste qu’anti politique globalement. Effectivement il considère que les hommes, pris individuellement ont assez de qualités pour vivre en société sans que quiconque se charge de les organiser. Si tel est le sens alors je pose une question: quelle est la limite entre libéralisme et anarchisme? 2° point: Si je reviens sur cette notion de messianisme que j’invoquais pour tenter de comprendre le mouvement de certains hommes qui cherchent à piloter le monde autour d’eux, je voudrais faire une remarque concernant la légitimité de ces… Lire la suite »

Scheiro
12 années il y a

>Dans cette affaire, c’est toi qui voient les hommes mauvais dès qu’ils sont en groupe, mais cohérents lorsqu’ils agissent de manière individuelle.
LOmiG voit juste! Pour s’en convaincre, il suffit de lire « Masse et Puissance » de Canetti qui a fait un travail magnifique à ce sujet.
Quant au socialisme, c’est une idéologie au mieux désuette, au pire archaïque, et dont Sloterdjick a dit, dans « Colère et Temps », tout ce qui devait être dit à ce sujet. On ne peut considérer cet objet politique que sous l’angle de l’Histoire dorénavant et ceux qui osent encore s’en réclamer comme des « arriérés » ou bien des criminels potentiels, à mettre sur le même plan politique que les néo-nazi – dans le cas des crypto-communistes.

Rubin
12 années il y a

Masse et puissance. Un ouvrage d’une rare intelligence, un point de vue unique et original. À lire absolument en effet, mais… Je ne suis pas sûr qu’il puisse être entièrement détaché de son contexte et des questionnements de son auteur. En tout cas, c’est sûr, sa lecture est indispensable si l’on veut avancer dans une réflexion sur les rapports entre masses et individus.

Mathieu L.
12 années il y a

Bonsoir, Alors, je réponds à LOmiG sur les différents points (tu as laissé beaucoup de choses de côté, mais ce n’est pas forcément grave, vu la masse de mon propre commentaire) : 1) Le concept libéral de constructivisme est pour moi totalement illusoire. Tout est constructivisme. Par définition, nous passons notre temps à construire et à reconstruire. Nous le faisons dans tous les mouvements politiques. De plus, la démocratie permet de construire d’autres politiques en fonction des événements. En fait, j’ai toujours l’impression que tu te réfères aux idéologies socialistes considérant que seule la dictature peut améliorer les choses. Si ton opposition se concentre sur l’idée de mener des politiques par en haut, je reviens à ce que je te disais plus haut : on est en désaccord là-dessus et on le savait déjà. 2) A mon avis, la liberté de parole ne sert à rien sans possibilité d’action. Tu peux toujours parler dans le vide, si tu n’impactes sur rien, la violence devient le seul mode de résolution des conflits. La loi de la majorité est en effet le pire des systèmes, mais il est le seul, à ce jour, qui évite la violence dans la plupart des cas.… Lire la suite »

max
max
12 années il y a

débat passionnant effectviment, je poste pour guetter la suite :)
texte très fort en tout cas, ça me donne envie de lire « Masse et puissance », puisque vous le conseillez.
a

Franck Boizard
12 années il y a

«Le concept libéral de constructivisme est pour moi totalement illusoire. Tout est constructivisme.»
Il y a dans cette phrase une incompréhension du constructivisme, basée sur la parenté avec construire.
Le constructivisme consiste à vouloir arriver à un résultat, à un état donné de la société, par exemple que les villes soient déplacées à la campagne.
Or, tout ne fonctionne pas comme cela. On peut aussi faire une loi neutre et laisser les gens s’installer où ils veulent.
Le code de la route n’est pas constructiviste. Bison Futé l’est.

pap
pap
12 années il y a

« Les associations, les fondations, les sociétés philanthropiques existent et permettent de faire ce travail nécessaire d’entraide. non ? » Dans ton post 11 Lomig tu écris ce qui est au dessus. Dans ton dernier post tu reviens sur l’application sans faille des régles. OK. Mais ça ne réponds pas à ma question: il y a des gens qui sont incapables de respecter les règles de juste conduite. Il y en a d’autre tout aussi nombreux qui ne souhaitent pas respecter ces règles. Il y encore des pouris qui ne rêvent que d’exploiter ces personnes incapables de vivre soicalement pour les constituer en mafias privées. Que fait-on de ces gens? On ne peut pas tourner autour du pot: leurs dérives appellent une violence supérieure qui limitent la violence qu’ils imposent aux petit peuple que nous sommes. Si on refuse que des mafias prennent le contrôle de tous les trafics de tous les faibles il faut pouvoir s’y opposer physiquement. C’est la source des états. Je veux bien admettre que les états ne sont que les mafias les plus structurées et les plus violentes. Mais au total je les préfére aux petites mafias car le pouvoir y est plus transparent, plus discutable. La… Lire la suite »

Mathieu L.
12 années il y a

Une seule réponse à tes questions, LOmiG : pour moi, la notion de « règle juste » est aberrante. Il n’y aucune règle juste, il y a par contre des idées très majoritaires qui permettent à la société de fonctionner. Je vais te donner un exemple. Tu dis : « La redistribution des richesses par un État censé servir l’intérêt général est une connerie sans nom. » Cela signifie donc que toi, LOmiG, estime que la règle juste est d’interdire à l’État de mener ce type de politiques. Pourtant, la très grande majorité des Français estime que cette politique est à poursuivre (en tout cas, ils ne votent pas pour les libertariens pour le moment). Donc, tu estimes que nos concitoyens vont contre la « règle juste », qui n’a ici aucun sens réel. La règle est finalement devenue l’intervention de l’État. D’ailleurs, pour revenir aux règles qui ont émergé dans le temps, l’intervention de l’État, historiquement, en est une ! C’est votre vision qui n’a quasiment jamais existé. Il n’y a là aucune justice, mais simplement une large majorité. Si un jour, tes idées triomphent, ta règle deviendra majoritaire et sera appliquée. C’est donc le concept même d’une justice cohérente, absolue, totale, qui est à… Lire la suite »

pap
pap
12 années il y a

Je suis assez d’accord avec Mathieu L. L’intervention de l’état dans les règles économiques est le résultat de la démocratie. Notre regard est faussé en France car notre histoire a mis en place des moyens économiques d’état qui sont surdimensionnés. La fonction publique, avec ses propres moyens d’évaluation, sa propre notion de performance, ses propres garanties d’emploi ou d’assurance, vit au crochet du monde économique productif direct. Et cette fonction publique surdimensionée appauvrit les autres acteurs de la société. Et je suis d’accord avec Lomig, la fonction publique française est un boulet qui devrait être allégé. Il suffit de voir comment fonctionnent les pays développés comparables et de s’en inspirer. Alors oui, notre société française n’est pas assez libérale. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour envisager de réduire à zéro les interventions d’état sur l’économie. Il faudrait que l’état intervienne au niveau économique pour favoriser la création de richesse dans notre pays ou soutenir des orientations stratégiques profondes. Ce qui est dramatique c’est qu’un tel constat n’est pas politiquement acceptable par les socialistes français qui sont étouffés dans une vision économique du 19° siècle et un refus du libre échange qui conduit à la mondialisation. J’aspire à un… Lire la suite »

Scheiro
12 années il y a

@Mathieu L. gros problème pour ta théorie disant que la violence, elle est interdite partout … partout où il existe un pouvoir étatique qui s’est accaparé le droit à produire de la violence comme signe effectif de sa puissance; ce qui fait que la violence est interdite à quiconque qui n’est pas mandaté par l’ETAT TOUT PUISSANT. Il existaient des sociétés sans État et qui s’étaient organisées pour que personne ne puisse avoir le monopole de la violence, c’est à dire le pouvoir. Cf. Pierre Clastres: « Quand les Européens débarquèrent sur les côtes du Nouveau Monde, ils furent stupéfaits de découvrir des peuples vivant en dehors de toute structure politique hiérarchisée. Certes, partout ils trouvèrent des chefs mais jamais ces derniers ne commandaient, et personne n’obéissait à personne. Ce ne fut pas l’unique surprise. Ces peuples semblaient indifférents aux richesses et s’adonnaient en permanence à la guerre. La raison profonde fut rapidement entendue : ces hommes vivant à l’état de nature n’avaient point encore fondé de véritable société. Ce n’était en quelque sorte que des sauvages, des primitifs. Ce constat alimenta les réflexions théoriques d’un Thomas HOBBES (1588-1679) pour qui l’homme à l’état de nature se définit par « la… Lire la suite »

pap
pap
12 années il y a

le mythe du bon sauvage…Rousseau…c’est bidon tout ça. Comment peut on comparer une société de quelques milliers d’individus dans une nature riche où tout est à disposition avec une société de millions d’hommes concentrés sur manhattan (ou ailleurs), où rien n’est disponible sans lutte de chaque instant? Soyez sérieux il y a 7 milliards d’hommes sur la planète et une organisation d’enfer pour que ça ne se passe pas trop mal. Alors socialisme?

pap
pap
12 années il y a

Quand je parle d’intervention de l’état c’est aussi bien pour favoriser telle ou telle niche économique (baisse sélective de fiscalité, soutien à l’endettement, apport de moyens -par exemple sur la recherche ou pour une région défavorisée) que pour apporter des moyens lourds inaccessibles à des entrepreneurs privés. Le choix de la filière nucléaire (et dieu sait si j’étais contre en 1973) n’a été possible que parce que l’état a décidé de mettre tous ces moyens dans la balance. C’était un investissement à long terme et des « millions de cerveaux » travaillant ensemble n’auraient pas pu apporter les moyens. La prévision des marchés reste une partie de loto: l’avenir n’est écrit nulle part. Mais quand on est à la tête d’un grand état on dispose d’informations importantes plus tôt que les individus de cet état. Et là il y a des choix à faire, des anticipations à ne pas rater, des interventions économiques à soutenir ou favoriser. Où je suis totalement d’accord avec toi, c’est quand tu dis que l’intervention de l’état ne doit pas pénaliser l’engagement individuel et au contraire favoriser les individus qui entreprennent. Mais il n’y a pas contradiction entre nos 2 positions: juste une affaire d’équilibre. Et je… Lire la suite »

Scheiro
12 années il y a

@Pap & LOmiG Vous avez réagi comme des animaux de cirque dressés à secouer la tête en cadence dès qu’on actionne l’input adéquate. Ici, je suppose que c’est le terme « l’homme à l’état de nature » qui vous pousse à la réponse conditionnée « Rousseau » et au stéréotype qui va avec « les histoires de bon sauvage, de contrat social à la Rousseau sont du pipeau ». Moi, je veux bien, je ne prendrais même pas le temps de vous démontrer que Rousseau ne peut pas être réduit à un stéréotype aussi simpliste. Mais, je pense surtout que vous avez raté l’essentiel de mon intervention qui signifiait à Mathieu – un historien – que la violence est interdite partout où il existe une structure étatique – ce qui est très récent au regard de l’humanité – et que plus l’Etat est faible et plus la violence civile est grande c.f. Irak, Afghanistan, Pakistan, etc… Je pense que vous n’avez rien compris à ce que je signifiais parce qu’il manque à vos réflexions politico-socio-économiques, un certain recul anthropo-psycho-philosophique, un niveau de culture, qu’à l’évidence, vous ne possédez pas. C’est dommage!

pap
pap
12 années il y a

C’est vrai que ce baggage anthropo-psycho-philosophique me manque depuis la fin du 19° siècle. Je préfère de loin ce que Levy Strauss nous a enseigné et je plaide coupable.

Scheiro
12 années il y a

Et bien jutement, Pap, pour Lévi-Strauss: « Rousseau ne s’est pas borné à prévoir l’ethnologie, il l’a fondée. D’abord de façon pratique, en écrivant ce Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes qui pose le problème des rapports entre la nature et la culture, et où l’on peut voir le premier traité d’ethnologie générale ; et ensuite, sur le plan théorique, en distinguant, avec une clarté et une concision admirables, l’objet propre de l’ethnologue de celui du moraliste et de l’historien : « Quand on veut étudier les hommes, il faut regarder près de soi ; mais pour étudier l’homme, il faut apprendre à porter sa vue au loin ; il faut d’abord observer les différences pour découvrir les propriétés. » (Essai sur l’origine des langues, chap. VIII.)
Rousseau est au fondement de le réflexion moderne sur la liberté de l’homme et si la gauche s’en est emparée, c’est qu’elle n’a rien compris aux conceptions de Rousseau qui ne voyait rien de « bon » ou de « mauvais » en l’homme, contrairement à ce qui a été véhiculé dans les cours de français, en classe de seconde, par des profs épris de la pensée… ou plutôt… du dogme n°68 ;-)

Mathieu L.
12 années il y a

@ Scheiro : il est vrai que je parlais des sociétés modernes avec Etat ici. Maintenant, si les Indiens d’Amérique n’avaient parfois pas d’Etats constitués, ils avaient aussi des systèmes de régulation de la violence, même s’il n’y avait pas de monopole de la violence en effet. Globalement d’accord avec ton commentaire.
@ PAP : je pense que ta vision des socialistes est assez surannée. Elle correspond plutôt au discours creux du PS, alors que de nombreuses évolutions idéologiques ont lieu en parallèle. Maintenant, dire que la fonction publique est un boulet est aussi assez discutable : comment expliquer notre vigoureuse croissance depuis 1945 avec une FP en augmentation dans tous les pays riches ?
@ LOmiG : non, la démocratie n’aboutit pas systématiquement à des choses formidables, mais elle a un avantage indéniable : elle te permet d’espérer un jour accéder au pouvoir pour les corriger. Les autres systèmes ne te donnent pas cela.

Mathieu L.
12 années il y a

@ LOmiG : Sarkozy socialiste ??? T’es sérieux là ??? J’aimerais bien lire ta justification de cette affirmation…

Franck Boizard
12 années il y a

@ Mathieu L.
«Maintenant, dire que la fonction publique est un boulet est aussi assez discutable : comment expliquer notre vigoureuse croissance depuis 1945 avec une FP en augmentation dans tous les pays riches ?»
Vous confondez la cause et la conséquence ! Ce n’est pas la fonction publique qui a fait les trente glorieuses. Simplement quand la parasité, l’économie libre, prospère, le parasite, la FP, profite également.
«Sarkozy socialiste ??? T’es sérieux là ??? J’aimerais bien lire ta justification de cette affirmation…»
C’est très simple. Ses décisions tendent à accroitre le pouvoir de l’Etat et à diminuer celui des individus : c’est un socialiste.
Quant au fait qu’il ne se proclame pas socialiste, c’est une simple affaire de marketing. On doit clamer d’autant plus fort sa différence qu’en réalité on est semblable.
Les Peugeot et les Citroen sont pareilles, mais on essaie de vous faire croire qu’elles sont différentes. Aubry et Sarkozy jouent le même jeu.

Franck Boizard
12 années il y a

Encore un mot :
au premier ordre, il y a un moyen simple, radical et efficace de mesurer le socialisme ou le libéralisme d’une politique.
Le libéralisme et le socialisme se différencient par la part de décisions qui sont prises collectivement ou laissées à l’individu.
En économie, cela se traduit par la part de dépenses publiques dans le PIB.
On peut donc résumer ainsi : un socialiste (progessiste ou conservateur) est quelqu’un qui augmente (ou maintient, dans le cas français, vu le nive

Mathieu L.
12 années il y a

@ F. Boizard : totalement en désaccord avec vous. Les grandes orientations politiques des Trente Glorieuses sont mises en place dès la sortie de la guerre, et en particulier l’intervention de l’Etat bien plus forte dans l’économie. La Sécu est par exemple fondée en 1945. Par contre, le démarrage économique se produit à la fin des années 1940, sous l’impulsion du Plan Marshall, des investissements publics (planification), de la collaboration Etat-patronat-syndicats et du boom démographique.
Durant les Trente Glorieuses, la France est à 5% de croissance par an. Depuis la libéralisation des années 1970, on tourne plutôt à 2%. Certes, il y a le contexte, mais je peine à croire que cela suffise à tout expliquer.
Pour votre définition de socialisme, je crois que vous êtes non seulement réducteur, mais aussi caricatural.
A bientôt,

Mathieu L.
12 années il y a

@ F. Boizard : en fait, vous confondez socialisme et interventionnisme. Le socialisme vise à la collectivisation des moyens de production. Je ne crois pas que Sarkozy le voit comme cela…

Franck Boizard
12 années il y a

ERREUR dans le message précédent, je complète. Annule et remplace.
Encore un mot :
au premier ordre, il y a un moyen simple, radical et efficace de mesurer le socialisme ou le libéralisme d’une politique.
Le libéralisme et le socialisme se différencient par la part de décisions qui sont prises collectivement ou laissées à l’individu.
En économie, cela se traduit par la part de dépenses publiques dans le PIB.
On peut donc résumer ainsi : un socialiste (progressiste ou conservateur) est quelqu’un qui augmente (ou maintient, dans le cas français, vu le niveau déjà atteint) le niveau de dépenses publiques dans le PIB.
Un libéral est quelqu’un qui le diminue.
Les économistes, parce qu’ils aiment la complexité pour elle-même, trouveront un tas de choses à redire sur cette définition, mais elle tient assez bien la route.
A cette aune, les derniers gouvernements libéraux français datent des années 50 (il y a quelques fluctututions non significatives autour de 54 % ces dernières années qui indiquent juste que l’on a atteint un seuil de douleur fiscale : le parasite étouffe son hôte).

Franck Boizard
12 années il y a

«Durant les Trente Glorieuses, la France est à 5% de croissance par an. Depuis la libéralisation des années 1970, on tourne plutôt à 2%. Certes, il y a le contexte, mais je peine à croire que cela suffise à tout expliquer.»
Encore une fois, je pense que vous confondez cause et conséquence. La libéralisation ne s’est faite qu’après que l’étatisme se fut révélé un échec.
Si vous retrouvez des documents sur les campagnes électorales de R. Reagan et M. Thatcher, vous n’aurez aucun doute qu’ils ont profité d’une crise de l’étatisme.
«Pour votre définition de socialisme, je crois que vous êtes non seulement réducteur, mais aussi caricatural.»
Si vous êtes capable de me dire ce qu’est le socialisme, de donner une définition que vous jugez ni caricatural ni réductrice, je suis preneur.
Il me semble que les socialistes eux-mêmes en ont été incapables à leur dernier congrès, puisqu’ils sont tombés dans la caricature.
L’interventionnisme est la forme moderne du socialisme. On est passé d’un Etat père sévère à la Staline à un Etat maternant, cajolant, qui vous étouffe à force de se soucier de votre bien-être.

Scheiro
12 années il y a

LOmiG si je te disais que « Capitalisme et liberté » (Capitalism and Freedom) un des bouquin de Milton Friedman est « une fumisterie intellectuelle et un grave contresens sur la nature des rapports » économiques sans, au moins, donner un argument ou deux sur lesquels je me base pour avancer une chose pareille, tu ne serais certainement ennuyé. Comme, je ne sais pas ce que tu reproches au « Contrat social » de Rousseau, je ne sais pas de quoi tu parles véritablement. Je suis d’accord pour dire avec toi que « je ne suis pas sûr qu’il faille se coltiner toute l’histoire de l’humanité et de la pensée pour comprendre ce qui est juste ou pas », mais je pense, par contre, qu’en se coltinant toute l’histoire de l’humanité et de la pensée, on a moins de chance de se tromper losrqu’on aura à déclarer qu’une chose est juste ou non. Je serais surpris d’apprendre que Friedman ne savait rien de l’anthropo ou de la philo. Bien entendu on ne peut pas être expert dans tous les domaines. Mais parler de politique – on parle bien du mouvement socialiste – sans se référer à l’ensemble des sciences humaines, mais en se cloisonnent à la simple théorie… Lire la suite »

Scheiro
12 années il y a

@Franck Boizard
>un Etat maternant, cajolant, qui vous étouffe à force de se soucier de votre bien-être
Et, oui, parce qu’après avoir confisqué la violence, l’Etat cherche à confisquer le reste, c’est à dire la vie en s’appliquant à gérer les corps en attendant de pouvoir gérer l’esprit – voir les batailles sur l’audio-visuel et les médias tel qu’Internet.
@Mathieu L.
Moi aussi Mathieu, j’aimerais savoir ce qu’on doit entendre par « socialisme », aujourd’hui; parce que, dans mon esprit, ça reste quelque chose d’étroitement lié au marxisme.

pap
pap
12 années il y a

scheiro: je te disais que je n’avais pas le baggage anthropo, psycho, socio truc juste pour te faire plaisir. Bien sûr que j’ai lu tous tes trucs et que je suis même proche d’un prof du collège de France en paléoanthropo… c’était une façon de te dire de ne pas pousser le bouchon trop loin car la discussion y perdrait. Je te parlais de Claude Levy Strauss parce que oui enfin on est dans le scientifique. Dans la sociologie anglo saxonne, celle qui nous sort de nos errements. Ma boutade n’avait qu’un but: parlons de faits établis, mesurables, et comparables, et au diable les masturbations d’intellos. Jétais d’autant plus enclin à botter en touche que pour moi le socialisme est une donnée économique (je rejoins donc boizard) et que je me refuse à en faire un enjeu de larmoiement social. Alors, peut-on définir scientifiquement le socialisme? Qu’est ce qui caractérise un régime socialiste? Voila les vraies questions auxquelles il faut répondre avant de dire que Sarko serait ou ne serait pas socialiste. Je vous donne mon avis en 2 points: 1- Ce n’est pas parce qu’un régime se qualifie de démocrate qu’il est démocrate. OK? C’est la même chose pour… Lire la suite »

Mathieu L.
12 années il y a

@ tous ceux qui veulent une définition de socialisme, j’en propose une qui me semble résumer l’ensemble des mouvements et des idéologies socialistes : le socialisme est un système économique basé sur la propriété collective d’une partie voire de la totalité des moyens de production, à l’opposé du capitalisme qui est basé sur la propriété privée des moyens de production. C’est la définition que j’avais apprise durant mes études d’histoire. Elle n’est pas parfaite mais elle a l’avantage d’être concise et efficace. @ Scheiro : le marxisme est une variante du socialisme, qui indique que la collectivisation des moyens de production, nécessaire pour mettre un terme à la lutte entre bourgeoisie et prolétariat, doit passer par une révolution amenant le prolétariat au pouvoir, qui exerce ensuite sa dictature pour collectiviser les biens et ensuite supprimer l’État, qui n’est plus nécessaire puisqu’il sert à défendre les biens des bourgeois. Le marxisme ne croit donc pas en la démocratie, car elle est noyauté par les bourgeois. @ F. Boizard : il est vrai que le keynésianisme a connu une crise durant les années 1970, permettant l’avènement du néolibéralisme dans certains pays, je ne le nie pas. D’ailleurs, ces économistes-là ont aussi fait… Lire la suite »

Franck Boizard
12 années il y a

«le socialisme est un système économique basé sur la propriété collective d’une partie voire de la totalité des moyens de production, à l’opposé du capitalisme qui est basé sur la propriété privée des moyens de production.»
D’après votre définition, si Martine Aubry accède au pouvoir suprême, elle nationalisera tout ou partie des moyens de production.
Ca me donnerait envie de voter Aubry rien que pour voir ça (et la tête de ses «camarades»).
Allons, soyons sérieux, il n’y a pas de définition claire du socialisme politique en 2008 tout simplement parce qu’il a cessé depuis longtemps d’être pertinent.
Les socialistes font encore du bruit avec la bouche (et les portes qui claquent) mais dans les têtes, il n’y a plus que des clientèles à soudoyer (fonctionnaires, assistés, électeurs en espoir d’assistanat) avec l’argent volé grâce à la force étatique.
Mais, au fond, peut-être que rien n’a changé, peut-être que le socialisme, ça a toujours été ça ?

Mathieu L.
12 années il y a

@ F. Boizard : ai-je prétendu que le PS était socialiste ??? Pour le reste, je vous laisse à vos opinions…

Scheiro
12 années il y a

Merci pour le rappel sur le marxisme, Mathieu, et c’est toujours avec une certaine émotion que je me représente cette religion sur le déclin ainsi que ses prouesses socio-économiques telles que ses grands officiants les ont accomplies. J’ai tjs la larme à l’oeil quand je tombe sur la page d’un vieux magazine qui décrit le bonheur passé des Cubains ou des Roumains à l’époque de l’International.
@Pap: c’est entendu Pap, je tacherai de rester dans les faits établis, mesurables, et comparables, et au diable les masturbations d’intellos.
De toute façon je suis d’accord avec l’idée que Sarkozy est un socialiste qui s’ignore, un peu comme ces types mariés avec 3 gosses qui se retrouvent, brusquement, avec de drôles de pulsions pour des individus du même sexe qu’eux.

pap
pap
12 années il y a

Scheiro, non je ne crois pas que sarko soit un homo.

LOmiG
12 années il y a

salut à tous, merci pour cette très intéressante discussion. ça devient dur de rebondir sur tous les points… @ Franck : tu dis « On peut donc résumer ainsi : un socialiste (progressiste ou conservateur) est quelqu’un qui augmente (ou maintient, dans le cas français, vu le niveau déjà atteint) le niveau de dépenses publiques dans le PIB. » et j’en suis bien d’accord, même si c’est un peu réducteur. @ Sheiro : bien sûr on est d’accord. De même qu’Hayek visiblement avait foutu le nez (et pas qu’un peu) dans les sciences cognitives, dans la théorie de l’évolution, dans l’histoire et la philosophie du droit, etc…C’était juste pour réagir un peu parce qu’au lieu de nous mettre face à notre inculture, il vaut mieux nous en apporter des morceaux…non ? @ Mathieu & Pap : Mathieu, ta définition du socialisme est une définition du marxisme pour moi. Elle est tournée vers le passé ; c’est peut-être une déformation d’historien ? Pap, complètement d’accord avec ta défintion de ce que devrait être un socialisme intelligent et moderne. C’est effectivement ce qu’on peut voir dans les pays européens où les socialistes ont évolué. Et d’accord pour ne pas laisser ceux qui braillent le… Lire la suite »

Scheiro
12 années il y a

: Désolé, LOmiG, ce n’était pas pour vous mettre face à votre « inculture » comme tu le dis, mais au contraire c’est parce que ma culture est très limitée et que je ne peux réagir qu’à partir de mes faibles connaissances qui forment un monde référentiel où les sciences économiques occupent une toute petite place, alors que les sciences du langage, l’anthropo et la philo sont un peu plus développées. C’est moi qui apprend bcp de choses en ce moment parce que je découvre plus en profondeur des systèmes économiques ou politiques dont je ne sais pratiquement rien. Je connais seulement de réputation des auteurs comme Friedman ou Hayek, mais mis à part ce que j’ai pu en lire sur vos blogs et qqs articles en ligne, je ne sais quasimement rien de leurs théories, de leurs systèmes de pensée. En faisant qqs citations, je cherche simplement à vous indiquer des pistes pour élargir le champ de vos connaissances mais ça s’arrête là, LOmiG, c’est simplement pour payer mon tribut, apporter un peu de ma science et la mettre en commun. C’est pour faire circuler la kula :-)

Scheiro
12 années il y a

Ceci dit, j’ai le sentiment que par rapport aux socialistes européens, travaillistes, socio-démocrates, etc. le PS fait véritablement figure de dinosaure atteint de la maladie de Pic. Je ne parle pas du PC et consort qui en réalité ressemblent à des associations folkloristes histoire de monter aux touristes comment on vivait avant, dans le temps, des associassions qui ne devraient être dans la rue qu’à l’occasion du Mardi Gras. Au mieux, il faudrait réserver aux membres des ces groupes, LCR-NPA, Attac, etc. une place au fond des zoos pour que les visiteurs puissent foutre la paix aux singes et se défoulent les zygomatiques en allant jeter des cacahouètes à ces fils de facteurs ou d’instituteurs.

Scheiro
12 années il y a

Comme l’avait fait remarquer Rubin « Masse et Puissance » est très contextualisé mais Canetti n’est pas simplement un sociologue, c’est un très grand auteur qui manie les langues à la perfection et tu vas te régaler LOmiG.
Have a great xmas! comme vient de me le souhaiter à l’instant Yiying Lu sur Twitter ;-)

Mathieu L.
12 années il y a

@ LOmiG : en fait, il est vrai que j’ai repris la définition de mes cours d’histoire. Cependant, elle n’est pas marxiste pour autant. Le marxisme propose une vision du monde particulière et des moyens pour arriver à la propriété collective. D’autres idéologies totalement différentes (anarchisme, socialisme jauressien…) visent au même but.
Je ne suis pas d’accord avec vous sur Sarkozy. Il ne vise pas à faire des moyens de production une propriété collective, et sa politique vise plutôt à restreindre la propriété publique. Par contre, il n’est pas contre l’intervention de l’État dans l’économie, mais ça, ce n’est pas forcément du socialisme. Cela se rapproche plus d’une droite gaulliste qui est interventionniste mais vise plutôt à être conservatrice.
En fait, le socialisme est équivalent au capitalisme dans les définitions. Ensuite, des idéologies se sont organisées autour pour le théoriser. Le processus est le même pour le libéralisme autour du capitalisme.
Maintenant, je ne nie pas que mon métier puisse déformer ma pensée politique.

Gontman
Gontman
12 années il y a

Quel débat enflammé :) ! Gont

Paul
Paul
12 années il y a

@ Matthieu : Keynes n’a jamais été socialiste. S’il propose d’augmenter les dépenses publiques, de taxer les plus riches, c’est uniquement dans un objectif de régulation macro-économique, il n’y a aucune ambition sociale là dedans. D’ailleurs les méthodes keynésiennes ont été appliquées par tous, socialistes ou non ! @ Matthieu toujours : Ta définition du socialisme (propriété collective des moyens de production) s’appuie je pense sur des concepts économiques dépassés, comme le fait la pensée marxiste. Les moyens de production paraissaient être au 19eme siècles les usines, le charbon (et avant : la terre). Il est plus juste de dire aujourd’hui que la production de richesse est le fruit de la créativité humaine, de sa capacité d’invention : comment collectiviser les cerveaux humains sans devenir totalitaire ? Cela explique en partie que les socialistes n’arrivent plus à proposer une pensée cohérente, enfermés dans cette vision caduque de l’activité économique. Ne pas renoncer clairement aux concepts marxistes est selon moi un suicide intellectuel (celui du PS français). Les idées socialistes, au sens Boizarien du terme (CAD justifier une intervention étatique qui ne se limite pas aux mission régaliennes de l’Etat), il y a mille façon de les justifier. Mais dès que… Lire la suite »

Mathieu L.
12 années il y a

@ Paul : euh, je n’ai pas dit le contraire. Keynes était pour le capitalisme, je le sais. Si j’ai laissé entendre cela, merci d’avoir corrigé.

Mathieu L.
12 années il y a

@ Paul encore : on m’a demandé une définition de socialisme, je vous en ai proposé une. Merci de tes explications. Cette vision de l’État est intéressante. Cependant, pour moi, les droits naturels n’existent pas : ils sont le produit d’une histoire, d’une civilisation, et ils s’imposent à nous par cela. Ils sont le résultat d’un consensus très majoritaire, comme tous les droits. Seule la propriété est régulièrement discutée justement. Tous les droits pourraient être remis en question dans le futur. Il y a cinq siècles, la propriété, la liberté étaient de pures abstractions, et elles le redeviendront peut-être un jour…
A mon humble avis, si Marx se réfère en effet à une société qui n’existe plus, comme Bastiat le fait ici par ailleurs, certains concepts qu’il a théorisé sont toujours valides, comme la lutte des classes ou la plus-value. D’ailleurs, les économistes classent maintenant Marx comme le dernier des économistes classiques, voire comme un libéral. Intéressant, non ?
Je signale que LOmiG m’a promis de s’attaquer un jour à la lecture de Marx.

Mathieu L.
12 années il y a

@ LOmiG : mais si, j’ai lu ça quelque part. Il va falloir que je fouille mes bouquins d’économie maintenant. Je te tiens au courant.
Attention, être primaire est une limitation au champ de la pensée et de la critique. Je ne te pensais pas doté de ce travers…

Mathieu L.
12 années il y a

@ LOmiG : ah, tu as raison, le bouquin auquel je pensais dit que Marx était le dernier des économistes classiques. Bon, mea culpa, j’irai me fouetter d’orties fraîchement coupées pour me faire pardonner (quoiqu’en hiver, ça va être dur à trouver). Par contre, Marx est bien considéré comme un économiste par les mandarins du milieu…
A bientôt,

Scheiro
12 années il y a

JEAN-JACQUES ROUSSEAU, FONDATEUR DES SCIENCES DE L’HOMME: « La révolution rousseauiste, préformant et amorçant la révolution ethnologique, consiste à refuser des identifications obligées, que ce soit celle d’une culture à cette culture, ou celle d’un individu, membre d’une culture, à un personnage ou à une fonction sociale que cette même culture cherche à lui imposer. Dans les deux cas, la culture ou l’individu revendiquent le droit à. une identification libre, qui ne peut se réaliser qu’au delà de l’homme : avec tout ce qui vit et donc souffre ; et aussi, en deçà de la fonction ou du personnage : avec un être non déjà façonné, mais donné. Alors, le moi et l’autre, affranchis d’un antagonisme que la philosophie seule cherchait à exciter, recouvrent leur unité. Une alliance originelle enfin renouvelée leur permet de fonder ensemble le nous contre le lui, c’est-à-dire contre une société ennemie de l’homme, et que l’homme se sent d’autant mieux prêt à récuser que Rousseau, par son exemple, lui enseigne comment éluder les insupportables contradictions de la vie civilisée. Car, s’il est vrai que la nature a expulsé l’homme et que la société persiste à l’opprimer, l’homme peut au moins inverser à son avantage les pôles… Lire la suite »

pap
pap
12 années il y a

Le travail n’aurait-il commencer qu’avec l’ère judéo chrétienne au moyen orient et en Europe?
Le travail n’existait-il pas pour les hommes en Afrique avant que les judéo-chrétiens n’apportenet la désolation à ce continent de lait et de miel? Non il n’existait que pour les femmes.