Le paradoxe de la connaissance

C’est une pensée qui m’est restée, et très vive, depuis ma lecture des conférences de Karl Popper. C’est un paradoxe apparent seulement : plus j’apprends, plus j’augmente mes connaissances, et plus j’augmente le nombre de questions sans réponses qui s’ouvrent à moi. L’étude nous enrichit, et augmente nos connaissances. Mais elle diminue en même temps la part relative de nos connaissances par rapport à l’inconnu, ou à la masse de problèmes irrésolus. Plus j’apprends, moins je sais – relativement. Ce n’est pas une pirouette, c’est la vérité.

La solution d’un problème engendre toujours de nouveaux problèmes, irrésolus. Lesquels sont d’autant plus intéressants qu’était plus difficile le problème initial et plus audacieuse la solution que l’on a cherché à lui donner. Plus nous en apprenons sur le monde, plus nous approfondissons nos connaissances, et plus est lucide, éclairant et fermement circonscrit le savoir que nous avons de ce que nous ne savons pas, le savoir que nous avons de notre ignorance. [Karl Popper]

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Sam
Sam
8 années il y a

Je ne sais pas si c’est un paradoxe, mais c’est en tout cas un phénomène étrange et fascinant qui amène un fait tout simple et qui impose de longue réflexion : plus l’espace du découvert est vaste, plus il y a à découvrir..Surtout que généralement, ce ratio est exponentiel. ça rejoint un autre concept intéressant : l’entropie, où le fait que la quantité de désordre est toujours croissante dans l’univers. ça rejoint ce qu’il se passe dans la connaissance collective : plus on ordonne, en plaçant derrière des règles qui expliquent, plus l’esprit à affaire à de grandes quantités de phénomènes désordonnés :)J’aime !

Lomig Unger
Lomig Unger
8 années il y a

salut Sam !merci pour ton commentaire ! oui c’est fascinant. Et c’est un peu rassurant, d’une certaine manière : puisque plus j’apprends, plus j’étudie, et plus j’aurais à apprendre, cela montre bien que l’objet de l’étude n’est pas que d’acquérir des connaissances, ou résoudre des problèmes (en tout cas nous pouvons tout de suite cesser tout espoir de « parvenir »), mais aussi bien un mode de fonctionnement, qui nous garde ouvert et humble. C’est déjà pas si mal…

Lomig Unger (@BLOmiG)
7 années il y a

test

Juan
Juan
4 mois il y a

Je pense que le paradoxe est dans la « perception » de notre propre ignorance.
Plus on essaie de la réduire, plus elle augmente.
 
 

Juan
Juan
4 mois il y a
Répondre à   LOmiG

Je parle uniquement de la notion de paradoxe. Donc de deux faits avéré mais contradictoire.   D’un point de vue purement logique, les règles de l’univers ne changent pas à mesure qu’on apprend. Dans l’absolu notre ignorance effective ne fait que diminuer à mesure que l’on apprend. Je parle là de la somme des connaissances que nous n’avons pas, indépendamment du fait que l’on ait conscience ou non de ne pas savoir.   La seule chose qui change à mesure que l’on apprend c’est notre perception de la zone d’inconnue dont tu parles.   Je prendrais comme exemple enfant qui ne sait pas lire ni calculer. Pour l’exemple, disons que la somme du savoir absolu de l’univers se limite à lire et écrire. Au début il ne sait rien et n’a pas conscience de ne pas savoir. Il n’y pas conscience de son ignorance, mais elle est pourtant là. C’est que lorsqu’il aura appris à lire, qu’il va prendre conscience du fait qu’il ne sait pas calculer. Son ignorance absolue (ou universelle ?) a diminué. C’est bien la perception de son ignorance a augmenté.   D’où ma posture sur le fait que le paradoxe se trouve dans la perception.  … Lire la suite »