Les forgerons

C’est la dose qui fait le poison.

Paracelse (1493 – 1541) médecin, philosophe et alchimiste, mais aussi théologien laïc suisse

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J’ai appris il n’y pas si longtemps cette vérité sur les poisons : il y est question de quantité, autant que de qualité. C’est très logique, si l’on pense que l’organisme est une chose en équilibre dynamique permanent, mais tout de même, cela m’avait forcé à repenser certaines choses. Bien sûr il y a des produits très actifs chimiquement, qui interagissent très fort avec notre organisme, mais c’est une question de quantité : en infime quantité, leur toxicité ne suffira pas à causer des dégâts. De la même manière, il y a des produits que l’on ingère chaque jour, et qui sont indispensables à notre santé : en trop grande quantité, ils deviennent toxiques.

S’exercer

J’ai mis du temps à comprendre cette autre vérité simple et logique, dans toute sa prodondeur.

Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. L’excellence n’est donc pas un acte mais une habitude.

Aristote (1493 – 1541) philosophe et polymathe grec de l’Antiquité

Nous n’avons pas à choisir ce que nous sommes ; nous pouvons identifier des choses que l’on aime, ou qui nous sont utiles, et les pratiquer. C’est avec la pratique régulière que l’on progresse. De même qu’un poison se définit par la nature ET par la quantité d’une produit, la pratique régulière se définit par la méthode de travail ET par le temps passé. Rester bloqué sur la méthode – le prof, la méthode, le support, les conditions, le confort – est un très grand frein à l’apprentissage. La pratique régulière est à l’apprentissage, ce que la quantité est au poison.Vous voulez progresser aux échecs ? Jouez chaque jour. Vous voulez apprendre la musique ? Jouez chaque jour. Vous voulez apprendre une langue ? Ecoutez et parlez chaque jour.
Bien sûr, l’exercice et la pratique régulière ne se suffisent pas à eux-mêmes : il est toujours extrêmement loisible de profiter d’un professeur, d’une méthode. Mais de même que pour le poison, où c’est d’abord la quantité qui compte, c’est d’abord la pratique régulière et répétée qui nous permet de progresser. La pratique régulière est à l’apprentissage, ce que la quantité est au poison. Un élève, profitant du meilleur prof du monde, ne progressera presque pas s’il ne travaille pas régulièrement.
C’est une joie pour moi de penser que nous pouvons librement apprendre et pratiquer ce qui nous plait, et progresser. C’est une joie pour moi de pratiquer et m’exercer chaque jour dans des activités variées et riches.
Toutes ces banalités importantes sont contenues dans le dicton bien connu :

C’est en forgeant qu’on devient forgeron.

9 Comments

    1. merci pour ton commentaire ! oui je trouve ça important de comprendre qu’il n’y a qu’un manière de progresser : s’entrainer tous les jours. c’est con mais ça permet de se poser la question simplement : si je veux vraiment faire un truc, alors il doit y avoir chaque jour un peu de temps qui y est consacré, sinon c’est du pipeau. :)

  1. Merci pour tes apports philosophiques Lomig. Cela nécessite donc un apprentissage sur l’apprentissage qui n’est pas naturel surtout à notre époque du « tout immédiatement ». Apprendre l’apport de la fidélité à soi même et vis-à-vis d’une pratique, savoir différer le plaisir, apprendre à gérer la déception et la frustration, apprendre à considérer le chemin autant que le résultat…. etc….

    1. salut Jean-Marc,
      puisque tu parles d’apprentissage sur l’apprentissage je te recommande très vivement cette vidéo de David Louapre, qui partage des éléments essentiels sur ce sujet (qu’est ce qu’on sait des bonnes manières d’apprendre?) : Mieux apprendre et étudier
      On y retrouve, bien sûr, des notions d’efforts et de discipline, et de chemin aussi important que le résultat :)
      tu fais quoi vendredi soir ?

  2. Super la vidéo sur comment apprendre. J’aurais bien aimé découvrir ça en primaire ou après. J’éprouve une sensation de gâchis. J’ai aimé son propos sur la fonction de la marge dans le cahier et son utilité, l’espace de liberté qu’elle représente, le pas de côté qu’elle autorise à faire. De mon temps, l’instituteur nous interdisait d’utiliser la marge car elle était propriété du « correcteur » pour marquer en rouge nos fautes….

    1. oui super vidéo, et oui on se rend compte que la plupart des profs que l’on a eu ne sont pas bien formé à la pédagogie et aux techniques d’apprentissages.
      oui les marges permettent d’être très actif : lors de la prise de notes, il est utile de faire trois colonnes : 1) ce que j’entends, 2) ce que j’apprends, 3) les idées ou question que ça me donne.
      d’une manière générale, on sent bien que la différence entre les bons et les mauvais profs se situe entre « faire apprendre » et « faire comprendre »… les profs qui cherchent à faire comprendre les choses, en général, utilisent pas mal de méthodes mentionnées dans la vidéo :)

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