Résultats de recherche pour « politiquement correct »

  • L’empire du politiquement correct

    L’empire du politiquement correct

    Voilà  un livre qui sort de l’ordinaire : aux éditions du Cerf, Mathieu Bock-Côté vient de publier un magnifique petit essai, « L’empire du politiquement correct ».

    Qu’est-ce que le politiquement correct ?

    La question de départ de l’auteur est simple : qu’est-ce qui fait que l’on devient infréquentable ou non, médiatiquement et publiquement ? Quels sont les critères qui sont utilisés pour définir ce qui sépare un humaniste bon teint, d’un affreux « fasciste » ? Qui utilise et forge ces critères ?

    Mathieu Bock-côté livre une analyse qui va droit au but, sans jamais laisser de côté les nuances, et qui ne mâche pas ses mots. Au-delà  de la forme, splendide de clarté conceptuelle, c’est le fond de l’essai qui prend le lecteur : mettant à  nu un certain nombre de mécanismes que nous connaissons pour les vivre au quotidien, sans forcément savoir mettre des mots dessus, l’ouvrage est d’une réelle utilité pour penser la réalité.

    Une définition de ce qu’est le politiquement correct, d’abord :

    Dispositif inhibiteur qui pousse à  l’exclusion, à  la pathologisation, de ceux qui expriment un désaccord avec le régime diversitaire. Manière de configurer le débat public en délégitimant les opposants au régime diversitaire.

    Nous sortons donc de l’utilisation banalisée du « politiquement correct » que l’on peut attribuer à  ceux qui ne pensent pas comme nous : le sociologue montre que le politiquement correct ne fonctionne que dans un sens bien précis. Le politiquement correct se radicalise, tout en se fendillant de toute part, pourrait-on dire.

    Régime diversitaire

    Mais qu’est ce que le « régime diversitaire » dont il est question ?

    Le régime diversitaire, c’est le fait de déconstruire les normes communes, d’imposer un multiculturalisme obligatoire, c’est également la survalorisation des minorités, présentées comme nécessairement opprimées. Ce progressisme devenu fou, et issu des campus américain dans la suite des radical sixties, vise à  créer des safe spaces, c’est-à -dire des zones où seules les « minorités » pourront s’exprimer (supposément à  l’abri de l’oppression des dominants, généralement le mâle blanc hétérosexuel). Toute une novlangue est utilisée pour faire avancer la cause diversitaire, au sens propre du terme : sous couvert de défense de la liberté d’expression, il s’agit bien en fait d’imposer un communautarisme et un sectarisme digne d’Orwell. Si vous pensez que cette description est exagérée, je vous invite à  regarder ce qui se passe sur le campus d’Evergreen, aux USA. De la folie, même pas douce.

    Les imaginaires de la gauche et de la droite

    Dans la suite de l’essai, Mathieu Bock-côté revient sur le clivage gauche-droite. C’est probablement la première fois que je lis quelque chose d’intéressant sur le sujet ! Son analyse est que la gauche et la droite ne sont pas équivalentes. Elles ne partagent pas les mêmes imaginaires. La gauche est dans un imaginaire de progrès, de mouvement, de transformation, prométhéen si l’on veut, tandis que la droite est dans une logique d’enracinement, de conservation, de particularisme. Dans le monde d’Hestia, si l’on veut poursuivre la métaphore mythologique.
    Leurs manières de considérer la société et les hommes ne sont pas équivalentes. Je me retrouve dans ce découpage, car je trouve qu’il y a une part de vérité dans chaque point de vue. Il s’agit aussi d’un équilibre à  trouver dans la manière de penser. On naît, on n’évolue, et on ne devient humain qu’à  l’intérieur de groupes non choisis (familles, communautés, pays, etc). Nous sommes dans le particulier avant d’être dans l’universel. L’écueil consisterait à  oublier l’un ou l’autre de ces deux aspects. Oublier le particulier au nom de l’universel conduirait à  nier des spécificités culturelles, à  nier des aspects importants de ce qui nous constitue, à  n’être que dans une sorte d’abstraction, de décalage permanent avec le réel. L’autre excès consisterait à  ne considérer que le particulier, en oubliant l’ouverture sur l’universel. Cela peut vite dériver dans du nombrilisme ou dans le refus de ce qui est différent. Pour le résumer, il faut à  l’humain un ancrage dans le particulier et la promesse de l’universel, le réel et l’utopie, l’identité et son dépassement.

    Ce que Bock-côté montre très clairement c’est qu’une partie de la gauche est devenue un peu « folle » (comme une machine devenue folle) : dans une posture d’avant-garde permanente, rejetant aussi vite qu’elle les a inventées les nouveautés et les progrès. La droite, prise au piège du politiquement correct, récupère les miettes laissées par la gauche, en la singeant, et en cherchant à  en obtenir une validation morale. Celui qui cherche à  s’accrocher à  quelque chose – une identité, des traditions, une langue, une histoire – sera automatiquement mis au ban de la gauche, donc du politiquement correct.

    Eloge du conflit civilisé

    Bock-Côté termine son essai avec un bel éloge du conflit civilisé, pour sortir la politique de l’ornière où l’a plongée la gauche. Le progressisme de gauche cité plus haut à  réussi à  imposer un mode d’échange où ceux qui ne sont pas d’accord (avec le politiquement correct) sont montrés comme « le mal ». Il faut réhabiliter le pluralisme, et le conflit civilisé. La politique doit être cela : une manière d’institutionnaliser les conflits, de les mettre en scène de manière non violente, en assumant que ceux qui ne sont pas d’accord avec nous sont des adversaires, et non des ennemis. Adversaire, donc partageant à  minima un terrain de jeu commun.

    Mathieu Bock-côté est un auteur qui gagne à  être connu. Direct, fin et … politiquement incorrect ! Pour le découvrir un peu mieux qu’avec ce court résumé, vous pouvez aller l’écouter chez Finkielkraut (où il débat avec Laurent Joffrin), découvrir son interview sur L’incorrect (dont le nom prend tout son sens à  lecture de Bock-Côté), ou encore, et c’est ce que je vous propose ici, lors de son entretien avec Philippe Bilger :

  • Les gueux

    Les gueux

    Je suis de près le formidable mouvement des gueux, initié par Alexandre Jardin, mais, comme il l’explique, dont il n’a été qu’un catalyseur. J’ai commandé pour soutenir le mouvement le petit livre manifeste (premier chapitre en ligne si vous voulez découvrir). C’est un formidable coup de gueule contre les élites déconnectées, méprisantes, enfermées dans des délires de communicants politiquement correct, dans le dogme climatique, et surtout dans la volonté de se tenir bien loin du peuple des gueux.
    Si vous n’avez rien suivi à ce mouvement, sachez qu’il est parti de l’opposition à une (nouvelle) règlementation complètement idiote et liberticide (loi ZFE) qui, sous couvert d’écologie (mon œil), empêchait tout bonnement des millions de citoyens de venir en ville, ou de vendre leur véhicule d’occasion. Ces citoyens – les Gueux! – que la règlementation excluaient d’une vie normale ne l’ont pas entendu de cette oreille. Ils ont manifesté pour dire leur colère, avec le soutien des Maires.
    Après une première victoire (suspension de la loi ZFE), ils s’opposent maintenant à de nouvelles règlementations totalitaires dans le même délire escrologiste (PPE3, qui va faire doubler la facture d’électricité des français), et poussent pour que la démocratie directe devienne la règle et non l’exception.
    Pour qui était avec les Gilets Jaunes, et avec les @NicolasQuiPaie, ce mouvement est une formidable occasion de taper du poing sur la table de faire passer quelques messages à nos « élites » devenues folles. Rendez-vous le 10 septembre pour un mouvement national !

  • effort personnel

    effort personnel

    Je me fais souvent la remarque que les gens n’arrêtent pas de porter un jugement sur la manière de vivre des autres, sur des sujets plus ou moins importants, comme le choix des matières que l’on met chez soi, de sa voiture, de son endroit d’habitation, de ce qu’on mange, des gens pour qui l’on vote, des journaux et médias qu’il est bon de suivre. C’est devenu une sorte de petite manie sociale que d’afficher ses propres préférences et les plaquer sur celles des autres. Une forme de moralisation permanente des modes de vie, une intrusion dans le plus menu détail du quotidien de considérations politiques, ou politiquement correctes. Comme si la respectabilité passait par le fait de tout « bien » faire, et de suggérer aux autres de suivre aussi ces bons préceptes. De petites vertus frelatées affichées en permanence pour cacher le manque de vertu réelle.

    Nous avons accepté, peu à peu, de vivre dans une société très pénible à ce titre. Une société de gringalets qui ont peur de leur ombre, de petits ayatollah du CO2 et du bio, de la non-consommation et de l’ouverture à toutes les identités (sauf la nôtre bien sûr). De défense à tout prix de la vie, mais en fermant les yeux sur les avortements systématisés. Des gens beaucoup moins originaux et intéressants qu’ils le sont en vrais. Je trouve ça, à vrai dire, tout à fait consternant, énervant, et ridicule. Il est grand temps de se défaire de cela. Un simple retour au bon sens suffit, généralement, pour ceux dont le cerveau n’a pas été trop lavé. En reste-t-il tant que cela ?

    Pour régler un problème, il faut toujours commencer par bien le poser, et par faire une analyse de causes. Je vois deux causes majeures (n’hésitez pas à commenter si vous en voyez d’autres). D’une part, l’omniprésence des « législateurs, organisateurs, instituteurs de sociétés, conducteurs de peuples », qui contraignent, empêchent, taxent, stigmatisent. D’autre part, notre facile acception de ce genre de comportement. Faire une critique des choix des autres, c’est une manière simple et peu coûteuse (surtout si on bêle avec le groupe dans le bon sens, socialement accepté) d’éviter de se poser des questions sur ses propres choix et ses propres comportements.

    Je vois donc deux manières de sortir de cette société étriquée, intolérante, empêchée, fade : dégager les socialistes du pouvoir (à voir comment), et de manière personnelle, au quotidien, refuser cette manière de vivre. Débusquer les faux-semblants, le prêt-à-penser, les petits peureux qui ânonnent sur les choix des autres, au lieu de vivre simplement leur vie. Il faudra bien, d’une manière ou d’une autre, revenir individuellement et collectivement à ces notions si précieuses de responsabilité et de liberté. Arrêter de vouloir faire payer aux autres les conséquences de mes choix. Arrêter de reprocher aux autres leurs choix. Nous nous compliquons inutilement la vie. Qu’on nous foute la paix. Nous savons vivre sans qu’on nous dise insidieusement comment il faudrait le faire. Je n’ai que faire de vivre la vie « rêvée » des autres.

    Je fais donc le vœu en ce début d’année, de me reprendre quand je me retrouve à faire cela moi-même. La bonne réaction à avoir face à ces petits censeurs du quotidien n’est pas de vouloir leur faire la morale sur leur manière de vivre (dans un effet miroir), ou leur démontrer leur erreur, mais plutôt de leur dire sereinement qu’on se contrefout de leur avis, qu’ils sont bien libres de leurs choix, et nous de même.

    On peut vomir les bobos moralisateurs sans vouloir pour autant rouler en Hummer avec un flingue à la taille, une andouillette dans la main gauche, et un verre de vin dans la main droite. En plus, c’est très compliqué de conduire dans ces conditions, vous verrez. Il suffit d’assumer ce qu’on est et de vivre en conséquence.

  • Sommes nous toujours en démocratie ?

    Sommes nous toujours en démocratie ?

    A la lecture, dans l’excellent magazine L’incorrect, de l’interview croisée de Marcel Gauchet et Pierre Manent, j’ai eu un sentiment contrasté. Cet article pointe vers des liens Wikipedia : faites attention à la qualité des informations que vous pouvez y trouver, notamment celles ayant des résonnances politiques.Bien sûr, ces deux là sont intelligents, lucides, et très habiles pour exprimer leur pensées. Mais j’ai eu aussi le sentiment d’un décalage entre leurs propos, et la manière dont je perçois la réalité. Comme si une sorte de voile politiquement correct couvrait leur discussion, dont ressort à mes yeux une forme d’euphémisation de la situation, à force de la présenter de manière elliptique. J’ai donc eu envie, en rebond, de creuser la question du titre, car elle résonne avec les débats qui émaillent la campagne présidentielle aux US, où – je trouve – les débats sont d’un autre niveau, plus virulents, plus vrais (est-ce une conséquence du 1er amendement ?). Elon Musk explique clairement en interview la fragilité de la démocratie, et expose les mensonges éhontés des médias. JD Vance (interview extraordinaire), ou Vivek Ramaswami (celle-là aussi), sont d’une grande clarté, d’une grande précision, mais également d’une grande force dans leurs propos. Le monde politique français, en comparaison, parait bien terne, bien mou, et à vrai dire exaspérant de répétitions et de contorsions.

    La voix du peuple ?

    Chacun le sait, Démocratie signifie étymologiquement le « pouvoir du peuple », et notre constitution le redit autrement en précisant le principe de la République : « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Répondre à la question « Sommes nous encore ou toujours en démocratie ? » consiste donc à se demander si notre organisation sociale, nos institutions, sont toujours réellement au service du peuple, des citoyens, et si ce que pensent majoritairement les citoyens est représenté dans ces institutions, si leur voix porte et influe sur les évolutions politiques. Mon avis, que je vais argumenter ci-dessous, est que nous ne sommes plus vraiment en démocratie : les apparences sont là, une partie des institutions est encore là, le jeu se joue, à la manière d’une pièce de théâtre, mais cela a tout de ce qu’on peut observer dans l’excellent film The Truman Show. Sous les apparences, la réalité est que le démocratie est devenu un mot un peu creux, porteur d’idéaux pour tous, mais incarné réellement nulle part.

    Etat et gouvernement

    Dans un remarquable essai (disponible gratuitement en ligne), Milton Friedman avait expliqué en 1993 pourquoi c’était le Gouvernement et l’Etat bureaucrate les source du problème. En prenant des exemples concrets dans tous les secteurs d’activité, il démontrait qu’à peu près tout ce que prenait en main le gouvernement était désastreux. Trop de dépenses, bureaucratisation, inefficacité endémique, perte du sens de l’intérêt général. Vous pouvez prendre n’importe quel champ d’action du gouvernement et de l’Etat, leur action est catastrophique et ne sert les intérêts que de la caste au pouvoir. Les « serviteurs de l’Etat » sont bien nommés : ils ne servent plus l’intérêt du peuple, mais bien celui de la bureaucratie, toujours plus occupée de tout, de tout règlementer, de taxer. Pour le dire plus crûment, et justement avec moins de pincettes que Gauchet et Manent : une clique de parasites se gave sur le dos du pays, en faisant mine de se préoccuper du sort du peuple. Friedman expliquait que les actions du gouvernement devraient être limitées à 4 sujets : défense nationale (protection contre les pays ennemis), sécurité intérieure (protection des citoyens contre les atteintes des autres citoyens), législation (définir les règles avec lesquelles on s’organise), judiciaire (arbitrer les disputes autour du respect des ces règles). Le reste n’a rien à faire dans les mains de l’Etat. Je suis d’accord avec cela. Et voilà ce que l’on peut dire de manière très factuelle, sur ces 4 points.

    • Les gouvernements ont systématiquement diminués l’argent injecté dans l’armée. Il reste un corps probablement encore très digne de sa fonction, mais complètement dénué de moyens, et l’on a en plus consciencieusement laissé partir des savoir-faire de défense à l’étranger
    • la sécurité intérieure est totalement en berne. Sous l’effet d’une immigration incontrôlée, de civilisations différentes, toutes les conditions de la guerre civile continuent d’être mises en place. Taper sur les gilets jaunes, ça oui, mais expulser les étranger en situation irrégulière, les criminels, ça non.
    • Le fonctionnement du système législatif est une catastrophe : les réglementations s’empilent, dans tous les secteurs et rendent quasiment impossible le fonctionnement normal de la société. Comme par ailleurs, des lois fondamentales ne sont pas appliquées, on marche sur la tête. Mesurer la taille de la barrière qu’un particulier a installé chez lui, ça oui, mais punir de prison les multiples délits et méfaits des racailles, ça non.
    • Que dire de la justice ? Politisée, remplie d’idéologues, n’appliquant plus la Loi, tant de multiples aménagements sont prévus à tous les niveaux, on a l’impression d’une mascarade glaçante et inquiétante.

    Ajoutons deux points à cela, tout d’abord, nous avons placé une part de notre souveraineté dans les mains de l’UE, c’est-à-dire que nous l’avons en partie perdue. La souveraineté ne se partage pas. Ensuite, l’Etat s’occupe maintenant de tellement d’autres sujets qu’il fait tout mal, intervient partout, souvent pour des raisons totalement injustifiées. Les « bidules », les ministères ridicules se multiplient, et personne n’y trouve rien à redire.

    Donnez moi tort

    Je ne demande rien de plus qu’à revoir mon jugement, et à me laisser convaincre que si, nous sommes encore en démocratie. Mais le referendum de Maastrich, suivi du traité de Lisbonne pour refaire passer en force ce que le peuple avait rejeté, ou les récentes élections législatives, où nous avons du accepter de nous faire, une nouvelle fois, expliquer que plus de 10 millions de français ne pouvait pas participer à la « démocratie » montrent bien, en plus de tout le reste, à quel point le bateau est pourrie de part en part. Il faut revenir aux fonctions régaliennes listées ci-dessus, virer des fonctionnaires, arrêter de distribuer de l’argent au monde entier, mettre fin à toutes les fraudes et à tous les crimes, privatiser des pans entier de l’action de l’Etat, stopper brutalement l’immigration et reposer ensuite le sujet de l’assimilation et de la remigration, reposer une doctrine législative et judiciaire saine, non politisée, faire appliquer la Loi de manière intraitable, supprimer la plupart des règlementations débiles qui bloquent la liberté d’agir, d’entreprendre et de faire prospérer le pays, couper toutes les formes de subventions aux médias et aux associations (tous), refaire de la liberté d’expression un principe fort, faire cesser la gabegie généralisée, dénoncer le socialisme pour ce qu’il est (du vol auquel on donne le nom de justice social), assumer notre histoire et notre culture. Une fois ce programme enclenché et mis en œuvre nous pourrons peut-être nous dire que nous redevenons une démocratie. En attendant cela, il parait très clair que nous sommes dans une forme d’oligarchie de fait.
    La réponse à la question du titre est donc clairement non. J’attends des contre-arguments, je serai heureux de les lire, et de les faire miens. Voilà ce que j’aurais voulu lire dans l’interview, au lieu d’une ridicule défense de principe de l’Arcom par Gauchet, ou la mention par Manent que nos « élites » sont « compétentes », mais déconnectées. Non, ils ne sont pas compétents, et s’ils le sont, ce sont alors d’horribles menteurs et de vils traitres, et ils ne sont pas déconnectés : ils nous volent et tuent le pays à petit feu depuis trop longtemps. Il est temps de se dire les choses.

  • Boom à Davos

    Boom à Davos

    L’histoire médiatique…

    Il me semble que l’on peut y voir un signe intéressant de l’évolution des choses, et notamment de ce qui filtre, plus ou moins, dans l’espace public. Javier Milei, récemment élu président de l’Argentine, est décrit – quelle surprise ! – par les médias français et les petits modérateurs / censeurs de Wikipedia comme « ultra-libéral », « d’extrême-droite », et ils n’ont eu de cesse de savamment couvrir son ascension et sa victoire en ne montrant que ses frasques médiatiques les plus excessives sans jamais s’attarder sur le fond de son programme.

    … et la réalité

    Mais si l’on veut simplement se renseigner au-delà des éléments de langages de la caste médiatique, il suffit d’aller sur le média le plus libre du monde, celui que l’extraordinaire Elon Musk est en train de remonter: X (ex-Twitter). On peut y trouver, par exemple, la très belle interview donnée par Milei à Tucker Carlson en septembre dernier (qui permettait de relativiser et même d’anéantir les sornettes dont on nous rabâchait les oreilles). Et puis, il y a eu le discours donné il y a quelques jours à Davos, au Forum Economique Mondial. A tous les égards, je trouve ce discours admirable de sincérité, de clarté, de courage, de pédagogie et d’opportunité. Je trouve que c’est un discours historique, qui devrait marquer un tournant. C’est un moment à la « John Galt » (moment où dans le roman d’Ayn Rand, le fameux et mystérieux John Galt hack la radio d’état et fait passer toutes ses idées, en fissurant le plafond de verre du système Orwellien qu’il a fuit). Calmement, solidement, Javier Milei rappelle quelques vérités que bla-bla politiquement correct force à nuancer, ou à taire. Dont celle-ci, évidente, l’éléphant au milieu de la pièce : l’Etat, dans sa forme actuelle – socialiste -, n’est pas la solution, il est le problème. A regarder, et à discuter : que pensez-vous de son discours ?

    Texte intégral du discours de Milei en français sur Le Grand Continent.

  • Je n’ai pas dit mon dernier mot

    Je n’ai pas dit mon dernier mot

    Eric Zemmour partage dans « Je n’ai pas dit mon dernier mot » son éclairage et son analyse de l’année de campagne pour les élections présidentielles. C’est une belle manière de « conclure » le précédent ouvrage, « La France n’a pas dit son dernier mot« . Ce livre est très agréable à lire, fluide, percutant.

    Toujours là !

    Eric Zemmour parvient à éviter très simplement deux écueils qui auraient pu rendre ce livre inutile, voire insupportable : le narcissisme, et le règlement de compte. Il reste égal à lui-même : direct, fin analyste, sincère sur tous les sujets, mêlant humilité et ambition. Et c’est une très intéressante plongée dans la réalité d’une campagne présidentielle.
    J’ai trouvé son analyse historique et géopolitique sur le conflit russo-ukrainien tout à fait passionnante, et riche. Je continue à penser que cet homme-là, doit avoir une place dans la vie politique. Nous verrons de quoi l’avenir des boutiques & partis politiques sera fait. Mais les idées, les constats, les solutions que proposent Zemmour, sans nécessairement toutes me satisfaire, me semblent adossées, et articulées, avec le seul vrai sujet structurant, et dont tous les autres dépendent : le Grand Remplacement, autre nom de la déferlante migratoire qui transforme notre pays depuis 40 ou 50 ans. Identitaire, culturelle, civilisationnelle, je partage avec Zemmour l’idée que c’est LE combat à mener. Avec deux-trois autres sur lesquelles je pense pouvoir adhérer aussi à ses pistes de solutions (souveraineté, industrialisation, éducation). On voit bien, à la lecture, que Zemmour a décidé d’inscrire son action et celle de Reconquête! dans la durée, avec son triptyque idées-actions-élections.

    Glaçant

    L’éclairage apporté de l’intérieur par le candidat à la présidentielle est assez glaçant car il confirme, pour ceux qui auraient pu encore en douter, que les journalistes, dans leur ensemble, sont là pour désinformer, orienter, manipuler l’opinion, au service du pouvoir ou du politiquement correct. Il faut supprimer toutes formes de subventions aux médias. La somme de petites bassesses, de petits accommodements avec la vérité fait froid dans le dos, et je trouve le chapitre « Vérité ou radicalité ? » tout à fait excellent.

    Extrait

    Pour vous donner envie de lire cet ouvrage, je vous en partage pour finir un extrait.

    « N’est pas le général de Gaulle qui veut. » Je lis l’interview accordée par Laurent Fabius au Parisien et je n’en reviens pas. En pleine campagne, le président du Conseil constitutionnel est sorti de la réserve qui doit être la sienne. Et de quelle manière ! Laurent Fabius prévient sans ambages : contrairement à ce qu’avait osé le général de Gaulle avec ses référendums, le président élu en 2022 ne fera pas tout ce qu’il voudra, le peuple ne sera pas souverain, le Conseil constitutionnel veillera au grain. Je comprends tout de suite que je suis visé. C’est d’ailleurs ainsi que les journalistes l’ont présentée et c’est pourquoi j’y ai tout de suite répondu : « Ce sera le peuple qui décidera, et pas le président du Conseil constitutionnel. »
    Depuis le début de la campagne, et même bien avant, j’avais inlassablement dénoncé le dévoiement de l’Etat de droit par les juges. C’est un sujet qui me passionne depuis des années ; je le perçois comme le noeud gordien qu’il faudra trancher ; j’y ai même consacré un livre, intitulé Le coup d’Etat des juges, dès 1997.
    L’argumentaire du président du Conseil constitutinnel ici est d’ailleurs la preuve éclatante de ce que j’avançais alors. Selon lui,  » l’une des caractéristiques des démocraties avancées comme la nôtre, c’est que la loi, qu’elle soit votée par le Parlement ou le fruit d’un référendum ne peut pas faire n’importe quoi (c’est qui souligne) et qu’elle doit être conforme à la Constitution et aux grands principes. C’est le rôle du Conseil constitutionnel mis en place par la Ve République de veiller et de contrôler cette conformité. »
    Il faut décortiquer avec soin le propos de Laurent Fabius pour comprendre ce qu’il contient de scandaleux. Le président du Conseil constitutionnel nous dit que le peuple souverain, qui exprimerait sa voix par référendum, pourrait faire « n’importe quoi » ; c’est donc à lui, et aux huit autres juges non élus, de déterminer si, oui ou non, le peuple a fait n’importe quoi. Comprenez bien : 99,99% des Français pourraient voter pour une réforme que Laurent Fabius continuerait de se réserver le droit de censurer leur volonté. Et il ose utiliser le mot « démocratie » pour défendre une telle aberration. (…)
    Si j’avais été au second tour, j’aurais fait de cette question l’un des sujets majeurs du débat avec le président sortant : sommes-nous toujours une démocratie, c’est-à-dire un régime où le peuple a le dernier mot, ou sommes-nous dirigés par une oligarchie technocratique et juridique ? La question est cruciale pour nos institutions, pour notre souveraineté économique et pour la protection de nos entreprises. Elle est brûlante pour tout ce qui a trait aux droits des étrangers. Pour les juges, les droits de l’homme supplantent désormais les droits des citoyens. Cette orientation mondialiste du droit contemporain interdit toute politique qui voudrait bloquer les flux migratoires et combattre enfin sérieusement le Grand Remplacement àl’oeuvre.
    Il reste une ultime résistance à cette mainmise du droit sur la démocratie : le référendum. C’est le seul moyen d’instaurer une véritable politique d’immigration qui ne soit pas empêchée par les innombrables « droits » accordés aux étrangers par les jurisprudences successives. Bref, de rendre à l’Etat, donc au peuple français, la maîtrise de sa politique d’immigration concédée aujourd’hui aux immigrés eux-mêmes. Je le propose depuis vingt-cinq ans et l’ai défendu tout au long de la campagne. Il faut dire qu’en matière d’immigration, ne pas utiliser l’arme du référendeum signifie ne toucher à rien. Après la tribune de Laurent Fabius, j’eus une conversation intéressante avec mon équipe. Nous nous étions dit que le programme que nous portions ne pouvait s’imposer que si nous étions, au pouvoir, en mesure de convoquer un référendum. Avoir un groupe à l’Assemblée nationale ne nous servirait à rien, car nos travaux, même s’ils étaient acceptés par les autres députés (ce qui était déjà fort peu probable), seraient de toute façon censurés par le Conseil constitutionnel. Que la seule arme dont notre peuple disposait contre son remplacement, c’était sa propre voix, via le référendum.
    Ce 25 janvier, Laurent Fabius n’avait pas parlé au hasard. En fermant cette ultime issue démocratique qu’est le référendum, Laurent Fabius interdisait d’avance à notre pays d’échapper au Grand Remplacement, qui l’étreint chaque année d’avantage, et pour cela, il changeait subrepticement la nature de nos institutions.
    Il disait en quelques mots que l’élection présidentielle ne servait à rien, et que la campagne qui la précédait était vaine. Ils appellent cela « l’Etat de droit », j’appelle cela un coup d’Etat.
  • ChatGPT, ressource pour la conception innovante ?

    ChatGPT, ressource pour la conception innovante ?

    A moins d’avoir vécu sur une autre planète, vous avez forcément entendu parler de ChatGPT. Peut-être n’en avez-vous rien à faire, ce qui est votre droit le plus strict. Mais il faut reconnaître que l’outil est d’une puissance terriblement intéressante, et suscite plein d’usages nouveaux. Dans cet article, je reviens brièvement sur ChatGPT, la théorie C-K, et un usage intéressant de chatGPT comme ressource de conception.

    ChatGPT

    ChatGPT, c’est une interface en langage naturel avec une intelligence artificielle qui sait aller chercher, structurer et regrouper, et formaliser à peu près tout et n’importe quoi : vous lui demandez un truc, et elle vous répond. Les réponses sont en général de très bonne qualité, et en apprenant à poser les bonnes questions, on est vraiment bluffé… Essayez, vous verrez. :)
    Le nombre d’article consacrés à Chatgpt dans les dernières semaines dépasse largement ce que j’aurai le temps de lire dans une année entière. Je vous recommande simplement la lecture de Philippe Silberzahn qui a bien souligné en quoi c’était innovant, « disruptif », et pourquoi les GAFAM n’ont pas pris le sujet à la légère.
    Comme toutes les IA et les plateformes soumises au droit positif et aux lubies parfois étranges des humains, certaines barrières ont été mises en place pour garder chatgpt dans le cadre du politiquement correct ; c’est une erreur à mon sens – cela induit de gros biais -, mais c’est une autre discussion. Pour savoir quels sont les risques à utiliser ChatGPT, un petit organigramme a été créé par Aleksandr Tiulkanov. Vraiment c’est un outil magnifique. Les usages sont presque infinis, comme moyens d’interagir avec les données, comme outil de génération de contenus, comme outil de multiplication des usages possibles du NLP, etc, etc.

    Créativité et Théorie C-K

    J’utilise et j’enseigne quelques éléments de créativité et de conception innovante, notamment en m’appuyant sur la théorie C-K. Je vous renvoie à mon article sur la créativité, mais redonnons deux exemples concrets d’objets mentaux (connaissances et concepts, Knowledges et Concepts), et deux modes de raisonnement, que l’on manipule en partant d’un cas précis, une voiture (si vous remplacez voiture par n’importe quoi d’autre ça fonctionne toujours) :

    • Complétez la phrase suivante, sans réfléchir outre mesure. Un exemple de voiture est :… Si vous êtes normalement constitué, vous avez dû penser à des voitures (des modèles, des marques) : une renault 4L, une Mercedès classe A, une Mehari, etc. Ce sont des connaissances : vous êtes allés puiser dans vos connaissances. Cette liste est finie (vous aurez un moment épuisé vos connaissances, ou vous aurez approfondi en listant toutes les voitures existantes), et il est possible de se tromper (si je prolonge la phrase avec « abri-bus », c’est faux).
    • Complétez à présent la phrase suivante. Une voiture est un exemple de :… si vous avez répondu vite, vous avez probablement dit « moyen de transport », ou « véhicule », ou « objet à 4 roues ». Vous avez produit des concepts. Cette liste est presque infinie (on peut toujours imaginer de nouveaux liens entre l’objet voiture et des concepts), et il n’est pas vraiment possible d’avoir faux (les concepts n’ont pas de statut logique). Une voiture est un exemple d’objet où je peux dormir, qui m’abrite du vent et de la pluie, qui est fait de plastique et de métal, etc. etc.

    L’apport génial d’Armand Hatchuel et Benoit Weil, puis de Pascal Le masson, a été de théoriser de manière générale les raisonnements de conception en montrant qu’ils s’appuient sur la manipulation séparée, mais conjointe, d’objets de ces deux espaces (concepts et connaissances). Des opérateurs propres à chaque espace, et permettant les passages de l’un à l’autre existent. Passionnant ! Je vous renvoie aux travaux du CGS de l’Ecole des Mines, à mon article sur la conception innovante et C-K, et au très bon site Theory C-K pour en savoir plus.

    ChatGPT, créativité et C-K

    En préparant une petite présentation sur créativité et C-K à destination de mes collègues, nous avons eu l’idée avec un collègue (Maël pour ne pas le nommer), de tester ces phrases (sur les voitures) sur ChatGPT. Et puis dans une séance de C-K, je me suis dit que l’on pourrait systématiser cet usage et faire de ChatGPT un adjoint du travail de conception innovante, permettant de compléter les connaissances, et générer de nouveaux concepts et ainsi de rendre plus systématique et créative l’exploration en C-K. Creusons un peu le sujet.

    Connaissances et concepts

    J’avais commencé à par demander à ChatGPT de compléter la phrase : « un exemple de voiture est… ». Voici la réponse apportée.

    Et ensuite, la phrase pour forcer les concepts, réponse en image.

    Je pensais que j’avais un peu coincé l’IA, et qu’elle avait du mal à défixer du concept de véhicule. Mais pas du tout, j’avais simplement mal posé la question. Voilà ce qu’il produit avec une question mieux posée – merci Maël! -, et l’incitant à s’autoriser un peu de créativité (décalage du regard sur l’objet, ou « casser » des caractéristiques considérées comme majeures pour l’identité de l’objet) :

    C’est déjà beaucoup plus riche, et beaucoup plus intéressant ! Il est donc relativement simple de forcer ChatGPT à produire des concepts. A creuser pour optimiser (notamment le forcer à ne pas mélanger les concepts différents en une seule phrase), mais la possibilité est là.

    Exploration C-K

    Nous avons ensuite sur un cas concret d’exercice C-K (C0= »la montre qui prend soin de moi »), joué avec ChatGPT. C’était très intéressant car c’est à la fois un super pourvoyeur de connaissances, mais donc aussi un très bon producteur de concepts. A minima, cela permet de tester la robustesse de l’arborescence de concepts, d’en identifier de nouveaux. Mais cela permet aussi, sur certains concepts projecteurs, de lui faire générer des caractéristiques supplémentaires très rapidement, et donc de provoquer des expansions rapides et relativement rigoureuses de certains endroits de l’arbre. Je vais maintenant tester sa capacité à faire des liens entre deux « idées », ou « concepts », ou « connaissances », car cela peut-être aussi très utile.

    Super opportunité

    J’invite tous les concepteurs à tester les usages rendus possibles par ChatGPT dans leurs activités, car il me semble que c’est un très beau terrain de jeu et d’exploration. Si j’étais capable de programmer, je programmerais un algo utilisant ChatGPT pour construire automatiquement une arborescence de concepts et une cartographie de connaissances à partir d’un C0. En l’autorisant à remonter en concept sur le C0, au besoin, mais à la recherche d’éléments présentant de la valeur. Il faudrait programmer aussi une « fonction d’évaluation de la valeur », une « fonction d’évaluation de la générativité », pour que le programme comprenne à quel endroit il peut être intéressant de creuser. On pourrait ainsi générer presqu’automatiquement des concepts projecteurs, des idées créatives, en partant d’un brief.
    Update : petite discussion où je demande à chatgpt de faire un CK pour moi. Impressionnant:
    do you know CK

    Et vous ? Avez-vous testé chatGPT ? Voyez-vous des usages pertinents dans votre secteur ?

  • L’affaire Alaska Sanders

    L’affaire Alaska Sanders

    J’avoue bien humblement que j’avais dévoré les deux premiers livres de Joël Dicker que j’avais lus : « La vérité sur l’affaire Harry Quebert » et « Le livre des Baltimore ». Et puis j’avais trouvé pénible « L’énigme de la chambre 622 ». Je viens de terminer « L’affaire Alaska Sanders », sans grand enthousiasme.

    Scénariste, plus que romancien

    En fait, Joël Dicker est un très bon artisan. Il sait faire des romans policiers, bien torchés, bien rythmé, et avec une savante construction de l’organisation des révélations pour tenir le lecteur en haleine. C’est efficace, mais redondant. Le coup d’esbroufe passé, on est bien obligé de se le dire : cette affaire Alaska Sanders, par exemple, est assez fastidieux. Les personnages ne sont pas très intéressants, ni toujours très travaillés. Le seul qui ait un peu de profondeur, le narrateur – Marcus Goldman, alias le reflet narcissique de Dicker – est une sorte d’écrivain enquêteur qui traîne son mal de vivre d’affaire en affaire. La seule relation qui tienne la route, c’est l’amitié de Marcus avec Harry Quebert. Quelques génuflexions au politiquement correct du moment par-ci (forcément il faut une histoire de lesbienne), quelques facilités d’écriture par-là , et on se retrouve avec un livre qui, certes, se lit bien, rapidement, mais n’offre sur le monde aucun regard particulier. Sans dire que Dicker est un imposteur, je crois qu’il serait peut-être temps qu’il cesse d’écrire le même roman, et trouve un filon pour une nouvelle inspiration littéraire… sauf s’il cherche juste à  rester un excellent scénariste pour le cinéma. Je salue ton talent, n’y trouve pas beaucoup de génie, mais il en faut pour tous les goûts.

  • La régression intellectuelle de la France

    La régression intellectuelle de la France

    Des lois de censure

    Philippe Nemo, grand intellectuel français (auteur du magnifique « Qu’est-ce que l’Occident?« ), a signé ce petit livre en 2011. Je l’avais loupé (ce qui n’est pas le cas de tout le monde). Il est extraordinaire de concision, de clarté et de force. C’est un éloge de la liberté d’expression, et une démonstration sans appel des raisons qui doivent conduire à  abroger les lois Pleven, Gayssot et autres lois dites « mémorielles ».
    En tant que libéral, et héritier de la meilleure part des Lumières (l’esprit de rationalité, le pluralisme et l’esprit critique), Nemo constate que la liberté d’expression a reculé en France, et il analyse cette situation.
    Elle a reculé à  cause de lois de censures : des lois qui, sous-couvert d’interdire des propos attisant la haine, ont introduit des ruptures inédites, et graves, dans le droit. Elles permettent en effet de condamner les gens pour leurs opinions, et en outre, deuxième rupture, elles ouvrent la voie à  des plaintes qui ne sont pas portées par les victimes ou le ministère public.

    Pour que la mise en cause de l’auteur du propos ne soit pas une injustice manifeste, il faudrait bien, cependant, qu’il y ait quelque forme de lien causal entre le propos incriminé et un tort objectivement constatable et mesurable subi par des victimes. Or ce type de chaîne causale ne peut jamais être établi

    Conséquences : archaïsme

    Ce grave détournement de l’esprit du droit conduit à  une insécurité juridique pour tous ceux qui prennent la parole en public, et à  une perversion du métier de juge, lesquels se retrouve à  faire un travail de tri idéologique et non juridique.
    Il conduit également à  une diminution de la qualité des débats sur un grand-nombre de sujets, qui sont devenus, peu à  peu, tabou. C’est bien là  la conséquence la plus grave de cette liberté d’expression endommagée : sans libre concurrence entre les idées, sans débats critiques, basés sur des arguments, la société française se recroqueville peu à  peu dans des logiques archaïques, non plus basé sur la raison, mais sur des logiques de pur et d’impur. Il y a des sujets à  éviter, et d’autres que l’on peut aborder sereinement. On retrouve là  le politiquement correct, et la frontière de respectabilité sociale pensée par Bock-Côté.
    Une autre conséquence :

    La régression d’une proportion non négligeable de la classe parlante française au stade mental des sociétés préciviques se marque par deux autres traits qui en sont inséparables : le rôle croissant de l’imitation moutonnière et le sacrifice rituel de boucs émissaires.

    Il suffit de se repasser le film de la crise COVID pour voir que ces logiques ont joué à  plein régime.
    Nemo donne de nombreux exemples concrets et pratiques de cette dérive collective (par exemple l’affaire Vanneste, et l’affaire Gougenheim).

    Urgent retour à  la raison

    Faisant le constat simple mais indispensable que la plupart des opinions, projets politiques, pensées, nécessitent d’une manière ou d’une autre de discriminer (voir mon Eloge de la discrimination), Philippe Nemo appelle à  un vraie liberté de débat, sans censure.

    La conséquence de tout cela est claire : le débat public, en France, ces dernières années, a été de plus en plus gravement appauvri et faussé.
    Or les problèmes, en tous domaines, ne peuvent être réglés s’ils ne sont pas d’abord posés. Si donc la généralisation des tabous et des interdits en France empêche que les plus importants des problèmes de société y soient explicitement posés, il ne faut pas espérer qu’ils soient dûment traités et, en définitive, réglés. La gouvernance du pays subit, de ce fait, un grave déficit.
    Il existe des solutions aux problèmes graves qui se posent à  notre pays. Toute société peut sortir de tout mauvais pas ; pour les sociétés, il n’y a pas de décadence irréversible comme pour les individus. Mais quelques-unes de ces solutions impliqueraient qu’on puisse remettre en cause certains préjugés, qu’on puisse rompre avec certaines routines instaurées un beau jour et trop longtemps reproduites sans nouvelle réflexion. Cette démarche ordinaire de correction de trajectoire peut être mise en oeuvre si les préjugés et les routines en question ont le statut de simples opinions, comme c’est le cas dans les pays démocratiques normaux ; mais, s’ils ont été rigidifiés en mythes et en tabous, ils ne peuvent plus être changés ; ils continueront à  orienter les mentalités et les comportements dans le même sens, si faux et utopique soit-il. Alors la société, aveuglée, ira dans le mur.

    Il a mille fois raison, bien sûr : comment envisager l’avenir si on ne peut pas commencer par se représenter le réel, le présent, correctement ?
    Sa conclusion est simple et limpide, je la partage telle quelle. Savoir qu’elle figure au programme de Zemmour me donne une raison de plus de voter pour lui :

    Si un jour le pays se ressaisit et se donne un gouvernement et un parlement connaissant la valeur vitale des libertés intellectuelles et le tort qu’une société se fait à  elle-même en les diminuant, un des premiers projets de loi à  déposer sur le bureau de l’Assemblée sera celui-ci :
    « Article unique. Les lois du 1er juillet 1972, 13 juillet 1990, 21 mai 2001, 30 décembre 2004, ainsi que l’article R. 625-7 du Code pénal et l’article 475 du Code de prodécure pénale sont abrogés. »
  • Reconquête

    Reconquête

    La campagne présidentielle commence vraiment. Elle a débuté lors du formidable discours de Villepinte. Ce qui était relativement clair dans le dernier livre d’Eric Zemmour est devenu ce jour là  une évidence : oui, il va falloir compter avec lui.
    Pour une raison qui me paraît évidente : enfin un homme politique dit la vérité, crûment, sans se préoccuper excessivement du politiquement correct (il faut écouter ses extraordinaires voeux à  la presse). Enfin un politicien qui place comme question centrale, la vraie question – l’identité française – et qui en fait le préalable aux autres sujets. Comment rebâtir l’école si l’assimilation n’est pas la norme, et si le français n’est pas maitrisé ? Comment redonner du sens à  la politique, sans articuler le dessein à  notre histoire, et à  notre culture ?

    J’ai voté Sarkozy en 2007. J’ai été très déçu : la sécurité n’a pas été si bousculée, la place de l’Etat non plus, et il a de surcroit été la cheville ouvrière de la trahison du référendum sur la Constitution Européenne (via le Traité de Lisbonne). J’ai soutenu Fillon lors des dernières élections, car son programme était le bon. On connait la suite : une misérable instrumentalisation de la justice, et sa propre incompétence, ont permis de le faire sauter.

    Je suis donc pleinement derrière Zemmour ; certes nous verrons bien ce que donne la campagne. Mais j’ai le sentiment, la conviction, que la dynamique est pour Zemmour. Que son parler vrai, que ses analyses attirent des gens que la politique avait fini par dégoûter, faute d’y entendre des politiciens parler des vrais problèmes, et des vrais solutions. Il faudra du courage pour renverser la tendance. Commme Guillaume Peltier (premier ralliement LR au parti Reconquête), je n’ai pas vraiment confiance en Valérie Pécresse (centriste de droite, Macron-compatible) pour réellement porter une politique d’immigration zéro.
    Je suis donc un soutien d’Eric Zemmour, et je vais faire ce que je peux pour aider à  le faire progresser. Par les échanges avec mes proches, avec mes collègues, par mon soutien financier (j’ai pris la carte de Reconquête dès l’annonce de la création du parti), et par mes actions sur les réseaux. C’est une question de survie, tragique, qui se pose à  nous en tant que Nation.