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  • Ontologie PPP

    Ontologie PPP

    Projet ambitieux : créer une ontologie des caractéristiques perceptuelles des objets

    C’est une révolution mentale à vivre, et je la vis sur un projet particulier. J’ai créé l’autre jour une équipe dans Grok Bot. Il s’agit d’un ensemble d’agents IA, structurés en équipe de travail (ils communiquent entre eux), assignés chacun à un périmètre de tâches plus ou moins définis, et qui tournent sur des serveurs hébergés chez SpaceXAI (ce qui veut dire qu’ils continuent à bosser quand on ferme son PC). Mon projet – complexe, d’où l’intérêt – est de créer une sorte d’ontologie1 des propriétés perceptuelles pertinentes (PPP) pour l’esthétique, en faisant un choix assez radical : une forme de neutralité axiologique, c’est-à-dire aucun jugement de valeur 1. Représentation formelle, explicite, et partagée de concepts représentant les entités, propriétés, relations & contraintes dans un domaine spécifique de connaissance. Lien Grokipediaesthétique sur ces propriétés, qui chacune d’entre elles, peut être, dans certaines conditions, pertinente, et contribuer positivement ou négativement sur le jugement esthétique. C’est la suite de mes réflexions.
    J’ai donc créé un bot « Chef de projet » en charge de coordonner l’équipe et conduire le projet. J’ai créé un autre bot « Philosophe chercheur » en charge de travailler le contenu (avec un brief très orienté « état de l’art » des connaissances sur ces sujets, et démarches scientifique à la Lakatos) et un bot « Designer » en charge de créer les artefacts concrets (un site web pour commencer, mais j’ai en tête d’autres formalisations). Ils ont commencé à bosser tous seuls, pendant une bonne heure ; le CDP est revenu pour me dire qu’ils avaient une première version de l’ontologie. Ils avaient plein de questions à me faire trancher. En voyant la gueule des questions, j’ai eu un premier choc : ils avaient vraiment bossé fort, et je ne comprenais pas vraiment toutes les questions (certaines, très techniques, touchant à la structure logique de l’ontologie). J’ai donc créé un autre bot « Professeur », dont la mission est de s’approprier le contenu créé par le Philosophe chercheur, et d’en faire une version pédagogique, compréhensible dans un langage proche du langage courant.

    Révolution au sens propre

    Le travail est cours. Je m’éclate comme un petit fou avec ce projet et cette équipe. Grok Bot est un « outil » tout à fait incroyable. J’apprends à me servir au mieux de leurs compétences. Je leur ai dit hier que leurs recommandations pour trancher les questions étaient si bonnes qu’il fallait qu’ils arrêtent de me faire tout valider et qu’ils publient les choses de manière plus directe. Le site est en ligne. Je vous invite à aller voir une fiche presque complète (celle de la teinte par exemple) et vous verrez la qualité du travail réalisé. Ils ont non seulement commencé à créer le contenu, le site, mais aussi la gouvernance autour des fiches (vous pouvez en suggérer de nouvelles, en contester d’autres, ou proposer des exemples illustrer certaines fiches). C’est proprement incroyable. Je n’ai absolument donné aucun contenu pour créer ce site à part mon intention et mon brief de départ (qui était un peu plus long que ce que je donne ici). C’est par ailleurs un projet que je trouve, au delà de l’aspect facilitant de l’IA, tout à fait passionnant.
    Allez découvrir la version beta de l’Ontologie « Propriétés perceptuelles pertinentes ».

  • Cyril Pedrosa

    Cyril Pedrosa

    Je profite de la sortie du magnifique album « Nanbanjin » pour vous parler de Cyril Pedrosa. C’est vraiment un auteur de bande-dessinées excellent, son dessin est magnifique, et sa mise en scène, ses personnages, rendent la lecture de ses albums fluide et passionnante. Un Pedrosa, ça se lit toujours trop vite. Ça se dévore, même. Je l’avais découverte avec Portugal, puis j’avais lu Trois ombres. Et puis le magnifique L’âge d’or, dont l’univers graphique fait penser aux vieux Disney (où Pedrosa a commencé sa carrière de dessinateur), qui a posé une histoire ample, avec des personnages vraiment attachants.
    Et là, je viens de termine le dernier « Nanbanjin », écrit à quatre mains avec Taiyō Matsumoto (auteur de manga). Le livre est magnifique, et l’histoire vraiment simple et belle, pure et dure comme un conte japonais, pleine de poésie, et d’histoire d’amitiés. Pour vous présenter cet auteur incontournable, je vous partage un dessin de ce dernier ouvrage.

  • Penser avec l’IA

    A la suite de la très drôle polémique autour du vrai-faux livre de Thélyson Orélien, beaucoup de discussions ont fleuries, et c’est normal, autour du sujet de l’IA et de l’écriture, de la fin des écrivains, ou des éditeurs, ou des lecteurs, ou des deux, bref : le petit monde intellectuel était en émoi. Est-ce qu’un texte écrit par une IA peut-être apprécié et appréciable ? Quel plaisir à lire un texte écrit par une machine ? etc.
    J’avoue être un peu surpris par les questions que cela soulève, et j’ai suivi (et eu quelques échanges) sur X avec certains des auteurs ou répondants aux fils de discussions sur ce sujet (je pense à Philippe Fabry @Historionome et Samuel Fitoussi @SamuelFitouss10). En tirant le trait, il paraît évident que l’écriture est déjà probablement un peu derrière nous (à part pour une toute petite portion de la population qui va vouloir continuer à forger des textes, à jouer avec des mots, pour créer émotions, sens, récits), les textes seront bien sûr – presque tous – écrit par l’IA.

    Ce qui ne peut être évité, il faut l’embrasser.

    William Shakespeare (1564 – 1616)
    Dramaturge, poète et acteur Anglais

    Je trouve que la question la plus intéressante n’est pas tant l’écriture, que la pensée. Le fait d’accéder de manière qualitative à des sommes d’idées énormes, de manière synthétique et ciblées pour notre usage (selon nos requêtes) permet de modifier la manière dont nous pouvons réfléchir. Cela change la temporalité, la profondeur, et la robustesse de ce que nous pouvons produire. Bien briefés, les agents IA pourront nous aider à bâtir une réflexion qui ira plus directement au coeur des sujets, en profitant de tout ce qui a déjà été réfléchi sur ces sujets.
    Je pense qu’il est un peu idiot de se demander si un texte, ou une réflexion, qui a été produite avec l’IA, a toujours de la valeur pour les humains. Il suffit de remplacer « IA », par « Livre », « Crayon », « Ordinateur », « Bibliothèque » dans ma phrase précédente pour s’en rendre compte. Non ?
    Le vrai risque, à mon sens, c’est la rapidité avec laquelle on peut accéder à plein de choses, ce qui fait « perdre » le temps de maturation que le travail de lecture et d’appropriation nécessitait. Qu’allons nous gagner comme devoirs complémentaires à cette perte : travail approfondi sur l’argumentation et la logique ? Effort supplémentaire d’appréciation de la scientificité et de la véracité des assertions ?Travail de créativité et de conception accru pour faire quelque chose de toutes ces connaissances à disposition ? Raffinement de notre capacité à poser des intentions et des briefs précis ?
    Il est temps de déplacer notre regard des outils d’écriture vers les outils de pensée.

  • Le Rêve d’un homme ridicule

    Le Rêve d’un homme ridicule

    Cette nouvelle, sous-titrée « Récit fantastique », est une belle fable, avec pour thèmes l’absurde et le tragique de l’existence (le personnage que l’on rencontre au début, et qui est le narrateur, est sur le point de se suicider), et le paradis (son rêve est une illustration du paradis selon Dostoevsky). Au-delà des thèmes, et du contenu de l’histoire (le rêve du paradis sauve le narrateur), j’ai trouvé la nouvelle, comme toujours avec ce grand écrivain, remarquablement écrite. La problématique, plutôt philosophique et spirituelle, devient facile à suivre, pleine d’un souffle existentiel. On reconnait bien là le style exalté, tout étant précis, et drôle de Fyodor Dostoevsky. Belle nouvelle.
    Sur le fond, il y aurait beaucoup à dire. La vision du paradis de l’auteur, très proche du mythe de L’âge d’or, ataraxique, avec des humains en paix, proche de la nature, sans troubles, est un peu niais selon moi. Non pas parce qu’il ne serait pas souhaitable, bien sûr (qui ne rêve d’un monde de douceur et de paix?), mais parce qu’il annule en pensée des éléments constitutifs de ce qu’est précisément l’humanité : notre existence, pleine de paradoxes, de tensions, de joies et de peines, de projets, de drames parfois, n’a pas grand-chose à voir avec ce monde idéal. C’est un bel idéal, mais qui en se donnant entièrement à voir, comme une situation à atteindre connue, empêche de penser la réalité de nos vies, qui contiennent bien sûr ce genre d’idéaux, mais qui sont bien plus larges et riches que cela. Sa description, notamment, de ce qui a fait chuter les hommes par rapport à ce paradis, me parait excessivement simplificatrice. C’est un rêve de religieux, au sens plein du terme. Le personnage rêve d’une sorte d’osmose collective, et l’individualité lui semble être la source de tous les maux. Communisme, ou dénonciation du communisme ? (la nouvelle date de 1877).
    D’ailleurs, et c’est où la nouvelle est très joliment torchée, le personnage finit en prêcheur de ce paradis qu’il a entrevu en rêve.

  • Flânerie #8

    Flânerie #8

    En courant rue Saint Dominique, ce matin, j’ai vu cet enchevêtrement de lignes passer devant mes yeux. j’ai fait demi-tour, et j’ai pris la photo. Rien d’extraordinaire, mais la bouteille posée là par quelqu’un ajoutait une petit note de brillance à ce camaïeu de verts. Je vais m’en servir comme base pour faire un exercice dans Illustrator.

  • Le guérisseur de cathédrale

    Le guérisseur de cathédrale

    Philip K. Dick est décidément mon auteur de science-fiction favori. Ses histoires, toujours super imaginatives, créent des mondes incroyables, mais dans lesquels les personnages se comportent toujours de manière très humaine, très proche de nous. Ce décalage entre l’inconnu des univers fantastiques, et le « connu » (familier, plutôt) de nos ressorts cognitifs, est vraiment extrêmement agréable. Il résonne, chez moi, avec ce que je ressens très souvent à la contemplation du monde dans lequel nous vivons.
    Le guérisseur de cathédrale, c’est un spécialiste de la réparation de la céramique, un peu paumé, voire désespéré, et qui voit sa vie basculer à la suite d’un mystérieux message lui proposant de venir sauver une cathédrale enfouie sous la mer, sur une autre planète. Je ne vous dévoile pas le scénario, mais on croise là le Glimmung, sorte de divinité extraterrestre, qui est le chef de ce projet fou de renflouement de cathédrale, tout un tas d’humanoïdes et de formes de vie étranges. Il y a question de solitude, du sens de la vie, et de plein d’autres thèmes très humains, tout juste touchés du doigt, mais à chaque fois avec une grande justesse.
    La scène de conclusion, ode à l’activité de création, est splendide. Je vais aller regarder la liste de ses ouvrages, pour voir par quel chemin je peux continuer à découvrir cette oeuvre fantastique.