Sarkozy et le populisme …

On entend souvent dire de Nicolas Sarkozy qu’il est « populiste ». Il s’agit bien sûr, dans la bouche de ses détracteurs, d’une quasi-insulte…Je me suis donc demandé ce que signifie ce mot.

Populisme :

  1. Mouvement politico-social (qui s’est formé en Russie dans les années 1860) qui voulait entraîner l’ensemble de la paysannerie, du peuple, dans la lutte contre le pouvoir tsariste.
  2. P. ext., POL. Tout mouvement, toute doctrine faisant appel exclusivement ou préférentiellement au peuple en tant qu’entité indifférenciée.

Quand on se focalise sur l’interêt général, on est donc taxé forcément de « populisme », puisqu’on se réfère à  l’interêt du peuple, sans différenciation. C’est donc un travers d’utiliser ce mot systématiquement de manière péjorative : doit-on forcément parler au nom d’un sous-groupe, d’une corporation, d’une minorité pour que le discours soit recevable ? A mon avis, non ! Par ailleurs ceux qui pensent tout dire en traitant Sarkozy de « populiste » sont aussi ceux qui lui reprochent d’être « communautariste », c’est à  dire de privilégier l’approche consistant à  favoriser des groupes plus que d’autres au détriment de l’intérêt général !
S’il parle au nom du peuple au sens large, on le traite de populiste, et si il parle d’une catégorie particulière de la population, d’un communauté précise, il est taxé de communautariste. Au nom de qui doit-il parler ? Pour ses critiques, la réponse est claire : il doit se taire, et tous les mots -même mal utilisés- sont bons pour atteindre ce but. Pour ma part, je pense qu’il est bon de remettre l’intérêt général au centre du débat : comment trouver un compromis politique orienté vers le progrès si l’on est systématiquement focalisés sur les interêts d’un catégorie de citoyens en particulier ? Comment redonner du lien social, des projets communs, si on ne parle toujours que des intérêts de certains ?
La notion d’intérêt général permet justement de trouver le compromis en faisant naitre les voies qui permettent de marier les intérêts forcément particuliers, et souvent contradictoires de l’ensemble des groupes et des personnes composant la population. Qui peut craindre l’intérêt général si ce n’est un groupe qui a suffisament bien tiré son épingle du jeu pour que le moindre accroissement d’intérêt général, soit synonyme de perte pour lui ? Ceux qui critiquent systématiquement cette approche sont donc à  soupconner au mieux d’élitisme, au pire de corporatisme et de poujadisme.

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Bollywood en Inde
Invité
15 années il y a

Bravo pour le commentaire, mais ne nous voilons pas la face. Sarko dépasse la frontière des mots parce qu'il en connait le sens. Ce garçon est certainement pétri de bonnes intentions mais il est difficile de ne pas sentir transparaître la profonde ambition qui dicte son discour et son action. Je ne pense pas qu'il ait un profond respect pour le peuple dont il se veut le porte-parole réponse à tout. Ce qui caractérise Sarko c'est d'abord la court terme. Réponses instantanées à des problématiques complexes. Il simplifie tout et se pense supérieurement intelligent au point d'avoir les réponses à toutes les problématiques sans en mesurer l'inextricable complexité. La France est un pays difficile avec des courants de pouvoir puissants et beaucoup de gens éduqués, critiques et influents. On ne peut gouverner avec des décisions à l'emporte pièces. On ne règle pas le problème des banlieues avec des flashballs et des flics payés au mérite, on ne règle pas, non plus, celui des caisses de retraites en allongeant la durée du travail, etc. etc.
Je n'aime pas non plus sa façon d'utiliser des micro évènements pour justifier d'une politique. Avoir utilisé 100 fois l'exemple de la femme brûlée vive dans le bus pour justifier de la nécessité de lui faire confiance est indigne car personne n'a le pouvoir divin de supprimer les exactions. Cette histoire était monstrueuse et touchante mais elle ne peut être utilisée à des fins politique comme il l'a fait sans cesse. C'est jouer sur des sensibilités très primitives pour se placer et c'est ce qui lui vaut cette appellation de populiste. Je dirais plutôt opportuniste, intellectuellement malhonnête, enfin globalement malsain. Sur ce chapitre, il s'est beaucoup inspiré de le Pen qui ne manque jamais d'illustrer ces arguments par des références dont le sordide n'a rien à envier à l'inopportunité de la citation. Ce n'est pas une vision très valorisante de la politique et c'est une manière de s'adresser au sentiment plutôt qu'à la raison qui ne le valorise pas aux yeux des gens qui réfléchissent.

ZeMout
Invité
ZeMout
15 années il y a

Je trouve cette remarque justifiée.

N'étant pas un 'fan' de Sarko à priori je dois avouer que ses idées ne me laissent pas indiférent.

Dans quelle mesure et pourquoi Sarko n'est pas toujours apprécié de gens qui, probablement comme moi dans le passé, ne le connaissent pas ou peu.

Peut-être cette image de perfection irréaliste qui fait peur et donne l'impression d'être en face d'une 'machine' ?

LOmiG
Invité
15 années il y a

Salut Zemout !
merci pour ton commentaire ! :smile:
1) je ne suis pas 'fan' non plus de Sarkozy : d'une manière générale, j'évite de perdre mon sens critique…ce qu'implique l'attitude de 'fan'
2) effectivement, beaucoup de gens critiquent Sarkozy sans prendre la peine d'écouter ce qu'il dit, ou de lire ce qu'il écrit…sans parler de ce qu'il fait, car son action pour l'instant est juste et efficace
3) qu'entend-tu exactement par "perfection irréaliste" ? tu crois que ceux qui ont peur de Sarkozy le subliment et ont peur pour cette raison ? explique un peu mieux ce point je n'ai pas bien compris… :oops:

merci encore pour ton commentaire,
à bientôt
Lomig

ZeMout
Invité
ZeMout
15 années il y a

"perfection irréaliste" : Sarko donne souvant l'impression d'un controle de lui et de ses propos. Malheureusement ce que beaucoup de gens ont retenu (manip ou pas, j'en sais rien) sont les moments où il s'expose à la critique (ex. nettoyage des villes…) et de là un contraste et une contradiction qui pourrait naitre entre le Sarko des meetings,tv,… et le Sarko pris "à défaut"
style..'Sarko ne nous montre pas son vrai visage…et quand il le fera…????'
(Chirac qui ne connait qu'a moitier le nom des joueurs de l'équipre de France mais qui essaye de faire semblant est pris aussi à défaut mais c'est plus marrant. PS : je suis pas un pro Chirac mais souvent il m'amuse)

LOmiG
Invité
15 années il y a

re-salut, Zemout,
Sarkozy donne effectivement l'impression d'un contrôle et même temps d'une grande énergie.
Personnellement, je ne trouve pas qu'il ait été pris à défaut pour le "nettoyage des villes"…tout ça a été monté en épingle par des médias qui sont devenus incapables de parler d'autres choses que des dernier sondages, et du tailleur de ségolène. Tout ce petit monde s'effraye du mot "racaille" ou "karcher", mais ne pipe mot à longueur d'année face à la violence urbaine.
Je pense que Sarkozy montre son vrai visage, qui est celui aussi de la fermeté face à la violence : quelle autre attitude possible ?
Par ailleurs, Chirac ne m'amuse pas du tout : je le trouve pitoyable et assez représentatif de tout ce que je n'aime pas en politique : girouette idéologique, opportunisme, politicien de carrière, et champion des promesses non tenues…un bien triste personnage à mon sens. :evil:
à bientôt,
LOmiG

ZeMout
Invité
ZeMout
15 années il y a

Hi MOmiG
:roll: Je suis d'accord avec toi. Ce que je voulais dire c'est qu'il aurait pu très facilement eviter ces propos. Mis à part cela c'est de loin le meilleurs candidat.

A+

ZeMout :smile:

LOmiG
Invité
15 années il y a

Salut Zemout
merci pour ton commentaire,
on est d'accord : c'est de loin le meilleur candidat…
En ce qui concerne ses propos, je pense qu'ils étaient voulus : affirmer l'autorité passe par des actes et des propos un peu plus fort que d'habitude, non ? En ce qui concerne les banlieues, il a quand même remis en route la présence de la police au sein des "quartiers"…actes forts, paroles fortes ?
Eviter des propos peu consensuels, si c'est pour être bien sagement politiquement correct, ça n'a pas d'intérêt ; des paroles fortes pour montrer à ceux qui sont hors-la-loi que leurs actes ne seront pas tolérés, ça me semble plutôt normal. En situation de "bras-de-fer", la force est aussi dans la communication. D'ailleurs, suite à ces polémiques, il n'a pas baissé dans les sondages…les gens ne sont plus dupes de ces petites polémiques médiatiques et politiquement correct : chacun sait que les viols collectifs et les traffics de drogues sont plus important que le mot "racaille" ou "karcher".
a +
LOmiG

Pascal
Invité
Pascal
15 années il y a

Avant tout je te félicite parce que j'aime les gens qui prennent position. Qui s'engagent. Mais quelque chose me turlupine. Un mot est à la fois son sens et son contexte.

Etre taxé de "populisme", c'est non pas privilégier l'intérêt mais la volonté du peuple. La différence est de taille. Mitterrand ne pouvait pas être taxé de populisme quand il s'est engagé pour l'abolition de la peine de mort : il allait contre la volonté du peuple (majoritairement pour la peine de mort), mais, à mon avis (et par la suite celle de la majorité des Français) certainement pas contre l'intérêt général. Il peut arriver que la volonté du peuple soit d'intérêt général. Ce n'est pas toujours le cas. Le populisme tient donc plus de l'opinion générale, des émotions, des croyances et de leurs manifestations, que des faits, du savoir ou de l'intérêt général. C'est, à proprement parler, de la démagogie.

Si je pense, par exemple, que Sarkozy ou Le Pen sont des populistes, c'est parce qu'ils flattent les peurs (souvent irrationnelles, c'est humain) qui sont en nous. Des politiciens d'autres bords font la même chose, comprend-moi bien. C'est une approche qui reste, à mon sens, dangereuse ; Hitler en abusait.

Il faut, nous sommes d'accord, condamner la violence. Mais condamner sans comprendre, rechercher et présenter les causes (non pas immédiates), ce n'est sans doute pas aller dans le sens de l'intérêt général.

A ce propos, et puisque tu aimes et le vin, et la vérité (très bons gouts), l'alcool est une drogue qui n'a pas le privilège d'être inscrit au tableau des stupéfiants. Les trafics sont autant dus à une volonté d'autonomie financière (dans un contexte dans lequel sans le sou on est pas grand chose) qu'à la prohibition. Tu te remémoras sans peine que fût un temps, voire en d'autres lieux, il fallait bien en passer par un trafic (avec les risques que cela comportait), pour pouvoir boire un p'tit vin des familles ;)

Voltaire aidant, bonne continuation LOmiG :)

Pascal

LOmiG
Invité
15 années il y a

Salut Pascal, et merci beaucoup pour ton commentaire plein de sens, de raison et très bien rédigé !
1) Ta remarque est sensée concernant la nuance à faire entre "intérêt" et "volonté" du peuple. Je t'avoue que je ne retrouve pas cette nuance dans la définition du populisme que j'avais pris la peine de placer en tête d'article. Mais peu importe : on peut discuter quand même de cela…un point tout de même : la volonté du peuple est pour moi primordiale, parce que la volonté de chacun est importante. Il est très important à mes yeux de comprendre que la volonté peut – et doit – aller de pair avec l'intérêt. C'est vrai au niveau individuel, non ?
2) parlons-en donc : selon toi, la nuance qui place Sarkozy dans la catégorie "populiste" à connotation péjorative (je le précise, car la définition du mot n'inclue pas cette connotation péjorative), c'est le fait de jouer sur les émotions. C'est étonnant ta remarque, parce que justement je trouve qu'avec Bayrou, ce sont les deux candidats qui jouent le moins sur le registre émotionnel. Si on écarte les extrêmes (de gauche comme de droite) qui eux, clairement, joue sur les peurs (de l'étranger, de l'europe, de la mondialisation, des patrons, etc…, les 3 candidats modérés me semblent parler tout de même plus à notre raison qu'à nos émotions. SImplement, je trouve les arguments de Sarkozy beaucoup plus justes et en adéquation avec la réalité…Sur quel(s) sujet(s) trouve-tu qu'il joue trop sur les émotions ? ça m'intéresse de le savoir…
3) en ce qui concerne la violence, il me semble qu'on a justement, pendant trop longtemps, cherché à comprendre sans sanctionner quitte à légitimer des abus inacceptables. Bien sûr qu'il faut comprendre, et pas sur les causes immédiates, comme tu le dis très bien. Mais les causes à long terme de la violence et les remêdes, ils sont connus : l'éducation est la seule solution, et c'est long. Il faut mettre le paquet sur l'éducation, au sens large. Cela n'empêche pas de sanctionner les abus, car la loi est faite pour tous. Chercher des explications, des causes, doit servir à trouver des moyens d'action, pas à trouver des excuses.
4) Pourquoi cette remarque sur le vin, et les traffics de vin ? dis moi ce que tu voulais me faire passer comme message, j'ai peur de ne l'avoir pas compris… :oops:
Encore merci pour ton commentaire,
et à très bientôt j'espère ! :smile:
LOmiG

Pascal

LOmiG
Invité
15 années il y a

Salut Bollywood en Inde ( :shock: ),
et merci pour ton commentaire…
1) avoir de l'ambition est normal pour un homme politique. J'ai fais un billet là-dessus "faut-il avoir de l'ambition?"
2) arrêtons les procès d'intention, et la lecture subliminale. Ni toi, ni moi ni personne n'est dans la tête de Sarkozy : on ne peut se baser que sur ce qu'il fait, ce qu'il dit et écrit pour comprendre le sens qu'il donne à son action. Je laisse la boule de cristal aux journalistes. Si tu parles de manière de gérer les banlieues, je crois que justement elle a été exemplaire de tenue, et de maîtrise : plusieurs dizaines de nuits d'émeutes sans morts à déplorer, c'est admirable.
3) quant à l'"utilisation", comme tu dis, de l'évenement tragique du bus brûlé (rappelons que ce n'est pas un énevement isolé, loin s'en faut), il faut arrêter avec ça : si on n'est plus capable d'être horrifié par ce qui est horrible, et le prendre en exemple de ce qui doit nous réunir -tous- pour réaffirmer ce que nous sommes et ce que sont nos valeurs, qu'est-ce qui le fera ? Eradiquer complètement ce genre de violences inadmissibles doit être une priorité universelle, bien au-delà des clivages politiques ! Il est urgent de le rappeler, et je suis content qu'il le fasse. C'est plutôt la tiédeur des réactions d'autres personnages politiques qui me semble inquiétante, si tu veux mon avis. Heureusement que certains ont toujours un sentiment de révolte face à ce genre de monstruosité ! non ?

A+

Pascal
Invité
Pascal
15 années il y a

Hello LOmiG, désolé pour le temps de réponse digne d'un Minitel. Les billets ont au moins une longue vie sur ton Blog ;) Pas simple de répondre dans le détail sans approfondir chaque notion. Les hommes et la gestion de leur bien-être ne se suffisent pas d'approximations. Mais je tente :)

  1. La plupart des gens entendent bien "démagogie" et non populisme. Le populisme s'est transformé en démagogie. C'est pour cela que ce que l'on souhaite dire est aussi (ou plus) important que ce que l'on dit. L'accord des mots est absolument nécessaire ; ta démarche qui consiste à revenir sur le sens originel d'un mot est dont très intéressante ; mais elle a ses limites si l'on ne le replace pas dans son contexte d'utilisation. Par exemple, le mot "anarchie" n'a sans doute pas le même sens pour moi et pour toi. Pourtant il a aussi un sens originel (bien différent du sens dans lequel on l'emploie actuellement). Pour l'esprit, et l'histoire, quand l'idée de République est née (la chose publique), les monarchistes d'alors, en constatant une situation de désordre, s'exclamaient : "Mais c'est la république !" – péjorativement, donc. Marrant, non ? La volonté du peuple est effectivement très importante, primordiale, oui. Mais n'oublions pas que la majorité n'a pas forcément "raison", c'est tout. Tout dépend du temps, du lieu, et des cultures. Reste les grandes avancées humaines ; et ceux (ou celles) qui ont le courage de se battre pour faire évoluer notre rapport au bonheur. C'est un point commun à tous les humains, la recherche du bonheur. Je pense que le système actuel confond réussite sociale et bonheur. Même si je suis un individualiste convaincu.

  2. Concernant les émotions, et leur traitement en politique, je tiens à préciser que ce n'est pas l'apanage des uns et des autres ; c'est de la communication. En pédagogie, et en particulier dans la formation des adultes, le registre des émotions est un puissant levier de mémorisation, de conflit cognitif (le petit déclic qui nous fait dire : "tiens, j'ai compris un truc là", en opposition avec notre structure de connaissances préalable, mise à mal dans les processus de changement). C'est un registre qui reste donc, utile et utilisable. Encore une fois tout est question de contexte. Un homme politique (tel que nous le connaissons actuellement) a de bien trop grandes responsabilités : il ne saurait être visionnaire, désintéressé, ambitieux, érudit, sportif, écrivain, juriste, sociologue, psychologue, économiste, bon communicant, bon père de famille et j'en passe. C'est tout le problème. Nous croyons depuis longtemps qu'une seule personne (atavisme religieux ?) peut améliorer notre ordinaire. C'est, j'en ai peur, un leurre qui s'en prend à notre autonomie individuelle. Quand Sarkozy interpelle un "journaliste", bouche bée (!), sur son possible ressenti dans le cas horrible du bus mis à feu, ce n'est pas le sociologue qui parle, et encore moins le juriste (un comble dans son cas) qui doit nous rappeler que dans une société de Droit, c'est la prise de recul, le traitement a posteriori qui doit primer sur le sentiment de vengeance, que toi, comme moi, sommes capables de ressentir, a priori. C'est, au mieux, le politicien, au pire, le démagogue, qui s'exprime. De l'affaire H Bomb (et son insistance à faire publier les photos de Raid, avec les gosses dans ses bras) à ses discours de généralisation hasardeuse sur le thème des banlieues, des impôts, des 35 heures, des fonctionnaires ou de l'immigration, tout en citant Blum (!) et en appuyant Bush, ce Nicolas m'a toujours fait l'effet d'un homme qui "savait parler" aux Français (et à leurs peurs sécuritaires). Mais afin d'observer en toute conscience comment les uns et les autres préfèrent jouer sur tel ou tel registre, contentons-nous de lire des sources indépendantes, sans copinage et dégagées de tout intérêt économique : je te conseille vivement celle qui est la plus lue dans les couloirs de l'Assemblée Nationale – le canard enchaîné – une source qui nous rappelle depuis plus d'un siècle que la liberté de la presse ne s'use que si l'on ne l'utilise pas. Ce rempart démocratique a toujours su éveiller les consciences, volontaristes, sur l'état de l'art politicien. C'est, en plus, écrit merveilleusement bien, par des papys de la résistance civique.
    La modération, le conservatisme va à l'encontre de l'idée que je me fais du sens de la vie. Les humains n'ont qu'une gloire : celle d'évoluer, de changer. Nous sommes tous heureux d'être né dans un monde, pardon, un pays, dans lequel nos enfants n'ont plus à travailler dès l'âge de 8 ans, à raison de 15 h par jour. Mon grand-père s'est battu pour cela. Je crois bien me souvenir que les conservateurs d'alors ne faisaient rien pour changer une situation dans laquelle ils se complaisaient. Ils se battaient même dur comme fer pour conserver leurs privilèges, traditionnels, au détriment du bonheur des autres. De la commune au front populaire, en passant par les différents mouvements de 68, n'oublions pas que des gens se sont battus, parfois jusqu'à la mort, pour que nous nous sentions plus libres aujourd'hui. La mémoire à très long terme n'est pas le fort des humains. Les bouquins d'histoire prennent trop souvent la poussière.

  3. Je n'ai pas souvenir que l'on ait un jour accepté la violence sans la sanctionner. Mon père était éducateur, et donc plutôt du côté des "compréhensifs". Je t'assure qu'il n'a pourtant jamais accepté qu'on lui manque de respect. L'écoute doit être active, pas sans solution. Je suis tout à fait d'accord avec toi. Et l'éducation est effectivement un rempart contre toutes les violences à venir – encore faudrait-il amorcer un débat sur la nature de l'éducation. Mais de mémoire, l'éducation, la justice et la culture n'ont jamais été le fort des conservatismes. Et pour cause… leur part budgétaire a toujours été amoindrie par les différentes droites au pouvoir, au bénéfice de l'armée et de la sécurité. Te sens-tu plus rassuré depuis ?

  4. Désolé pour cette remarque pour le moins sibylline ;) Je faisais référence à un passage de ton commentaire : " chacun sait que les viols collectifs et les trafics de drogues sont plus important que le mot “racaille” ou “karcher”" -> un viol est un crime terrible. Qui va à l'encontre de l'idée que je me fais de la liberté (comme toi je pense) ; le trafic de drogue(s), c'est encore autre chose. Plutôt une excroissance logique considérant 2 choses : le besoin de faire de l'argent, car de survivre, et la méconnaissance d'une liberté individuelle – celle de faire ce que l'on veut de son propre corps. Je voulais seulement te rappeler que si l'alcool, drogue licite, n'est pas aujourd'hui sous le coup de la prohibition, c'est parce que nous habitons, en particulier, en France, et plus généralement, dans l'hémisphère nord. Mais, c'est un autre débat.

  5. (je sais, il n'y a pas de cinquième point ;) Tu es ingénieur, ce qui suppose un esprit fort matheux. J'ai besoin d'être éclairé sur ce qui m'apparait être un contresens logique du système dans lequel on vit. On nous dit, travaillez dur et vous serez récompensés. Pourtant, il existe sur terre une masse totale d'argent que l'on ne peut modifier artificiellement, sous peine d'inflation ou de son contraire. Il existe également un nombre d'humains qui croit très rapidement. 5% des humains possèdent 80% des richesses. 95% des humains se partagent comme ils peuvent les 20% restant. Quel est le modèle idéal ? Faire partie des 5% (vive le loto, la chance, l'héritage ou de très gros efforts) ? Ou la redistribution sensée de ces richesses ? Et dans ce dernier cas, a priori idéal, dans lequel tout le monde profiterait égalitairement des richesses qu'il produit, le système n'en deviendrait-il pas caduque – à quoi bon être riche quand personne n'est pauvre ? Le capitalisme, le libéralisme est une couverture. Quand on la tire vers soi, mathématiquement (j'ose), notre voisin a froid. Notre rapport à l'argent, au travail et au bonheur est à repenser. Pour cela il faut du courage. Et remettre en questions quelques idées et représentations qui ont la vie dure. S'intéresser de près à la politique, et aux manipulations qui l'accompagnent, est déjà un grand pas. Merci de l'avoir franchi, ce n'est pas donné à tout le monde.

A bientôt LOmiG :)

Pascal

LOmiG
Invité
15 années il y a

Salut Pascal, et merci pour ton long – mais passionnant – commentaire. Je comprends pourquoi tu as mis un peu de temps pour répondre :wink:

  1. D'accord avec ta remarque sur le contexte d'utilisation des mots qui est à prendre en compte pour réfléchir correctement. Mais c'est le deuxième temps, à mon sens : le premier c'est de se mettre d'accord sur la définition qu'on lui donne sous peine de ne pas échanger.

  2. Je suis d'accord : Sarkozy joue peut-être un peu trop sur les émotions, même si je les partage. Je dois préciser deux choses : je suis également d'accord avec toi lorsque tu dis que le changement, l'évolution sont les choses les plus importantes au monde. Je suis l'opposé complet d'un conservateur. C'est justement parce que je trouve qu'il y a plein de choses à changer dans ce monde que la politique m'intéresse.
    Par ailleurs, il faut préciser que modération n'est pas pour moi un synonyme de conservatisme. La modération est simplement une vertu qui consiste à ne pas tomber dans les extrêmes et savoir raison garder. Une grande qualité !

  3. Il faudrait vérifier par des chiffres ce que tu dis concernant les budgets de l'éducation, de la défense, etc…mais peu importe : il n'y a pas que le budget qui soit important, il y aussi la manière dont on le dépense. QUand on lit le livre de Jcques Marseille "le grand gaspillage" on saisit très bien toute la nuance. L'Etat est un gaspilleur de première classe en France, et fait partir en fumée une partie des richesses du pays. Cela est insupportable, surtout si on est peu "libéral" comme je suis…

4-5. La vision que tu exposes pour finir me montre -peut-être- ce qui nous sépare (quand je te lis, j'ai l'impression d'être d'accord sur tout…).
Je crois que cette vision de la couverture que l'on tire à soi est érronée. Ou alors il faut imaginer des gens qui tirent la couverture à eux, mais dans le même temps qui lui rajoutent des petits morceaux…la courverture grandit !
A preuve l'élévation du niveau de vie dans beaucoup de pays sous-développés au XXeme siècle : toujours trop long, toujours trop peu, mais l'augmentation est là. Certains pays, en jouant le jeu de l'économie de marché et du libéralisme social et économique, sont sortis de leur misère. C'est un fait. L'échelle de temps est longue, mais la tendance est là !

Merci encore pour ton commentaire très intéressant,
et à bientôt j'espère
LOmiG

PS : je mettrais bientôt en ligne un texte de Bastiat que je trouve admirable, et qui te montrera peut-être ce que je peux ressentir un peu mieux que je ne sais l'exprimer.

Bollywood en Inde
Invité
15 années il y a

Non je ne suis pas dans la tête de Sarkozy et c'est loin d'être mon ambition dans la vie… Cherchez à comprendre ce qui conduit un politicien est la moindre des démarches quand il s'agit de l'avenir de son pays, de ses gosses et du sien par la même occasion. Tout le parcours de Sarkozy est une succession d'allegeances à cette grande bourgeoisie dont il est issu. On ne change pas un état d'esprit à 3 mois d'une élection. Sarkozy est un fin manoeuvre. Il ne peut décemment pas avouer ses véritables penchant pour le luxe, l'argent, les femmes, et le barons de l'industrie. Pas question d'utiliser l'horreur d'une femme brûlée dans un bus en opposition à des millions de gens parqués et méprisés dans des cités dortoir. La haine que cette partie de la France, dite issue de l'immigration, à l'égard de l'autre partie, est représentative du mépris dont elle victime depuis des décennies. Les immigrés sont juste bons pour construire les autoroutes, les bagnolles et les pavillons de toutes ces autruches qui se sont bien mis la tête dans le sable au lieu d'exiger que l'on traite les immigrés autrement qu'en leur balançant des allocs dans la gueules comme s'ils les volaient aux français. Qui parle des faits positifs de nos jours ? Moi je vais t'en donner un seul : La Population immigrée largement excédentaire au niveau des cotisations chômage et sécu. Ce qui veut dire qu'elle rapporte plus qu'elle ne coûte ! Qui te l'a dit cela ? Sarko ? Sûrement pas. Parce que son intérêt n'est pas là. Il fait partie d'un monde où l'immigration, les délocalisations, les sociétés offshores, les subventions d'Etat, sont des jouets permettant de s'enrichir plus vite, plus fort au détriment de la collectivité. Le plus machiavélique étant d'arriver à lui faire croire le contraire. Que l'ennemi est celui grâce auquel tout le pays s'enrichit sans aucun complexe. Sarko n'est pas un homme du peuple mais il sait très bien l'immiter et faire croire qu'il en est. Son franc parler est trompeur. Il est la résultante d'une éducation baclée dans une situation de précarité. Ses fautes de langage le traduisent sans arrêt et démontre sa profonde inculture. Sarko court après un lustre familial perdu, il est l'outil d'une revanche parce qu'il n'a pas été admis sans difficulté dans un sérail qui n'a jamais apprécié son manque de finesse. Il est sauvé par un culot sans nom, une ambition infinie, des allégeances successives et une farouche détermination à faire payer à cette élite, qui l'a traité en grossier nabot, le prix de son inconséquence. Des moteurs qui font de la France un jouet dans les mains d'un personnage que je trouve un peu plus malsain à chacune de ses interventions. J'attends impatiemment l'interlocuteur qui saura le faire sortir de ses gonds afin qu'il montre enfin ce qu'il à dans le ventre. Pour le moment le personnage contrôle magnifiquement son jeu parce que l'enjeu est de taille mais lorsque le masque tombera (pour ceux qui croit encore au père noël) et ce jour là, le choc sera violent…

LOmiG
Invité
15 années il y a

salut Bollywood en inde,
et merci pour ton commentaire long et particulièrement intéressant…pour comprendre la haine que tu as pour Sarkozy, et le schéma dans lequel tu te places pour réfléchir (très proche des extrêmes gauches, non ?)…:
1) tes utilisations nombreuses de superlatifs et de procès d'intention à l'égard de Sarkozy montre que tu ne te places pas dans le registre de l'argumentation, mais de la diatribe vindicative et partialle. C'est ton droit ; mais ne compte pas sur moi pour répondre point par point aux accusations d'intentions cachées, de manipulation…Trop facile, et trop peu d'arguments pour prouver quoi que ce soit. Que veux tu que je réponde à "..une éducation baclée..profonde inculture…etc…". C'est faux de toute évidence, et si tu avais écouté Sarkozy parler plus de 2minutes au lieu de te contenter des comptes-rendus de journalistes ou de militants complètement partisans, tu le saurais. Qui est-tu pour parler de l'éducation qu'il a reçu ? qui est tu pour parler de lui comme d'un homme d'une profonde inculture ? Il me semble plutôt cultivé, et intelligent. C'est l'impression que j'ai eu en lisant ses livres, et en l'écoutant. Quel filtre met tu sur tes oreilles et sur tes yeux pour déformer autant la réalité ?
2) ton obsession de l'argent te fait transposer des choses sur Sarkozy, et on voit que tu découpes le monde en riche et en pauvre, dont les intérêts s'opposent forcément. Encore une fois, c'est ton droit ; pour moi c'est simplement l'éternelle réduction communiste de la lutte des classes. Et c'est trop réducteur pour comprendre le monde dans sa complexité et dans sa vérité.
Arrêtons de marcher sur le mode "Fan/anti". Réfléchir sert justement à ça : il ne s'agit pas de s'enticher ou de détester un "champion", il s'agit de savoir qui aura le courage de mener une politique juste et moderne pour la France. J'estime que c'est lui ; tu peux penser le contraire ; mais pas en critiquant la personne, ou ses intentions cachées. Il s'agit de juger de voies politiques proposées, de capacité à les tenir sur le moyen terme, et non d'une qualité intrinsèque d'un être humain.
A

Bollywood en Inde
Invité
15 années il y a

LOmiG,

Je n'ai pas de haine contre Sarko, juste un profond dégoût pour sa malhonneteté viscérale, et cette ambition dévorante qui le conduit, comme elle conduit le courtisan à toutes les bassesses pour coucher avec une femme rétive. Sarkozy est intelligent, c'est sûr. Inculte et vulgaire c'est sûr, aussi. Ta réponse est caricaturale de ta propre ignorance de pratiques éditoriales qui consiste à faire écrire ses discours et ses bouquins par des nègres patentés et plus cultivés qu'on ne l'est soi-même. Tu ne sembles pas faire le distingo entre discours (oraux ou écrits) et la réalité et c'est ce qui est révélateur de ton aveuglement. Pourtant, une analyse avancée ferait sauter tous les ressorts de sa logique parce qu'elle n'est pas la résultante d'une démarche intérieure mais celle d'un calcul adaptatif à une logique supérieure qui n'est pas le bien des français mais le sien, et celui d'une frange déjà bien gâtée de notre population. Me taxer de gauchiste est étrange parce que je suis loin de l'être. Maintenant je ne vais pas passer mes nuits à essayer de t'en convaincre, et j'accepterai avec fair play le choix des urnes. Quand au mode fan/anti, je laisse cette citation toute bayrousienne pour une autre fois tant je la trouve sans rapport avec mon sentiment sur le personnage Sorkozy et sa duplicité. Pour terminer, je dois t'avouer que j'ai détecté cela il y a plus de dix ans et que je subodorai déjà l'arrivisme sans limite du bonhomme. La suite m'a donné raison et je doute que l'avenir me contredise…

LOmiG
Invité
15 années il y a

Salut,
tu peux utiliser les mots que tu veux, mais tu es animé d'une haine certaine pour Sarkozy et ce que tu crois qu'il représente. Je pense également tu es un peu paranoïaque quant à ses intentions ; à toujours parler des intentions cachées des gens (donc, par définition, non connue) on évite de parler des programmes politiques, des paroles prononcées et des actes…
Pour argumenter mon propos, je recopie ce que tu dis de Sarkozy : "…malhonneté viscérale…", "…ambition dévorante…", "…pas de démarche intérieure…", "…duplicité…", "… arrivisme sans limite…". Tous ces propos sont des jugements de valeur, sans fondements.
Je pense que tu devrais peut-être t'interroger sur l'interêt du doute dans la réflexion : "Pour terminer, je dois t'avouer que j'ai détecté cela il y a plus de dix ans et que je subodorai déjà l'arrivisme sans limite du bonhomme. La suite m'a donné raison et je doute que l'avenir me contredise…"…puisque le passé te donne raison, et que l'avenir continuera de le faire, je ne sais pas si tu as des raisons de continuer à penser : tu détient la vérité absolue, et cela suffit.