Syndicats : anti-démocrates

L’annonce de la mise en place éventuelle d’un service minimum dans l’éducation nationale, pourtant logique, et dans la continuité de la politique annoncée par le gouvernement, fait pousser des cris aux syndicats d’enseignants. Il feraient mieux d’aider à proposer des solutions pour sauver l’éducation nationale.

Les syndicats d’enseignants qui hurlent à la mort à propos de la mise en place prochaine d’un service minimum dans la fonction publique oublient un peu vite une chose : les français ont voté pour ce genre de mesures (annoncées, par ailleurs). Le nombre d’élève a diminué depuis 10 ans (pour des raisons démographiques), alors que dans le même temps, le nombre de profs augmentaient. Cherchez l’erreur ! Le nombre d’élèves par enseignant a diminué dans tous les secteurs, sauf au collège où il est resté constant. Par ailleurs, il faut rappeler que l’Education nationale embauche plus d’1 million de personnes. Supprimer 10 000 postes correspond à 1% des effectifs ; c’est donc un ajustement marginal de la masse salariale. Il faut rappeler aussi que en l’absence de RH moderne et adapté, l’éducation nationale ne sait pas exactement combien de personnes elle embauche.
Si les syndicats défendaient autre chose que le piètre monopole de l’éducation nationale, et s’ils étaient plus sensibles à l’intérêt général, ils appeleraient de leur voeux des réformes bien plus profondes de leur maison délabrée : réduction des effectifs, modification du statut des nouveaux embauchés, autonomie des directeurs d’écoles, de collèges et de lycées, redistribution des établissements sur le territoire, modification des programmes scolaires (introduction de l’économie) et des horaires de cours, responsabilisation des familles. J’en passe. J’avais déjà cité une liste de mesures indispensables, préconisée par Anne Coffinier et Marc Gaucherand (respectivement présidente de l’association Créer son école et professeur de philosophie à l’externat Sainte-Marie à Lyon). Ce n’est pas au statut des profs que l’on peut juger de la qualité de l’enseignement, c’est à la réussite des élèves.Ca ne fait pas de mal de la relire, en la comparant avec les pauvres cris des syndicats, campé sur leurs petits ergots ridicules, drapés de leur immobilisme et cachés derrière les privilèges acquis. Ce n’est pas au statut des profs que l’on peut juger de la qualité de l’enseignement, c’est à la réussite des élèves. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a un travail urgent et de fond à faire. Tous ensemble ?
Plutôt que de faire machine arrière pour ne pas soi-disant heurter l’opinion (en fait, la petite caste des syndicats et des journalistes, qui se gardent bien de rappeler les faits), le gouvernement serait bien inspiré de rappeler quelques vérités factuelles qui permettent de mieux entrevoir les voies de progrès indispensables pour réformer l’école.

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peau_rouge
14 années il y a

Youhou ! Je suis content d'apprendre qu'il y a trop de profs ! Perso je viens de finir mes années de lycée où nous étions plus de 35 effectifs par classe et là je rentre à l'université où je vous dit même pas combien de profs il y a par étudiants… Ce genre d'article me fait bien rire car il pue à pleins nez l'opinion personnelle et proclame l'intérêt général. Comme s'il n'y avait qu'une seule manière de réformer : celle des libéraux ! Non mais je rêve ! Vous avez le monopole du changement, du progrès, des réformes…. Vous en arrivez à décrire un Parti Socialiste comme un parti crypto-communiste, dangereux, limite soviétique…. "autonomie des directeurs d’écoles", Avec un classement annuel dans L'Express "Le classement des meilleurs établissements en France : la réussite assurée pour vos enfants ?" "modification des programmes scolaires (introduction de l’économie)", Et quels types de cours d'éco souhaites-tu introduire ? L'Economie selon les classiques ? les marxistes ? les libéraux ? les keynésiens ? Ici encore, je ne peux que désapprouver car faire le choix de montrer à des élèves un carré alors que c'est en réalité une face d'un cube m'énerve. On l'a bien… Lire la suite »

Bertrand
14 années il y a

A ma connaissance il y a déjà un service minimum qui se situe au niveau de l'accueil. Les écoles sont ouvertes avec un minimum d'accueil. Que ferait le service minimum ? Faire classe avec 40% ou 50% des effectifs ? Est-ce possible ? Ce qui est intéressant dans la démarche du gouvernement c'est de vouloir instaurer le service minimum là où ont dit que ça gêne le plus et par conséquent là où l'adhésion est maximum dans le 70% des français sont pour mais seulement 40% les prennent réellement. Cependant d'autres secteurs seraient intéressés par un service minimum et là les gens seront moins pour. Car cela voudra dire que le jour où ils devront faire grève (contre une délocalisation par exemple, licenciements, conditions de travail en dégradation, augmentation de salaire). Au passage, peu de monde a remarqué une phrase disant que les jours de grêve ne seront pas payés. Manière pernicieuse de dire que cela était le cas avant, ce qui ne l'est pas. Le vrai problème avec les syndicats c'est qu'il ne représentent pas assez de monde. Un taux de syndicalisation plus fort serait un bon signe pour notre pays et le meilleur moyen d'éviter des grèves, qui… Lire la suite »

Jacques
Jacques
14 années il y a

Ah les vacances, c'est bien…

Mais bon, les syndicats sont anti-démocrates. D'accord.

Et le parlement? On y voté une loi pour interdire le droit de grêve avec 96 voix pour (c'est pas beaucoup) et 22 contre (22 c'est vraiment pas beaucoup). 96 contre 22. Sur 577. Pourquoi a-t-on voté aux législatives??? Pour que 96 députés sur 577 fassent passer une loi pour dire à certains de bien etre la au boulot.
Lomig, j'attends un billet, "Le parlement est anti-démocratique". (apres ton retour de vacances, c'est pas pressé).
Enfin, il paraît que les députés vont s'imposer un service minimum avec relevé des absences. Ils pourront plus partir en vacances quand ils veulent, dommage car les vacances c'est bien…

LOmiG
14 années il y a

Salut peau-rouge, et merci pour ton commentaire.
A l'ecole, avant de rentrer dans les débats entre differentes écoles ou doctrines économiques je pense qu'on pourrait simplement commencer par enseigner simplement l'économie de base (positive ou relevant du savoir) et qui permettrait justement aux citoyens de suivre les débats avec un bagage minimum. Non ?

LOmiG
14 années il y a

Salut jacques,
quel sens de la mesure ! Ton avis me parait un peu excessif : s'il est vrai que la parlement a perdu de son utilité, et qu'il est très choquant de voir des lois révoquées par la rue, il me semble qu'il reste tout de même un contre-pouvoir indispensable et malgré ce que tu dis, représentatif du peuple (respectes mon vote). La réforme est préférable à la révolution.

Rachid Franço
Rachid Franço
13 années il y a

En attendant de futurs post des participant(e)s, je vous souhaites à tous et à toutes de passer de joyeuses fêtes, de manger du bon porc et de boire du bon vin,ainsi que de faire des cadeaux à vos enfants.

VeraSanchez
10 années il y a

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