Ecole : priorité aux élèves ou aux profs ?

Retour sur les réformes qui ont eu lieu en Finlande, et qui ont permis à  son système éducatif de devenir en moins de 30 ans, l’un des premiers au monde. Pas de mystères : autonomie des établissements (mis ainsi en concurrence), choix des professeurs par le directeur d’établissement, élèves placés au centre du système, peu ou pas de notation, choix des élèves dans leur cursus, professeurs experts payés au mérite, et virables. Du bon sens : veut-on en France faire de la réussite des élèves la priorité, ou faudra-t-il encore supporter longtemps l’immobilisme protecteur des corporations ?

J’ai entendu à  la radio un débat intéressant hier, sur les lycées. Le journaliste a, de manière très opportune, repassé un extrait d’une intervention d’un ancien inspecteur de l’Education Nationale, maintenant chroniqueur chez Phosphore (je n’ai malheureusement pas réussi à  me rappeler de son nom). En 45 secondes, les bases du débat étaient posées. Il rappelait ce qu’est le système éducatif Finlandais, et en donnait les forces.

L’excellence Finlandaise

Tout d’abord, l’excellence n’est pas annonçée comme ça, sans la quantifier. Le classement PISA (évaluation du niveau des élèves par l’OCDE) a montré régulièrement que les élèves finlandais arrivaient en tête du classement (la Finlande est depuis plusieurs années dans les premiers, et a fini en tête du PISA 2006).
Paul Robert (principal du collège Neslon Mendela à  Clarensac dans le Gard) a été faire la visite en Finlande d’un lycée, et en a fait un compte-rendu détaillé. Une partie de ce compte-rendu est en ligne. Je ne peux que vous conseiller d’aller le lire, tant il est limpide, concis et détaillé. Il en a fait un livre depuis.

Les raisons d’un succès incontesté

Les points forts selon Paul Robert sont les suivants (je reprends les titres des trois grandes parties de son rapport :

  • Chaque élève est important
  • Des professeurs experts
  • L’évaluation comme levier de changement

L’intervention à  la radio rappelait les points suivants :

  • Pas de statut de fonctionnaire pour les professeurs (le chef de l’établissement peut les virer)
  • Décentralisation réelle, et autonomie très forte des établissements y compris dans le recrutement des professeurs
  • Education orientée vers l’enfant et sa réussite (moins de notes, plus grande liberté de choix dans les orientations, fort taux d’encadrement)
  • Evaluation permanente des établissements
  • Mise en concurrence des établissements

Tout cela est déjà  identifié et pourrait s’appliquer au système français. Un extrait – pour la route – de cette approche que certains n’ont bien sûr pas tardé à  décrire comme irrecevable pour cause de « libéralisme » :

Il n’y a pas en Finlande de « mouvement national », ni même régional ou départemental. Ce sont les municipalités, dotées de très larges compétences en matière d’enseignement, qui ont la responsabilité du recrutement. Elles la partagent avec les établissements, dont les directeurs participent aux commissions et peuvent influer sur les décisions en fonction de leurs besoins et de leurs attentes. Les enseignants sont ensuite payés directement par les établissements, dont les budgets, abondés par les municipalités, comprennent les salaires du personnel.

Paul Robert, L’éducation en Finlande, les secrets d’une étonnante réussite.

En gros, l’évaluation n’est plus mise sur les élèves (qui ne sont pas notés jusqu’à  16 ans), mais sur les profs et les établissements. En France, c’est l’inverse : les élèves sont sans cesse notés, tandis que les profs peuvent n’être évalués qu’une fois tous les 10 ans. Pour rappel, l’école n’est obligatoire en Finlande qu’à  partir de 7 ans. L’ambiance dans les jardins d’enfants, ou dans les collèges / lycées y est « familiale ». Il faut noter par ailleurs que les profs s’y retrouvent, bien sûr, puisqu’ils sont épanouis, et heureux d’enseigner à  des élèves qui réussissent. Tout le monde y gagne !
Alors, à  tous les gouvernements et à  tous les ministres de l’éducation, il faut poser cette question simple : votre priorité est-elle de ne pas froisser les fonctionnaires, ou est-elle de tout mettre en oeuvre pour que l’école retrouve sa vocation première – à  savoir l’éducation et l’épanouissement des élèves ?
Sur le site du PISA, on trouve une présentation PowerPoint des résultats 2006, et dans celle-ci un graphe intéressant, je trouve. L’axe horizontal décrit l’équité de l’enseignement (à  gauche les pays où l’origine sociale a une forte influence sur les résultats, à  droite ceux où l’impact est moindre), tandis que l’axe vertical décrit la performance des élèves (leur résultat au test PISA, donc). La France se situe dans la carré en bas à  gauche : faible performance, et mauvaise équité sociale. A ressortir à  tous ceux parmi les conservateurs anti-changement qui assènent à  longueur de journée qu’il ne faut rien changer au système, au prétexte qu’il serait garant de l’égalité sociale. Foutaises !

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René
Invité
14 années il y a

Je ne connaissais rien du système finlandais, et ces éléments me portent à  penser qu’il n’est vraiment pas étonnant que leurs résultats soient excellents !

En France, et tu évoques bien le problème, dans ce « monstre sacré » qu’est l’éducation nationale (tu remarqueras que je n’ai pas mis de majuscules), tout est fait en fonction des profs, et pas du tout en fonction des élèves. Le statut de fonctionnaire, avec cette insupportable garantie de l’emploi à  vie quels que soient les résultats, est le meilleur moyen de déresponsabiliser les enseignants. Mais tant qu’on se souciera des réactions syndicales (elles sont encore plus réactionnaires là  qu’ailleurs, ce qui n’est pas peu dire), tant qu’on reculera dès qu’une réaction un tant soit peu négative se fait jour dans la rue, on ne réformera rien, et on n’aura que les piètres résultats que nous connaissons, et qui induisent mécaniquement, jusque dans l’enseignement supérieur, l’échec, l’inadaptation des diplà´més au marché du travail, et donc le chà´mage et l’incapacité des entreprises à  répondre aux marchés.

Pour l’instant, Xavier Darcos semble tenir bon face aux mouvements de lycéens, mais va-t-il néanmoins aller jusqu’au bout ? Dire qu’on se pose la question pour une telle petite réformette ! Qu’en sera-t-il si on se décide un jour à  s’attaquer aux choses sérieuses ?…

AsTeR
Invité
14 années il y a

Je partage l’admiration pour le système que tu décris, néanmoins la référence en France pour le modèle scandinave à  seulement lieu pour faire passer plus de pression via les taxes.

Privatiser les services publics, l’idée peut paraitre farfelue, mais quoi de plus normal en réalité que de sensibiliser les gens aux résultats en les mettant face à  la concurence.

jacques
Invité
14 années il y a

@ René
Nous sommes, vous en conviendrez avec moi (je pense) dans un état de droit.
Alors, vous m’obligeriez beaucoup en indiquant ici la loi, le décret, la circulaire, que sais-je encore, qui consacrerait la garantie de l’emploi des fonctionnaires.

jf.

René
Invité
14 années il y a

@ Jacques : Je ne voulais pas vous donner l’impression de ne pas vous répondre. Mais LOmiG a tout dit, et je n’ai donc pas grand chose à  rajouter…

jacques
Invité
14 années il y a

Je ne sais d’ou sortent les statistiquers citées par Lomig car moi je ne les aient jamais trouvées.
Ceci dit peut importe le pourcentage.
Le licenciement individiuel COMME le licenciement COLLECTIF des fonctionnaires sont bel et bien inscrits dans la loi, contrairement à  une croyance fort répandue.
Je vous rappelle que j’ai réagi à  une « petite » phrase de René, ci-dessus:
« Le statut de fonctionnaire avec cette insupportable garantie de l’emploi à  vie quelques soient les résultats ».
C’est donc totalement faux et même démagogique.

Moi non plus n’ai-je donc pas grand chose d’autre à  ajouter.

jf.

jacques
Invité
14 années il y a

Oui, je le confesse, j’ai écrit trop vite. Car en
fait j’avais bien repéré le lien et m’en étais servi !
Ce que je voulais dire c’est que je n’ai pas trouvé les chiffres pour 2004, 2005 etc….
Vous semblez donc vous plaindre qu’en 2003, il n’y ait eu QUE 312 révocations. Je trouve çà  un peu fort de café !
Je pense, moi, au contraire, qu’on a qu’à  se féliciter de la qualité de nos fonctionnaires puisque cette année là , il n’y a eu que 312 brebis galeuses.

Je maintiens que la phrase de René n’était pas correcte et même déplacée.
Mais je suppose qu’il va vrevenir prendre sa défense lui-même.

J’insiste pour repéter que contrairement à  ce qui a été écrit ici (comme parfois ailleurs) non seulement le licenciement de fonctionnaires est prévu dans la loi et qu’en plus cette loi est appliquée.
J’insiste ,également pour dire qu’a contrario, AUCUN texte ne garantit l’emploi (encore moins « à  vie ») d’un fonctionnaire.
Les annonces gouvernementales sont donc parfaitement démagogiques elles aussi puisqu’elles présentent l’instauration d’une « nouvelle » mesure qui est inscrite dans la loi depuis…1946 !

Bonne journée à  vous.

jf

Anne
Invité
Anne
14 années il y a

Jacques,
Pour qu’un fonctionnaire soit viré en France, il faut qu’il soit pris en flagrant délit de viol sur mineur….Et encore, l’actualité récente nous a montré que certains sont simplement mutés, sans que l’information ne soit donnée là  o๠il arrive, et qu’on l’apprenne lors d’une récidive !!!

Et d’ailleurs, c’est valable pour un médecin hospitalier : il faudrait qu’il « assassine » un patient devant trente personnes pour gicler !

Grà¢ce à  qui ? Aux syndicats qui de fait dirigent l’administration et y font la loi.
C’est aussi valable pour permettre qu’une décision de LEUR autorité polique soit appliquée : si cette dernière n’a pas l’heur de plaire à  un sous-chef, elle sera bloquée sur son bureau le temps qu’il le souhaite.
Et c’est ainsi qu’une décision politique (d’un gvt de droite, de préférence…) met plus de 10 mois à  être opérationnelle en France, contre 1 mois aux USA ou…en Chine !!
Ce n’est pas moi qui le dit, mais C.Allègre lors de son dernier Grand Jury.

jacques
Invité
14 années il y a

Tiens donc, le commentaire que je viens d’ajouter il n’y a pas dix minutes, c’est à  dire vers midi ce 18/4, a disparu à  12h10 ce même jour.
Que se passe-til ?

jf.

René
Invité
14 années il y a

Je reviens après une absence pourtant pas très longue, et pourtant je vois que la polémique enfle…
Désolé de l’avoir provoquée, en employant une manière de m’exprimer qui, je le confesse, ne correspond pas stricto sensu à  la réalité juridique. Mais, même si ce n’est pas le stricte reflet de la loi, c’est quand même la réalité, et dans les faits ce que j’ai dit est vrai. Ce n’est ni de la démagogie ni une réflexion déplacée. Juste un constat objectif.

Quant à  se satisfaire « de la qualité de nos fonctionnaires puisque cette année là , il n’y a eu que 312 brebis galeuses », c’est une douce plaisanterie, mon cher Jacques. Ce n’est pas la qualité des fonctionnaires que cela prouve, mais l’incurie du système !

En outre, la question n’était pas de savoir si la loi prévoyait ou non les licenciements dans la fonction publique, ni pour les profs en particulier. Ma réflexion n’était qu’un aparte par rapport au sujet de la discussion, et je consate que vous ne nous avez toujours pas donné votre sentiment sur la question. Alors, arrêtons si vous le voulez bien cette polémique inutile, et répondez SVP sur le fond. Merci d’avance.

jacques
Invité
14 années il y a

Fort bien. Je ne sais pas non plus ce qui c’est passé puisque mon commentaire, ci-dessus sous le N° 8, est réappraru. Donc tout va bien.
Alors continuons.
@ Anne
Je doute fort que les 312 révoqués de 2003 aient tous été convaincus de « flagrant délit de viols sur mineurs ».(Un seul d’entre eux l’a-t-il même été ???)
Ce genre de commentaire me paraît donc totalement inepte et, une fois encore, parfaitement déplacé.
Quant aux Syndicats « qui font la loi » et « dirigent leur administration »… çà  ne vaut pas mieux !
Il se trouve que j’ai été pendant plus de trente ans Délégué Syndical dans la Fonction Publique (voir mon CV sur mon propre Bloc-Notes), je n’ai jamais eu l’impression (bien au contraire) que mes Directeurs considéraient que je « dirigeais » à  leur place. Ils me prenaient plutà´t, moi et mes collègues des autres Syndicats, pour des emmerdeurs. Je pourrais aussi faire la longue liste des sanctions disciplinaires et/ou pécuniaires que moi et les adhérents de mon Syndicat avons reçu !
Mais Anne a donc les références qu’elle veut. Claude Allègre, pour moi, aujourd’hui, n’en est sà»rement pas une. Même dans le domaine scientifique qui est le sien, il est contesté par tous ses collègues (je parle du réchauffement climatique, mais ce n’est malheureusement qu’un exemple…).

@ Lomig
Merci de reconnaître la réalité du Statut des Fonctionnaires. Je réagissais donc, non pas sur le billet de départ mais sur une phrase du commentaire de René.
Pour le reste, je ne suis pas du tout convaincu du bien-fondé d’un recrutement laissé aux Chefs d’établissement.
Premier point: comment ceux-ci sont-ils recrutés ? Votre texte est muet à  ce sujet..C’est pourtant peut-être par là  qu’il faudrait commencer.
Deuxième point: sur quels critères recruteraient-ils ?
Deuxième silence.
Troisième point: le système que vous préconisez (ce qui est votre droit) est tout simplement contraire aux règles actuelles de la Fonction Publique Française, règles qui nous sont enviées dans le monde entier !
A savoir, le recrutement des fonctionnaires SUR CONCOURS.
Alors je sais bien que le Président de la République est tenté de supprimer les concours de recrutement. Mais déjà  nombre de ses amis politiques lui ont fait savoir que ce n’était peut-être pas l’une des meilleures réformes qu’il pourrait engager….Il doit y avoir des raions objectives à  ces réticences manifestes de son propre camp politique, non ?
Il me semble avoir entendu dire que l’Italie, championne du recrutement de fonctionnaires par simple COPINAGE, était en train d’envisager de mettre en place un système de recrutement à  la française. Mais peut-être qu’avec Berlusconi çà  ne va pas aboutir.

Donc, je suis contre votre proposition. A moins de dire que les enseignants ne sont plus fonctionnaires. Cà  c’est une autre histoire, n’est-ce pas ?

jf.

Anne
Invité
Anne
14 années il y a

« Il se trouve que j’ai été pendant plus de trente ans Délégué Syndical dans la Fonction Publique »
Eh bien voilà  qui explique tout.

Je n’ai parlé d’Allègre que concernant ses propos sur le temps qu’il faut en France entre le moment o๠l’autorité politique prend une décision et celle o๠elle est enfin appliquée (si elle n’est pas enterrée et oubliée entre-temps, ce qui est souvent le but de l’administration). Et j’ai fait erreur, ce n’est pas dix mois mais dix-huit.

Je sais qu’il est maintenant de bon ton à  gauche de massacrer C.Allègre, de tenter de le décrédibiliser puisqu’il dialogue avec Sarkozy : quel crime est supèrieur à  celui-là , en effet ?
Il a quand même reçu l’équivalent du Prix Nobel de sa discipline, que vous le vouliez ou non, mais il n’est plus prophète chez nous, forcément, étant données ses mauvaises fréquentations !
On pourrait parler longtemps du réchauffement climatique, et du fait qu’Allègre appartient à  une très très vaste communauté de scientifiques n’étant pas dans la pensée unique, mais que l’on musèle pour des raisons…d’intérêts stratégiques, altermondialistes, pérestroïkistes ? Allez savoir !
Mais ce n’est pas le sujet.

Par ailleurs, cher Jacques, mes sources valent bien les và´tres : mon père était Trésorier Principal et ma mère institutrice, mais je vous l’accorde, pas syndiqués et jamais grévistes ! J’ai quand même quelques notions de ce qui se passe dans l’Administration, et surtout de son évolution mentale inacceptable : elle est en grande partie à  son seul service, celui de sa corporation, et n’accepte que très mal d’avoir l’Etat comme autorité (surtout quand il est de droite, forcément avec la gauche « on » est plus pépère).
Je vous souhaite bonne continuation.

jacques
Invité
14 années il y a

Bonne continuation de quoi ????
Ce serait plustà´t à  moi de vous faire ce souhait, vu dans quelle haute estime vous tenez les Fonctionnaires.
Je n’imaginais d’ailleurs pas une autre réaction de votre part en excipant de ma qualité d’ancien Délégué Syndical.

« Voilà  qui explique tout » commentez-vous.
C’est drà´le. J’ai beau être habitué à  ce genre de réaction, j’en ris encore à  chaque fois.

Mais au fait, dites moi donc, Cher Anne, ce qu’expliquerait ainsi, selon vous, mon ancien militantisme ????

Seriez-vous seulement capable de dire, puisque vous avez l’air d’être devin quelque part, à  quel Syndicat j’appartenais ???

jf.

Anne
Invité
Anne
14 années il y a

Je tiens en haute estime les fonctionnaires qui ont le sens de leur mission : servir le pays.
Il y en a encore, et des dévoués, ne me faites pas de procès d’intention et je n’ai jamais dit le contraire…
Mais c’est ainsi que l’on voyait très largement les choses jusqu’à  une certaine époque. Mes parents faisaient partie d’une génération o๠la majorité des serviteurs de l’Etat trouvaient la grève illégitime pour ce qui les concernait…et je ne remonte pas à  Mathusalem.
Il n’y avait encore pas de chà´mage de masse (ce qui rend les mouvements revendicatifs de la fonction publique encore plus insupportables, sans parler des différences incongrues et scandaleuses dans le calcul des retraites…!!!), et les salaires dans le privé étaient sans commune mesure avec ceux du Public : ce qui n’est plus le cas, loin de là .
Egalité ? Oui, ils veulent bien, pourvu que ce soit « vers le haut », le privé rattrapant le public, même si les conditions économiques le rende impossible ! Pour les autres, au statut déjà  si particulier sans aucune justification actuellement, l' »Etat » peut payer.
Et si encore nous, les clients de ces administrations que nous faisons vivre, pouvions nous féliciter d’un service à  nul autre pareil ! Mais nous avons la fonction publique la plus Pantagruélique au Monde et, comme l’a bien montré Lomig dans un précédent billet, nous n’avons pas les résultats escomptables dans bien des domaines.

Quand vous voyez maintenant que le service minimum – ouverture d’une école pour accueillir les enfants les jours de grève – passe pour une atteinte au droit de cette dernière, et qu’un responsable politique, présenté comme socialiste modéré, ouvert et social-démocrate comme Delanoà« a refusé d’y participer…, c’est bien la preuve d’un esprit partisan, égotiste et corporatiste !
Je ne suis pas devin, et pour tout vous dire je me fiche du syndicat auquel vous étiez affilié, cher Jacques…

Anne
Invité
Anne
14 années il y a

Pour conclure cette polémique Jacques, et comme vous avez dit vous-même que vous « passiez, vous et les autres représentants des syndicats, pour des emmmerdeurs » (ça m’étonne !), je tiens à  donner un tout petit exemple du blocage volontaire et inacceptable (pour moi) de la part d’un fonctionnaire face à  une décision de son supérieur politique hiérarchique, en l’occurence le Ministre de l’EN :
Monsieur Fillon rapporte que lors de son passage à  ce beau ministère (très court, à  part pour ceux qui obéissent aux Syndicats FSU et autres, et qui ne font rien sinon augmenter les moyens…), et après consultation très large, il avait décidé de supprimer les TPE en Terminale.
Cette année de lycée est en effet déjà  beaucoup trop chargée, et si les TPE peuvent présenter un certain intérêt culturel (hors programmes, bien souvent), il estimait que leur place en Première était plus pertinente. Ils occupent en effet un nombre d’heures important sur deux trimestres…
Donc, même pas de suppression. Il demande au fonctionnaire de son ministère idoine de régler ce problème, mais ce dernier, en désaccord avec son ministre sur le sujet, a fait valoir son droit de retrait !!!!!!!!!! Pour de simples Travaux Pratiques Encadrés (sujet libre : on peut faire un exposé sur le sexe des anges…), déplacés de Terminale en Première !
Un deuxième fonctionnaire a daigné s’en occuper : ouf, il aurait fallu autrement que le Ministre réquisitionne un agent pour faire appliquer sa décision (acceptée par la majorité des acteurs de l’Education – élèves, enseignants et parents).
Vous imaginez un peu quand il s’agit de faire appliquer une réforme un tant soit peu plus importante ?

O๠est le service du pays, l’obéissance à  la hiérarchie…et accessoirement (très accessoirement, parce que beaucoup s’en foutent, l’intérêt des enfants) ??????

René
Invité
14 années il y a

@ Anne

Corporatisme, repli sur les privilèges, refus de l’autorité de tutelle… Je n’aurais peut-être pas osé le dire, n’étant pas moi-même fonctionnaire.

Mais ma compagne est dans la Fonction Publique Territoriale, et je suis donc assez bien placé pour savoir de quoi il retourne : je connaissais déjà  une bonne partie du tableau que vous brossez, même si la Territoriale est constituée de structures à  taille plus humaine, que les agents y sont très proches des élus, auxquels ils rapportent directement, et qu’ils sont … peu syndiqués. Le tout génère des comportements un peu plus sensés et productifs.

@ Jacques

Nous ne sommes pas là , à  l’origine, pour faire le procès des fonctionaires. Ce que je dis simplement, c’est que le statut de fonctionnaire ne garantit EN RIEN une meilleure qualité du service rendu, que ce soit à  l’EN ou ailleurs. Et j’ai envie de dire AU CONTRAIRE, dans la mesure oà¹, je le répète parce que c’est capital, on ne leur demande pas suffisamment de RESULTATS. Il y a de très bons éléments dans la fonction publique, mais il est plus facile d’y être mauvais, et d’y rester, qu’ailleurs.

C’est pourquoi je suis absolument POUR le placement des profs, puique c’est d’eux qu’on parle, sous la tutelle directe des chefs d’établissements, et s’il le faut SANS LE STATUT de fonctionnaire, dans la mesure o๠ce dernier ne permet pas de les responsabiliser quant à  leurs résultats. J’ajoute que, bien entendu, il faut également responsabiliser les chefs d’établissements sur les mêmes critères !

jacques
Invité
14 années il y a

Devant une telle « déferlante » avec son lot de poncifs et d’ERREURS (notamment sur la rémunréation et la retraite des Fonctionnaires) me voilà  bien en peine de contrer celle-ci.
Anne est tellement enfermée dans ses certitudes que je ne vois pas comment ni sur quel argument continuer cette discussion.

Pour ma part, je suis fier d’avoir été Fonctionnaire d’Etat, non seulement au service de mon Pays, mais encore de la communauté internationale de l’Aviation Civile.
Et je ne regrette en rien les combats syndicaux qui ont été menés par ma profession.
Nen déplaise aux contempteurs patentés des Fonctionnaires en particulier et des Syndicats en général.

Petits rappels finaux: le Statut Général des Fonctionnaires a été VOULU par le Général de Gaulle. C’est lui également qui a VOULU que le droit de grève, y compris pour les Fonctionnaires, soit inscrit dans la Constitution de la Vè République.
Libre à  vous de jeter cet héritage aux orties….

jf.

René
Invité
14 années il y a

Issu moi-même d’une famille de grands résistants, loin de moi l’idée de « jeter aux orties » l’héritage du Général De Gaulle !

Mais loin de moi aussi l’idée de laisser détourner cet héritage au profit d’idéaux qui n’étaient pas les siens. Il est assez curieux de constater à  quel point Charles De Gaulle est constamment cité, et quelquefois encensé, par ceux-là  mêmes qui l’ont combattu tout au long de sa carrière politique, ou par leurs « successeurs ».
Le Statut Général des Fonctionnaires n’a pas été voulu par le Général dans le but de créer la citadelle corporatiste qu’est devenue la Fonction Publique d’Etat. Quant au droit de grève, personne ici ne le conteste. Mais il n’est pas synonyme de droit de blocage, ni de droit de désobéïssance à  la hiérarchie dans le cadre de ses fonctions, que ce soit dans le public ou dans le privé…

Vous avez le droit d’être fier d’avoir été fonctionnaire, Jacques. Vous avez le droit aussi d’être fier d’être syndicaliste. Vous n’avez pas le droit de nier les évidences pour défendre les premiers comme les seconds. Car ça aussi, c’est du corporatisme !

jacques
Invité
14 années il y a

Sauf que je n’étais pas à  l’Education Nationale….

Au lieu de vilipender les enseignants, je préfererai de beaucoup que vous condamniez avec la plus grande fermeté les parents d’élèves qui les agressent comme ENCORE hier à  PESSAC en Gironde.

Mais il est vrai que quand je lis ce qui est écrit ci-dessus sur les enseignants, je ne suis pas surpris que certains passent à  l’acte !

jf.

René
Invité
14 années il y a

Vous vous trompez encore, mon cher Jacques. Sur deux points :

1) Tout ce que j’ai dit (je ne veux pas parler pour Anne) ne concernait pas strictement le comportement des profs, mais bien celui de l’ensemble des agents de la Fonction Publique.

2) Je réprouve avec la dernière énergie les agressions de la part des parents d’élèves dont vous parlez. Simplement, ce n’était absolument pas le sujet, et donc je ne vois pas bien pourquoi on en aurait parlé. Je ne veux pas penser que cette réflexion soit de votre part une manoeuvre de diversion…

Anne
Invité
Anne
14 années il y a

Les références éhontées au général de Gaulle…laissez-le o๠il est, le pauvre : vue la dérive actuelle de l’Etat et de ses « serviteurs », il ne le supporterait pas.
Je vous rappelle en passant, que Mitterand traitait de « racailles » les gaullistes, ce qui n’a jamais provoqué le moindre incident. C’était une parenthèse.

Condamner les parents démissionnaires ? Evidemment ! Mais une certaine France porteuse d’une idéologie à´ combien dangereuse mais qui est devenue le crédo de la pensée unique, distillée durant 40 ans, niant toute référence à  l’autorité, à  l’ordre et au respect d’une hiérarchie de valeurs qui pourtant créent le lien dans une société, à  force de ne parler que de droits et plus de devoirs, à  force de ne jamais trouver que des excuses aux comportements déviants et délinquants (« c’est la faute à  la société, la pauvreté, le chà´mage et patati et patata »), on ne pouvait qu’en arriver à  ces dérives.
On finit toujours par récolter ce que l’on a semé…

René
Invité
14 années il y a

Je ne peux qu’approuver ce que vient de dire Anne, même si ce n’était pas le sujet de l’article de LOmiG.

Toujours avec la même réserve, et cette fois plus en relation avec le sujet, je pense sincèrement que, OUI, il fau(drai)t penser d’abord aux élèves et ensuite seulement aux profs, que OUI les parents, mais pour ça faudrait-il qu’ils ne fuient pas leurs responsabilités, devraient soutenir les profs face aux élèves et pas le contraire, et que NON les dits parents n’ont pas leur place, et pas même voix au chapitre, dans les établissements scolaires.

Mais corollairement, il fau(drai)t pour cela que les parents aient le libre choix de l’établissement dans lequel ils mettent leurs enfants, ce qui veut dire l’ABROGATION pure et simple de la carte scolaire, et l’EGALITE effective entre les établisseents du public et ceux du privé.

Et par là , je suis encore sorti du sujet. Pardon, LOmiG, d’utiliser ainsi ton blog pour un débat qui n’est pas celui que tu avais initié au départ…

jacques
Invité
14 années il y a

DIABLE, cette fois je reste confondu par…RENE.
« L’EGALITE effective entre les établissements du public et ceux du privé ».
Est-ce que je rêve ????
N’est-ce pas EXACTEMENT ce que proposait le Président MITERRAND en…1982 ???? Et qu’il a été contraint d’abandonner parce que près de deux millions de Français sont descendus dans la rue (à  Versailles) avec à  leur tête un certain Chirac, accompagné , je crois bien, d’un certain..NS

jf.

Anne
Invité
Anne
14 années il y a

Je préfère penser que vous êtes mutin, Jacques !
Evidemment, Mitterand souhaitait retirer les aides de l’Etat à  l’école privée, pour qu’elle ne soit plus financée que par les parents d’élèves, ce qui revenait à  l’enterrer ! Alors qu’à  l’époque, les élèves de cette école privée étaient encore très majoritairement de familles catholiques, ce qui n’est plus du tout le cas.
Comment expliquer autrement ce paradoxe : ce fà»t la seule manifestation massive des électeurs de la droite (elle, républicaine et respectant le choix des urnes!) contre une décision de la gauche au pouvoir.
Allons, je n’ose pas imaginer la mauvaise foi en prime…

jacques
Invité
14 années il y a

Désolé de vous contredire, Anne, mais votre réécriture de l’Histoire ne passe pas !

Il ne s’agissait nullement de retirer les aides à  l’enseignement privé mais de l’INTEGRER au sein d’un « grand service public,laïc et unifié ».

Je vais d’ailleurs rectifier deux petites erreurs de ma part. Ce n’était pas en 82 mais en 84.
Il n’y avait pas deux millions de manifestants. Toutes les archives à  ce sujet parlent de 500 000 à  1 million de manifestants. Ce qui n’était déjà  pas si mal.
Gageons que si c’était la Droite, qui pour faire des économies (comme pour la carte famille nombreuse, les allocs familiales…), voulait faire cette intégration (façon Unedic/Anpe, façon Impà´ts/Trésor) il n’y aurait aucun manifestant dans les rues.

Mais en 84, c’était Mitterrand et son Ministre Savary qui proposaient cette réforme intelligente, alors….

jf.

Anne
Invité
Anne
14 années il y a

Jacques,
Le vocable utilisé n’a aucune importance : il s’agissait bien de supprimer à  terme l’école privée, et chacun l’avait bien compris.
Cela n’a rien à  voir avec la fusion ANPE/Assedic ou celle des Impà´ts et du Trésor dont les missions ne sont pas identiques mais complémentaires ; et à  ce titre, rationaliser leurs missions et en réduire le coà»t pour l’Etat en les fusionnant semble une simple question de bon sens.
L’école privée octroie une liberté au chef d’établissement que n’a pas l’école public : il a une grande latitude dans le choix de ses enseignants, peut se séparer de ceux qu’il estime mal s’intégrer dans son équipe pédagogique (vous m’accorderez que c’est important), et pour ceux qui le souhaitent, l’enseignement catholique y est toujours proposé jsuqu’en fin de lycée.
Comme je l’ai rappelé, c’est tout de même le seul projet de Mitterand qui ait mis la droite dans la rue, hélas….Mais nous n’avons pas cette culture de la manif systématique, pour tout et rien : nous respectons le suffrage universel, et attendons (trop) sagement des scrutins meilleurs.

Quant aux économies, tous s’accordent à  dire qu’il est temps d’en faire, même les socialistes « responsables » en privé.
Mais ne participez pas à  cette manipulation à  grande échelle, consistant à  faire croire que le gvt avait l’intention de supprimer les allocs famille nombreuse : il s’agissait de les transférer sur le budget SNCF (mais garanties par l’Etat) qui, dans sa politique générale, offre bien déjà  des conditions spéciales aux étudiants, moins de 16 ans, groupes et troisième à¢ge. Ce n’est qu’une erreur de com’ sur laquelle nos médias à  90% sous la coupe du SNJ et des NMPP se sont enpêchés de s’engouffrer, remplissant ainsi deux jours de leurs titres, sans parler de leur mission : créer un mai 08 pour un bel anniversaire et tout plein d’antenne et de papier assurés d’être remplis…
Pour ce qui est de la seule augmentation à  14 ans pour les allocs familiales générales, elles sont accompagnées d’une aide supplémentaire pour les gardes d’enfants. Cette mesure n’est pas passée en boucle, je vous l’accorde : oubli des médias qui chez nous pourtant, ne cherchent qu’à  informer impartialement, certainement.
Idem pour l’augmentation du gaz, au fait : elle sera accompagnée de l’obligation pour GDF de proposer pour la première fois un tarif spécial aux foyers modestes. Oui, je sais qu’aucun de nos journaleux n’y a fait allusion….

Pardon pour le hors sujet, mais cela permet de remettre les pendules à  l’heure et de rectifier certaines « erreurs » néfastes, sans intention de nuire, naturellement.

jacques
Invité
14 années il y a

@ Anne

Continuez de penser ce que vous voulez de la réforme proposée par la Gauche en 84. En ce qui me concerne, c’est toujours amusant de voir réécrire l’Histoire.
Au passage, je ne vois pas pourquoi cette réforme a été combattue par la Droite. Elle figurait dans le programme sur lequel FM avait été élu, non ????
C’est quand même amusant comme un programme de Gauche peut être combattu mais que la réciproque n’est pas vraie maintenant que le programme d’un certain NS a été approuvé par son élection….

En revanche, il se trouve que mon ex-femme était enseignante du Privé.
Il est absolument FAUX de soutenir que les chefs d’établissements ont « une grande latitude » dans le choix des enseignants et « peuvent » se séparer de ceux qui ne leur plaisent pas.
Les affectations et mutations sont du seul ressort de la Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique.
Alors, SVP, ne nous racontez pas de fariboles.

Comme cette autre sur le SNJ. Ce Syndicat représente à  peine la moitié des journalistes (46,53% aux dernières élections de juin 2006). Je ne vois pas très bien comment le SNJ pourrait avoir « 90% des médias sous sa coupe ». Mais bon, vous pouvez avoir les fantasmes que vous voulez…
Quant à  la carte famille nombreuses et aux alloc, vous devriez vous faire embaucher comme porte-parole du Gouvernement….
Cependant ce n’est sà»rement pas le SNJ qui a obligé le Président, le Premier Ministre et les Ministres à  se contredire les uns les autres, à  dire une chose et le contraire de tout.

C’est eux qui devraient remettre leurs pendules à  l’heure…Pas moi.

Bon dimanche à  vous et à  LOmiG.

jf.

Anne
Invité
Anne
14 années il y a

Jacques,
Comme d’habitude, on croit le dialogue ouvert et possible. Hélas, il faut toujours et très rapidement, se rendre à  l’évidence : ce n’est encore qu’utopie.
Je ne vous répondrai que sur le « turn-over » des enseignants dans le Privé. Mon fils a fait collège et lycée dans un établissement privé et en sept ans, j’ai eu la possibilité de remarquer qu’en cas de mécontentement argumenté de la majorité des parents, envers un enseignant, ce dernier ne restait pas deux ans dans l’établissement. Ce n’est certes pas le chef d’établissement lui-même qui avait la possibilité de se séparer de cet enseignant, mais qu’il en référait à  sa hiérarchie.
Toujours est-il que la Direction Diocésaine peut réagir, et vite ! Allez donc obtenir ce résultat auprès du Rectorat en cas de problème du même ordre dans le public !!
Bref, et comme d’habitude, cette discussion finit sur des arguties, des querelles de mots et de dénomination, sans aucun autre intérêt que de traiter – à  la rigueur – de la forme et non du fond. Et c’est tout le problème de l’opposition.

Epuisant…en revanche, je vous concède une supériorité à  nier l’évidence avec beaucoup d’aplomb, beaucoup de mauvaise foi (je préfère cette option à  celle du formatage cérébral…) ou à  dévier le sujet de départ si vous rencontrez un obstacle : c’est vrai, la réthorique est bien huilée et vous êtes infatiguable à  ce jeu.
Pas moi. Bonne fin de dimanche !

jacques
Invité
14 années il y a

Vous voulez le dernier mot, Chère Anne,
eh bien je vous le laisse, par pure…galanterie, puisque j’ai l’à¢ge pour cela .

jf.

Pascal
Invité
Pascal
14 années il y a

Salut Lomig

Tu trouveras ci-jointe ma contribution au débat sur la modernisation de la Fonction publique organisée par le Ministère du même nom.

LA FONCTION PUBLIQUE DE DEMAIN

Je tiens tout d’abord à  saluer l’initiative lancée par le ministère de la fonction publique de nous consulter pour participer à  son projet de l’administration publique de demain et je saisis cette occasion pour présenter à  tous mon avis sur ce sujet.

Il me semble toutefois indispensable de préciser que cette réflexion est surtout le produit de l’observation de mes huit années travaillées au Ministère des Affaires étrangères en qualité d’adjoint de chancellerie tant à  l’administration centrale qu’à  l’étranger comparées au cinq années passées dans différents postes de travail que j’ai occupés dans le secteur privé.

Enfin cet exposé est centré autour de ma conviction que sans une évolution radicale du statut de la fonction publique toutes les réformes entreprises pour l’améliorer n’atteindront jamais les résultats espérés.

L’examen attentif et minutieux de mes conditions de travail confronté à  la question de l’évolution souhaitable de la fonction publique m’a en effet finalement conduit à  n’envisager qu’une seule solution satisfaisante.

Le service public de demain ne connaîtra le succès escompté qu’à  la condition de créer un environnement capable de motiver et responsabiliser effectivement tous les participants à  la chaîne administrative.

Je considère en effet que le statut de la fonction publique dans lequel évoluent les agents de l’Etat aujourd’hui ne permet pas de remplir cette condition pourtant inévitable pour proposer à  la Nation un service public de grande qualité à  un coà»t moindre.

Je relève dans le système actuel deux obstacles essentiels à  la motivation des agents du secteur publique : le premier est lié à  la promotion et le second est lié à  la rémunération.

Les carrières du secteur public garantissent l’avancement à  l’ancienneté et cela même si le service rendu par l’agent est loin d’être exemplaire, et, au contraire, un agent exemplaire voit ses possibilités de promotions limitées, promotions intervenant généralement qu’en fin de carrière, à  moins bien évidemment de réussir les concours internes dont les résultats sont de toutes façons pour une grande part indépendants de la manière de servir du lauréat.

Dans ces conditions nul ne sera étonné de constater que la plupart des agents ne sont pas finalement incités à  travailler plus, ayant pris conscience que travailler qualitativement et quantitativement mieux n’entraîne qu’en fin de compte une différence minime par rapport à  une carrière standard et même médiocre.

Certains me feront remarquer alors que l’Administration dispose d’un système d’attribution de primes pour récompenser les meilleurs éléments. Mais mon expérience m’a vite montré que le montant de ces primes n’est pas d’une part suffisamment incitatif et d’autre part, le chef de service les distribue souvent uniformément, manière de faire régner à  un moindre coà»t la paix sociale et de paraître ainsi devant sa propre hiérarchie comme un bon cadre…ce qui représente bien sà»r un atout non négligeable pour sa propre carrière !

Ce dernier exemple m’amène à  aborder le sujet de la responsabilisation dans la fonction publique. Un des principaux obstacles est la garantie de l’emploi à  vie, protégeant ainsi un agent paresseux ou peu consciencieux des pressions de sa hiérarchie pour l’inciter à  modifier positivement son comportement.

D’ailleurs j’ai vite remarquer que dans ce genre de situation l’encadrement utilise souvent le même moyen pour contourner le problème : donner le travail de l’agent incompétent ou cossard à  l’agent compétent, qui lui, supportera généralement mal les reproches adressés à  l’encontre de sa manière de servir, ce qui en fin de compte fini par décourager beaucoup de ses collègues témoins de cet état de fait et surtout conscients, comme je l’ai déjà  signalé plus haut, que le seul moyen véritablement efficace de progresser rapidement dans la hiérarchie est de réussir des concours o๠malheureusement l’expérience acquise a peu de place dans les épreuves de sélection.

Enfin, je vois un second frein non négligeable à  la responsabilisation mais cette fois-ci propre à  la direction elle-même :

  • Au niveau de l’Administration : les cadres qui inspectent le travail de leurs collègues risqueront un jour d’être inspectés à  leur tour par ceux-là  même qu’ils ont inspectés.

  • Au niveau de l’Assemblée nationale : elle aussi a vu son pouvoir de surveillance renforcé depuis notamment la mise en place de la Lolf, mais nul n’ignore qu’une grande majorité de nos députés sont issus eux-mêmes de la (haute) fonction publique, et qu’au terme de leur mandat parlementaire ils retrouveront un poste au sein de l’Administration.

Mon jugement personnel basé sur mon expérience sera donc sans appel. Le statut actuel de la fonction publique et son mode de fonctionnement conjugués à  un manque de moyens financiers ne permettent pas d’établir un cadre qui favorise l’initiative et la remise en question. Bien au contraire cela protège les mauvais éléments au détriment des bons tout en favorisant l’attentisme.

Pour remédier à  ces défauts dans l’optique de mettre en place une administration plus performante tant humainement qu’économiquement, je propose donc de modifier complètement ce statut en s’inspirant de celui existant dans le secteur privé :

· Fin de la garantie de l’emploi au profit d’un contrat de travail classique
· Suppression de la segmentation en trois catégories
· Contrà´le du travail et de la gestion de l’Administration par des bureaux d’audit appartenant au secteur privé.

Chacun aura très certainement compris le but de ces trois propositions : donner à  l’Administration les moyens de se séparer de ses mauvais éléments et de récompenser les meilleurs via notamment la possibilité d’accéder plus rapidement à  un niveau supérieur de responsabilité.

Les conflits employeurs — employés que cette modification de statut entraînerait inévitablement seraient jugés de manière classique aux prud’hommes.

L’objectif visé avec le contrà´le de gestion par des organismes d’audit privés est de renforcer la transparence de l’utilisation des fonds publics, en adoptant, entre autre, les standards de la comptabilité d’entreprise, permettre un échange plus fructueux entre le secteur public et le secteur privé et par la même occasion de donner aux fonctionnaires plus d’opportunité de quitter la fonction publique pour le monde de l’entreprise et vice-versa.

Je suis maintenant bien conscient que l’adoption de toutes ces mesures réclame une contrepartie financière. Les fonctionnaires n’étant plus protégé par la garantie de l’emploi peuvent en toute logique prétendre à  une rémunération et des primes plus conséquentes.

Mais je n’ignore pas non plus que la situation financière de l’Etat limite sérieusement les possibilités d’augmenter les salaires de ses agents. Seule une redéfinition, de toute façon inévitable, des missions du service public par le pouvoir politique et législatif permettra à  terme de dégager les moyens financiers nécessaires au financement de ce nouveau statut.

Adopter ces mesures sera très certainement perçu par beaucoup comme un véritable sacrilège, j’en suis bien conscient. Je demanderai alors à  ces personnes de me dire si elle trouve normal qu’il existe un France une catégorie de salariés certains de conserver leur emploi et connaissant pratiquement d’avance le déroulement de leur carrière et cela quelque soit la qualité du travail rendu alors que ses moyens financiers sont le fruits du labeur de la catégorie soumise aux lois du marché et, par conséquent, à  la nécessité de s’adapter sans cesse pour exister ?

Ce système finit par diviser dangereusement une société française suffisamment fragilisée et angoissée par les profondes mutations économiques mondiales qu’elle ne semble pas malheureusement comprendre et accepter. La solidarité nous impose donc de mettre en place qu’une seule catégorie de contrat de travail afin que nous devenions tous véritablement égaux devant la nécessité de devoir s’adapter aux perpétuelles transformations économiques et sociales et d’en tirer les conséquences qui s’imposent.

J’entends bien l’argument selon lequel le fonctionnaire bénéficie de la garantie de l’emploi à  vie afin d’être protéger des pressions du monde politique. Je dois bien vous avouer à  tous que je reste perplexe devant un tel argument. Après tout un fonctionnaire n’est qu’un citoyen comme un autre, il possède de ce fait ses propres convictions politiques et parfois idéologiques, par conséquent, si son rang lui permet, il possède aussi une certaine capacité de nuisance à  l’égard des mesures mises en place par le pouvoir politique qu’il n’approuverait pas. Ce comportement est-il démocratique ? Ne conviendrait-il donc pas de sanctionner cet agent comme il se doit ? Un agent qui refuserait de servir une politique pour des motifs idéologiques ne devrait-il pas plutà´t en fin de compte démissionner ?

Je reste enfin assez dubitatif quant aux véritables intentions de cette consultation.

Notre encadrement espère-t-il trouver dans cette consultation le remède miracle qui sauvera le statut actuel de la fonction publique ?

Je crois au contraire que beaucoup ont pris conscience des aberrations générées par ce statut qui favorise l’irresponsabilité individuelle au détriment de la collectivité mais que personne n’est encore décidé à  abandonner ses nombreux avantages.

J’affirme qu’il est vain de chercher les moyens de sauvegarder un système structurellement défaillant et que tout le temps et toute l’énergie qui seront consacrés à  tenter de le maintenir au lieu de le supprimer sont perdus d’avance.

Bien au contraire nous avons tout à  gagner à  mettre en place un service public servi par des fonctionnaires davantage responsabilisés et motivés, deux notions essentielles à  mes yeux à  la constitution d’une société véritablement unie et solidaire.

Anne
Invité
Anne
14 années il y a

Mais Pascal veut la Révolution !! ;-)
Et Lomig, tu attends encore réellement de voir ce qui va suivre en cette matière, pourtant fondamentale comme le souligne Pascal ?
Bah ! Un changement de statut dans le sens « plus de mobilité » entre les différents corps, peut-être.
Pour le reste, il faudra attendre longtemps, je le crains : déjà  le non-remplacement d’un agent sur deux partant à  la retraite est repoussé…à  2009, au mieux ?
Et alors que pour atteindre un pourcentage nécessaire et suffisant, comparable à  ceux des autres pays occidentaux, tu rappelais dans un précédent billet qu’il nous faudrait 70 ans à  ce rythme ? En ayant démarré en 2007…

Or cette simple diminution lente des effectifs pléthoriques était dans le programme de Sarkozy.
Comme l’alignement des régimes spéciaux de retraite sur le régime général !
En définitive, ils sont alignés sur ceux de la fonction publique, outrageusement privilégiés et injustifiables à  notre époque. Enfin, c’est ce qu’on nous dit : en réalité, je sais qu’un agent de conduite SNCF par exemple, travaillera 52 ans 1/2 au lieu de 50…en 2012 (soit au rythme d’un semestre de plus par an)!!!
On imagine que le reste a été traité de la même façon, que doivent avoir été préservés tous les avantages spécifiques des agents EDF, GDF ou Transports ! Inutile de les préciser ?

Et pourtant, voilà  des réformes que la grande majorité des Français auraient comprises : traitement égal entre fonction publique et secteur privé !
C’est ce qu’a osé faire la Suède, pays socialiste depuis plus de soixante-dix ans, en 1993 : licenciement du 1/3 de ses fonctionnaires, statut des « rescapés » calqué sur le privé, et privatisation des transports !!

Ne rêvons pas : ce n’est pas N.Sarkozy qui fera le nécessaire en la matière, et en tout cas pas dans ce quinquennat.
D’autant qu' »on » avait juste oublié de nous préciser que la très grande majorité des fonctionnaires faisant doublon et pouvant ne pas être remplacés, sont de la Territoriale, sur laquelle N.Sarkozy n’a aucune autorité.

J’avoue être assez pessimiste sur la situation financière de la France à  court terme : déjà , j’ai lu que nous avions reçu depuis l’été dernier, deux avertissements de l’Agence Internationale d’évaluation des risques pour les prêteurs, nous prévenant que nous risquions de sortir de la zone médiane d’excellence notée AAA.
Ce qui signifie prêts à  taux d’intérêts bien supèrieurs, et application de primes de risques….
Il faudrait vraiment que nos gouvernants fassent maintenant preuve du courage nécessaire : cela va devenir vital…sous peine de nous retrouver, d’ici une dizaine d’années, gérés par DSK au FMI ???
Wouaouh !

René
Invité
14 années il y a

L’intervention de Pascal est très intéressante, et je ne peux qu’applaudir à  son constat comme à  ses conclusions.

Malheureusement, je ne suis pas loin de partager le pessimisme d’Anne quant à , non pas peut-être la volonté (je ne suis dans sa tête), mais la capacité de N. Sarkozy à  réaliser un tel chambardement. Les quelques réformettes qu’il a réalisées font clairement craindre que, soit il n’a pas le courage politique affiché, soit les forces réactionnaires qu’il a face à  lui, syndicales et/ou corporatistes, sont trop puissantes pour qu’il parvienne à  ses fins, dans ce domaine de la réforme de l’état comme dans les autres.

Et pourtant, je pense sincèrement qu’il « faut y aller », contre vents et marées, contre les manifestations et les protestations, contre les grèves et les défilés, contre l’opinion s’il le faut. Il n’y va pas seulement de l’avenir électoral de Ces Messieurs; il y va de l’avenir de la France et des Français.

Anne a raison, même si elle ne le dit pas comme ça : sans de telles vraies réformes courageuses, menées à  leur terme, la France est un pays en voie de sous-developpement.

Pascal
Invité
Pascal
14 années il y a

Que la France voit sa note baisser, et si c’était là  le seul moyen véritablement efficace pour obliger nos responsables à  prendre enfin leurs responsabilités !

C’est bien parce que la France est notée AAA que beaucoup trop peuvent se permettre d’annoncer à  longueur de journées que la situation de la France n’est pas si catastrophique que certains (les déclinologues) pensent!

Fort de ce constat trop de nos dirigeants évitent de prendre les mesures qui fà¢chent, laissant alors la situation se dégrader dangeureusement.

Les temps qui s’annoncent sont pour le moins inquiétants pour tout le monde, les actifs et les retraités.

Pour en revenir à  nos manifestations étudiantes, j’ai le sentiment de voir défiler là  une foule de jeunes qui deviendront un jour fascistes, même si ils ne le savent pas encore, même si ils ne peuvent pas s’imaginer le devenir un jour.

Quelle sera la réaction de tous ces adolescents constatant que le fruit de leur travail ne leur appartiendra plus ?

Dans le climat anti-capitaliste et anti-libéral qui règne en France, je ne suis pas sà»r que le souvenir de la seconde guerre mondiale soit d’une quelconque utilité pour un génération née 50 ans après la fin de ces événements tragiques.

La France devient une nation en perte de vitesse, qui ne maîtrise plus son avenir et qui semble subir la transformation actuelle du Monde. La France a peur, et elle cherche auprès de tous les opprimés de la planète une dernière chance d’empêcher une évolution que sa culture historique lui interdit de prendre.

Personne ne sera alors surpris de consater que toutes les idées qu’elle défend pour construire un monde meilleur sont complétement à  contre courant de se qui se passe sur Terre (ce qui la renforce encore plus dans sa coniction de détenir la vérité).

La France et tous ses décideurs, de gauche comme de droite, mais aussi ses enseignants, ne sont qu’au service d’une seule idéologie : l’Etatisme.

Et justement le libéralisme c’est l’opposé de l’étatisme. La victoire de la pensée libérale sur l’étatisme n’est toujours pas admise par l’ensemble de nos élites, voilà  le problème.

Anne
Invité
Anne
14 années il y a

René,
En parlant de la France sous contrà´le du FMI, je sous-entendais que nous serions devenus un pays sous-développé.

Et j’en suis à  me demander, un peu comme Pascal en extrapolant, s’il ne faudra pas que les prêteurs nous appliquent des taux d’intérêts de 70% (inimaginables à  respecter), comme la Suède dans les années 90 pour qu’enfin, nous soyons obligés de faire les réformes que nous aurions dà» commencer il y a au moins treize ans, avec Juppé !!
Hélas, élites étatistes plus peuple assisté et attendant tout de son Etat-Providence depuis si longtemps… Quand on pense que, dans un récent sondage, les Français se disent conscients de devoir cotiser plus longtemps pour leur retraite, tout en refusant de continuer au-delà  de 60 ans….Cela signifie qu’il faut commencer à  travailler à  quinze ans peut-être ?
Au pays de Descartes…Et alors que tous les autres sont au moins à  65 ans !!

Je sors de la lecture du dernier bouquin de de Closets, et je suis effondrée…allez, un :-) quand même ! Mais il n’y a que peu de raisons d’être vraiment optimistes.
Le plus inquiétant est la nature centralisatrice et pas vraiment libérale qui se dégage de Sarkozy depuis l’été dernier ! Je suis profondément convaincue que, malgré son parcours professionnel entièrement dans les arcanes du pouvoir, et ayant dirigé des ministères difficiles et variés, F.Fillon est beaucoup plus acquis à  la nécessité d’une politique libérale que son Chef !
Hélas, il n’y en a qu’un à  trancher et je crois que Fillon se montrait optimiste en pensant que « La France peut supporter la vérité ».
Cela dit, reconnaissons aussi qu’il y a eu des erreurs de com’ et des signes de cafouillages évidents, peu faits pour rassurer un peuple français profondément schizo !!

charlatan crépusculaire
Invité
charlatan crépusculaire
14 années il y a

Le modèle finlandais est-il adaptable a un pays un peu plus complexe ?
Si on le transposait à  la France, il faudrait donner une certaine autonomie aux régions y compris dans le financement et avoir des concours à  l’entrée des meilleures universités.
Ah mais attends, c’est déjà  organisé comme ça non ?

Le problème n’est pas le système. C’est la position de l’enseignement et de l’enseignant dans la société. Il faut peut-être chercher plutà´t du cà´té social pour la partie extérieure (« casse-toi pà´v con » est-il un bon exemple de respect de l’autorité ?), et du cà´té des programmes éducatifs pour ce qui est de l’interne (on nous bombarde depuis des décennies de pédagogies « miracle » toutes plus stupides les unes que les autres, à  la recherche vaine d’un absolu, comme si une pédagogie pouvait s’affranchir de son contexte culturel…).
Si tu veux un système vraiment libéral, il faut plutà´t regarder du cà´té des Etats-Unis qui n’est pas vraiment un modèle de réussite.
Dans les pays un peu plus complexes, l’Allemagne serait une meilleure référence que la Finlande (ou Macao) mais son système éducatif colle tellement à  son organisation politique qu’il paraît difficilement transposable.

Tjejen
Invité
Tjejen
11 années il y a

Bonjour,
Il s’est passé plus de trois ans depuis le dernier post mais le sujet me semble toujours avoir la plus grande pertinence.
Je suis personnellement convaincue du bien-fondé d’une organisation scolaire libérale. Toutefois pour sa réussite, il faut pouvoir attendre de chacun une attitude saine et responsable. Un système libéral les permet et les encourage mais ne les garantit bien sà»r pas, or les effets pervers sont à  prendre en compte; ici ils sont particulièrement de nature à  aller à  l’encontre de l’intérêt des premiers concernés.
L’exemple d’un cas que je connais bien. En Suède, chaque famille place ses enfants dans l’école qui répond le mieux à  ses critères -il n’y a pas de carte scolaire et pour chaque enfant est perçu un moment dédié à  l’instruction. Il est versé à  l’école o๠va l’enfant; le montant reçu par toute école est ainsi proportionnelle au nombre de ses élèves. D’o๠l’intérêt d’avoir un maximum d’élèves, d’oà¹, à  travers la concurrence entre établissements, en effet une qualité toujours poussée vers le haut et une offre éducative extrêmement satisfaisante. Cependant, la pression qu’exercent les parents sur l’établissement est alors décuplée et direction s’en trouve extrêmement biaisée dans tout différend ou conflit entre élève et prof, à  l’avantage de l’élève. Ce pour les cas de la plus grande banalité comme les conflits importants voire graves. La relation professeur-élève est elle même est extrêmement biaisée à  la faveur immédiate de l’élève, les professeurs se montrant globalement tout à  fait complaisants, voyant dans l’autorité (y compris lorsqu’elle est légitime) un dernier recours -à  en fait ne jamais utiliser. Même s’il ne doit pas être facile ni même souhaitable ou possible pour les parents, de changer leur enfant d’école tous les quatre matins, c’est sur la crainte finale d’une déscolarisation d’élève que se jouent lorsqu’elles existent, beaucoup de tensions. (Et le système n’empêche vraiment pas qu’il y ait des profs ‘nuls’, qui ne font absolument pas travailler les élèves mais leur passent des films à  longueur de temps; si les élèves, et par suite les parents, sont satisfaits, il est tout à  fait possible qu’il n’y ait aucun problème). En définitive je pense que ces aspects sont probablement décuplés par la culture suédoise et sa conception de l’enfant, mais le fonctionnement scolaire y est clairement impliqué. S’agit-il des limites inhérentes à  un système scolaire libéral?