Citation #81

Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies : ils sentent le besoin d’être conduits et l’envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l’un ni l’autre de ces instincts contraires, ils s’efforcent de le satisfaire à  la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d’être en tutelle, en songeant qu’ils ont eux-mêmes choisi leurs tuteurs.
Alexis de Tocqueville (1805-1859) philosophe politique, politiste, précurseur de la sociologie et homme politique français

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  1. Quand on me demande pourquoi je ne vote pas, je réponds généralement : « J’accepte d’avoir des maîtres, mais je me refuse à  les choisir. »

    Je faisais donc du Tocqueville sans le savoir (ou m’en souvenir), comme M. Jourdain de la prose…

  2. salut à  vous, merci pour vos commentaires

    @ Hell’s garden : oui…j’aime bien ces petites phrases qui expriment en quelques mots un sentiment ou une pensée que l’on a déjà  eu 100 fois, sans jamais l’exprimer aussi justement. Merci pour ton commentaire, qui m’a permis de découvrir ton blog très original, et beau. à  bientà´t

    @ Didier Goux : je ne sais pas si tu faisais du Tocqueville sans le savoir. Par contre, je trouve que ta phrase est un peu étrange…déjà  dire qu’on accepte d’avoir des maîtres, c’est bizarre, et encore plus qu’on ne veut pas les choisir. Donc je te pose la question : qui sont tes maîtres ?

    à  bientà´t

  3. Remplacez « maîtres » par « dirigeants ». Et, derrière le verbe « accepter », il convient d’entendre : « dans la mesure o๠je ne puis faire autrement ». Mais, les choisir reviendrait à  établir des différences entre les maîtres en question, voire à  laisser croire que je suis ravi d’en avoir. Comme si un taulard élisait son geà´lier (en moins caricatural que cela, mais je manque un peu de temps, ce matin…).

  4. Tu es donc anarchiste. Me trompes-je ? Ou révolutionnaire.

    En ce qui me concerne, je souhaite n’avoir point de maître, mais je n’exagère pas le poids des « dirigeants » sur mes choix de vie. Ils peuvent y mettre un certain poids fiscal, c’est tout. Mes actions étant rarement dirigés contre la Loi, je t’avoue qu’aucun dirigeant en France ne m’empêche de vivre ma vie comme je l’entends, sauf peut-être je me répète d’un point de vue « niveau de vie ». Je n’ai donc pas de maîtres. Je trouve étrange que tu considères que ce soit tes maitres. Et que le considérant, tu ne veuilles pas influencer sur ce qu’il faut bien appeler un « choix ». Je suis curieux de ta réponse, ton point de vue est original et difficilement compréhensible pour moi (besoin d’éclaircissements)

    à  bient^to !

  5. J’ai effectivement eu une jeunesse assez fortement marquée par l’anarchisme : il doit bien m’en rester quelque chose ! Sinon, je suis d’accord avec vous : que les Français se choisissent tel type de gouvernement ou tel autre n’a jamais changé grand-chose à  mon mode de vie. Pourtant, des alternances droite/gauche, je commence à  en avoir connu un certain nombre.

    Je le répète : le mot « maître » n’a été utilisé par moi que d’une façon hyperbolique. En réalité, et du fait de cet effet de perspective que me donne mon à¢ge (52), je m’intéresse de moins en moins à  ces problèmes de « choix » purement politique, surtout dans la mesure o๠il me semble percevoir un accord quasi total entre les différents partis aptes à  gouverner, sur les thèmes qui m’intéressent seuls : universalisme, immigration, droits-de-l’hommisme, dictature du Bien, antiracisme frénétique et omnipotent, surpénalisation de la société, mentalité suicidaire des vieux peuples d’Europe, accroissement démographique présenté comme bénéfique, etc. Sur tous ces sujets et d’autres, qui me paraissent engager lourdement l’avenir de l’Europe, pourquoi voudriez-vous que, par exemple, je sois allé choisir entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy qui, au fond, pensent exactement la même chose, une fois qu’on les a débarrassés de leurs oripeaux rhétoriques ?

  6. salut,
    merci pour cette réponse sincère qui me montre que l’on est proche par les idées. Il me semble que libéralisme est un courant philosophique qui permet d’articuler les différents thèmes que tu cites, dans un ensemble harmonieux et pas trop sombre.

    Mais ça doit être mon caractère !

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